
Le nom de Huppaye se présente d'abord sous la forme Hupain (1164, 1223, 1377-1378, 1439, 1467, 1480, 1505, 1550, 1613, 1765) et se modifie ensuite en Hupeing (1250), Hupaing (1252, 1316), Hupayn (1374), Huypain (1400-1401), Huppaing (1460), Houppain (1709), Houpain (1728) ; en latin, Huppanium (1164, 1174) ou Hupanium (1317). On le trouve également sans le « n » final, sous les formes : Hupay (1573), Huppay (1616), Huppaye (1654-1656, 1666, 1787) et Hupaye (1556, 1560, 1787). En 1218, on trouve Hupaigne.
L'orthographe ancienne se reproduit en France, où existe Huppain, dans le Calvados ; elle se rapproche à Ophain, l’Habitation supérieure. Actuellement on prononce Houpaie, ce qui constitue un homonyme d'Oupeye (province de Liège), de Houppé, dépendance de Flobecq (Hainaut), et d'Upaix, en France (Hautes-Alpes).
La commune de Huppaye est limitrophe de celles de Jodoigne-le-Marché, Enines, Autre-Eglise, Bomal, Jauchelette et Jodoigne-Souveraine. Huppaye est à 3 kilomètres O. d'Enines, 3 1/2 kilom. N.-N.-E. de Bomal, 4 kilom. S.-S -E. de Jodoigne-le-Marché et E. de Jauchelette, 4 1/2 kilom. E.-S.-E. de Jodoigne-Souveraine, 5 kilom. N.-O. d'Autre-Église, 49 kilom. E.-N.-E. de Nivelles, 49 1/2 kilom. E.-S.-E. de Bruxelles.
L'église de Huppaye se trouve située, d'après la triangulation du Dépôt de la guerre, par 56 grades 3254 de latitude N. et 2 grades 8422 de longitude E.
L'altitude du sol est de 122 mètres à 1,000 mètres N.-O. de l'église, à la limite de Jodoigne-le-Marché vers la campagne du Soctia.
Le procès-verbal de délimitation du territoire de Huppaye a été dressé le 30 janvier 1817, et clos le 29 avril suivant. Une contestation pour les limites de Bomal, Mont-Saint-André, Autre-Église et Huppaye a été vidée par un arrêté royal du 26 janvier 1819.
Le cadastre divise la commune en trois sections : La section A ou de Molenbais-Saint-Pierre, la section B ou de la Campagne-Saint-Martin, la section C ou du Village, du Bois Frère Gérard et de Saint-Pierre.
Au 1er janvier 1859, ces sections se trouvaient morcelées en 1,559 parcelles, appartenant à 394 propriétaires, donnant un revenu cadastral de 48,864 fr. 04 (sol : 45,076-04 ; bâtiments : 3,788-00) et ayant une contenance de 745 hectares 67 ares 70 centiares (imposable : 727 hect. 20 a. 70 ca. ; non imposable : 18 hect. 47 a. 00 ca.).
Cette contenance globale se subdivisait ainsi en 1834:
On comptait à Huppaye et Bomal, dans la paroisse Saint-Médard, en 1374, 113 ménages ; en 1436, etc., (voyez Jodoigne) ;
— à Molenbais : en 1374, 16 ménages ; en 1436, 6 foyers ; en 1464, ? foyers ; en 1472, 9 foyers ; en 1492, 4 foyers ; en 1526, 8 maisons ; en 1686, 7 maisons et 1 brasserie ;
— dans la commune, au 31 décembre 1856, 200 maisons.
Huppaye, qui compte 122 maisons ; Molenbais-Saint-Pierre, 78 maisons.
Le village de Huppaye s'étend le long du ruisseau de Saint-Jean, dans une vallée marécageuse, où l'humidité est entretenue par les nombreuses plantations de peupliers du Canada qui bordent les prairies. L'extrémité méridionale du village est connue sous le nom de Tête de fer. La partie S.-E. de l'agglomération, composée d'une quarantaine d'habitations, s'écarte du fond de la vallée, de manière à former une espèce de hameau nommé la Rue des Fripiers ou de la Basse du Temple.
Le village de Molenbais-Saint-Pierre, qne l'on appelait d'abord Molembais simplement (Molembais, 1164, 1664 ; Mollenbais, 1164, 1250 ; Molenbais, 1178, 1525, 1546, 1568 ; Molenbays, 1316, 1383, 1477, 1566 ; Molembays, 1559), dénomination à laquelle on a ensuite ajouté le nom du patron de l'église (Molenbais Sancti Pétri, 1231 ; Mollenbasium Sancti Pétri, 1292, 1317 ; Molenbais Saint Pire, 1285 ; Molenbasium Sancti Pétri, 1323 ; Mollenbais Sain Pierre, 1373 ; Nolebais Sain Piere ou Mollenbais le Sain Piere, 1403-1404 ; Mollenbais Saint Pierre, 1619, 1625, 1654-1656 ; Molenbais Saint Pierre, 1664, Le Roy, 1776 ; Molentbaye Saint Pierre, 1666 ; Molembay Saint Pierre, 1787), et que l'on a parfois remplacée par celle de Grand-Molenbais (1546-1547, 1551), borde le ruisseau des Gottaux et celui de Saint-Jean.
Ordinairement on n'applique le nom de Molenbais qu'à la rive droite du ruisseau qui forme la limite de la paroisse de Molenbais. Nous y avons ajouté les 40 maisons situées sur la rive gauche et constituant la Rue d'Enfer, bien qu'elles appartiennent à une autre paroisse, attendu qu'elles sont à plus de 500 mètres des dernières habitations de Huppaye, et qu'elles touchent, pour ainsi dire, celles de Molenbais.
A 1,500 mètres O.-S.-O. de l'église, la Maison Laduron ; à 1,500 m. O., la Maison Crikeler.
Ferme de Chantraine ou Cense de Malte (Monastère de Canteraine, 1364 ; Chanterainne, 1374, 1430 ; à Bommal, près de Chanteraine, 1439 ; Chanterayne, 1374, 1469 ; Chantraine, 1493, 1529-1530, 1573, 1581, 1732 ; Taverne de Chanteraine, 1460 ; Cense dite de Chanteraine, à Huppaye, 1683 ; à Hupain, au chemin de Hedenge à Hupain, derrière Chantraines, 1687) ; Ferme de Fauconval (Faukonvail, 1374 ; Faconval, 1440, 1573 ; au chemin de Jodoigne à Namur, derrière Faquonval, 1440 ; A Faconvaulx, XVIIe siècle) ; Campagne de Fauconval ; le Grand Château (Coulture de Grans Chestiaulx, 1440 ; Grand château de Hupain, 1530) ou Ferme Sentron ; Sart du Bûcher ; Campagne de la Comté ; Trou du Loup ; le Soneu ; Campagne d’Enines ; Quatre Bonniers ; Bois des Gottaux ; les Bisois ; Pré les Dames ; Campagnette ; l’Epinette ; le Sartage ; Bois de la Barrière ; Basse du Temple ; Bois Aquedeau ; Bois de Beaulieu ou Biali, près duquel se trouvait jadis Beaulieu, fief et château ( 1374, 1385-1386, 1474, 1530, 1592, 1610 ; Tenure ou Court de Bialiwe ou Bialieu, 1440) ; Bruyère Collart le loup ; Bois Collart le loup ; Campagne de Saint-Martin ; fontaine (Saint-Martin fontaine, 1374, 1440; Fontaine Saint-Martin, 1610) ; Soctia ; Campagne Sainte-Barbe ; Fond du moulin ; Campagne d’Hermine ; Bois Toussaint (an V) ; Bois Saint-Pierre; Bois Frère Gérard, qui doit son nom, d'après la tradition, à un accident arrivé à un moine de l'abbaye d'Heylissem qui se rendait à l'abbaye de la Ramée ; Champ de l’Abbaye ; Voie de Saint-Jean ; les Quatre ruelles ; Pont Gauzin ; les Prés banaux ; Peuplier Médard ; Ruelle du Chêne ; A la Saule ; Place Saint-Aubain ; Pré des Tiges ; Campagne du Chêneau (Vers le Chaysnal, 1440) ; Chapelle Saint-Pierre ; Chapelle N.-D. du Bon repos.
