
Le nom de la commune de Longueville est formé des deux mots latins : longa et villa ( Longavilla, 1284). La forme romane ou française se présente d'ordinaire avec l'orthographe qui est adoptée de nos jours (Longueville, 1546, 1686, 1782, 1787, Vander Stegen, Oudiette) ; les variantes sont insignifiantes (Longevile, 1383 ; Longheville, 1374, 1417 ; Longe-ville, 1436, 1582 ; Longvil, 1465). On a dit quelquefois Longueville-Notre-Dame (1417), d'après la patronne de l'église paroissiale.
Ce nom de Longueville, qui s'explique par la forme allongée de l'agglomération des habitations, se retrouve sur un grand nombre de points en France. Il a pour équivalent la dénomination flamande Langdorp, littéralement Long village, qui en est la traduction exacte, car la villa des Romains, simple exploitation rurale, la ville du haut moyen âge, ne correspondaient nullement à ce que l'on connaît aujourd’hui, sous ce dernier nom, à ce que l'on appelle aussi cité.
La commune de Longueville est limitrophe de celles d'Incourt, d'Opprebais, de Chaumont, de Bonlez, de Grez, de Piétrebais et de Roux-Miroir.
Longueville est à 3 1/2 kilomètres O.-S.-O. de Roux-Miroir, 4 kil. N. de Chaumont-Gistoux, 5 kil. E. de Bonlez, O.-N.-O. d'Incourt et S.-S.-O. de Piétrebais, 5 1/2 kil. N.-O. d'Opprebais, 6 kil. S.-E. de Grez, 11 kil. S.-O. de Jodoigne, 38 1/2 kil. S.-E. de Bruxelles, 42 kil. E.-N.-E. de Nivelles.
L'église se trouve située par 56 grades 33 de latitude N. et par 2 grades 67 de longitude E.
L'altitude du sol, prise au seuil de l'église, est de 140 mètres 93.
Le procès-verbal de délimitation du territoire a été dressé le 22 mars 1806.
Le cadastre divise le territoire de Longueville en trois sections : la section A ou de la Chapelle au Chéneau, la section B ou d'Arnelle, la section C ou du Village.
Au 1er janvier 1865, ces sections se trouvaient morcelées en 1,417 parcelles, appartenant à 359 propriétaires, donnant un revenu cadastral de 33,008 fr. 36 cent, (sol : 28,664 fr. 36 ; bâtiments : 4,344 fr. 00) et ayant une contenance de 446 hectares 17 ares 25 centiares (imposable : 437 hect. 49 a. 94 ca. ; non imposable : 8 hect. 67 a. 31 ca.).
Cette contenance globale se subdivisait ainsi en 1834:
En 1686, l'étendue imposable mesurait 407 bonniers 1 journal, dont 404 b. 1 j. de terres et 3 b. de bois.
On comptait à Longueville : en 1374, 61 ménages; en 1435, en 1464, en 1472 (voyez Incourt) ; en 1526, 30 maisons ; en 1686, 9 maisons ; en 1856, 188 maisons.
Longueville, qui compte 176 maisons ; Arnelle, 12 maisons.
Le village de Longueville est bâti sur un plateau élevé, d'où on domine les campagnes environnantes ; la plupart des habitations sont construites le long de deux chemins qui courent parallèlement du S. au N. ; elles forment, avec leurs jardins et leurs vergers, comme une oasis de verdure au milieu des campagnes entièrement déboisées qui les entourent. Neuf ou dix chaumières bâties sur les bords du chemin de Bonlez s'appellent le Try; elles sont habitées par des paysans peu aisés et qui, après avoir vécu du métier de bûcheron, ont vu leurs ressources momentanément taries par les défrichements continuels auxquels la contrée doit une transformation complète.
Arnelle, dont nous avons parlé à l'article Opprebais, porte, dans sa partie occidentale, le nom de Point du jour. En ce dernier endroit, près d'un grand chemin venant de Roux-Miroir, est la Ferme Staquet, appartenant à M. Séyerin. C'est probablement la Cense d'Amélie, sous Longueville, qui fut vendue, en 1794, par les héritiers du père Arnoul de Grimont, religieux de l'abbaye du Parc.
A 1,100 mètres au S., près du chemin de Wavre et de la ferme de Gentissart (qui dépend de Chaumont), on voit deux fermes : l'une, nommée la Vieille cense Thiry et qui est inhabitée, appartient à M. Paul Rayner, directeur des papeteries de Grotto-Ferrata lez-Rome ; l'autre, la Nouvelle cense Thiry, est possédée et habitée par M. Andernack.
