
Le nom d'Ottignies, que l'on prononce en wallon Ottnie, n'a pas subi d'altérations notables. On le trouve tour à tour écrit : Othenies (1190, 1312), Othignies (1213), Ottignies (1213, 1312, 1636, 1686), Othegnies (1226, 1312, 1666), Otignies (1260), Othingnies (XIIIe siècle), Othengnies ou Otengnies (1312), Ottengnies (1312, 1379, 1422, 1484, 1559), Oetengys (1374), Ottengys (1383), Otteingnies (1495), Ottignyes (1644, 1654), Otteny ou Otteni (1547-1519).
Ottignies a probablement le même radical qu'Ottenbourg, nom d'une localité située un peu plus bas, sur la Dyle, et semble être la forme romane du flamand Oetinghen. Peut-être dérive-t-il du mot otter, qui signifie loutre. Ce nom était porté autrefois par un hameau de Naast (province de Hainaut) et par une seigneurie à Leinbecq (Brabant).
La commune d'Ottignies est limitrophe de celles de Limelette, Limal, Wavre, Corroy-le-Grand, Corbais, Mont-Saint-Guibert, Céroux et Lasne.
Ottignies est à 2 kilomètres de Limelette, 3 kilom. de Limal, 4 kilom. de Céroux, 6 kilom. de Mont-Saint-Guibert, 7 kilom. de Wavre, 8 kilom. de Lasne, 8 1/2 kilom. de Corbais, 9 1/2 kilom. de Corroy-le-Grand, 21 1/2 kilom. de Nivelles, 32 kilom. de Bruxelles.
L'église d'Ottignies se trouve située par 56 grades 30 de latitude N. et 2 grades 48 de longitude E. L'altitude du seuil de la porte de l'église est de 63 mètres 24 d'après le Dépôt de la guerre, 63 mètres 07 d'après le Nivellement des cours d'eau du Brabant.
Le 15 frimaire an XIII, le contrôleur des contributions se rendit à Ottignies, pour faire remarquer aux maires et indicateurs de Limelette et d'Ottignies que les démarcations qu'ils avaient adoptées pour leurs communes n'étaient point naturelles et invariables et exigeraient la plantation d'un nombre considérable de bornes; il leur proposa une nouvelle démarcation qu'ils adoptèrent et qui fut approuvée par le préfet, le 11 ventôse an XIII. Le procès-verbal de délimitation a été dressé le 4 février 1806, approuvé par les communes intéressées le 18 juillet 1807, sanctionné par le préfet le 30 août suivant.
Le cadastre divise le territoire d'Ottignies en 8 sections: la section A ou de Lauzelle, la section B ou de Bierwart, la section C ou des Bruyères, la section D ou de Rénivaux, la section E ou de Warlonbrou, la section F ou du Village d'Ottignies, la section G ou de Pinchart, la section H ou du Champ des Monts.
Au 1er janvier 1859, ces sections se trouvaient morcelées en 2,474 parcelles, appartenant à 515 propriétaires, donnant un revenu cadastral de 61,856-15 fr. (sol : 54,974-15; bâtiments : 6,882-00) et ayant une contenance de 1,381 hectares 99 ares 10 centiares (imposable : 1,338 hect. 35 a. 70 ca.; non imposable : 43 hect. 63 a. 40 ca.).
Cette contenance globale se subdivisait ainsi en 1834:

En 1686, Ottignies comprenait 1,110 bonniers 3 journaux, dont 774 b. 2 j. de terres, 52 b. 2 j. de prairies, 245 b. de bois, 10 b. de boscailles, 28 b. 3 j. de communaux.
On comptait à Ottignies : en 1374, 128 ménages; en 1436, 66 foyers; en 1464, 86 foyers; en 1472, (58 foyers; en 1492, 32 foyers; en 1526, 100 maisons, dont 2 inhabitées et une à 3 foyers; en 1686, 45 maisons, 1 moulin, 1 franche taverne; au 31 décembre 1856, 273 maisons.
Le village d'Ottignies, qui compte 83 maisons; le Blanc Ri, 20 maisons; la Croix, 35 maisons; la Bloquerie, 35 maisons; la Baraque, 3 maisons; les Bruyères, 22 maisons; Franquenies, 4 maisons; le Petit Ri, 11 maisons; Pinchart, 60 maisons.
Le village d'Ottignies occupe les deux rives de la Dyle. La partie occidentale de l'agglomération, bâtie le long de la route de Wavre à Nivelles, à gauche de la rivière, se fait remarquer par l'ancien château d'Ottignies, qui dresse en face de l'église sa tourelle carrée et par la villa toute moderne de M. Wauters de Besterfeld. De l'autre côté de la Dyle, s'étale le reste du village, à l'est des chemins de fer du Luxembourg et de l'Est belge; les habitations de cette partie d'Ottignies, au nombre d'une cinquantaine, étant moins importantes et plus dispersées, sont ordinairement considérées comme un hameau, du nom de Stimont.
Le hameau du Blanc Ri se trouve à 1,500 mètres N.-E. d'Ottignies, sur la rive droite de la Dyle, à la limite de la commune de Limelette, sur le territoire de laquelle il se prolonge; il doit son nom à un ruisseau qui l'arrose et vient du bois de Warlonbrou. Au siècle dernier, quelques maisons de ce hameau s'appelaient Coqueroux (Kokeruel, 1213; Coukeroul, 1374; Kocheroule, 1440; Couckeroul, 1527; Cocroux, 1531; Cocqueroul, 1534, 1543, 1633).
Le hameau de la Croix est à 1,100 mètres N.-E. d'Ottignies, entre le Blanc Ri et Stimont. Il est bâti à la lisière du bois de Warlonbrou, sur une colline qui descend vers la Dyle.
La Bloquerie (Blokeri, 1204, 1312; Blokery, 1374; Blockeriez, 1384; Blochery, 1436; Blochery, 1484, 1729; Blockeries, 1527) se trouve à 2,400 mètres E. d'Ottignies, sur les flancs d'un coteau escarpé, où l'on ne voit aucun ruisseau, ce qui rend inexplicable l'adoption de l'orthographe ordinaire, Bloc Ri.
Les trois maisons qui portent le nom de la Baraque, et parmi lesquelles ou remarque la villa de M. Zamboni, à 3,900 mètres E. d'Ottignies, constituent la partie occidentale d'un hameau dont la presque totalité appartient au territoire de Corroy-le-Grand.
Les Bruyères, comme l'indique leur nom, doivent leur origine au défrichement d'une lande. Elles occupent le sommet d'un petit plateau, à 2,800 mètres E.-S.-E. d'Ottignies et se prolongent sur la commune de Mont-Saint-Guibert.
Franquenies forme, à 800 m. S. d'Ottignies, l'extrémité septentrionale d'un hameau qui appartient en grande partie aux communes de Céroux et de Court-Saint-Étienne.
Le Petit Ri (Petit Rieu, 1530) se compose d'une rangée de maisons située à 700 m. N.-O. d'Ottignies et longeant un vallon dans lequel coulait anciennement un affluent de la Dyle.
Le hameau de Pinchart (Pinchart, 1260, 1383, 1527; Pinnechart, 1260, 1312, 1546, 1560, 1593, 1650; Pinsart, 1436, 1644; Pinekart, 1312), où l'on remarque plusieurs belles fermes, occupe, à 2,400 m. N.-O. d'Ottignies, les deux rives d'un ruisseau qui prend sa source vers la limite de Céroux.