La Biermayuwe, à Grand-Molenbais (1440) ; Bommale près de Chantraine ou Petit-Bomal (Petite-Bomale, 1374 ; Petit-Bommale, 1469 ; Petit-Bomale, paroisse de Jodoigne, 1440 ; Bommale, en la paroisse Saint-Médard, 1543) ; Al Busse, joignant aux Brunières (1440) ; A Hupay, près Chasterdine (1573, 1610 ; A Hupain, près Chasterdine, 1517-1518, 1592) ; Court de Chestiaulx ou Tenure de Castialx (1440) ; Choutseaulx, à Huppaye (1374) ; A le Caroye (1374) ou A Coroye 1440 (Coulture del Coreye, Le Corey, 1440) ; A Cretiflul (1440) ; Al Enblein, sur la voie de Jodoigne à Namur (1440) ; Rue du Frêne, tenant aux viviersde St-Martin Fontaine, ou A Frayne (1440) ; Vers le Gothar (1440) ; Grand Champ (1440) ; Bois de Greez (1440) ; Gros borne (1617) ; Courtil Hannon de l’Abbaye (Curtis Hanon de l’Abbaye, 1312 ; Courtil Hanon de l'Abbie, 1374 ; Court Hannon del Abbie, 1377-1378 ; Courtil Hannon, à Grand-Molenbais, 1551) ; Piesainte de Hedenge (1573, Tiège de Hedenges, 1410) ; Al Hopée (1440) ; Hembremez, ancien fief â Molenbais (Maison de Lymbremeis de les Molenbays, 1374 ; Hembremeel, 1417 ; T'huys van Lymbremeis, 1438 ; Maison de Houbremez, 1530 ; Hembrimez, près de Jodoigne, 1550-1551, 1627, 1664; Hembrines, 1611 ; Embrines, 1713 ; Embrimez, 1740 ; Hembrimé, 1773) ; le Longhe voie, sur la voie de Biessut (1440) ; la Motte, à Huppaing (1440 ; Cense del Motte, à Molenbais, XVIIe siècle) ; Al Voye des Moines ( 1440) ; Mont-Saint-Martin, en flamand Sinte-Mertens-Berge, à Huppaye (1525-1526, 1658) ; Au Peuplier (A Popplyr, vers le Strayal, 1440 ; Au Poplier, 1573 ; A Poplyr, 1610) ; Poillut fosse, à Bomal (1440) ; Ribaye (an V) ; Aux Ruaulx (1440) ; Al Sache, nommé jadis la Terre de Temple (1440) ; Desseur Trassevail, à Huppaye (1374) ; Maison des Viviers, devant la chapelle de Huppaye, et qui était ruinée en 1530 ; le Prez au Vivier (an V) ; le Pont le Roy (1617).
Le terrain est assez mouvementé, mais sans présenter nulle part de grandes différences de niveau : les pentes sont généralement peu rapides. Le point culminant se trouve au Bois de Beaulieu, vers la limite d'Autre-Église, où l'on a constaté une altitude de 143 mètres.
L'étage supérieur du système landénien est représenté par du sable, vers le bois Saint-Pierre, et par du sable avec traces de grès blanc, à Molenbais-Saint-Pierre, vers la campagne de la Comté. Il semble régner sur une assez grande partie du territoire, recouvert par des terrains pins récents. On exploite du grès blanc dans toute la région méridionale de la commune ; lorsqu'une carrière est épuisée, on la comble et on en pratique une autre un peu plus loin, à ciel ouvert. Trois carrières sont exploitées actuellement : l'une se trouve entre la Basse du Temple et le bois d'Aquedeau : on y rencontre le grès à environ cinq mètres de profondeur ; les deux autres sont entre la campagne Sainte-Barbe et la campagne de Collard-le-Loup et montrent le grès à huit mètres de profondeur.
Les sables laekenien apparaissent en plusieurs points à l'E. du bois Saint-Pierre et en une longue bande, parallèle à la limite d'Autre-Église, au S. des bois défrichés d'Aquedeau, de la Barrière et des Gottaux.
Le limon hesbayen recouvre la plus grande partie du territoire.
Tout le territoire de Huppaye appartient au bassin de l'Escaut ; les cours d'eau qui arrosent cette commune sont : le Saint-Jean et le Ri des Gottaux.
Le Saint-Jean, qui jadis se nommait probablement Molenbeek, comme nous l'avons dit à l'article Jodoigne, prend sa source près de la ferme de Fauconval ; traverse le village de Huppaye, en baignant la ferme de Chantraine et celle du Grand Château ; reçoit le Ri des Gottaux (r. dr.) en aval de l'église de Molenbais-Saint-Pierre ; longe la rue d'Enfer ; et passe sur le territoire de Jodoigne, à la campagne des Bisois, après un parcours de 3,100 mètres, dans la direction générale du N.-N.-E.
Le Ri des Gottaux prend sa source à l'ancien bois des Gottaux ; arrose le petit village de Molenbais ; et se réunit au Saint-Jean (r. dr.), près de la chapelle Saint-Pierre, après un parcours de 1,200 mètres dans la direction du N.
Les habitants emploient l'eau de la Fontaine Saint-Pierre, de la Fontaine Paris, de la Fontaine de Fauconval, de la Fontaine du Baron et de la Fontaine Saint-Martin. Ces deux dernières tarissent dans les sécheresses.
Il y a un petit vivier auprès de chacune des fermes de Chantraine, de Fauconval et du Grand Château.
On comptait à Huppaye : en 1666, 250 communiants ; en 1784, voyez Jodoigne ( dans la paroisse, 395 personnes, dont 1 prêtre, 140 hommes et garçons âgés de plus de 12 ans, 137 femmes et filles âgées de plus de 12 ans, 66 garçons et 51 filles âgés de moins de 12 ans) ; en l'an XIII, 520 habitants ;
— à Molenbais, en 1666, 30 communiants; en 1709, 37 habitants ; en 1784, dans la commune, 115 habitants, dont 1 prêtre, 18 hommes, 22 femmes, 21 garçons et 22 filles âgés de plus de 12 ans, 18 garçons et 13 filles âgés de moins de 12 ans (dans la paroisse, 115 personnes, dont 1 religieux, 39 hommes et garçons âgés de pins de 12 ans, 44 femmes et filles âgées de plus de 12 ans, 18 garçons et 13 filles âgés de moins de 12 ans) ; en l'an XIII, 113 habitants ;
— dans les deux localités réunies, an 31 décembre 1831, 858 habitants ; au 31 décembre 1856, 996 habitants ; au 31 décembre 1867, 1,077 habitants (wallons).
Les registres de l'état civil remontent : pour les naissances, à 1696 ; pour les mariages, à 1692 ; pour les décès, à 1691.
Le seul bois encore existant est une partie du Bois Saint-Pierre, mesurant 9 hectares 50.
D'après les recensements généraux, les exploitations agricoles se classaient de la manière suivante par rapport à leur étendue :
Les exploitations de plus de 50 hectares sont actuellement : la Ferme de Chantraine (120 hectares), ancienne propriété de l'ordre de Malte, tenue par M. Rauscent (Jean-Fr.), appartenant à MM. Recking et Mabille ; la Ferme du Grand Château ( 100 hect. ), divisée en deux exploitations tenues, l'une par M. Sentron (C.-J.), l'autre par M. Sentron (L.-T.-J.), appar-tenant à M. de Pierpont et Mlle Demaret, née de Pierpont ; la Ferme de Fauconval (50 hect.), occupée par M. Boine (A.), appartenant à M. de Bernard de Fauconval.
Le nombre des animaux domestiques constaté par les recensements généraux s'élevait à :
Les terres exploitées par les cultivateurs de la commune se répartissaient ainsi :
Ce chiffre total se subdivisait en biens exploités :
En moyenne l'hectare de terre était estimé à:
L'ancienne verge linéaire a 16 1/2 pieds de Louvain.
La seule usine est une brasserie.
Jadis, il existait un moulin à wesdre, qui était situé devant la Taverne de Chantraine (1440).
