
Le nom de la commune de Limelette a subi des modifications nombreuses, mais sans importance. Ainsi on a écrit tour à tour : Limelette (1211, 1218, 1282, 1412, 1440, 1536, 1633, 1686, 1758, 1787), Lyemelette (1211, 1224, 1242, 1273, 1312) ou Lyemelettes (1424), Liemellette (1242), Lymeletthe( 1312), Lymelette(1374, 1423) ou Lymelettes (1463, 1487, 1500, 1536), Limelet (1374, 1417, 1510, 1594), Lymelet (1383, 1436, 1492) ou Limellet (1564), Limellettes (1403-1404) ou Limellette (1709), Lymelleth ou Lymellette (1440), Limelettes (1437, 1587, 1596, 1615, 1633, 1642), Limallette (1555) ou Limalette (1639) et Limilette (1666).
Toutes ces formes équivalent à un diminutif de Limal, nom d'une commune limitrophe.
La commune de Limelette est limitrophe de celles de Limal, Ottignies, Lasne et Rixensart.
Limelette est à 1 kilomètre de Limal, 2 kilom. d'Ottignies, 5 kilom. de Rixensart et Wavre, 7 1/2 kilom. de Lasne, 23 1/2 kilom. de Nivelles, 30 kilom. de Bruxelles.
L'église de Limelette se trouve située par 56 grades 32 de latitude N. et 2 grades 49 de longitude E. L'altitude du seuil de l'église est de 52 mètres 23.
Le procès-verbal de délimitation du territoire de Limelette a été ouvert le 19 messidor an XII et clos le 28 du même mois. Il a été ratifié par le conseil municipal le 19 juillet 1807 et approuvé par le préfet le 30 août suivant.
Le cadastre divise le territoire de Limelette en 3 sections : la section A ou de Rofesart, la section B ou du Village, la section C ou du Blanc Ri.
Au 1er janvier 1859, ces sections se trouvaient morcelées en 1,146 parcelles, appartenant à 205 propriétaires, donnant un revenu cadastral de 30,221-57 fr. (sol : 26,712-57; bâtiments : 3,509-00) et ayant une contenance de 593 hectares 83 ares 30 centiares (imposable : 565 hect. 45 a. 15 ca.; non imposable : 28 hect. 38 a. 15 ca.).
Cette contenance globale se subdivisait ainsi en 1834 :

En 1686, le village comprenait 547 bonniers 1 journal, dont 363 b. 2 j. de terres, 45 b. 2 j. de 128 b. de bois, 10 b. 1 j. de communaux.
On comptait à Limelette : en 1376, 55 ménages; en 1436, 33 foyers; en 1464, 39 foyers; en 1472, 29 foyers; en 1492, 27 foyers; en 1526, 48 maisons, dont 2 inhabitées; en 1686, 36 maisons, 1 moulin, 1 franche taverne; au 31 décembre 1856, 120 maisons.
Le village de Limelette, qui compte 66 maisons; Blanc Ri, 8 maisons; Roffesart, 46 maisons.
Le petit village de Limelette est bâti au bord de la Dyle et s'étend principalement sur la rive gauche de la rivière, le long de la route de Wavre à Nivelles; quelques maisons s'écartent un peu du centre, en remontant le cours du ruisseau de Pinchart. Les dernières habitations de la rive droite, situées sur la colline qui s'élève derrière le château de Limelette, forment le Tri.
Le hameau de Blanc Ri, qui appartient en presque totalité à la commune d'Ottignies, compte quelques maisons sur le territoire de Limelette, à 1,000 mètres S.-E. de l'église, près du bois Delterre.
A 2,300 mètres O.-N.-O. de l'église se trouve le hameau de Roffesart (Rofrisart, 1374; Reffroissart, 1383; Royfroissart, 1531), où l'on ne remarque que la ferme qui appartient depuis plusieurs siècles à la famille du baron Lambermont et à laquelle on a ajouté, depuis peu d'années, une villa servant de demeure aux propriétaires.