A 850 mètres N. de l'église, la Station des chemins de fer; à 3,400 m. E.-N.-E., la Maison Englebert, petite ferme; à 3,500 m. E., la Ferme de Bierwart (Beaurewart, 1601; Biewart, 1787, an VI; Biéraut, en wallon); à 300 m. O., la Maison J.-B. Dery; à 1,000 m. O.-N.-O, la Maison Jean Datante; à 3,400 m. 0.-N.-O., la Ferme des Hayettes ou Raucent, la Maison Poilou et la Ferme de Bon Air; à 1,800 m. N.-O., Balbriere (Bellebruere, 1260; Bellebrire, 1495), ferme.
Ferme Raussaint; Malaugi, maison de métayer; la Malaise, emplacement d'une ferme démolie; Ferme de la Bloquerie ou de Spangen (de hoeve van Blockerye, 1632); Maison Lucas; Château d'Ottignies; Villa Wauters de Besterfeld; Ferme du Douaire; Tienne de Loche (de Roche ?); Prés du Moulin (Apud Molin, prope Ottengnies, 1312; Molin, 1374; Terre du Moulin, 1633; Dlant van der Moelen, 1534); Moulin d'Ottignies; Filature Gouttier; Maison Borlée; Ferme André ou Stiernet; la Hutte (1649, 1670, 1696, 1768), ferme ainsi appelée d'après une famille qui en devient possesseur au XVIe siècle, et où l'on a trouvé, il y a trois à quatre ans, en construisant une grange, des anneaux de fer qui avaient servi d'entraves; Ferme du Chêne Duché, ou, plus exactement, du Chêne d'Yssche (Chesne d'Iske, 1530; Chenedisque, 1675, 1765; Chene d'Isque, 1745); Champ du Chêne Duché; Campagne de Lauzelle; Campagne de l'Ornoit (Lornoit du Moulin, 1484, 1509; Lornoit, 1504,1524; à Lornoy ou Pré Lybert, entre la Dyle et le Pré Belian, 1533, 1565; Pretz à Lornoir ou Preitz Libert, 1593), appelée aussi le Sauchoit (entre la Dyle, le pré Belian et le ruisseau de Cokeroul, 1448, 1524, 1650, 1654), et plus tard le Pré à la Chaussée, à Ottignies (Prés al Chaude, 1531; Pré dit la Chaussée, 1628; Pré à la Chaussée, 1740); Campagne d'Occaie; Tri Martin; Campagne de Biemart; fond de Bierwart; Rodeux haie; le Brou; Bois de l’Étoile; Noire terre; le Pâturage; Campagne de Sainte-Anne; Champ de Balbriere; Champ de Pinchart; Champ des Monts; Mont au Ri; Champ des Vallées; Bruyère des Veneurs (Bois dit l’Escavée des Veneurs, 1775); Croix des pourceaux, à la limite de Lasne, ainsi nommée, dit la tradition, parce qu'une femme y aurait été dévorée par des porcs; Grand chemin de Nivelles ou de Wavre; Champ de la Croix; Ruelle des Morts; Pont d'Ottignies; Grand Champ; Belle voie; Champ Sainte-Catherine; Ruelle du Pierroit; la Taverne; le Jonquoit; Chemin du Renard; Rénivaux; Pont de Mousty; les Bloquias?; le Bauloit; Chemin de l'Épine; Reuchamp ( 1260); Prés de Spangen; Belle terre; Champ d'Enfer; Bois des Garennes; Fond des Mais; Pente des Fontaines; Bois de la Malaise; Bois de la Chapelle del Croix; Bois de Blanc Ri, formant une partie du bois nommé autrefois Warlonbrou (Warnombroux, 1531; Warnembroux ou Warlombroux, 1787); les Garennes Guilain; le Broctia; la Chaudrière; Bois de Lauzelle; Trou des Renards; Sapinière Bollus; Sapinière Crahaut ; Sapinière Bequet; Sapinière Chaumont; Sapinière de la Piquette; Bois de Pinchart; Bois du Chênoit (le Chesnoy, tenure, 1536) ou Parc Wauters; Bois anglais ou Enclos ou Parc du Château; Chapelle-Saint-Joseph; Chapelle Caroline; Chapelle-Saint-François; Chapelle du Berger; Chapelle Jean Dry; Calvaire Félix.
Alle Chevauhl, près du chemin de Pinchart à Rouis, ou Céroux (1440; Versus Pinchart, per viam del Cheval, 1260); Liberbuissit (1260); la Franchise (in parte illa ville de Ottignies, que dicitur li Frankise, 1260); le Vieux marché (apud Ottignies, a vico Nivellensi, juxta veterem forum, eundo versus Mostirs, 1260); Chais et Beaulchâyne , (1380); le Fief Bernard, fief de 4 1/2 bonniers (1531); Au Scenceau (1530); Aus Yve (1495); Ruwars, à Pinchars (1440); Belian, pré à côté du Lornoit (1524; Preid ou Pré Belian, 1571, 1639; Beempde van Beliaenen, 1528); Pré d Uccle (Beempt van Ucle, 1543; Beempt van Uccle, 1633); le Scavée d'Otengies ( 1312); Criestiemont (1374; Crestemont, 1431); Waersez, héritage à Pinnesart, près du chemin allant de Chapelle-Saint-Lambert à la chapelle et à la commune de Pinnesart (1601); Canonsart (1775); la Maladrerie (1531).
Le territoire d'Ottignies est traversé du S. au N. par la Dyle; sur le versant gauche de la rivière, il présente des ondulations bien marquées et même des pentes rapides, vers Pinchart et la Bruyère des Veneurs; la rive droite est plus accidentée encore et offre de véritables escarpements, le long du Ri Angon et du Blanc Ri; à l'extrémité orientale de la commune s'étalent quelques plaines. Le point culminant est sur un plateau à l'E. de la ferme de Bierwart, à l'altitude de 147 mètres.
Les roches du système gedinnien (étage supérieur) se montrent dans la vallée de la Dyle et dans celle du Blanc Ri, où l'on trouve des phyllades alternant avec du grès. A Blanc Ri, André Dumont a signalé du grès rougeâtre et du phyllade rosâtre; près du ruisseau, le phyllade prend, par altération, une couleur rouge-brique. A mesure qu'on s'avance au sud, vers la limite du terrain gedinnien, le grès devient plus schistoïde, plus gris, ne forme plus que des bancs minces et disparait enfin, tandis que le phyllade devient tout à fait gris et prédomine. Près de Stimont se trouve du quartzite stratoïde grisâtre, pailleté â la surface des strates, renfermant peu ou point de chlorite et alternant avec du phyllade aimantifère.
Dumont a déterminé la limite des systèmes gedinnien et coblentzien, entre Stimont et Franquenies. Le système coblentzien (étage inférieur) règne dans la vallée de la Dyle et dans celle du Ri Angon; il commence par quelques bancs de phyllade zonaire, parfois ferrugineux et peut-être grenatifère (dir. = 112°, incl. S. 22° E. = 60°). Ces roches sont bientôt suivies de phyllades qui, vis-à-vis de Mousty, sont noirs, présentent des empreintes végétales, semblables à celles des environs de Bastogne, et renferment un ou deux bancs de quartzite noir, à surface mamelonnée; plus loin, vers le bas du chemin, le phyllade devient gris; sur la rive droite du Ri Angon, il se décompose en une masse noir grisâtre, friable, tachante, que l'on exploite au moyen de galeries souterraines.
Les sables du système bruxellien recouvrent une grande partie du territoire d'Ottignies; mais, sur les plateaux et particulièrement sur la rive gauche de la Dyle, ils disparaissent sous le limon hesbayen. Près de la ferme de Balbriere, on trouve du grès bruxellien; à la Bloquerie, le sable est accompagné de cailloux. Le sous-sol des plateaux au N. et à l'E. de la ferme de Bierwart appartient, d'après Dumont, au système laekenien.