Champ de Piétrebais ; Champ de la Briqueterie ; Champ de Roux-Miroir ; Champ du Seusiaux ; Fond de Beausart (Vallée Beausart, 1627 ; Fond de Biassart, an VIII) ; Champ du Bord des Haiwy (Aux Ewyer ou Euryers, 1701 ; Bois de Laiwit, an VIII); Champ du Bois Pielle ; Champ du Bois des Fonds ; Champ des Franches Terres (Aux Franches terres, an VIII) ; Champ de la Tête du Chêne ; Petit champ (an VI) Champ du Cheneau Colette ; Hurlaimpré ; Mont d'Incourt (1417, 1701, 1780) ; Ferme de la Baquelaine (Cheruage alle Bacheleyne, « aux demoiselles d'Odeghem » 1416) ou Cense d'Odreghem ( 1546) ; Ferme de Waerzegger ou du Mayeur ; Ruelle des Ancres (an VIII) ; Voie Marchal ; Voie Ferrière ; Champ de Rollet.
Bonier Beraux (1446) ; A Puche, à Ardenelle (1465) ; Les Omois (1465) ; Le Heusier (1446 ; Al Heusier, 1546 ; Champ del Heusière, 1627 ; Bruir al Heusseir, XVIIe siècle) ; Es Tombes (1416, 1546) ; Cense au Fossé (1570) ou du Fossé (1780) ; Campaigne de Richevaulx, le Hot de Faulx, Vallée de Beauvaulx, Aux Rouvaulx de Longueville, Bois de Rigos, cités au XVIIe siècle ; Bois d'Aignau, Bonnier Sentir, Au Petit Saulx, cités en 1627 ; Cortil aux Caillioux, Voye de Pietrebay, Voye de Charettes, cités en 1701 ; Bois de Flône (1793) ; Bois Bossu, Dessous les Caves, cités en l'an VIII.
Le sol est peu accidenté ; il est argileux et généralement sec, à l'exception de 30 hectares, situés au lieu dit Bois des Aywiers et Franches terres, qui sont un peu humides. L'endroit le plus élevé est le Mont d'Incourt.
Le sous-sol est formé de sables laekeniens, sauf à l'E. et au N., où il se compose de sables bruxelliens, qui affleurent en quelques endroits. Les uns et les autres sont presque partout recouverts par du limon hesbayen.
La marne rousse est commune à Longueville, où on l'extrait à ciel ouvert, pour les besoins de l'agriculture ; il existe aussi quelques sablières.
Aucun cours d'eau n'arrose la commune et il n'y existe pas de fontaine. Les habitants se procurent de l'eau aux puits communaux, dont un est très ancien et dont les autres, qui sont profonds d'environ 40 mètres, ontt été creusés pendant les années de sécheresse 1857, 1858 et 1859. Auparavant, en cas d'insuffisance du puits du notaire Libert, on devait aller chercher de l'eau potable à la Fontaine des Globais, située dans le bois de Bonlez, à plus d'un kilomètre de distance. Il n'y a, à Longueville, ni marais, ni étangs, mais quelques grandes mares, servant à abreuver le bétail.
On comptait à Longueville : en 1709, 113 habitants ; en 1784, 328 habitants, dont 77 hommes, y compris 1 prêtre, 81 femmes, 44 garçons et 38 filles âgés de plus de 12 ans, 39 garçons et 49 filles âgés de moins de 12 ans (dans la paroisse, 431 personnes, dont 158 hommes et garçons âgés de plus de 12 ans, 156 femmes et filles âgées de plus de 12 ans, 59 garçons et 57 filles âgés de moins de 12 ans) ; en l'an XIII, 511 habitants ; au 31 décembre 1831, 721 habitants ; au 31 décembre 1856, 860 habitants ; au 31 décembre 1867, 794 habitants (wallons). Les registres des baptêmes, des mariages et des décès commencent en avril 1700.
Il n'existe plus qu'un petit bois, de 75 ares, appelé vulgairement le Bois Staquet. D'après les recensements généraux, les exploitations agricoles se classaient de la manière suivante par rapport à leur étendue :
La seule exploitation de plus de 50 hectares est celle de M. Severin (Antoine-Joseph), qui comprend 67 hect. 16 ares.