Plusieurs habitants de la commune font le commerce de lin ; une famille prépare le chanvre.
La principale industrie est l'extraction du grès et la fabrication des pavés ; elle occupait, il y a cinq ans, 70 ouvriers et une dizaine d'enfants. L'eau s'extrait des carrières à l'aide d'un puisoir à bascule. Dans ces derniers temps, cette industrie a pris une extension considérable.
Le chemin de fer de Tirlemont à Namur traverse le territoire de Huppaye sur une longueur d'environ 2,500 mètres. Une halte a été récemment établie à proximité de l'église. On compte 27 chemins et 28 sentiers vicinaux, mesurant ensemble 28,889 mètres, dont 8,000 sont pavés.
Le chemin de grande communication n° 50, qui relie la route de Tirlemont à Saint-Michel à celle de Wavre à Hannut, traverse la commune sur 4,872 mètres ; le chemin n° 51, sur 3,200 mètres.
Une barrière, où l'on perçoit les 1/4 de la taxe ordinaire est établie sur le chemin n° 50, en vertu d'un arrêté royal en date du 27 janvier 1857.
Localités peu importantes, Huppaye et Molenbais s'ont, pour ainsi dire, pas d'histoire ; l'histoire de Huppaye se confond avec celle de Jodoigne, dont ce village dépendit jusqu'en 1795. Dans la seconde moitié du XIIe ou au XIIIe siècle, il s'y établit une commanderie de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem (ou de Malte), désignée sous le nom de Chantraine et à laquelle nous consacrerons plus loin an chapitre particulier.
Huppaye et Molenbais comptaient, au moyen âge, un certain nombre de châteaux, dont les possesseurs se partageaient la majeure partie du sol, concurremment avec les hospitaliers, l'abbaye d'Heylissem, le prieuré de Groenendael, etc. Plusieurs de ces manoirs doivent avoir été brûlés pendant les luttes de Maximilien d'Autriche contre les villes du Brabant et de la Flandre, car ils étaient abandonnés en 1530.
Vers 1673, les troupes hollandaises incendièrent, à Grand-Molenbais, une demeure qui avait longtemps appartenu aux Fauconval et qui appartenait alors à Jean Francart.
Dans la première moitié du XVIIe siècle, vers 1716, le curé de Molenbais, dom Bernard, religieux d'Heylissem, eut de longues querelles avec ses paroissiens et son abbé. Il se plaignait des premiers parce qu'ils négligeaient l'entretien de l'église. Connaissant le peu de disposition de son abbé à le soutenir, les villageois se montrèrent de plus en plus malveillants à son égard et l'échevinage alla jusqu'à prendre des informations contre lui, lui imputant des sévices graves, des injures adressées au mayeur, des querelles, etc. L'évêque de Namur, ayant visité l'église de Molenbais, la trouva dans un état pitoyable. Dom Bernard se prévalut de la déclaration du prélat pour attaquer son abbé, principal décimateur, afin qu'il contribuât à la restauration de l'édifice. Mais il ne fit qu'irriter de plus en plus son supérieur, qui le somma de revenir au monastère. Sur son refus, on envoya le prieur et huit hommes armés, qui le trouvèrent dans une brasserie, dans un village voisin, le forcèrent à monter en voiture et le conduisirent à Heylissem, où on l'enferma dans une chambre où il dut signer une déclaration dans laquelle il s'accusait lui-même des torts les plus graves. En butte à l'inimitié de tous ses confrères, dom Bernard s'adressa à l'abbé de Saint-Feuillen, vicaire général de l'ordre de Prémontré ; il essaya de faire intervenir en sa faveur une religieuse annonciade, nommée sœur Constance ; mais ses plaintes restèrent sans doute infructueuses, ses réclamations auront probablement été étouffées et sa correspondance interceptée ; le dossier de cette affaire ne contient rien qui nous en apprenne la solution.
En l'an VII de la république française, François Detry, curé de Molenbais, fut accusé d'exciter à l'insurrection, emprisonné en vertu d'un arrêté du Directoire exécutif, du 24 messidor an VI, puis envoyé à Rochefort, où il arriva le 31 octobre 1798. Revenu de l'exil, il reprit ses fonctions sacerdotales et desservit à la fois Molenbais et Huppaye.
Huppaye, séparée de Jodoigne en l'an III et érigée en commune distincte, s'est ensuite accrue de Molenbais-Saint-Pierre, qui y a été réuni en vertu d'un décret impérial dont nous n'avons pu retrouver la date précise, mais qui doit être de l'an 1811.
Dans ces derniers temps, la localité a perdu un certain nombre de ses habitants : 55 d'entre eux sont partis pour l'Amérique et 45 pour le Hainaut.
Depuis sa séparation de Jodoigne, Huppaye a successivement fait partie du canton de Jauche (an III an X) et de celui de Jodoigne. Molenbais, qui constituait une juridiction distincte, ressortissante à la chef-mairie de Jandrain, a appartenu aux mêmes subdivisions jusqu'à son annexion à Huppaye. Un relief effectué en l'an 1373-1374 place cette localité dans l'office de Jodoigne (in officiatu Geldoniensi), dont la chef-mairie de Jandrain constituait une fraction.
« La paroische de Nolebais, » dit un ancien Compte du bailliage du Brabant Wallon, « est du tout à monseigneur, sauf que le seigneur de Linsmeau maintient avoir en aulcunes parties cens et rentes seulement, et toutes amendes et forfaitures se jugent selon la loy de Louvain et selon la lantcharte. »
En 1278, le domaine des ducs de Brabant possédait à Molenbais un cens annuel de 106 sous 8 deniers payables , moitié à la Saint-Remy, moitié à la Saint-Jean-Baptiste , et de deux muids d'avoine (que l'on estima valoir 16 sous), plus des prés et rentes produisant 15 livres 16 sous, au total un revenu de 21 livres 4 sous. Le 12 octobre 1559, la haute, moyenne et basse justice de ce village et d'Énines fut engagée, avec quelques cens à Énines, moyennant 186 livres 9 sous 6 deniers d'Artois, à Jean de Lonchin, seigneur de Flémalle (relief du 24 mars 1562) ; puis rachetée, suivant un document, le 20 octobre 1600. Nous trouvons ailleurs que le receveur du domaine à Jodoigne, Antoine de L'Escaille, reçut 100 livres d'Artois de la chambre des comptes de Brabant, le 6 septembre 1617, afin d'opérer le désengagement de Molenbais et d'Enines. Arnoul de Hasque fut constitué par la chambre maire de ces villages et en exerça les fonctions depuis le 20 septembre de la même année jusqu'au 1er septembre 1625. De nouveaux besoins d'argent étant venus assaillir le gouvernement des Pays-Bas, ce dernier recourut encore à la triste ressource de la vente des juridictions. Molenbais et Enines furent une seconde fois cédés, le 3 août 1626 et moyennant 2,600 livres d'Artois, à Philippe d'Oultremont, puis vendus d'une manière absolue, le 11 mars 1648, à Massin de l'Abbaye, mandataire du même, moyennant 3,800 livres en sus. On ne comprit dans cette aliénation qu'un cens de 2 sous 6 deniers de Louvain ; un autre cens domanial de 56 sous 2 deniers de Louvain resta annexé aux biens qui furent englobés dans l'engagère de Jodoigne, en 1658.
Soit que la vente de l'année 1648 n'ait pas eu de suite, soit qu'elle ait été annulée par une opération postérieure, les deux villages cités plus haut furent vendus derechef par le domaine, le 26 août 1664. L'acquéreur, Winand, comte de Glimes, les transmit à ses descendants avec la seigneurie de Jodoigne-Souveraine. Marie-Thérèse de Beeckman de Vieusart, douairière de Villers, et ses enfants en firent abandon, moyennant 1,800 florins de change, à Jean-Pierre, comte de Quarré (relief du 30 juin 1775), qui fut, peu de temps après, créé baron de Molenbais-Saint-Pierre (r. du 2 avril 1776) et eut à ce titre entrée aux États de Brabant.