A 1,500 m. O. de l'église, la Maison du Battis; à 2,400 m. O., la Maison de la Taille Ghistelle.
Bois de l'Église; Champ du Neufbois (Champ des Nœuffbois, 1531); L’Épaisse haie (Spesse haie, 1629, 1636), ancien communal, qui fut converti en bois par résolution des échevins, du 23 avril 1661; Canonsart (Connonsart, 1636); Champ de l'Épine; Bois Henquinot ou Ancunot ( Cuinot, FERRARIS ); Fond du Tri; Lambihaie; Champ Derrière les Cortils; Champ des Fies (fiefs); Champ du Battis; Terre du Moulin; le Chênoit; Prés du Moulin; Moulin de Limelette, jadis de Beauquerre ou Beaukaire (Beaukerre, 1374; Beauquerre, 1410, 1511, 1563; Beaukaire, 1411, 1440, 1644; Beaucayre, 1418; Beauquaire, 1546, 1593, 1658, 1676); Tienne Charles Sablon, jadis communal (1783); Bois du Tirimont; Scavée de Tirimont; Campagne du Chamois; Champ du Battis-Chamois; Tirichamp; Longue Taillette; Bourguignon; Ruelle du Pirroi; Champ Sainte-Anne; Pré commun; Bois Winant; Bruyère Bon cœur; Cortil Giraud; Prés Renard; Campagne du Bus ton; Arbre du Buston; Bois du Corbeau; Laid trou; Campagne de Genappe; Fond de Baudry ou Bondry (Deseur Boudrilli, près le chemin de Lymelle à Otingnies, 1440; Boudrilly, 1596, 1621; Ry de Baudry, 1769); Taille Ghistelle; Villa Bequet; Ferme d'Au Brou (Au Brou, communal, 1783); Château de Limelette; Ferme d'Au Pont (1587); Bois de la Taille du Château; Communes; Bois Delterre (dont le nom semble provenir plutôt d'un nom propre que de la forme wallonne del terre : en 1530, on mentionne Guillaume de la Terre; le propriétaire de la Ferme Del Terre, Simon Mormaux, fut autorisé, par le seigneur d'Ottignies, en 1696, à faire pâturer des bestiaux dans les bois, prairies, bruyères et communaux, et à chasser, seul ou avec quelques amis); Bois Legrève; les Garennes; Bois des Quewées; Bois de Jauche; Fond des Tombes (Valée del Tombe, 1555); Tienne Jean Lefèvre; Ruelle Rose; le Warichet; la Drève; Grand chemin de Nivelles; Grand chemin de Genappe; Belle voie; Chapelle Mathy; Chapelle Lambermont; Chapelle de N .-D. Auxiliatrice.
Closière de l'arbre au ciel (1616); Bauvengeul (1648) ou Beauvengheul, pré (1787); Cense de Beauquerre ou Beaucaire (Cense de Biaukair, 1616; Cense de Beaukaire, (1680); Fief de Biernaux (1702) ou Fief de Bernard, vers Ottignies (1587, 1674); Seigneurie de Braye (LE ROY); Geranaelh (1440); Gernoval (1674); Bois de la Houssière (1469, 1500, 1544, 1615, 1674; Bois al Heusirre, 1440; Bois de la Heusière, 1531 ); La Motte, seigneurie (LE ROY); Palieu ou Belliane (voir OTTIGNIES ); Pré au bois, près du moulin de Beauquerre (1544); Penaumont, communal (1783); courtil dit la Royau (1614 ou 1615); Girart valle, Triz de Wavre, le Sarty, Herlanchamp, Ruelle des Warissiaux ou Bucke, cités en 1531.
Le sol est accidenté, surtout sur la rive droite de la Dyle et aux abords de Roffesart. Le point culminant est vers l'extrémité orientale du territoire, à la limite de Limal, où l'on a constaté une altitude de 122 mètres.