Le nombre des animaux domestiques constaté à Longueville par les recensements généraux s'élevait à :
Les terres exploitées par les cultivateurs de la commune se répartissaient ainsi:
Ce chiffre total se subdivisait en biens exploités :
En moyenne l'hectare de terre était estimé à:
L'ancienne verge linéaire a 16 1/2 pieds de Louvain.
Le 16 octobre 1779, Pierre-Joseph Gosse fut autorisé à bâtir un moulin à vent à moudre le grain sur le Mont d'Incourt, à la condition de rester éloigné de 100 pieds du grand chemin et de payer au domaine du souverain une redevance annuelle de 6 rasières de froment, mesure de Louvain. Ce moulin, qui est construit en pierres, a trois paires de meules.
A part trois métiers de tisserands, il n'y a pas d'autre industrie dans la commune.
Quelques ouvriers quittent le village une partie de l'année, pour exercer la profession de maçon.
On compte 30 chemins et sentiers vicinaux, mesurant ensemble 26,474 mètres, dont 5,654 sont pavés. Les chemins de grande communication n° 30 (de Cortil-Noirmont à Piétrebais) et 31 (d'Incourt à Biez) traversent la commune, le premier sur 2,343 mètres ; le second, sur 3,811 mètres.
Les traditions locales attribuent à Longueville une origine fort ancienne et le populaire prétend que dans les campagnes voisines il a existé, à une époque très reculée, une bourgade qui se prolongeait au loin, vers le sud. La découverte de vieux puits et de fondements d'habitations témoigne que cette opinion n'est pas tout à fait dénuée de fondements ; elle peut s'étayer encore des noms que portaient jadis quelques champs : l'un s'appelait A Puche, c'est-à-dire aux Puits ; un autre As Tombes, ce qui nous révèle l'existence de tumulus actuellement disparus et oubliés.
Le nom de Longueville se trouve dans le célèbre passage où Gilles d'Orval, qui écrivait vers le milieu du treizième siècle, essaie de déterminer les limites du comté de Brunengerunz ou Brugeron. Après avoir dépassé une localité à laquelle le chroniqueur donne le nom de Brunengerunz et en laquelle il est difficile de ne pas reconnaître Roux-Miroir, ces limites atteignent plusieurs points et notamment le puits de Longueville (puteus Longæ villæ), avant d'arriver à Chaumont.
C'est probablement au XIIIe siècle que le village de Longueville, après avoir dépendu d'Incourt au spirituel, en fut séparé pour former une paroisse distincte ; mais sa situation loin de tout cours d'eau l'empêcha de prendre quelque importance et son isolement ne lui permit pas de figurer sur la scène de l'histoire.
Pendant la guerre de religion, au mois de juillet 1582, le village de Longueville, ruiné par les exactions des gens de guerre , fut abandonné par ses habitants, sauf quelques-uns, qui continuèrent à payer une contribution à la garnison espagnole de Louvain, en même temps que ceux d'Opprebais et d'Incourt.
En l'an 1799, la contrée située entre Jodoigne, Perwez et Wavre fut désolée par une bande de réfractaires et de maraudeurs qui, tout en se présentant comme les partisans dévoués de la maison d'Autriche, commirent maint acte de brigandage. En même temps qu'ils désarmaient les gardes forestiers et abattaient les arbres de la liberté, ils volèrent avec violence et effraction, la nuit, dans les fermes de la Malhaise (à Bossut), de Cricourt (à Piétrebais), de Dupuis (à Tourinnes), de De Busscher (à Roux-Miroir). Celui qui en était le chef, Mouchet, de Wavre, habitait Longueville ; il fut pris, condamné à mort comme convaincu de ces attentats, et exécuté à Bruxelles, le 10 frimaire an VIII, avec neuf de ses complices. En l'an IX on proposa de réunir Longueville à Bonlez et de former une seule commune de ces deux localités peu importantes.