Les habitants des deux Molenbais et d'Hembremé, par suite d'une disposition formelle du duc de Brabant Jean III, étaient tenus de faire moudre leurs grains au moulin que le chapitre de Saint-Pierre, de Liège, possédait à Jodoigne-Souveraine. Mais cette obligation ne put pas se maintenir, et le moulin précité cessa d'exister dès le commencement du XVe siècle. Les ducs de Brabant avaient déjà astreint les habitants des mêmes localités à porter leurs récoltes au moulin de la Ramée (sous Jauchelette), obligation qui subsista jusqu'en 1612. Ils durent alors les envoyer aux moulins dits de Lestanche et de Raesquin, à Jodoigne.
Le greffe échevinal de Molenbais, pour les années 1770 à 1793, repose aux Archives du royaume.
Des sept membres dont se compose le conseil communal, deux appartiennent à Molenbais et cinq à Huppaye.
La commune ne possède qu'un hectare 12 ares.
Son budget, pour l'année 1870, présente les chiffres suivants :
Il a existé une famille noble du nom de Hupain ou Huppaye. En 1164, les trois frères Gérard, Walter et Albert de Hupain faisaient partie de la familia ou des vassaux du comte Gilles de Duras. Vers ce temps, on cite aussi, en la même qualité, Olivier (qui reparaît encore en 1174), Albert et Gosuin de Hupain. Guillaume de Hupain et son frère Henri surnommé Villicus ou le Maire figurent parmi les témoins d'un diplôme ducal, de l'an 1210 environ. Henri de Hupaigne se montre en 1218, et, en 1223, Gérard et Henri de Hupain sont présents à une prestation d'hommage au duc de Brabant par Jacques de Chaumont. En 1250 vivait un chevalier Gérard de Hupaing, qui donna à l'abbaye de la Ramée une redevance de 9 muids (dont un tiers de froment, un tiers de seigle et un tiers d'avoine), mesure de Louvain, qu'il tenait en fief de Gérard, sire de Jauche (charte de celui-ci, en date du mois de mars 1252-1253). En 1317 apparaît encore Gosuin Malher de Hupain, et, en 1439, Walter et Arnoul Raynard, fils de Jean de Hupain.
Un Jean de Hupain possédait, au XIVe siècle, 9 bonniers de terres et prés et une cour féodale de douze hommages, à Huppaye. Après lui ce bien passa à Jean du Casteal ou du Castel de Hupain, père de Reinchon ou René, qui en hérita, et d'Arnoul dou Chasteal, qui acheta de Béatrix, fille de Henri de Wange, un manoir situé à Huppaye, 6 b.de terres, 1/2 bonnier de pâturages, une cour féodale de 6 hommages et un cens de 7 sous de Louvain et 4 chapons. Marie, fille de René (r. du 1400-1401), et femme de Conrad Arnoudts(qui releva l'usufruit de ces biens le 23 juillet 1449), eut pour héritier son cousin, Jean de Parfontriwe ou Parfontrieu petit-fils d'Arnoul du Chastial (r. du 4 juillet 1437), qui posséda à la lois les deux tenures précitées, dont l'une prit dès lors le nom de Orant Castiaulx à Huppaing, et les vendit à Guillaume, fils de Henri Vander Vekene (r. du 22 mai 1443). Celui-ci y joignit un grand nombre d'autres fiefs et eut pour héritier son frère Gérard Vander Vekene ou De la Haye (r. du 26 mars 1466-1467). Maître Jean l'Orfèvre, chancelier de Brabant, acheta le tout de Gérard et de Gilles Vander Vekene (r. du 12 sep-tembre 1474). Ce domaine, devenu considérable, eut depuis pour maîtres :
Hugues l'Orfèvre, fils du chancelier (r. du 22 juin 1477) ;
Jeanne l'Orfèvre, femme du chevalier Philippe de Gesves, et Catherine l'Orfèvre, femme de Jacques de Glimes, sœurs du précédent (r. du 17 novembre 1498) ;
Catherine l'Orfèvre, par échange conclu avec sa sœur Jeanne (r. du 29 novembre 1499) ;
Jeanne de Gesves, fille de sire Philippe précité, en vertu du testament de Catherine, sa tante (r. du 6 février 1517-1518) ;
sa fille, Anne de Baillet, épousa sire Jean de Lonchin, chevalier, seigneur à Female ou Flémalle ;
Jacques de Lonchin, fils de ceux-ci, par la mort de Jeanne de Gesves, son aïeule (r. du 2 octobre 1540) ;
Jean, frère du précédent (r. du 8 mars 1541-1542) ;
François, fils de ce Jean (r. du 9 décembre 1573) ;
Jeanne, sa sœur, veuve de messire Philippe d'Oultremont, seigneur de Vaulx à Boves (r. du 22 septembre 1592 et du 29 octobre 1594) ;
Messire Pierre d'Oultremont, son fils ( r. du 20 novembre 1610) ;
Jeanne de Lonchin précitée (r. du 16 octobre 1631) ;
Nicolas d'Oignies, son héritier (r. du 13 avril 1687) ;
Ignace-Charles-Joseph, baron d'Yve, comme héritier de Jean-Paul, marquis d'Yve (r. du 15 mai 1710) ;
Thomas-Joseph d'Yve de Soye, baron de Brandenbourg, frère du précédent (r. du 2 janvier 1732).
Le 18 janvier 1734, ce gentilhomme conclut avec son frère Paul-Ignace d'Yve, baron de Soye, un accord en vertu duquel il acquit, à titre viager et en échange de rentes :
1° la possession du Grand. Château de Huppaye, de ses dépendances en terres, bois, prairies, cens, etc., les seigneuries foncières de Huppaye et de Molenbais-Saint-Pierre, une cour féodale au même endroit ;
2° la ferme de Hottomont (à Grand-Rosière; voyez Canton de Perwez-chapitre Grand-Rosière) ;
3° la seigneurie de Ramillies.
Les deux MM. d'Yve possédaient ces biens en qualité d'héritiers testamentaires de leur père, Ernest-René-Victor d'Yve, baron de Soye, et comme héritiers de leur frère Charles, baron d'Yve. Thomas-François-Joseph, marquis d'Yve, baron de Soye et de Brandenbourg, neveu du baron Thomas-Joseph (r. du 23 octobre 1745). En 1794, son domaine près de Jodoigne comprenait 171 b. 2 journaux de terres, 45 b. de prairies, 25 b. 3 j. de bois, une cour censale et féodale, d'un revenu annuel de 82 fl. 14 sous.
L'ancien château des d'Yve subsiste encore près de Molenbais ; il présente quelques parties antiques, mais délabrées et peu remarquables. Il est devenu la propriété des de Pierpont et on l'a transformé en brasserie. Il porte encore la dénomination de Grand Château. En 1530, ce domaine était abandonné, car il figure dans un dénombrement comme suit : « une place où souloit estre une maison et tenure nommée le Grand Château de Hupain, avec cens, terres, pâtures, court de mayeur et tenants, le bois du Temple, contenant un bonnier, etc. ».
Un autre vieux manoir avait subi un sort analogue. « Une place, ajoute le même document, où souloit estre une maison qu'on appelait Beauly, à Huppain, avec étang, terres, etc. » Les registres des fiefs de Brabant nous le montrent, en 1374-1375, comme formant l'objet d'une contestation entre Walter du Stockoit et Henri de Beaulieu. Helman de le Heyde, de Herbais, l'acquit de celui-ci (r. du 27 décembre 1363), qui était fils de maître Colard de Beaulieu. Ode, fille de Heleman Del Heyde et femme de Guillaume Baudouin de Jean-Geest, en hérita de sa sœur, Catherine de Beaulieu (r. de 1376-1377). Sire Walter de Dongelberge, chanoine de l'église de Lierre, en fit l'acquisition (r. de 1379-1380) et revendit la maison dite Beaulieu à Huppaye et 11 bonniers de terres à Ide de Villers, femme de Guillaume Del Motte (r. de 1385-1386). Ide, à son tour, céda son bien à Marie Marcks, fille d'André (r. du 12 mai 1408), mère de Gertrude Marcs ou de Maricq, femme de Jean de la Vaul, de Lathuy (r. du 20 avril 1436). Ceux-ci, à leur tour, vendirent à Guillaume Vander Vekene le château de Beaulieu, (r. du 3 février 1446-1447), dont l'annexion aux dépendances du Grand Château de Huppaye date de ce temps. Le manoir même ne fut pas complètement abandonné, car nous le retrouvons mentionné, en 1732, comme « maison de plaisance ». Il se trouvait à la lisière méridionale de la commune.