Tout le territoire d'Ottignies appartient au bassin de l'Escaut; les cours d'eau qui arrosent cette commune sont : la Dyle, le Pinchart, le Blanc Ri, le Stimont, le Ri Angon et le Malaise.
La Dyle vient de Céroux et est d'abord mitoyenne entre cette commune et Ottignies; reçoit le Ri des Evaux (r. g.), sous l'église de Mousty; abandonne complètement le territoire de Céroux; active le moulin d'Ottignies par une chute de 2 m. 43; traverse le chemin de fer du Luxembourg; active la filature Gouttier par une chute de 2 m. 45; passe sous le chemin de fer de l'Est belge; reçoit le Stimont (r. dr.) à l'extrémité du hameau de Blanc Ri; devient limitrophe de Limelette, et passe entièrement à cette commune en recevant le Blanc Ri (r. dr.), après un parcours de 2,750 mètres, dont 850 mitoyens, dans la direction du S. au N.
Le Pinchart, que l'on nomme aussi le Ri du Moulin ou le Warichet, prend sa source au Mont au Ri, vers la limite de Céroux; traverse le hameau auquel il doit son nom, et passe sur le territoire de Limelette, après un parcours de 1,800 mètres dans la direction du S.-O. au N.-E.
Le Blanc Ri prend sa source dans le bois de Warlonbrou, où il se grossit d'une infinité de petits filets d'eau; baigne le hameau auquel il a donné son nom; devient limitrophe de Limelette, et se réunit à la Dyle (r. dr.), après un parcours de 1,900 mètres, dont 400 mitoyens, dans la direction de l'E. à l'O.
Le Stimont sourd au N. du hameau dont il emprunte le nom, et se réunit à la Dyle (r. dr.), au pied du hameau de Blanc Ri, après un parcours de 800 mètres, dans la direction du S.-E. au N.-O.
Le Ri Angon ou Ri du Roissart vient de Céroux et sert de limite entre cette commune et Ottignies; reçoit le Malaise (r. dr.); coule au pied du bois de l'Etoile; traverse le chemin de fer du Luxembourg, et rentre sur le territoire de Céroux, après un parcours, entièrement mitoyen, de 1,400 mètres, dans la direction de l'E. à l'O.
Le Malaise prend sa source à l'E. de l'ancienne ferme de la Malaise; longe des prairies marécageuses; et se réunit au Ri Angon (r. dr.), après un parcours de 800 mètres dans la direction du N.-E. au S.-O.
Les fontaines auxquelles puisent les habitants sont celles de Crahaut, de Marie Pauques, de Rénivaux, de la Croix, du Stimont, du Bois du Bailli, du Buchet, du Mont au Ri et du Bois des Monts.
On comptait : en 1666, 302 communiants; en 1709, 243 habitants; en 1784, dans la commune, 539 habitants : 2 prêtres, 97 hommes, 105 femmes, 94 garçons et 69 filles âgés de plus de 12 ans, 83 garçons et 89 filles âgés de moins de 12 ans (dans la paroisse, 560 personnes, dont 2 prêtres, 217 hommes, 202 femmes, 62 garçons et 77 filles âgés de moins de 12 ans); en l'an XIII, 593 habitants; au 31 décembre 1831, 998 habitants; au 31 décembre 1856, 1,502 habitants (wallons).
Les anciens registres ecclésiastiques des baptêmes commencent le 11 novembre 1689; des décès, le 24 juin 1690; des mariages, le 10 juin 1691.
Les bois, qui avaient jadis une grande étendue (ceux dépendant de la seigneurie seule comprenaient, en 1632, 240 bonniers), ont ensemble 137 hectares; ils portent les dénominations de Bois de l'Étoile, contenant 18 hectares de sapinière et 14 hect. 78 de taillis et futaie; Bois des Garennes, 9 hect. 15; Fond des Mais, 3 hect.; Pente des fontaines, 2 hect. 20; Bois de la Malaise, 2 hect. 30; Bois de la Chapelle del Croix, 4 hect. 62; Bois de Blanc Ri, 10 hect. de sapinière et 7 hectares de futaie et taillis; Garenne Guilain, 5 hect.; le Broctia, 7 hect. 91; la Chaudrière, 3 hect,; Bois de Lauzelle, 7 hect. de sapinière et 8 hect. 07 de futaie et taillis; Trou des Renards, 5 hect. de sapinière; Sapinière Bollus, 7 hect.; Sapinière Crahaut, 5 hect.; Sapinière Bequet, 3 hect.; Sapinière Chaumont, 31 ares; Sapinière de la Piquette, 6 hect. 68; Bois de Pinchart, 1 hect. 37; Bois du Chênoit, 2 hect. 92; Bois du Château, 3 hect. 66. Le bois de Warlombroux, qui appartenait à l'abbaye d'Afflighem, en 1787, comprenait 31 bonniers. En 1632, il n'y avait pas moins de 200 bonniers de bruyères dan» la seigneurie d'Ottignies; actuellement il n'en existe plus qu'une, de 54 ares.
D'après les recensements généraux, les exploitations agricoles se classaient de la manière suivante par rapport à leur étendue :

Les exploitations de pins de 50 hectares sont : la Ferme du Douaire (123 hect.), tenue par MM. Lamal (fr. et s.), appartenant à M. Dezangré; la Ferme Raussaint (112 hect.), tenue par M. Raussaint (J.-P.), appartenant à divers propriétaires; la Ferme de Balbriere (110 hect.), tenue par M. Vanhemelryck (J.), appartenant à la comtesse de Beauffort, née Roedose; la Ferme de Bierwart (101 hect.), ancienne propriété du monastère de Florival, tenue par M. Goes (J.-B.), appartenant à la veuve Goes, de Gistoux; la Ferme de la Hutte (88 hect.), tenue par M. George (J.-L.), propriétaire, jadis seigneuriale, ainsi que les deux suivantes; la Ferme de la Bloquerie (82 hect,), tenue par M. Ransquin (R,), appartenant au comte de Spangen; la Ferme du Chêne Duché (60 hect.), tenue par M. Demolder (G.), appartenant à M. Wauters de Besterfeld.
Le nombre des animaux domestiques constaté par les recensements généraux s'élevait à :

Ottignies étant une commune essentiellement agricole, les grands fermiers se livrent, sur une certaine échelle, à la fabrication du beurre et du fromage et à l'engraissement des volailles.
Les terres exploitées par les cultivateurs de la commune se répartissaient ainsi :

Ce chiffre total se subdivisait en biens exploités :

En moyenne l'hectare de terre était estimé à:

L'ancienne verge linéaire a 16 1/2 pieds de Louvain, d'après les documents cadastraux; de Bruxelles, d'après G.-A.-M. Wirix.
Comme nous l'avons vu plus haut, la Dyle active un moulin à grain; le moulin d'Ottignies, jadis seigneurial a deux roues hydrauliques, dont la retenue est â 52 m. 71 d'altitude et qui ne commandent que deux paires de meules.
Une seconde usine est établie sur la même rivière, c'est la filature Green, dont l'établissement fut autorisé le 12 avril 1838, et qui appartient aujourd'hui à M. Gouttier; elle est exploitée par M. Charles Dupuis. Une roue hydraulique de la force de 30 chevaux sert de force motrice; sa retenue est à l'altitude de 49 m. 65; cette filature de coton compte 5,000 broches et occupe 75 ouvriers. Un gazomètre est annexé à l'usine.