Longueville ne formait autrefois qu'une juridiction avec Incourt. Comme en ce dernier village, la juridiction y appartint au duc de Brabant jusqu'à l'époque des engagères ; alors la justice y fut engagée, puis définitivement vendue, aux mêmes particuliers qui devinrent seigneurs d'Incourt. Longueville ne fut séparé que momentanément, lorsque les deux villages furent mis en vente à la fin du siècle dernier. Longueville, avec la haute, moyenne et basse justice, devint, moyennant la somme de 3,600 florins argent fort, la propriété de Henri-Marie-Gérard-Joseph Helman, vicomte du pays de Grimberghe (relief du 7 mai 1782), qui obtint de l'empereur Joseph II, par lettres patentes datées de Luxembourg, le 18 juillet de la même année, le titre de baron de Longueville (r. du 23 octobre 1782). M. Helman était le troisième fils de Jean-Baptiste - Louis Helman, baron de Willebroeck et de Ruysbroeck, et d'Adrienne-Mathilde Van Kerrenbroeck, et descendait, à la neuvième génération, de Charles-Henri Helman, qui vivait au seizième siècle, et de Catherine Heubmer, dont l'arrière-arrière-petit-fils, le chevalier Jean Helman, fut créé baron de Willebroeck le 24 septembre 1661. Comme M. Helman désirait entrer aux États de Brabant, il sollicita le titre de baron pour lui et ses enfants et descendants des deux sexes, par ordre de primogéniture, et avec la faculté d'en faire l'application sur Longueville, qu'il venait d'acquérir, ou, dans le cas où l'on opérerait le retrait lignager de cette seigneurie, sur une autre terre. Le nouveau possesseur de Longueville ayant également fait l'acquisition d'Incourt, les deux villages n'eurent de nouveau qu'un seul seigneur. Après l'invasion française, Longueville fut compris dans le canton de Grez, et, en 1822, réuni au canton de Jodoigne.
Le greffe échevinal de Longueville, qui se trouve aux Archives du royaume, consiste en œuvres de loi des années 1780 à 1795, en rôles, de 1792 à 1795, et en pièces processales.
Sous le rapport administratif Incourt et Longueville furent tantôt séparés (notamment en 1374, en 1383, en 1436, en 1526), tantôt réunis (en 1464, en 1472). En 1383, leur cote s'élevait au même taux (33 1/3 vieux écus), et Ardenelle, considérée comme une localité distincte, classée parmi les villages du duc, différente par conséquent de la partie de ce hameau qui dépendait de la seigneurie d'Opprebais, était imposée à 8 2/3 vieux écus.
Le budget de la commune (qui ne possède que 38 ares) pour 1870, présente les chiffres suivants :
Il n'y avait, à Longueville, ni fief important, ni château. En 1266, Bodin d'Ardenelle et René, son frère, figurent parmi les vassaux de Henri, seigneur d'Opprebais. La Maison et Cense au Fossé, avec 24 bonniers de terres, de bois, de pâchis et de jardins, constituait un fief de la terre d'Opprebais, qui fut successivement relevé par François Hance, par Jacques Hance (relief de 1552-1553), par Jean, fils du précédent et de Jeanne, fille de Jean Troignée (r. de 1560-1561), par Jacques Engelbert, second mari de Jeanne Troignée (fin 1570), etc.
Le chapitre d'Incourt (ou de Saint-Jacques, de Louvain) levait la grande et menue dîme de Longueville, qui s'étendait sur une partie d'Opprebais, et produisait, en 1787, 1,772 florins 8 sous ; le même corps possédait dans le village 25 bonniers de terres, valant, par an, 400 fl. Le prieuré de Basse-Wavre avait en propriété 28 bonniers 1 journal, que la république française vendit, le 27 floréal an V et moyennant 23,100 livres, au dominicain Ambroise Schmerling. Au prieuré de Val-Duchesse ou d'Auderghem, près de Bruxelles, appartenait la Ferme de la Baguelaine, qui fut vendue, avec 60 bonniers de terres, de prés et de bois, le 8 pluviôse an VIII et moyennant 15,525 francs, à Victor Bodin. Cette ferme est actuellement possédée par le notaire Paul-Constant Libert.
L'église de Longueville avait rang de quarte chapelle ; elle est dédiée à la vierge Marie. Après avoir constamment fait partie du doyenné de Jodoigne, elle fut, après le concordat, reconnue en qualité de succursale de la cure de Grez. Depuis 1837, elle est de nouveau comprise dans le doyenné de Jodoigne.
C'était le chapitre d'Incourt ou de Saint-Jacques de Louvain qui avait la collation de ce temple. Le premier curé dont nous ayons trouvé mention est René, clerc de Longueville, qui vivait en 1234, et nous pensons que l'établissement de la paroisse ne remonte guère plus haut. Le curé, dont le bénéfice valait au total 1,115 florins par an, en moyenne, prélevait jadis un cinquième de la dime du village, d'une partie d'Opprebais et de la juridiction dite de Rêves. En vertu du testament de Jean Brombay, en date du 22 février 1477, il jouissait aussi de la dîme dite de la Grange au Sart, sous Bonlez, qui constituait un fief de la seigneurie de Piétrebais (sous Grez) et qui valait environ 70 florins par an. La dotation de la cure se composait de 20 bonniers 3 journaux de terres et d'un petit bois, produisant, en moyenne, 400 florins, et dont la majeure partie (16 b.) furent vendus, le 13 pluviôse an VIII et moyennant 3,275 francs, à Victor Bodin.