En 1530, on voyait, devant la chapelle de Huppaye, une « place et manoir où souloit avoir une maison appelée des Viviers », qui était tenue en fief du Brabant par les possesseurs des deux terres précédentes, avec des terres et des arrière-fiefs. Une cour féodale de treize ou quatorze petits hommages, à Huppaye et Bornal, autre fief du Brabant, resta longtemps en possession des Maricque, qui l'acquirent, au XIVe siècle, de Jeun de Saint-Germain; Christine Maricq la porta en mariage à Lambert du Pas (r. du 26 septembre 1613). Cette dame survécut à son fils Lambert et eut pour héritier Lambert-Joseph du Pas, seigneur de Bellicum (r. du 23 novembre 1709). Celui-ci eut pour gendre Jean-Henri de Lennere (r. du 26 juin 1728), ailleurs appelée de le Mede, père du lieutenant-colonel Paul-Henri-Joseph de le Mede, seigneur de Jennevaux (r. du 26 novembre 1765).
Au commencement du XIVe siècle le domaine de Fauconval appartenait à Marie, fille de Gillebaud de Bornal (r. de 1366-1367), qui eut de Simon de Hamme un fils nommé Gilbard (r. de 1376-1377). Plus tard ce bien passa à Arnoul de Buvegny dit le Bourguignon, qui le laissa à son fils Jean (r. du 18 février 1496-1497). Nous le trouvons ensuite entre les mains d'une famille qui en portait le nom et dont le chef, Arnoul Van Ham dit de Fauconval, laissa une succession fort obérée ; ses enfants, afin de satisfaire ses créanciers, vendirent leur patrimoine, qui passa à maître Jean Bernard (16 février 1557). Dans cette acquisition figuraient notamment trois bonniers et un journal de terres situées à Huppaye, qui auparavant étaient tenues du principal vendeur, Gilles de Faconval ou Fauconval, et qui relevèrent depuis du duché de Brabant (r. du 13 mars 1556-1557). Maître Bernard eut pour héritiers successifs :
Jacques, fils de maître Jean Bernard (relief du 7 septembre 1610) ;
Gilles, fils de Guillaume et neveu du précédent ;
Jacques, son fils (r. du 7 septembre 1685) ;
Charles-Jacques de Bernard, fils de Jacques Bernard, seigneur de Fauconval, et de sa cousine Anne Bernard, héritière de Deukem à Tourinnes-les-Ourdons ;
Anne-Marie de Bernard, sa fille (r. du 27 janvier 1777), qui s'allia à Lambert Burlet ; en 1794, elle possédait 62 bonniers 3 journaux à Jodoigne et Dongelberg.
Herman-Joseph de Bernard de Fauconval, frère d'Anne-Marie, épousa Marie-Thérèse Burlet, et en eut, entre autres enfants, Charles-François, reconnu baron par arrêté royal du 23 mai 1843, époux de la baronne Olympe de Cuvelier de Champion, et père du baron Edouard de Bernard de Fauconval et de Deukem, possesseur actuel du domaine de Fauconval.
On désignait jadis par le nom d’Hembrimez une habitation située à Molenbais, et qui était tenue du duché de Brabant avec deux bonniers de prairies et neuf bonniers de terres. En l'année 1530 elle était entourée par un jardin, avec étang ; mais, en 1684, il y avait plus de 25 ans qu'elle avait été abattue et on en représentait les dépendances comme des terres maigres ou de peu de valeur. Il y ressortissait une petite cour féodale et, entre autres fiefs, une tenure de sept bonniers de terres et dix journaux de prés, qui appartenaient, en 1474, à messire Jacques de Waingny.
Jean de Middelwinde, puis Jean Kaweles ou Raulet et ensuite, en vertu d'un acte de retrait, Pierre, fils de Pierre de Herbais (r. du 25 août 1362), possédèrent Hembriinez au milieu du XIVe siècle. Walter Vanden Berge en devint ensuite possesseur et laissa ce fief à sa fille Catherine, femme d'Adam de Kerkem (relief du 18 mars 1417-1418). Il fut ensuite donné à Gertrude Boele lorsqu'elle épousa Jacques de Glimes (r. du 16 octobre 1438). Un autre Jacques de Glimes le laissa à sa fille Catherine, femme de Hugues De Vos, receveur du domaine ducal à Jodoigne (r. du 10 mars 1517-1518). Le fils de ceux-ci, nommé également Hugues (r. du 13 mare 1550-1551), vendit Hembrimez à Jeanne Van Nesse et à Corneille, fils de feu Joachim de Termonde (r. du 4 janvier 1552-1553). Nous retrouvons, ensuite et successivement, ce bien en possession de :
Gilles De Vos, neveu de messire Corneille de Termonde (r. du 1er décembre 1611) ;
Anne De Vos, fille de Hugues De Vos et de Marie d'Aigremont alias Troignée, et son mari, messire Guillaume de Payhau, seigneur de Thines en Hesbaye et de Grand-Hallet (r. du 21 août 1627) ;
Marie-Françoise d'Auly ;
Sébastien d'Onyn, chevalier, seigneur de Chastre-dame-Alerne, cousin germain de la précédente (r. du 21 octobre 1684) ;
Jean-François d'Onyn, seigneur de Chastre, son neveu (r. du 11 avril 1713) ;
Françoise-Maximilienne-Caroline d'Onyn, fille de Jacques-Antoine, et nièce du précédent (r. du 9 juil-let 1740) ;
François-Jacques-Ghislain et Joseph-Louis-Hubert Snellinck (r. du 24 avril 1773).
Molenbais a eu également des chevaliers qui portaient le nom du village et c'est à eux que l'abbaye d'Heylissem dut le beau domaine qu'elle y posséda jusqu’a sa suppression. Le chevalier Alexandre de Molenbais le tenait en fief de Julienne, comtesse de Clermont et de Jodoigne. Celle-ci et son fils Gilles, après avoir reçu le transport de ce bien, en firent abandon au monastère entre les mains de l'évêque de Liège Henri, sans s'y rien réserver, pas même la dîme. Plus tard Bohémond, frère d'Alexandre, gratifia à son tour les religieux d'Heylissem d'un manse (ou 12 bonniers) de terres, moyennant le payement de 18 deniers par an, avec le consentement d'Aubéron, curé de l'église Saint-Médard, de Jodoigne, de laquelle ce manse était tenu à cens (charte de l'évêque, de l'année 1164).
Le pape Alexandre III confirma à l'abbaye d'Heylissem la possession du manoir de Molenbais (en l'année 1178) et l'évêque de Liège celle d'une partie de la dîme du village (1231). Quant aux Molenbais, ils ne sont plus cités que rarement ou à l'occasion de cessions faites au monastère. En 1174 on mentionne Hengon de Molenbais. En 1285, le jurdi avant la fête de Saint-Barnabé, Watier ou Walter, fils de feu Philipon ou Philippe de Molenbais-Saint-Pire, se trouvant à Heylissein, dans la demeure d'un prêtre nommé Gilles de Libertange, céda aux religieux un demi-bonnier de terres situées « el torroer de Bomale » Dans la suite, la principale branche des Molenbais se fixa à Linsmeau, où elle posséda la seigneurie pendant plusieurs générations.
