Congrès des historiens et archéologues de Belgique/Louvain-la-Neuve août 2004

Congrès 2004C’est à Anvers en 1885 que se tint le premier Congrès de la Fédération des Cercles d’Histoire et d’Archéologie de Belgique, qui rassembla à l’époque une cinquantaine de sociétés savantes belges mais aussi des pays limitrophes. Au terme de chaque manifestation annuelle, on prit l'habitude de désigner l'organisateur du congrès à venir. A partir de 1978, seules les sociétés savantes de Bruxelles et de Wallonie continuèrent à organiser ces congrès, devenus quadriennaux. L’alternance provinciale pour leur tenue fut de mise : Comines en 1980, Nivelles en 1984, Namur en 1988, Liège en 1992, Herbeumont en 1996 et Mons en 2000. C’était donc aux associations du Brabant wallon qu’il revenait de relever le défi d’organiser en 2004 la septième édition du Congrès de l'Association des Cercles francophones d'Histoire et d'Archéologie de Belgique, qui serait également la cinquante quatrième rencontre de la Fédération des Cercles d’Archéologie et d’Histoire de Belgique.
La nouvelle Province a eu ainsi l’honneur d’accueillir, à Ottignies-Louvain-la-Neuve, les premiers Congressistes du IIIe millénaire du 26 au 28 août 2004 dans les locaux de l’Université Catholique de Louvain.
Est-il nécessaire de rappeler que ce Congrès est l’occasion pour tous les amoureux des études touchant au passé – professionnels ou amateurs, isolés ou membres d’associations et d’équipes académiques – de présenter leurs sujets de recherche, de les confronter avec d’autres études analogues, de susciter de nouvelles collaborations et, plus généralement, de se replonger durant trois jours dans l’histoire de Belgique au sens large.
La mise sur pied des Congrès est traditionnellement confiée à un Comité organisateur émanation des forces vives associatives de la province hôte de la manifestation. Encore fallait-il pour ce faire trouver des volontaires pour le constituer.
Répondant à l’appel lancé par Madame Gaétane Warzée (MRW – DGATLP) dans Les Echos du Patrimoine du premier trimestre 2001, Archeolo-J, l'Entente des Cercles d'Histoire et d'Archéologie du Roman Païs (ECHARP), l'APTCV-Abbaye de Villers asbl, le Centre Culturel du Brabant wallon (CCBW) et le Musée de Louvain-la-Neuve (Musée LLN) ont rapidement relevé le défi de d’orchestrer cette vaste entreprise, lourde à gérer pour tous ceux qui, à tour de rôle dans chaque province de Wallonie, en ont eu la charge.
Les différents membres du Comité organisateur ont tenu une trentaine de réunions en 24 mois de préparation. Parmi ses nombreuses autres tâches, le Comité organisateur a été chargé de pressentir un Comité scientifique. C’est sur la base de critères croisés d’ordre disciplinaire, institutionnel, associatif et géographique qu’a été établie, progressivement et avec circonspection, une liste de personnes se révélant la plus représentative possible de toutes les composantes traditionnelles des Congrès. Avant tout le Comité organisateur a voulu faciliter le travail du Comité scientifique pour assurer le plus grand nombre possible de communications de qualité à la fin août 2004.
Le travail des prédécesseurs de l'actuel Comité organisateur est considérable. La réputation des Congrès, leur haute tenue scientifique, l’intérêt de leurs actes ne sont plus à démontrer. Reprendre le flambeau était donc un défi redoutable.

Congrès 2004Le Congrès était traditionnellement charpenté en plusieurs départements correspondant aux différentes disciplines des sciences historiques : archéologie, histoire, histoire de l’art, conservation et étude des sources, traditions familiales et populaires. Chaque département comprenait à son tour plusieurs sections (histoire urbaine, histoire religieuse, etc.). Cette structure présentait l’avantage de couvrir avec clarté toutes les spécialisations scientifiques et l’inconvénient de générer un certain cloisonnement entre disciplines. Par ailleurs, un grand nombre de communications, de très grand intérêt, mais réparties dans plus de vingt sections réduisait nécessairement leur public à de maigres assemblées.
Or, tout l’intérêt d’une telle rencontre n’est il pas de favoriser en priorité de nombreux contacts interdisciplinaires ? Dès lors, le comité a pensé que la réduction des anciennes sections en une dizaine de cellules qui s’ouvriraient à des perspectives en forme de problématique, permettrait peut-être de rencontrer cet objectif.
Sur la base de ces grandes options, le comité organisateur s'est attelé à la tâche ardue d'élaborer une première proposition de thématiques qui ne ferait référence ni aux disciplines, ni directement à la chronologie. Il fallait néanmoins couvrir un champ aussi étendu que sous l'ancienne répartition en sections. Dès lors, plusieurs pistes ont été explorées, de la simple fusion entre deux ou trois sections à une classification classique par thème (ville, campagne, dieux, industrie, guerre…). Très pratiquement, le comité organisateur a testé les différentes options possibles en tentant de répartir sur de nouveaux canevas toutes les communications inscrites dans le programme du dernier congrès, organisé à Mons en 2000, pour vérifier lequel permettrait d’accueillir le plus grand nombre de titres possible selon la répartition la plus équilibrée. C'est finalement une structuration en nouvelles cellules généralistes, ne fonctionnant plus selon l’arborescence des sections précédentes (disciplines/ thèmes/chronologie) qui s'est avérée potentiellement la plus à même d'offrir un résultat aussi satisfaisant que précédemment, avec les valeurs ajoutées déjà rappelées de l’interdisciplinarité et de l’élargissement du public.
Ainsi donc fut conçue la liste des dix cellules qui a été proposée à la réflexion du Comité scientifique. Le choix de l'utilisation des verbes à l'infinitif pour synthétiser les thèmes a permis d'éviter toute formulation qui aurait pu établir un lien direct entre une ancienne section et une nouvelle cellule. Les huit premières thématiques s'appliquent chacune à une facette de l'histoire de notre civilisation des origines au XXe siècle ; les deux dernières concernent plutôt notre rapport actuel au passé.
Si l’ensemble des anciennes sections se retrouvaient bien évidemment dans la nouvelle structure, le risque de voir les candidats déroutés par cette nouvelle organisation n’était pas négligeable. Ceux-ci ont sans doute éprouvé parfois quelque difficulté à désigner la cellule sous laquelle ils devaient s’inscrire. Le Comité scientifique, en symbiose avec le Comité organisateur, a tenté d’aiguiller les futurs orateurs et 215 communications ont finalement pu être enregistrées.
Il reste maintenant à évaluer cette nouvelle formule. Puissent nos collègues de 2008 éventuellement l'apprécier et la reconduire dès lors qu’elle a heureusement passé le cap de 2004.
Th. BERTRAND, S. DEMETER & M. DUBUISSON, Un Congrès vénérable à l’aube du troisième millénaire. Plaidoyer pour une formule revisitée, dans VIIe Congrès de l’Association des Cercles francophones d’Histoire et d’Archéologie de Belgique et LIVe Congrès de la Fédération des Cercles d’Archéologie et d’Histoire de Belgique. Congrès d’Ottignies-Louvain-la-Neuve, 26, 27 et 28 août 2004, Actes, tome I, slnd, 2004, pp. 3-6.