L'étage inférieur du système gedinnien règne dans les vallées de la Dyle et du Blanc Ri. Il est représenté, sur la rive droite de la Dyle, au pied de la Taille du Château, par du phyllade gris aimantifère. Vers la limite de Limal, au bas de la même colline, A. Dumont a signalé du grès verdâtre. Au-dessus du terrain rhénan apparaît une bande étroite de psammite landénien, auquel succèdent les sables du système bruxellien. Ces derniers s'élèvent jusqu'au plateau voisin de la route de Namur; sur la rive gauche de la Dyle, ils n'apparaissent que vers le bas des collines : le fond et le sommet des vallées étant recouverts par le limon hesbayen. Le sable fin laekenien se montre à l'ouest de Roffesart.
Tout le territoire de Limelette appartient au bassin de l'Escaut; les cours d'eau qui arrosent cette commune sont la Dyle, le Pinchart et le Blanc Ri.
La Dyle vient d'Ottignies et coule d'abord à la limite de cette commune; reçoit le Blanc Ri (r. dr.), en face du bois Delterre, et appartient à Limelette par ses deux rives; baigne le parc du Château et la ferme d'Au Pont; reçoit le Pinchart (r. g.); et passe sur le territoire de Limal, après un parcours de 1,850 mètres, dont 450 mitoyens, dans la direction du S. au N.
Le Pinchart ou Ruisseau du Warichet vient d'Ottignies; active le moulin de Limelette par une chute de 6 mètres 30; passe sous le chemin de fer du Luxembourg; sépare la villa Bequet de la ferme d'Au Brou; traverse le chemin de fer de l'Est belge et la route de Wavre; et se réunit à la Dyle (r. g.) vers la limite de Limal, après un parcours de 2,200 mètres, dans la direction de l'O.-S.-O. à l'E.-N.-E.
Le Blanc Ri vient d'Ottignies et reste limitrophe de cette commune jusqu'à son confluent avec la Dyle (r.dr.), après un parcours de 400 mètres, dans la direction de l'E.-S.-E. à l'O.-N.-O.
Les fontaines auxquelles puisent les habitants sont celles de : Jean-Albert, la Veuve, Pinchart.
Il existe six petits étangs à la Villa Bequet.
On comptait à Limelette : en 1666, 140 communiants; en 1709, 174 habitants; en 1784, 297 habitants : 1 prêtre, 105 hommes et garçons âgés de plus de 12 ans, 102 femmes et filles âgées de plus de 12 ans, 46 garçons et 43 filles (dans la paroisse, le même nombre); en l'an XIII, 378 habitants; au 31 décembre 1831, 569 habitants; au 31 décembre 1856, 642 habitants (wallons).
Les registres de l'état civil remontent à 1636.
Les bois ont ensemble 33 hectares; ils portent les dénominations de Bois Henquinot (2 hect.), Bois Legrève (2 hect.), Taille du Château (10 hect.), les Garennes (6 hect.), Bois Delterre (3 hect.), les Quewées (4 hect.), Fond des Tombes (6 hect.).
D'après les recensements généraux, les exploitations agricoles se classaient de la manière suivante par rapport à leur étendue :

Les exploitations de plus de 50 hectares sont : la Ferme d'Au Brou ou Aux Broux (72 hect.) tenue par M. Cordier (E.), appartenant à M. Bequet-Herpigny; la Ferme d'Au Pont (60 hect.), tenue par M. Malevé (J.-B.), appartenant à M. Mosselman du Chénoit.