Les Molenbais-Saint-Pierre, que l'on trouve dans le village de ce nom au XIVe siècle, n'avaient plus que de modestes tenures. Renchon, fils de Nicolas et petit-fils de Reneward, dont Blondeau a fait un seigneur du village, n'y avait, outre deux bonniers de terres situés à Huppaye, que 3 b. de terres et un cens de 6 sous 6 d. de bonne monnaie et 8 chapons. Un autre membre de la même famille, Gérard, fils de Louis de Molenbais, était également le vassal du duché de Brabant pour une demeure située dans le village. René de Molenbais, son fils Godefroid et Gosuin, fils de Godefroid, se transmirent plus tard les biens de Renchon (r. du 16 février 1525-1526), qu'Isabeau de Molenbais et son mari Jean Cliset léguèrent à Ripet Cliset, leur fils (r. du 19 juin 1658). Le château qui existait jadis dans la prairie faisant face à la cure et dont les derniers vestiges n'ont disparu que depuis peu d’années, fut sans doute construit et habité par les Molenbais ; la tradition, on ne sait sur quel fondement, l'attribue aux Mérode.
Une grande tenure féodale, composée d'un manoir, de 22 bonniers de terres, d'un cens de 22 chapons, 20 sous 3 deniers de bonne monnaie, 3 gros de Flandre et la moitié d'une cour féodale, passa de Henri de la Porte à Gérard, fils de Louis de Ruidingnez ou Rédinghen, de Louvain, vers l'année 1370. Jacques De Gruytere en laissa la propriété à son parent, Guillaume De Gruytere, qui la vendit à Louis Unten Lyemingen (r. du 21 août 1467).
Le prieuré de Groenendael, dans la forêt de Soigne, avait à Huppaye une ferme qui porte encore le nom de ce couvent. Parmi les dépendances de la ferme se trouvaient 3 1/2 journaux de terres appelés de temps immémorial le Courtil Hannon, qui étaient tenus en fief du duché de Brabant. Henri Raulet, fils de Nicolas, en fit don au couvent, vers l'année 1400. La ferme de Groenendael, avec 52 b. 1 j. de terres, de prairies et de bois, fut vendue comme bien national, le 8 vendémiaire an IX et moyennant 17,100 francs, à Antoine-Joseph Giraud, de Tirlemont. Elle était alors louée 1,264 francs par an.
Nous avons vu, à l'article Jodoigne, qu'en 1175, Gilles, comte de Duras, établit près de l'église Saint-Médard, de Jodoigne, des frères de l'ordre de l'hôpital de Jérusalem (aussi appelé l'ordre de Saint-Jean ou l'ordre de Malte). Il leur assigna, pour dotation, la dîme de Huppaye et ses droits sur la terre de Reinfroid. C'est très probablement dans ce dernier domaine, comme l'a conjecturé le savant Gachet, que s'éleva la Maison de Chantraine, dont la situation précise constitua longtemps une véritable énigme.
L'histoire de cette maison, que l'on qualifie quelquefois de monastère, se borne, pour ainsi dire, à des privilèges ou des chartes de protection, accordés par les souverains du pays et que nous analyserons ici, pour suppléer à la pénurie de nos documents sur l'histoire des ordres militaires en Belgique.
En 1298, par une charte donnée à Louvain, le jeudi après la Toussaint, le duc de Brabant Jean II, à l'imitation de ce qu'avaient fait son père, son aïeul et d'autres de ses prédécesseurs, défendit de tourmenter les frères de l'ordre de l'hôpital et d'exiger d'eux des exactions ou des services. Le duc Jean III, en accordant une exemption complète de corvées, de services et d'exactions, pendant un terme de quinze années, à toutes les maisons, tant de l'ordre de l'hôpital que de l'ordre du Temple, supprimé depuis quelque temps, se réserva le droit de taxer les maisons dites de Valionpont (à Thines près de Nivelles), de Villeroux (à Chastre) et de Mont-Saint-Jean (à Waterloo). Comme ce terme allait expirer le 20 mars 1365, le duc Wenceslas et la duchesse Jeanne le prolongèrent de seize autres années, le 8 novembre 1364. C'était alors Baudouin de Parfontrieu qui était maître de Chantraine (relief de l'année 1366-1367).
Frère Henri de Saint-Trond, « maistre de Chantraine », obtint des mêmes princes deux chartes : l'une du 16 octobre 1377, déclarant que les hospitaliers n'étaient justiciables que d'eux-mêmes et de leur conseilb; l'autre, du 8 janvier 1380-1381, interdisant d'arrêter leurs chariots et de leur demander des tailles, des corvées et d'autres services ; il leur fut alors fait remise de l'obligation de fournir, tous les ans, 140 corvées (charte confirmée le dernier août 1429, le 27 juillet 1431, le 20 juin 1432, le 8 juillet 1455, le 24 décembre 1493. etc.)
Des gens d'armes, des nobles et d'autres personnes de toute condition ayant adopté l'usage de se loger dans les maisons de l'Ordre, la duchesse Jeanne autorisa les chevaliers à repousser ces intrus par la force et enjoignit à ses officiers de conduire les contrevenants au château des Trois-Fontaines, dans la forêt de Soigne (13 août 1384).
Le 16 décembre 1407 (?), sire Ameil de Parfontrieu, qui était maître de Chantraine depuis l'année 1386-1387, fut autorisé par la duchesse Jeanne à perdriser ou chasser aux perdrix et à prendre des conins ou lapins dans tous les biens dépendants de sa commanderie, mais à la condition d'y réserver le même droit à la princesse précitée.
A Ameil succéda son frère Jean (r. de 1404-1405), qui obtint du duc Antoine, le 28 janvier 1409-1410, exemption du paiement de 60 corvées que les biens de la Maison de Chantraine et du restant du bailliage devaient au domaine ducal de Brabant. Cette faveur lui fut accordée en considération des pertes que l'Ordre avait subies à la journée de Bastweiler, où la plupart des chevaliers habitant en Brabant furent tués ou pris. Lorsque frère Jean mourut, et pendant que ses fonctions étaient remplies par frère Henri de Lummen, commandeur de Binkom, le duc Jean IV prescrivit de saisir, à Chantraine, tous ses biens et meubles. « Les religieux de Chantraine » ayant réclamé l'appui de la ville de Louvain, cette commune enjoignit au bailli de Nivelles de donner mainlevée des biens, mais le bailli refusa d'obtempérer à cet ordre. Jean de Warnant, bailli de Jodoigne, alla à Bois-le-Duc en parler à Jean IV, qui décida que les meubles du maître de Chantraine seraient transportés à Mons. Un ordre pareil ne pouvait qu'exciter du mécontentement. Aussi, lorsque le bailli de Jodoigne se rendit à Louvain pour en informer les magistrats de cette ville, ceux-ci réclamèrent énergiquement. D'abord Jean IV promit que les meubles ne sortiraient pas du Brabant, puis il se décida à en accorder la mainlevée (1418-1419).
Ces difficultés provoquèrent probablement l'opposition énergique que le nouveau maître ou commandeur, frère Edmond d'Emmichoven, fit au gouvernement ducal. En 1420, ce fut lui qui alla chercher en France le frère de Jean IV, Philippe de Saint-Pol, à qui les États du duché confièrent les fonctions de ruward ou gouverneur du Brabant. Pendant la guerre que Jean IV soutint contre le duc de Glocester, devenu époux de Jacqueline de Bavière et souverain du Hainaut, la commanderie éprouva de grands dommages, que l'on évalua à 3,000 florins du Rhin. Cette circonstance détermina Philippe de Saint-Pol à renouveler, en faveur de cette maison et du consentement des États de Brabant, l'exemption de corvées et de tailles accordée jadis par le duc Wenceslas et la duchesse Jeanne (31 août 1429). Edmond était alors l'un des conseillers du duc.
Sire Jacques Caillot lui succéda (relief pour les fiefs tenus du Brabant, en date du 22 mars 1468-1469), et resta en fonctions plus de 60 ans. Le 20 avril 1472, il fut nommé par le duc Charles le Téméraire châtelain de Louvain, en remplacement du pannetier de Charles, Drieu de Humières, qui avait résigné cet office.