Le même coup d'eau fait mouvoir une seconde roue, de 18 chevaux de force, activant un moulin à demi-pâte, annexe de la papeterie de Limal. Cette usine compte trois piles à cylindre; elle occupe cinq ouvriers. Une machine à vapeur de la force de 3 chevaux est établie à proximité de la filature, pour élever les eaux de la Dyle dans le réservoir de la station des chemins de fer.
Il y a eu jadis, entre Ottignies et Limelette, un moulin à eau, qui a donné aux terrains voisins le nom de Terre du Moulin ou Pays du Moulin (voir plus haut, aux LIEUX-DITS); on l'appelait le Moulin de Cocqueroul ou Cokeroel (acte du 17 avril 1469). C'est probablement cette usine qui est qualifiée de foulerie (en flamand, rolmolen), dans les reliefs de la seigneurie de 1527 et de 1650.
Le 12 avril 1855, N. Leblicq fut autorisé à établir un moulin sur le ruisseau de Pinchart.
Nous avons signalé précédemment une extraction de terre noire; elle se trouve sur la rive droite du Ri Angon, au pied aval d'un remblai du chemin de fer du Luxembourg. L'exploitant actuel, Godefroid Lucas, a commencé ses travaux il y a dix-sept ans. Il extrait la terre au moyen de galeries pratiquées sous la colline que recouvre le bois de l'Étoile et paie, de ce chef, une redevance annuelle de cent francs au propriétaire, M. de Marcq de Tiége. L'ouverture des galeries n'est pas beaucoup au-dessus du sol près du ruisseau; elles ont environ deux mètres de hauteur et ont atteint parfois 200 mètres de longueur; le plus souvent elles sont simples, quelquefois elles se ramifient. La masse, qui s'attaque à la pioche, devient plus facile à exploiter lorsqu'elle a subi pendant plusieurs jours le contact de l'air; elle est traversée par des filons de pyrite. La couche de terre noire suit, paraît-il, l'inclinaison de la surface; elle est recouverte d'un lit de cailloux, agglomérés par un ciment ferrugineux, qui forme le toit des galeries; au-dessus règne un dépôt puissant de sable bruxellien, dont la partie inférieure est exploitée pour le moulage de la fonderie de fer de Court-Saint-Étienne. Lorsque la terre est extraite des galeries, on l'expose d'abord à l'air, pendant quelques jours, pour la sécher; on la broie ensuite sous un rouleau; puis on la dépose dans des réservoirs, où l'on fait arriver l'eau du Ri Angon, et on la purifie par lévigation; lorsqu’elle a été suffisamment lavée, on la retire par petits tas que l'on dépose sur des écuelles de craie. Ces espèces de gâteaux sèchent très rapidement, prennent une couleur grisâtre et montrent un grain assez fin. On les vend à raison de 3 francs les 100 kilogrammes, rendus à la station d'Ottignies; on les emploie à la peinture, en guise de céruse, et dans la fabrication du papier.
L'industrie agricole, la filature de coton et les chemins de fer occupant presque tous les ouvriers de la commune, il en est fort peu, aujourd'hui, qui aillent travailler au dehors comme briquetiers ou terrassiers.
Le chemin de fer du Luxembourg traverse le territoire d'Ottignies sur 1,800 mètres; il a nécessité la construction d'un pont sur la Dyle et de trois viaducs au-dessus de la route de Wavre à Nivelles, d'un chemin vicinal et du chemin de fer de l'Est belge. Ce dernier ouvrage d'art, ne présentant pas des garanties suffisantes de solidité, vient d'être reconstruit.
Les chemins de fer de l'Est belge et de la jonction de l'Est traversent Ottignies, en se suivant côte à côte, sur une longueur de 1,800 mètres. Ils ont exigé la construction d'un viaduc sur un chemin vicinal et d'un pont sur la Dyle, qui a dû être démoli et reconstruit en 1862, parce qu'il menaçait ruine.
Ces trois chemins de fer se rencontrent dans une station commune, située en partie sur le territoire d'Ottignies, en partie sur celui de Limelette. On n'y voit qu'une gare provisoire, qui contraste par sa laideur avec l'immense quantité de voyageurs qui y arrivent de cinq directions différentes.
La route provinciale de Wavre à Nivelles traverse Ottignies sur 1,250 mètres.
On compte 48 chemins vicinaux et 47 sentiers mesurant ensemble 79,534 mètres, dont 4,712 sont pavés.
Le chemin de grande communication n° 75 traverse Ottignies sur 9,800 mètres.
Sur le plateau qui longe le bois de l'Etoile, à 500 mètres S.-O. de la ferme de la Bloquerie, on remarque une éminence que la charrue et la herse effacent chaque année, mais qui cependant s'élève encore de près de deux mètres au-dessus du sol. C'est probablement un tumulus. A 100 mètres S.-O. de cette motte, il y en a eu une seconde, qui est presque nivelée. Le nom de Pré à la Chaussée, que l'on donnait, dès 1530, à la prairie dite le Saulchoit, située entre la Dyle, la prairie Bélian et le ruisseau venant de Coqueroux, à la limite de Limelette, provient peut-être d'une découverte d'empierrements, faite en cet endroit.
Il semble qu'Ottignies fut dotée, au XIIIe siècle, de quelques libertés, car une partie du village est désignée, en 1260, sous le nom de la Franchise, et on y mentionne un Ancien marché, du côté de Mousty. Il parait incontestable qu'on trouvait à Ottignies deux juridictions distinctes, dont l'une s'appelait : la Court afforainelle (ou extérieure) d'Ottignies et dont nous avons vu un cyrographe, daté de 1558; l'autre aura exercé son autorité dans le village même, l'ancienne franchise.
Vers 1547-1549, la femme d'un maréchal ferrant du village d'Ottignies, ayant quitté son mari pour suivre un vagabond et emporté 18 florins d'or, fut arrêtée dans l'hôpital d'Ottignies par le maire Jean de Lanne. Honteuse de sa situation, elle remit ces 18 florins pour qu'on les restituât à son mari; mais le maire s'en empara, disant qu'il les confisquait, et, en outre, condamna le vagabond à une amende de deux philippin d'or. Le bailli du Brabant wallon se plaignit au conseil de Brabant de ce fait du maire, disant que c'était « chose estreinge et contre droit et équité et digne de grosse punition ».
Le 15 septembre 1628, on trouva sur le Pré dit à la Chaussée des chevaux appartenant à un nommé Guillaume Robert. Les échevins de Limelette furent invités à visiter les lieux, selon l'ancien usage, parce que le pré devait être clôturé de manière à ne pas rendre possible l'entrée des bestiaux dans les prairies communales de Limelette; il résulta de l'enquête que le Pré à la Chaussée, qui appartenait au seigneur d'Ottignies, était accessible de tous côtés.
Le 16 août 1705, l'armée anglo-hollandaise passa la Dyle sur deux ponts, établis à Ottignies et à Sart-Messire Guillaume.
En 1741, 24 personnes, le quadruple de la mortalité ordinaire, succombèrent à la dysenterie.
Ottignies dépendait jadis de la mairie de Mont-Saint-Guibert. Depuis l'an III, elle est comprise dans le canton de Wavre.
«En la paroisse d'Ottignies », disent les Comptes du bailli de Nivelles ou du Brabant wallon, le seigneur de Sombreffe a court et jugeurs, cens, rentes, loix et amendes, qui se jugent suivant la loi d'Uccle et livre homme fourfait au couron de la terre et mon seigneur y a la haute justice ».