Le nombre des animaux domestiques constaté par les recensements généraux s'élevait à :

Les terres exploitées par les cultivateurs de la commune se répartissaient ainsi:

Ce chiffre total se subdivisait en biens exploités :

En moyenne l'hectare de terre était estimé à:

L'ancienne verge linéaire a 16 1/2 pieds de Louvain
La seule usine de la commune est le moulin de Limelette, mû par le Pinchart et ayant sa retenue à l'altitude de 60 mètres 63. Il n'a qu'une roue hydraulique, qui commande 3 paires de meules. Ce moulin portait jadis le nom de Moulin de Beauquerre ou Beaukaire; il faisait partie, au XIVe siècle, d'un grand fief relevant du Brabant et s'étendant sur Ottignies et sur Limelette. Ce bien ayant été vendu par parcelles, le moulin passa au chevalier Arnoul Du Bos et fit, depuis ce temps, partie de la seigneurie de Moriensart, dont il dépendait encore au siècle dernier. En 1530, on évaluait le revenu de ce fief à 26 muids de blé, mesure de Wavre, sur lesquels 4 muids (ailleurs, on dit 6 setiers de froment) devaient être payés aux chiens de Boitsfort (c'est-à-dire à la vénerie ducale). L'usine était en ruines, en 1511 et en 1563, sans doute par suite des guerres de 1488-1489; on la reconstruisit plus tard.
Beaucoup d'ouvriers maçons, plafonneurs et menuisiers vont travailler à Bruxelles pendant la bonne saison.
Le chemin de fer du Luxembourg traverse le territoire de Limelette sur une longueur de 1,900 mètres; ceux de l'Est belge et de la Jonction de l'Est, qui se côtoient, sur 1,600 mètres.
Le premier de ces railways a nécessité la construction d'un pont et d'un viaduc; les autres, d'un viaduc seulement. La station d'Ottignies s'étend, en partie, sur le territoire de Limelette.
La route provinciale de Wavre à Nivelles traverse Limelette sur 1,500 mètres.
On compte 20 chemins et 21 sentiers vicinaux, mesurant ensemble 30,825 m., dont 2,910 sont pavés.
Le chemin de grande communication n° 72 traverse la commune sur 5,771 m.
Le 23 avril 1863, nous avons opéré des fouilles dans le Bois des Quewées et de Jauche, près du Fond des Tombes (un acte, du 24 septembre 1555, mentionne des terres labourables, gisant el Valée del Tombe, à Limelette), pour constater si huit monticules existant en cet endroit, vers la limite de Limal, de 1,000 à 1,500 mètres à l'est de l'église de Limelette, étaient bien des tumulus. Une tranchée pratiquée dans la plus orientale de ces mottes a fait découvrir, au niveau du sol voisin, un lit de charbon et des ossements calcinés. Ces tumulus ont, en général, de 12 à 15 mètres de diamètre sur 1 mètre, 1 m. 50 ou 2 m. de hauteur.
En l’année 1412, une charte fut accordée au village ou à la seigneurie de Limelette, mais nous n'en connaissons que quelques articles, qui sont rappelés dans un record des échevins, prononcé à la demande du seigneur, Paul d'Ursel, en 1531.
« Tous commans (ou commandements), y est-il dit, qui se font sur l'église aux communs dudit village, se font de par le seigneur de Limelette et se font encore à présent, et toute lettre de par l'empereur notre seigneur, à cause de sa duché de Brabant adressant audit village compétent à aucun des sujets, et aussi toute autre lettre de placard des quatre villes capitales, adressant au dit seigneur ou à son mayeur, comme houltain seigneur dudit village, que pour faire et adresser ce que de droit appartenait de faire, et selon la transcription des dites lettres ou mandement, tant pour les tailles du prince que pour autre chose, compétant en général ou particulier audit village ». Le seigneur, ajoute le record, est hanouwer (ou gardien, de houden, tenir) des eaux, des chemins, du vent, dans toute la seigneurie; chaque année, tout habitant doit comparaître à un plaid général, sous peine d'une amende d'un florin, et fournir un homme pour la réparation des chemins, sous la même peine.
En 1594-1595, le château était occupé par une garnison, qui fut, cette année, appelée de Nivelles pour servir d'escorte à l'archiduc Ernest.
Une nommée Martine Chaufouriaux ayant été condamnée comme sorcière, on confisqua une maison avec courtil, dite le Royau, au profit du seigneur, Florent de Favelli, qui abandonna ses droits sur ce bien au profit de Paul Chaufouriaux, le 5 septembre 1614.
En septembre et octobre 1675, plusieurs habitants de Limelette moururent de la dysenterie.