Après lui, la commanderie eut pour chefs successifs :
Sarrasin de Peaige (r. du 24 novembre 1498) ;
Charles de Brumières (r. du 26 octobre 1499) ;
Jérôme de Hompelières (r. du 30 janvier 1519-1520) ;
Michel d'Argillemont (r. du 24 janvier 1533-1534) ;
Philippe Carléan, grand prieur de France (r. du 31 janvier 1539-1540) ;
Philippe de la Fontaine (r. du 16 février 1547-1548) ;
Christophe Lebouleur dit de Mont-Gauldry (r. du 23 septembre 1568) ;
Antoine Deshayes dit de Saint-Lucq, trésorier général de l'Ordre (r. du 16 février 1588) ;
Jacques de Mesmes-Marolles (r. du 5 octobre 1609) ;
François de Rochechouart-Jers (r. du 12 octobre 1647) ;
Gabriel Desmarest (r. du 5 septembre 1668) ;
Charles-Antoine de Fourneau, agent de l'ordre ( r. du 3 janvier 1693), au lieu et place de MM. de Grimonville et de Colhert, qui furent successivement commandeurs de Chantraine ;
Le gouvernement espagnol, après la mort de ceux-ci (r. du 5 novembre 1695) ; Le commandeur de Courcelles (r. du 17 juin 1700) ;
Le seigneur d'Osmond (r. du 24 septembre 1705) ;
M. de Comartin (r. du 28 septembre 1709) ;
Eustache d'Avernes (r. du 21 juin 1760) ;
François de Comminges (r. du 30 mai 1731) ;
Louis de Froulay (r. du 8 juin 1733) ;
Jean-Charles de Rupière (r. du 20 juillet 1768) ;
Barthélémy de Bar (r. du 9 avril 1781), qui mourut l'année suivante.
Le temps avait apporté d'énormes modifications dans la situation de la maison. A l'époque des ducs de Brabant et de Bourgogne, les commandeurs étaient d'ordinaire baillis d'Avalterre (littéralement des Pays-Bas), c'est-à-dire chefs de l'ordre en Brabant, en Hainaut, dans le Namurois, le pays de Luxembourg et l'évêché de Liège ; ils figurèrent mainte fois dans les conseils des princes et exercèrent une grande influence. Au XVIe siècle, l'usage s'introduisit de leur donner pour successeurs des chevaliers français, ce qui mécontenta à la fois ceux de nos compatriotes qui entraient dans l'ordre, et nos souverains, qui voyaient avec un vif déplaisir de hautes positions occupées par des étrangers. Plus d'une fois, les biens de Chantraine furent confisqués, notamment en 1542, lors de la guerre contre François Ier. Frère Philippe Carléan, grand-prieur de France, avait fait annexer la commanderie à son bénéfice ; Charles-Quint l'obligea à faire annuler cette union (résolution du couvent de l'ordre, du 26 juin 1545, et décision du grand maître, du 3 juillet suivant), et n'accorda la mainlevée de la saisie qu'après avoir obtenu cette satisfaction (lettres patentes datées d'Utrecht, le 22 décembre 1545).
L'Ordre soutenait alors une lutte désespérée contre la puissance ottomane, qui le chassa de l'île de Rhodes et faillit lui ravir l'île de Malte, devenue son asile. La commanderie, afin de venir en aide à la caisse centrale de l'Ordre, payait tous les ans une responsion ou subvention de 600 ducats. L'admiration générale que les exploits des chevaliers inspiraient se traduisit par des mesures de protection en faveur de leurs biens. Des soldats ayant pillé ceux qu'ils possédaient en Artois, le roi Henri II en témoigna un vif mécontentement et déclara que l'Ordre devait jouir d'une neutralité complète ; le souverain des Pays-Bas en fit autant, le 9 mai 1556 et le 7 janvier 1557-1558.
Pendant les troubles religieux, l'archiduc Mathias accorda des lettres de sauvegarde pour les biens de l'Ordre et spécialement pour ceux de Chantraine, Molenbais, etc. (lettres patentes datées d'Anvers, le 17 avril 1581), et Alexandre de Parme octroya la même faveur à Godefroid Centurion, commandeur du Piéton (en Hainaut), du Cambrésis, de la Bracque, de Turnhout, agent de l'Ordre dans nos provinces (23 décembre 1588).
La commanderie fut de nouveau confisquée en 1689, lorsqu'elle appartenait à Antoine-Martin de Colbert, troisième fils du fameux contrôleur général des finances de France, qui fut, le 5 août de la même année, blessé à mort au combat de Walcourt. La mise sous séquestre avait longtemps été ajournée, parce que le gouverneur général avait à cœur de ménager le puissant ministre de Louis XIV.
Vers ce temps, les commandeurs et leurs agents s'habituèrent à séjourner à Valionpont. En 1682, ils adoptèrent l'usage d'ajouter à leur titre de commandeur de Chantraine celui de commandeur de Valionpont, ce qui subsista jusqu'en 1773, qu'on forma des biens, dont le produit était estimé à 60,000 livres, trois commanderies distinctes, dites de Chantraine, de Valionpont et de Tirlemont. Le siège de la première fut établi au Château César, de Louvain, et on lui assigna pour dotation : la Cense au bourg, dans cette ville, avec des terres et des cens, les grandes fermes de Chantraine (à Huppaye), de Jancourt (à Wals-Betz), de la Bruyère (près de Fleurus), des Templiers (à Corswarem), 58 bonniers de terres et 6 b. de prés et de vergers à Buzet et aux environs, 44 b. de terres à Lincent, 20 b. de terres à Hannut, 20 b. de terres et 4 b. de prairies à Huppaye, à Jodoigne et à Saint-Jean-Geest ; 86 b. de terres, 1 b. de prés et de vergers, et 1 b. de bois, à Jandrain, à Ramillies, à Dongelberg, etc.; 100 b. de bois dits le Bois de la Bruyère, 80 b. de bois à Jodoigne et Huppaye, séparés en deux parties par une grande allée de bois blancs ; un cens seigneurial de 99 chapons, 122 mesures de seigle, 7 setiers d'avoine, 7 muids d'épeautre, 20 setiers de froment et 12 florins; les dîmes de Huppaye, qui valaient par an 1,386 fl.; celles de Dongelberg, la collation des cures et bénéfices de Jodoigne, de Huppaye et de Dongelberg, le tout produisant un revenu de 12,598 florins.
La cense de Huppaye ou de Chantraine s'affermait avec 112 b. de terres et 25 b. de prairies, moyennant 1,225 fl. ; le 27 brumaire an VI, elle fut vendue, avec 94 b. 3 journaux, moyennant 560,000 livres, à Jean-Jacques Jamart, cultivateur à Énines. Il s'y trouvait une chapelle, consacrée à saint Jean-Baptiste, et qui, en 1787, servait de grange ; le fermier était chargé de faire célébrer les quatre messes par semaine qui s'y disaient jadis. La grande exploitation rurale de Chantraine existe encore ; une croix de Malte s'y voit encastrée au-dessus de la porte cochère. La ferme est entourée d'eau en partie, et en quelque endroit que l'on creuse autour des bâtiments, on rencontre d'énormes fondements.
Le territoire de Huppaye est divisé, sous le rapport spirituel, en deux parties, dont la démarcation est formée par le Ri des Gottaux, puis par le Saint-Jean.
L'église Saint-Jean-Baptiste, de Huppaye, après avoir dépendu, pendant longtemps, de la paroisse de Saint-Médard, de Jodoigne, fut érigée, vers l'an 1600, en paroissiale, ayant rang de quarte-chapelle. Cependant le curé, qui était nommé par l'ordre de Malte, n'était pas encore appelé, en 1666, à la réunion des curés du concile de Jodoigne; ordre fut donné par l'évêque de Namur, le 17 juin de cette année, de le convoquer dorénavant avec ses confrères. A la même époque, il ne se trouvait pas de fonts baptismaux â Huppaye ; le prélat enjoignit aussi d'en établir. Après le concordat, Huppaye fut rétablie comme paroisse, ayant pour annexe Molenbais.