Le ressort du village était jadis contesté entre Louvain et Uccle, probablement à cause de l'ancienne division du territoire en deux circonscriptions : la franchise suivant la coutume de Louvain, qui fut donnée, vers l'an 1200, à tant de localités privilégiées; l'afforaineté, où on jugeait d'après la coutume d'Uccle, la grande coutume rurale du pays situé entre la Dyle et la Dendre.
La haute justice fut vendue à perpétuité par le domaine, le 12 mai 1559 et moyennant 600 livres d'Artois, à Thierri, comte de Manderscheydt, qui y avait déjà, en qualité d'héritier des Sombreffe, la moyenne et basse justice; le souverain ne se réserva que le son de cloche en cas de guerre, le droit de percevoir les aides et les tailles et les autres régales.
Le greffe de l'échevinage d'Ottignies se trouve à Nivelles.
Il y avait plusieurs échevinages secondaires, notamment un établi par la vénerie de Brabant pour les « masuwier de cor » (ou tenanciers de la Trompe), appelés aussi les « Veneurs de Pinchart »; au milieu du XVIe siècle, Guillaume Camp, maire de cette juridiction, se plaignit à la chambre des comptes des empiétements du lieutenant-bailli de Nivelles sur ses droits.
Toute la paroisse ne formait qu'une seule communauté; aujourd'hui les neuf conseillers y sont choisis : quatre parmi les éligibles du centre et des hameaux non désignés, deux parmi ceux de Bloquerie et trois parmi ceux de Pinchart.
Le 29 mai 1776, une transaction fut passée par-devant le notaire Gilson, entre le seigneur et les habitants, au sujet de la propriété des bruyères et communes. Conformément à un octroi du conseil de Brabant, du 18 décembre suivant, ces bruyères furent vendues le 6 février 1777, et chacun des 107 ménages existants reçut sa part du produit, après déduction d'un huitième au profit du seigneur.
Le budget de la commune, pour 1859, présente les chiffres suivants :

C'étaient les châtelains de Bruxelles qui étaient, dans le principe, seigneurs d'Ottignies et qui, notamment, y levaient la grande et la petite dîme. Le châtelain Godefroid, de concert avec sa femme Helewide et du consentement du duc Henri Ier et de ses fils, en fit don à l'abbaye d'Aywières, et ne se réserva sur cette taxe qu'une redevance de 47 muids, moitié seigle et moitié avoine, et un cens de 36 sous de Louvain, qu'il céda : 27 muids et les 36 sous pour la dotation d'une chapellenie à Braine-l'Alleu; 20 muids au chevalier Gosuin de Walhain, pour les tenir de lui en fief (charte de l'an 1213). Gosuin, à son tour, en inféoda le chevalier Henri de Lanne.
A la même époque se montre une famille du nom d'Ottignies, à laquelle appartenaient : Godefroid, cité en 1197, et qui, de concert avec Béatrix de Limale, donna Gentinnes à l'abbaye de Bonne-Espérance; Bosin ou Boson (1224, 1244, 1245) et son frère Godefroid, appelés parfois del Bossere (de la Buissière? 1245), qui furent les exécuteurs testamentaires d'Arnoul de Walhain; Jean, fils de ce deuxième Godefroid, cité en 1244, avec son oncle et son père; Jean, qui, en 1312, tenait en fief du duc de Brabant le village et le château d'Ottignies, Blocquerie et Crestiemont, devint chevalier, et acheta au chevalier Jacques de Gentinnes et à son fils des biens situés à Pinchart; un autre (?) Jean d'Ottignies, qui aliéna, en faveur de Gosuin Goly de Wilre, le domaine de Pinchart et de Rieves (ou Rieu, Petit-Rieu ?), comprenant environ 50 bonniers de terres, de prés, de pâtures et d'eaux, un moulin, des cens, des revenus, une juridiction, le tout s'étendant jusqu'à la Scavée d'Ottignies, et enfin Isabelle, fille de Jean d'Ottignies, qui épousa Thierri Stradio, puis Godefroid de Sombreffe.
Marie, fille d'Isabelle et de sire Godefroid (relief de 1379-1380) posséda à la fois Ottignies, Rixensart, Heripont ou Henripont. De concert avec Jean, le bâtard d'Ottignies, elle acquit de Marie de Loveraigne, veuve de Godefroid de Campes, une seigneurie à Pinchart, rapportant par an 100 sous de Louvain, et joignit encore à ses possessions un moulin, une demeure, des masures, 7 bonniers de terres, 10 b. de bois, un cens de 40 chapons et un autre cens de 80 chapons, le tout situé entre Ottignies et Limelette et ayant appartenu à Thierri de Gothem, qui les relevait de la Trompe, c'est-à-dire de la vénerie ducale de Brabant.
Après Marie, Ottignies fit longtemps partie du patrimoine de Sombreffe et fut successivement relevé par :
Godefroid, sire de Sombreffe, fils de la dame d'Ottignies;
Jacques, sire de Sombreffe (r. de 1405-1406);
Godefroid, par cession du précédent, son frère (r. du 21 novembre 1422);
Jacques, par rétrocession (r. du 17 avril 1425);
Jean, son fils (r. du 24 janvier 1431-1432);
Marguerite, fille de Jean (r. de 1447), qui épousa successivement Robert, comte de Virnembourg, et Gilles, sire de Brandenbourg, le 30 juin 1484, ce dernier releva Ottignies, Blocquerie, Rixensart et Genval, pour le cas où il survivrait à sa femme et conformément à un accord conclu avec le consentement de Philippe, comte de Virnembourg, et de Robert, abbé de Prim, son frère;
Philippe, chevalier, comte de Virnembourg et de Nuwenaer, seigneur de Sassemberge et de Sombreffe, fils de Marguerite (r. du 1er février 1504-1505);
Messire Jean, damoisel de Virnembourg, puis seigneur de Rixensart, de Genval, de La Pierre (sur Bierges), de Vieusart (sur Corroy-le-Grand) et de Mont-Saint-Martin (à Nil), par cession de Philippe, son père, à qui fut assignée une rente annuelle de 200 florins du Rhin (r. du 7 mai 1519); puis seigneur d'Ottignies, par cession du même, qui reçut en retour une rente de 100 florins (r. du 21 mars 1519-1520);
Messire Conon, damoisel de Virnembourg, seigneur de Sombreffe, en vertu du partage et par cession de l'ainé de ses frères, messire Philippe, et afin de maintenir ses droits d'héritier de celui-ci et de Jean, qui était aussi son frère, relève Rixensart et Ottignies, le 30 mai 1524; puis Genval, Vieusart, La Pierre, Mont-Saint-Martin, le 20 mai de l'année suivante;
Philippe de Virnembourg et de Nuwenaer, pour lui et pour son frère Guillaume, écolâtre de Trêves (r. du 26 mai 1525);
Messire Conon aliéna presque tous les domaines de ses ancêtres en Brabant. Il vendit : en 1555, la Terre du Moulin au sire de Limelette; en 1536, Rixensart, Genval et la Pierre à l'évêque d'Arras, Eustache de Croy, et, en 1543, Sombreffe à la comtesse de Lalaing et Vieusart à Jean le Tuylle. Il ne conserva qu'Ottignies, les biens d'Ottignies à Pinchart, Mont-Saint-Martin et Grant-Lez;
Sire Thierri, comte de Manderscheydt, parent de Conon (r. du 12 janvier 1545-1546);
Sire Thierri le jeune, son fils (r. pour Grant-Lez, du 28 juin 1550; pour Mont-Saint-Martin, du 19 avril 1550-1551; pour Ottignies, du 29 juillet 1551);