A la fin du siècle dernier, le seigneur de Limelette revendiqua le droit de planter sur les chemins et les communaux du village. Trois avocats, choisis pour arbitres, ayant refusé ce mandat, l'affaire fut portée devant le conseil de Brabant, qui, par provision, ordonna d'abandonner au seigneur les communes dites Charles Sablon, Penaumont et Au Brou (11 décembre 1783), et déclara ensuite qu'au seigneur appartenait le droit de plantis et que les habitants pouvaient louer à son profit les communaux, sauf la place du village et à la condition de remettre au seigneur un quart du produit (29 janvier 1788).
Limelette a ressorti jadis à la mairie de Mont-Saint-Guibert et dépend, depuis l'an III, du canton de Wavre. « En la paroisse de Limelette », disent les Comptes des baillis de Nivelles, « il y a plusieurs bas seigneurs, savoir Englebert de Limelette, le remanant (ou les héritiers) Godefroid du Pont et Wyllame (ou Guillaume) de Thiege, qui y ont, si qu'ils maintiennent, plusieurs massuyers, court et jugeurs, cens, rentes, loix et amendes, qui se jugent selon la loi de Louvain, et livrent homme fourfaict au couron de leur terre. Et est à savoir que le dict Englebert maintient à avoir toute la seigneurie par toute la paroisse, sur tous les chemins, warissays et rivières et monseigneur a la haute justice ».
La haute justice de Limelette fut engagée, le 16 août 1626 et moyennant 4,000 livres, au seigneur, Etienne Hulet (r. du 28 septembre 1633). Elle ne fut jamais aliénée par le domaine, d'une manière absolue.
Les archives de Limelette se trouvent, en majeure partie, dans les papiers de la famille De Coux, où existent, notamment, une nombreuse collection d'actes originaux, dont le plus ancien date de 1313; un résumé analytique du rôle des échevins, allant de 1614 à 1694, etc.
Les registres aux actes d'adhéritance, pour 1755 à 1795, sont conservés au greffe de Nivelles.
Le budget de la commune, pour 1859, présente les chiffres suivants :

Les biens consistent en 22 hectares 70 arcs et une maison commune, avec école.
Plusieurs chevaliers portant le nom du village possédèrent Limelette, au commencement du XIIIe siècle. L'un d'entre eux, nommé Godefroid, était distingué par le surnom de Briseteste ou Brise-Tête, qu'il devait sans doute à sa force musculaire. Du consentement de son suzerain, Henri, chevalier de Baudresain (ou Bautersem), et avec l'approbation du duc de Brabant, il gratifia l'abbaye d'Aywières de toute la dîme qu'il possédait à Mousty et à Limelette (la dîme de son château exceptée) et de 28 bonniers de terres, dont 4 situés à Limelette et 24 à Mousty (1224). Henri de Limelette se montra le bienfaiteur du monastère d'Alne, auquel, en mai 1211, il abandonna la dîme qu'il tenait en fief du duc; la même année, il approuva la cession d'une autre dîme située à Limelette, cession faite à la même abbaye par son vassal Jean de Cuert ou Court, et qui fut ratifiée par Henri de Wavre, de qui Henri de Limelette la relevait, et par l'évêque de Liège, Hugues. A la même époque, on mentionne encore : en 1215, le chevalier Siger de Limelette, et, en 1218, Aubertin de Limelette.
La grande dîme formait une tenure relevant d'Arnoul des Froides Vallées ou de Froideval, à Grez. Au mois de février 1242-1243, maître Siger de Limelette et son frère Baudouin en donnèrent la moitié aux religieuses d'Aywières, qu'ils affranchirent de l'obligation de payer à l'église du village, tous les ans, un muid de grains; ce muid devait être dorénavant prélevé sur la moitié de la dîme qu'ils avaient gardée.
En 1273, on mentionne Alcyde, fille de monseigneur Henri de Limelette.