En 1666, le curé percevait, pour compétence annuelle, six muids de seigle qui se prélevaient sur la dîme de Dongelberg, et 3 1/2 muids pris sur les revenus de la table des pauvres ; il jouissait en outre du produit de 3 1/2 bonniers de terres. En 1787, son revenu s'élevait à 400 florins 4 sous, qui provenaient, en partie, de la dotation du bénéfice de Molenbais-Saint-Josse, qui avait été uni à la cure de Huppaye. Dix hectares 1 are, qui avaient formé la dotation de cette dernière, furent vendus par le gouvernement français, le 22 décembre 1810 et le 14 décembre 1811, pour la somme de 10,700 francs. Il y avait en outre un bénéfice de Sainte-Catherine, qui était également à la collation de l'ordre de Malte, avec un revenu annuel de 196 fl. 9 sous et la charge d'une messe par semaine. La fabrique n'avait, en 1666, qu'un demi-muid de seigle de revenu; en 1787, elle ne possédait qu'un demi-bonnier de bois et un demi-bonnier de terres. Actuellement elle possède 1 hectare 90 ares ; ses revenus, y compris ceux de la fabrique de l'église de Molenbais, s'élevaient, en 1846, à 1,311 francs.
Lorsque l'évêque de Namur visita, le 10 mai 1666, l'église de Huppaye, il la trouva dans un état de délabrement complet, et soutenue, de tous côtés, par des poutres. L'édifice était trop petit, et il ne fut remédié à cet inconvénient que cent ans plus tard, du temps du curé Simonart. C'est ce que nous apprend la pierre tumulaire de celui-ci, qui est encastrée sous la tour, et dont voici la reproduction :
Monumentum—magist(ri) p. h. Simonart pastoris in — huppayeab anno 1734 — qui ecclesiam hanc fabricari — curavit anno 1766 — nec non domum pastoralem 1744 — hinc se precibus successorum — et parockianorum commendat — ut a peccatis solvatur — inde obiit 1771 ætatis — suæ 70 requiescat — in pace.
L'église consiste en un beau vaisseau construit en briques, avec anglées en pierres. Elle est précédée d'une tour carrée, sur laquelle on lit la date « anno 1766 », et dont le clocher a servi de modèle à celui de Perwez ; il est formé de deux campanes octogones de grandeurs différentes, superposées et séparées par une espèce de galerie à jour également octogone.
On remarque au-dessus de la porte d'entrée une pierre bleue dont les ornements ont été brisés à la révolution française ; ils représentaient, parait-il, des épis et des raisins, symboles du Saint-Sacrement. L'unique nef a un plafond en cintre surbaissé et décoré d'arcs-doubleaux retombant sur des pilastres à chapiteaux ioniques. Elle reçoit le jour par trois fenêtres cintrées de chaque côté et est terminée par un chœur avec abside à trois pans. Le maitre-autel, qui est assez mesquin, est recouvert d'un élégant baldaquin en bois sculpté, dont la couronne montre un pélican. L'église possède deux tableaux : la Décollation de saint Jean-Baptiste et l'Adoration du Christ.
L'église de Saint-Pierre à Molenbais était jadis paroissiale et classée parmi les quartes-chapelles. Dès le mois de septembre 1230, on mentionne René, investi de Molenbais ; cependant, en l'an 1292, on lui donne encore la qualification de chapelle. L'abbaye d'Heylissem acquit le patronat de cette cure et la fit depuis desservir par l'un de ses religieux, qui était désigné par l'abbé. Après le concordat, Molenbais devint une annexe de Huppaye, où l'on ne disait la messe que les dimanches et les jours de fêtes ; mais dans le principe, en l'an XIV, on s'en servait de préférence à l'église d'Huppaye. En 1842 on l'érigea en succursale.
Le curé prélevait jadis la grande et la menue dîme sur 105 bonniers (dont 4 de bois) situés à Molenbais, et 64 b. situés à Huppaye ; il avait en outre la propriété de 32 bonniers de terres et son bénéfice lui valait en tout, en 1787,984 florins. La cure, qui est contiguë au cimetière, a été incendiée à plusieurs reprises et, en dernier lieu, à l'époque de la bataille de Ramillies, à la suite d'une dénonciation, comme l'indique le chronogramme gravé sur une poutre charbonnée : Marte aC DetraCtore fUrentl. En 1441, il existait, à Molenbais, une chapellenie de Notre-Dame.
L'église a été reconstruite en 1845, dans le style ogival, et a été consacrée en 1853. La maçonnerie est en briques, avec anglées en pierres blanches. Sa façade nous montre une tour à quatre étages, en retraite latéralement, amortie d'une flèche octogone. L'étage supérieur est percé de baies d'abat-son ; le suivant a une fenêtre fortement ébrasée extérieurement ; les deux étages inférieurs sont occupés par la porte avec archivolte en pierre bleue, et flanqués de la fenêtre correspondant à chacun des collatéraux. L'intérieur du temple est divisé en trois nefs par deux rangées de colonnes à abaque et piédestal octogones et à corbeille décorée de bouquets de feuillage. Les nefs comptent quatre travées, marquées par des voûtes d'arête à arcs doubleaux et par des arcades en tiers point ; dans ce nombre ne sont pas comptées les extrémités des collatéraux, qui sont occupées : vers le chœur par les bas-autels, vers la tour par les fonts etc. Le chœur se termine par une abside à trois pans, que l'on a eu la malencontreuse idée de barbouiller à l'huile, de manière à représenter un marbre impossible. Tout l'ameublement de l'église est en désaccord avec l'architecture ogivale. Nous n'avons pu voir de près les fonts octogones, ornés de quatre têtes saillantes, qui nous semblent pins modernes que ceux de même forme dont nous avons signalé la présence dans plusieurs autres églises. A l'entrée du cimetière on aperçoit, couchée sur le sol, une belle pierre tombale, qui offre l'effigie d'un chevalier et de sa femme, mais il n'est plus possible de lire l'inscription qui en occupe le pourtour. Les fenêtres de l'ancien temple étaient ornées de vitraux armoriés ; nous n'avons pu apprendre ce qu'ils sont devenus.
Le 24 décembre 1654, un particulier, nommé Charles de Brabant, fonda à Jodoigne-Souveraine, an milieu des bois dits de Saint-Pierre, sur la limite des paroisses de Huppaye et de Jauchelette, la chapelle de Saint-Pierre, à Grez. Elle avait, en 1787, un revenu annuel de 35 florins et l'on y célébrait tous les vendredis une messe, qui en vertu d'une autorisation de l'évêque, se disait dans l'église de Huppaye, par les soins de Catherine-Isabelle Berger, femme de Pierre-Charles Simonart, en qualité d'héritière du fondateur. En 1821, ce petit édifice, abandonné au milieu d'un bois devenu domanial, tombait en ruines ; les maires de plusieurs communes voisines demandèrent alors la permission de le faire restaurer aux frais de leurs administrés, qui s'y rendaient en foule tous les ans le jour de la fête du patron. Vers l'année 1838, il a été reconstruit par M. Claes, devenu propriétaire du bois voisin, mais on l'a transféré sur un nouvel emplacement situé sous Huppaye, quoique très peu distant de l'ancien. Fort petit et très simple, cet oratoire n'offre rien de remarquable que sa situation pittoresque, sur la lisière du bois, près de la fontaine et de la mare d'où sort le ruisseau de Saint-Pierre. La façade est uniquement percée d'une porte et de 2 demi-œils-de-bœuf et le toit recouvert de pannes bleues. Il s'y tient toujours, le jour de Saint-Pierre, une foire très-animée.
La Table des pauvres de Huppaye possédait : en 1666, des redevances en seigle s'élevant à 60 halsters ; en 1787, un revenu annuel de 194 florins. En 1787, celle de Molenbais était propriétaire d'un bonnier de terre et de deux tiers de bonnier de pré, et avait un revenu de 59 fl. 2 sous.
Le bureau de bienfaisance est actuellement possesseur de 16 hectares 90 ares.
Le budget de cet établissement, pour l'année 1870, présente les chiffres suivants :
Deux sœurs de Saint-Vincent de Paule, du couvent de Louvain, tiennent l'école des filles ; l'une d'elles, diplômée, est institutrice communale.
En 1855, la commune a emprunté 2,200 francs pour lui construire une habitation, à proximité de la cure et de l'église de Huppaye. Le nombre des enfants pauvres qui ont été admis par la commune à recevoir l'instruction s'est élevé, en 1858-1859, à 127 : 61 garçons et 66 filles, en 1869-1870, à 131.
La fête de Huppaye arrive le dernier dimanche d'août ; celle de Molenbais, le dimanche après la Saint-Pierre.

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