Thierri, comte de Manderscheydt, Blanckenheim et Virnembourg, seigneur de Sleyden, fils du précédent (r. du 17 juillet 1560), de qui il hérita en plus la haute justice d'Ottignies (r. du 11 décembre 1561);
Hans-Frédéric, Adam-Guillaume, Catherine, Ermengarde, Anne et Marguerite, enfants de messire Adam Quaidt, seigneur de Landskroon et d'Elisabeth Van Pels et de Piermont, Marguerite Van Pels, femme de messire Adam Van Harff: Ermengarde et Anne Van Pels, comme héritiers de Conon, comte de Virnembourg, et d'Elisabeth de Piermont, grands-parents des quatre Van Pels (r. d'une moitié des seigneuries, en date du 18 juillet 1575);
Catherine, comtesse de Manderscheydt, sœur de Thierri précité, et son mari Philippe, comte de la Marck, franc seigneur de Lummen (r. du 15 février 1593);
Thierri, comte de Manderscheydt, Blanckenheim etc., ayant épousé Amélie, comtesse de Manderscheydt;
Madeleine, comtesse de Nassau-Wispade (ou Wisbaden), veuve du comte Joachim de Manderscheydt; messire Louis, comte de Heuenstein, mari de Madeleine, comtesse de Manderscheydt, comme héritiers de Thierri de Manderscheydt, oncle de Thierri, de Joachim et de Madeleine (r. du 21 décembre 1593);
Ernest de La Marck, comte de Manderscheydt, seigneur de Lummen et de Seraing-le-Château et de Sleyden, fils de Philippe et de Catherine (r. du 14 mai 1594), qui aliéna successivement et séparément Ottignies, Grand-Lez et Mont-Saint-Martin;
Nicolas Damant, chevalier, vicomte de Bruxelles, conseiller d'État, chancelier de Brabant, seigneur d'Ottignies par achat (r. du 9 mai 1614);
Eléonore, sa fille, épousa, le 31 janvier 1602, Philippe-Philibert de Spangen, qui fut bailli du Brabant wallon du 20 janvier 1606 au 30 juin 1643, gentilhomme de la bouche de l'archiduc Albert, capitaine d'une compagnie de Hauts-Allemands du régiment du comte de Berlaimont et de Lalaing, et en eut trois fils, dont l'aîné, Nicolas-Antoine, releva Ottignies après la mort de son aïeul (16 avril 1632), fut aussi seigneur de Mousty après son père (r. du 26 janvier 1668), devint gentilhomme de la chambre du duc de Neubourg et lieutenant-colonel au service d'Autriche. Il ne jouit pas sans contestations des biens des Virnembourg, car une sentence du conseil de Brabant, du 22 octobre 1649, adjugea la moitié des seigneuries d'Ottignies, de Grand-Lez, de Nil à sire Daniel Van Hoensbroeck, seigneur d'Alden-Valckenborch, et à sa femme Anne-Ursule Quadt, tant de leur chef que comme acquéreurs des droits d'Ermengarde-Félicité, dame de Piermont (r. du 23 février 1650).
Sire Ulric ou Gaspar-Ulric, baron de Hoensbroeck, commandeur de Gemert, ayant acquis les droits de son frère (r. du 24 avril 1654), les recéda aux Spangen, et cependant Jean-Charles de Haudion de Gibercy, seigneur d'Eynrode, se porta encore comme héritier de sire Daniel précité, son oncle (r. du 3 septembre 1674);
François-Joseph de Spangen, fils de Nicolas-François et d'Anne-Livine Le Vasseur dite de Guerneval (r. du 7 septembre 1668), s'allia à Marie-Jeanne, fille de Winand, comte de Glymes;
Charles-Emmanuel, seigneur de Chapelle-Saint-Lambert (r. d'une moitié de la seigneurie, en date du 10 octobre 1676);
Jean-Charles, son frère, à qui, lors de son mariage avec Catherine-Françoise de Visscher, son père céda Ottignies et Mousty, en se réservant pour lui une rente viagère de 1,500 florins, pour sa veuve et ses trois autres enfants une rente de 1,200 florins (r. du 22 mars 1698);
Jean-Charles, fils (lu précédent (r. du 29 mars 1714, qui mourut, à Tirlemont le 8 novembre 1739, époux de Anne-Marie d'Origone, dont il eut Charles-Louis-Joseph, religieux dominicain à Malines;
Charles-Ignace-Philippe, Alexis-Joseph, baron de Spangen, lieutenant général en Espagne, et Louise- Catherine, femme de Jean-Baptiste Gaethovius, seigneur d'Holsbeek.
A la demande du comte de Corswarem, le conseil de Brabant rendit, le 21 mai 1729, à charge du baron Jean-Charles de Spangen, un décret qui ordonna la vente d'Ottignies. Cette terre fut achetée par Charles, comte de Dongelberg, et sa femme, Marie-Thérèse de Broeckhoven; mais Marie-Jeanne de Varick, baronne de Waes, en opéra le retrait, et elle-même dut céder ses droits, à la suite d'un nouveau retrait, à Charles-Ignace de Spangen, seigneur de Mousty, fils aîné du premier vendeur (r. du 16 décembre 1729). Ce nouveau possesseur, à son tour, vendit Ottignies à :
Anne-Géneviève de Palma-Carillo, veuve de Jean-Alexandre Bertout, seigneur de Quenonville (r. du 8 octobre 1731);
Alexandre Bertout de Carillo, seigneur de Cauwerburgh, Quenonville, etc., hérita de sa mère (r. du 29 octobre 1740); il avait été créé vicomte de son nom par lettres patentes datées de Vienne, le 6 mars 1737.
Guillaume-François de Berthout de Palma Carillo, vicomte d'Ottignies, releva ses fiefs le 14 juin 1785 et mourut sans postérité, le 18 mai 1810, laissant la propriété d'Ottignies â sa veuve, Angélique-Françoise, baronne de Vicq de Cumptich. Cette dame épousa, en 1811, le baron Paul-Henri-Dominique de Marcq de Tiége, le propriétaire actuel de la terre d'Ottignies, bourgmestre de cette commune depuis 1819.
La seigneurie d'Ottignies était jadis d'un grand revenu et comprenait des fermes, des terres, des prairies (15 bonniers, le long de la Dyle, en 1632; 20 en 1650), des bois (240 b. en 1632; 54 b. en 1650), des bruyères (200 en 1632), un moulin banal, une foulerie, une ou des brasseries, un cens, qui consistait, en 1632, en 500 chapons, 134 poules, 24 florins du Rhin, 78 muids d'avoine; une cour féodale, de laquelle relevait, notamment, la seigneurie de Franquenies, à Mousty; la haute, moyenne et basse justice, un échevinage et les autres droits féodaux ordinaires. En 1474, la seigneurie fut taxée, pour le service féodal, à un combattant à cheval.
Le château d'Ottignies est construit sur une éminence qui fait face à l'église et domine le village. Il n'a conservé de son aspect ancien que sa tourelle carrée, à trois étages au-dessus des souterrains, tourelle que surmonte un toit très plat à quatre pans, se relevant en mansarde octogone et dominé par un coq-girouette. Les ancres de cette tourelle marquent la date 1626. Elle est accostée de deux corps de logis à deux étages, modernisés; celui de gauche n'a qu'une fenêtre de façade, celui de droite en compte quatre. La porte d'entrée est pratiquée à côté du château, dans le mur d'enceinte; lorsqu'elle s'ouvre elle permet de voir de beaux jardins, disposés en gradins, auxquels fait suite un parc de haute futaie. Dans la vue gravée par Harrewyn, pour les ouvrages du baron Le Roy, le manoir a à peu près le même aspect qu'aujourd'hui, sauf que le campanile surmontant la tourelle est plus important; la porte d'entrée, également pratiquée dans le mur d'enceinte, est fort petite.