Sous le duc Jean Ier vivait le chevalier Robert Brise-Tête, dont l'anniversaire se célébrait à l'abbaye de Villers le 1er juillet. On sait que ce gentilhomme avait un château à Manage, sur Seneffe, mais il est probable qu'il posséda Limelette, où son nom reparaît trois générations après lui.
En 1312, Franekine ou Francon de Limelette, surnommé Brisetieste ou Briseteste, possédait la moitié de la seigneurie de Limelette, sauf la haute justice; il la tenait en fief du duché, et eut pour successeurs :
Frankine, son fils;
Messire Robert, fils du précédent (1374, 1384), qui combattit à Bastweiler sous la bannière de Cluetine et y essuya des pertes qui furent évaluées à 226 moutons;
Guillaume, fils de Robert, qui est cité avec sa mère, comme seigneur de Limelette, en 1403-1404, 1412 etc.; et est mentionné avec ses frères Engelbert et Jean et ses sœurs Catherine et Isabelle, celle-ci femme de Guillaume Taillefer de Ripemont;
Engelbert, frère de Guillaume (relief fait à Tervueren, le 29 octobre 1423);
Pierre de Bouleer ou Bonlez est mentionné comme ayant relevé Limelette en 1437, et pourtant ce bien échut vers cette époque, pour une partie, à un Pierre de Limelette, et ensuite à sa fille Jeanne; puis, pour une autre partie : la moitié de la seigneurie (sauf la haute justice, la maison ou château, le pont-levis, les fossés, les hommages), valant en tout un revenu de 100 livres de Hainaut environ, à un frère de Pierre, qui eut pour héritier son fils Costin, qui devint bourgeois de Bruxelles en 1463, et fut appelé aux fonctions d'échevin de cette ville en 1463, en 1474, en 1482 et en 1489. Le 8 avril 1469, Jeanne releva Limelette, assistée de son oncle, Louis Moriau. Après avoir perdu son premier mari, Barthélemi de Borchoven, elle épousa le chevalier Jean Van Ursene ou d'Ursel, et, de concert avec lui et avec sire Costin, afferma la ferme de Limelette à Jacques Vander Vaeren, le 9 janvier 1487. D'Ursene mourut au mois de janvier 1504, et Jeanne le 19 février 1517.
Gilles de Borchoven, fils de Barthélemi et de Jeanne, par cession de celle-ci et du consentement de d'Ursene, le 4 juin 1500;
Paul d'Ursel, encore mineur, acquit les droits du précédent, sauf réserve d'usufruit en faveur de ses parents et à la condition que si le retrait du bien était opéré, on le grèverait au profit de sa mère d'une rente au capital de 505 florins du Rhin, de 20 sous (4 juin 1500);
Conon ou Conrad et Hugues d'Urssele, fils de sire Paul (r. du 27 février 1544-1545);
Florent Favelly, fils de Jean et d'une fille de messire Conrad et de Marie d'Urssele, par héritage de ses grands-parents (r. du 18 novembre 1615);
Etienne Hulet, fils d'Etienne Hulet et de Barbe de Melencourt, qui avait épousé Jeanne, fille du capitaine Jérôme Nobili et de Jeanne d'Ursel, fille de messire Hugues, par achat (r. du 18 novembre 1615);
Etienne céda en échange à Favelly la cense de Mortsain, à Grez, et d'autres biens, et lui paya, en outre, 12,150 florins, plus 100 fl. pour acheter une robe à Marie, sœur de Florent (contrat en date du 16 novembre 1615). L'acquéreur descendait d'ancêtres « ayant vécu noblement et vertueusement »; il servit comme soldat aux Pays-Bas, fut commissaire de l'artillerie pendant 35 ans, se retira enfin, à cause de son âge, et fut anobli par lettres patentes datées de Madrid, le 23 juillet 1633.
Jeanne Nobili, assistée par messire Gérard d'Udekem, releva, le 28 novembre 1642, ses fiefs, que son mari et elle, avaient légués au fils de Gérard, Charles d'Udekem, seigneur de Gentinnes, dont la postérité les conserva près d'un siècle et demi.