Il existait deux bénéfices, qui étaient conférés par le curé et chargés chacun de douze messes par an : le bénéfice de la Sainte-Croix et celui de Saint-Jean-Baptiste ; ils valaient : le premier, 20 fl. 3 sous ; le second, 15 fl. 16 sous, par an. Il y avait en outre une fondation de deui messes par semaine, établie, le 26 mai 1684, par le prêtre Norbert Jamart, dont les plus proches parents en avaient la collation.
La fabrique possédait un revenu : de 166 fl. 4 sous, en 1787 ; de 1,181 francs, en 1846. Les biens consistent en 5 hect. 11 ares, outre 32 ares, formant spécialement la dotation de la chapelle du Chêneau.
L'église de Longueville a été rebâtie avec soin et élégance, en 1769 ; il n'est resté de l'ancien temple qu'une tour carrée, en pierres, qui est encastrée dans la nef. Le nouvel édifice est construit en briques, à l'exception des encadrements de fenêtres et des anglées, qui sont en pierres blanches. Le vaisseau, qui est décoré à l'intérieur de pilastres ioniques et recouvert d'une voûte cintrée, se compose d'une nef de trois travées et d'un chœur d'une travée, auquel est adossée une petite sacristie. Le maître-autel est décoré de sculptures en bois, portant le cachet théâtral de la fin du siècle dernier : deux anges adorant le tabernacle et le Christ en croix qui le surmonte et, contre le mur terminal, la Vierge montant au ciel. Les autels latéraux sont dédiés à la Vierge et à la Sainte-Croix. Contre les murs sont placés huit tableaux : l'Annonciation, la Naissance du Christ, l'Adoration des mages, le Baptême du Seigneur, la Cène, la Résurrection, l'Ascension et la Descente du Saint-Esprit sur les apôtres ; ils seraient peu dignes d'attention s'ils n'étaient (les six premiers du moins) les seules œuvres connues d'un artiste de Nivelles, Lons, qui les peignit en 1790. Les fonds baptismaux, en pierre et de forme hexagonale, sont décorés de quatre têtes sculptées et portent le cachet de l'art du moyen-âge. A la cure on conserve un magnifique ostensoir, en argent doré, de style renaissance ; il est orné de statuettes représentant sainte Elisabeth de Hongrie et saint Antoine. Autant qu'on peut en juger par les détails de l'ornementation, il doit avoir été exécuté vers l'an 1600.
A la lisière des communes de Boulez et de Grez existe une petite chapelle connue sous le nom de Chapelle du Chesneau ou du Chêneau. Actuellement aucun jeune chêne ne l'ombrage, mais elle est protégée contre les intempéries du ciel par un vénérable tilleul, l'un des plus beaux, peut-être, qui existent dans le canton. On ne connaît en aucune façon l'origine de ce modeste oratoire, qui est consacré à la Vierge. Il avait, en 1787, un revenu de 108 florins, quelques offices (saluts et litanies) y ayant été fondées, le 21 juin 1700, parle chanoine de Bruges Théodore Henoist.
En l'année 1754, le curé de Longueville demanda au gouvernement autrichien l'amortissement de deux bonniers de terres laissés par ce Benoist à la chapelle ; mais le magistrat de Bruxelles, consulté à ce sujet, émit un avis négatif, en faisant remarquer qu'il était préférable de doter de rentes de pareils établissements (23 novembre 1754).
La Table des pauvres possédait, en 1787, 2 bonniers de terres et, en redevances, 23 mesures de seigle ; actuellement, le bureau de bienfaisance est doté de 14 hect. 8 ares.
Le budget pour l'année 1870 présente les chiffres suivants :
Un beau bâtiment d'école a été construit, en 1870, sur la lisière orientale de l'agglomération, en remplacement d'une autre école, qui datait de 1837.
Le nombre des enfants admis par la commune à recevoir l'instruction gratuite t'est élevé : en 1858-1859, à 110, 54 garçons et (32 filles ; en 1869-1870, à 111.
La fête locale se célèbre le dimanche après le 15 août.

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