Après la vente du château d'Ottignies, les Spangen conservèrent des biens assez importants dans le village et, en particulier, la ferme de Blocquerie, qui, dans le principe, formait une tenure distincte. En 1283, un Robert de Blocquerie fut abbé de Villers. En 1312, le chevalier Boussard de Blocquery relevait du duché de Brabant un fief consistant en terres, hommages, cens et juridiction, à Ottignies, d'un revenu annuel de 30 livres, et qui passa après lui à Boeves ou Bovon, son fils, puis à Boeveles, fils de Bovon. Lors d'un partage fait par-devant le notaire Gaspar Mars, le 5 décembre 1729, la maison et la ferme de Blocquery échurent à Pierre-Louis-Joseph de Spangen, dominicain â Malines, qui la laissa à son frère cadet, Alexis-Joseph, brigadier au régiment des gardes wallonnes, au service d'Espagne (r. du 23 juin 1763), et, après celui-ci, elle devint la propriété de son cousin, Jean-Joseph-Norbert, baron de Spangen, capitaine au régiment de Ligne (r. du 23 mai 1787). D'autres cens, à Ottignies, furent laissés par le dominicain cité plus haut à sa sœur Louise-Catherine, dont le fils, Louis-Joseph Gaethovius d'Holsbeeck, en fit le relief, le 28 août 1759.
Les fiefs dits la Terre du Moulin, le Pré Belian, le Pré Lornoy, Pré à Lornoir, Sauckoit ou Pré à la Chaussée, avaient peu d'importance. Le premier appartenait, au milieu du XIIIe siècle, à Henri de Molins, de Limelette, qui eut de longues contestations avec l'abbaye d'Afflighem, parce qu'il prétendait que le fermier du monastère (à l'Auzelle, sur Wavre) était tenu d'envoyer moudre ses grains à son moulin. Au mois d'août 1255, comme nous l'apprend une déclaration de Henri de Bialriu ou Beaurieu, bailli de Nivelles, le sire de Molins renonça à ses droits, et l'abbé promit de spécifier, avant la Toussaint de la même année, ce qu'il croyait devoir payer en retour de cet abandon. Chacun des deux contractants s'engagea à tenir ses promesses, sous peine d'une amende de 40 livres de Louvain, payable au profit du duc; leur accord est rappelé dans deux actes émanés : l'un du bailli de Nivelles Henri et des échevins de Genappe, l'autre des échevins de Wavre, et datés : le premier, du dimanche après Laetare; le second, du dimanche après la mi-carême, en 1264-1265. En juin 1277, Arnoul de Molins vendit à l'abbaye d’Afflighem, 6 bonniers de terres et 1 journal de bruyères, situés entre la Houssière et l'Auzelle (Hosière el Lauwiselle), à charge d'un cens annuel de 6 deniers. Son patrimoine avait pour propriétaires, en 1312 et 1374, un Henri de Molendinis ou de Molin; fut annexé, vers la fin du XIVe siècle, à la terre d'Ottignies, et vendu, en 1535, au seigneur de Limelette (r. du 8 janvier 1534-1535).
Le Pré Belian reconnut pour maîtres les Pinchart durant un grand nombre de générations et était voisin de la Seigneurie Beliane, que Florent Favelli vendit au sire de Limelette, le 26 novembre 1615 et qui appartenait, déjà, en 1740, aux Marcq de Tiége. Quant au Pré Lornoit, qui était contigu à la Terre du Moulin, il dépendit de la seigneurie d'Ottignies jusqu'au moment où Jean de Sombreffe, seigneur de Faverchines, le vendit à Libert de la Haye (r. du 12 septembre 1448), de qui lui vint aussi le nom de Pré Libert; en 1484, ce fief fut de nouveau réuni à la seigneurie.
Ce que l'on appelait les Biens d'Ottignies à Pinchart formait un démembrement de la seigneurie primitive, opéré à la suite d'un ancien partage, comme nous l'apprend un relief fait en 1447. Au XIVe siècle, il rapportait par an 110 livres. Cette tenure consistait en un étang d'un bonnier, 11b. de terres, et un cens de 158 1/2 chapons et 10 vieux gros.
Il y avait à Pinchart un très grand nombre de fiefs du duché, notamment La Hutte et Chenedisque, dont nous parlerons plus loin, et une tenure qui fut acquise par la commanderie de Chantraine, de l'ordre de Malte, de Jean, fils de Goffars ou Godefroid de Chambe (r. du 19 juin 1366), seigneurie qui consistait en trois bonniers de terres, un livre féodal de huit hommages, un cens de 3 sous, 1 setier d'avoine, 2 chapons, 1 poule, 50 oisons. La commanderie possédait encore, au même endroit, une grande cour censale, relevant du château de Chapelle-Saint-Lambert.
C'est à tort que Blondeau place à Ottignies la résidence des de la Hutte, qui accompagnèrent en Aragon le duc de Brabant Jean Ier, pendant la guerre de 1285. La ferme de ce nom, à Pinchart, n'était connue sous aucune désignation particulière lorsqu'elle appartenait, avec une cour censale, une cour féodale, un échevinage, ayant à sa tête un bailli et assisté par un greffier, 62 bonniers de terres, de prairies, de bois et d'étangs, aux Hubbelet ou Huwelet et aux Willemaer. Marie, fille de Jean Willemaer, la porta en mariage à Jean Vander Hutten ou de la Hutte (r. du 27 mai 1496), et leur fille Catherine à Jacques de Bru ou Broux (r. du 18 mars 1518-1518). L'alliance de Barbe Lerneau et de Jacques Cornet (r. du 12 juin 1670) en transféra la propriété à cette dernière famille, dont la ferme conserve le nom dans la Carte de Ferraris. Pierre-Ferdinand Cornet, chef-maïeur de Mont-Saint-Guibert et bailli d'Ottignies, et sa femme Jeanne-Dorothée de Caïmo, l'ont vendue à Lambert-Joseph Wauters, avocat au conseil de Brabant, et Marie-Josèphe de Fooz (r. du 13 mai 1766), ancêtres du propriétaire actuel.
Chenedisque consistait en une maison, avec 12 (ailleurs 15 à 16) bonniers de terres, de vergers, de bruyères, quatre arrière-fiefs, une cour censale etc. Jean Li Veneros ou Le Veneur de Pinchart en était seigneur, en 1312, et les de Grave dits de Hérimelz, au XVe siècle. Jean de Bourdeaulx en fit l'acquisition (r. du 24 avril 1528); les Micault en devinrent possesseurs par alliance et le laissèrent aux Boullin, nés d'Anne Micault (r. du 27 juillet 1609), et ceux-ci aux Verreycken (r. du 20 décembre 1652). Pierre-Ignace Verreycken, comte de Sart, baron de Bonlez, le vendit à Jacques Cornet (r. du 30 septembre 1675), et Marie-Madeleine Cornet, petite-fille de Jacques, au conseiller Wauters (r. du 13 décembre 1765).
Depuis trois ans, M. Wauters de Besterfeld a fait construire une villa, sur les plans de l'architecte Coulon, près de l'ancien château seigneurial d'Ottignies; elle est à mi-côte de la colline qui borde la Dyle et fait lace à la filature Gouttier. Cette belle habitation est de forme carrée et a trois fenêtres de façade; le rez-de-chaussée est surmonté de deux étages; la toiture s'amortit par une petite tourelle d'horloge. Le bois du Chénoit constitue la partie la plus importante du parc, qui descend jusqu'à la grand-route. Une maison et tenure dite le Chesnoy, avec 10 (ailleurs 3) bonniers de terres et de prairies, fut relevée de la baronnie de Perwez : en 1530, par Jean du Chesnoy; en 1536, par Jean Lansne.
D'autres domaines peu importants méritent à peine une mention. Henri de Kokeruel, chevalier, du consentement de son fils Herman, et avec l'assentiment de son suzerain, Godefroid, châtelain de Bruxelles, donna à l'abbaye d'Alne, en mars 1213-1214, la dîme de 10 bonniers de terres, situées à Ottignies. Ces Kokeruel ont laissé leur nom au hameau de Cocqueroux.
Les tenanciers du prieuré de Wavre à Ottignies étaient compris parmi les sujets de l'abbaye d'Afflighem, que le duc Henri Ier gratifia de privilèges, en 1226. Cette abbaye était propriétaire du bois de Warlombroux. En 1787, Aywières possédait la grande et la petite dîme, qui valaient, année moyenne, 1,369 florins; des discussions s'étant élevées au sujet des limites de la dîme du monastère, une convention fut passée au sujet de ces dîmes entre l'abbesse et l'investi d'Ottignies, en juin 1261, après que l'on eut tendu les bons hommes (boni homines) et les cultivateurs du voisinage (coloni circummanentes). Aux religieuses de Florival appartenait la grande cense de Beaurewart, avec 137 bonniers de terres et de prairies et 24 b. de bois. La vénerie du Brabant prélevait sur cette ferme, en 1601, 13 florins d'or, plus 3 florins d'or, en rédemption d'un gîte par an, et un muid de blé; la ferme devait, d'autre part, aux seigneurs d'Ottignies, un cens de 40 setiers d'avoine, grande mesure, 30 petites mesures et 10 chapons. Le 27 pluviôse an VI, Beaurewart fut vendu, moyennant 800,000 livres, à P. Trepagne, demeurant à Bauvelle (Somme).
L'église médiane de Saint-Remy, à Ottignies, doit, comme nous le disons plus haut, avoir dépendu de celle de Mousty. Elle a successivement fait partie des mêmes doyennés que cette dernière et que les trois paroisses suivantes. Sa circonscription spirituelle comprend aujourd'hui toute la commune; mais, il y a quelques années, cinq maisons de Blanc Ri dépendaient de Limelette; par contre, la juridiction de l'église d'Ottignies s'étendait sur la maison de la veuve Pauques, à Mousty.
Le plus ancien curé d'Ottignies dont on ait conservé le nom s'appelait Moyse. Il approuva la cession de la dîme faite à l'abbaye d'Aywières en 1213, à la condition qu'on lui réserverait toutes les novales et sa part dans la petite dîme. La compétence du curé consistait : en 1666, dans la dîme de la paroisse, 7 bonniers de terres et quelques fondations d'anniversaires; en 1787, il recevait de l'abbaye d'Aywières 434 florins et possédait 7 1/2 b. de terres et 6 journaux de prairies; tous ses revenus s'élevaient alors à 574 fl. 2 sous. La cure était à la collation du seigneur, ainsi que les trois chapellenies, dites de Saint-Jean, de Saint-Nicolas et de la Vierge. Le premier des bénéfices, chargé d'une messe par semaine, possédait 9 bonniers de terres et de prairies (revenus, en 1787, 104 fl.); le deuxième, chargé de même, possédait 4 1/2 b. (revenus, 65 fl.); le troisième, dont le bénéficier devait célébrer la messe trois fois par quinzaine, était doté du quart de la grande dîme à Mousty et Ottignies, de 4 b. de terres et de quelques petites rentes. La marguillerie percevait une petite dîme et recevait, du monastère d'Aywières, 24 setiers de seigle. Les revenus de la fabrique s'élevaient: en 1666, à 11 1/4 halster de seigle; en 1787, à 84 florins; en 1846, à 546 francs. La cure, avec tous les papiers qui y étaient conservés, brûla vers l'an 1725; on la reconstruisit en 1785.
C'est également en 1785 que fut élevée l'église actuelle. Elle est bâtie en briques et est précédée d'une tour carrée, se terminant en flèche octogone. A l'intérieur, elle est disposée en forme de basilique à trois nefs, dans le style de la renaissance; elle compte cinq travées, non compris la tour. Les autels latéraux sont dédiés à saint Joseph et à la sainte Vierge. On voit dans l'église deux tableaux de Dehaese : la Présentation du Sauveur au Temple et l'Assomption de la Vierge; ils ont été achetés en 1831 et proviennent de l'église de Saint-Nicolas, de Bruxelles.
On lit, dans le pavement, à l'entrée de l'église, sous la tour : Icy gist honorable dame jenne | Renart en son temps espeuse a feu | monsieur geri d'urselle escuir laquelle | trespassa le 3e dapvril lan 1586 | Prie Dieu pour son ame. | Dessoubz ceste mesme pierre gist Madlle | Emerentiane de nobili fille de feu le | Sr leronimo de nobili escuyer en son I temps capitaine au service de Sa Mate | et Madame Jenne van ursel laquelle | trespassa le 5 d'aoust lan 1610 | Priez Dieu pour son ame.
Dans le cimetière, au mur de droite du chœur, se trouve l'épitaphe suivante : D. 0. M. | Ici repose le corps de | Monsieur Guillaume François | Bertout de Carillo, | ancien Seigneur d'Ottignies, | né l'an 1738 le 28 fevrier, | décédé le 18 mai 1810 âgé de 72 ans | muni de tons les Sacrements | de notre Mere la Ste Eglise. | priez Dieu pour le repos de son ame. | requiescat in pace.
On a enterré à Ottignies, patrie de sa nièce et légataire, Melle Adolphine Verlaine, M. Ferdinand-Honoré-François de Paul-Ghislain baron de Vischer de Celles, ancien membre des états provinciaux pour l'ordre équestre de la province d'Anvers, décédé à Bruxelles, le dernier de son nom, le 31 janvier 1863, âgé de 78 ans. Il a fondé à Ottignies un obit pour sa femme et un autre pour lui.
La chapelle de Saint-Denis, à Pinchart, qui a été vendue et démolie pendant la domination française, possédait une dîme, 9 bonniers 3 journaux de terres et 3 journaux de prairies, au total, un revenu annuel de 234 florins. Cette chapelle, où on disait par semaine cinq messes (réduites à deux, en 1787), était considérée comme libre et était à la collation du clerc de la paroisse. Elle paraît avoir été reconstruite ou dotée au commencement du XVIe siècle, car les habitants du hameau obtinrent alors une bulle apostolique qui y autorisait la célébration d'offices religieux et l'administration de certains sacrements; un placet, en date du 13 novembre 1553, sanctionna cette décision du souverain pontife.
Il a existé à Ottignies un hôpital (1547) ou plutôt une maladrerie, qui était située vers Limelette (1530).
Les biens des pauvres, dont le produit, en 1666, se distribuait aux habitants les plus indigents, consistent en 11 hectares 75 ares 50 centiares.
Le budget du bureau de bienfaisance, pour l'année 1859, a été fixé comme suit :

En 1666, le marguillier ne tenait pas d'école. La commune en a fait bâtir une, à laquelle est annexée une salle communale. Le nombre des enfants pauvres qui ont été admis par la commune, on 1858-1859, â recevoir l'instruction, s'est élevé à 167 : 82 garçons et 85 filles.
La grande kermesse se célèbre le 1er dimanche d'octobre; la petite, le dimanche avant la Saint-Jean.

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