Anne Nobili, qui s'allia : d'abord, au sire de Waha; puis, à Maximilien de Ghistelles, seigneur de Thy, est citée comme ayant hérité de Jeanne d'Ursel et comme ayant laissé ses biens à son neveu, Corneille Hulet (r. du 13 janvier 1676).
Robert-Charles-Ghislain d'Udekem, baron de Gentinnes, vendit Limelette, moyennant 120,000 florins, à Bernard-Joseph, baron de Hallbergh, et à sa femme, Anne-Emerentiane de Reul (r. du 3 septembre 1767). Ferdinand, chevalier de Beeckman-Vieusart, en opéra le retrait, en qualité de petit-fils de Jeanne d'Udekem, sœur du baron de Gentinnes, Charles-Ghislain; mais Philippe-Joseph, comte de Limminghe, époux de Françoise-Caroline d'Udekem, sœur du premier vendeur, intenta, en l'année 1768, une action en arrière-retrait et acquit ainsi Limelette. Après avoir servi en France, avec le grade de colonel, et occupé les fonctions d'échevin de Louvain, ce seigneur désira entrer aux états de Brabant; ce fut alors qu'il obtint la faculté d'appliquer sur cette terre le titre de baron, en considération de l'illustration de sa race, que l'on faisait remonter aux Limminghe, de Louvain, et au fabuleux chef des sept lignages de cette ville, Bastin, qui, disait-on, était comte de Limminghe, en l'an 1060 (1er septembre 1775). Ce dernier seigneur de Limelette hérita, sous bénéfice d'inventaire, de sa nièce, la dame de Gentinnes, Philippine-Charlotte, comtesse Vanden Berghe de Limminghe, douairière du comte Charles-Antoine d'Alberg, morte sans postérité le 13 août 1807.
Après la mort du baron, qui décéda à son château de Limelette, en 1810, ses biens dans ce village furent vendus â Louis-Gabriel De Coux de Saint-Laurent, qui mourut en 1825, laissant un fils, Pierre-Emmanuel-Joseph De Coux, mort le 2 décembre 1849, sans laisser d'enfants. Sa fortune échut à des collatéraux, qui vendirent Limelette à M. Mosselman du Chênoit.
Le château, qui depuis lors n'est plus habité, est bâti dans une belle plaine, sur la rive gauche de la Dyle, entre l'église et la ferme Au Pont. Il se compose d'un corps de logis principal, flanqué, au couchant, de deux ailes en retour d'équerre. La façade occidentale a neuf fenêtres de front; le milieu fait avant-corps et est précédé d'un perron de quelques marches; le rez-de-chaussée ne s'élève pas beaucoup au-dessus du niveau des jardins, il est surmonté d'un seul étage, où l'avant-corps est remplacé par un balcon. Les ailes ont chacune six fenêtres vers l'extérieur, trois vers l'intérieur et une seule à l'ouest. L'architecture de ce château, quoique fort simple, ne manque pas d'élégance; les vastes pelouses qui entourent l'habitation, le beau parc qui y succède et va rejoindre le potager à quatre cents mètres de distance, en font une charmante résidence d'été. Elle a été construite par le baron de Limelette et a remplacé un manoir plus ancien, qui datait, en partie du moins, de la fin du XVIIe siècle. En 1687, un débordement de la Dyle y causa de grands dégâts et deux tours menacèrent de crouler; en 1694, pour agrandir le jardin, on redressa le cours de la rivière. Il existe une vue du nouveau château dans les Monuments et châteaux des Pays-Bas, de De Cloet.
La terre avait la moyenne et la basse justice, avec la connaissance de tous les cas jusqu'à « relivrance des criminels au bailli du Roman pays au bout de la seigneurie, tête nue et en chemise » (et, depuis 1626, la haute justice); un maire, des échevins, des hommes de fief, le ventleyane (sic) et les chemins, concurremment avec la communauté (ailleurs on dit que le seigneur était hanouwer des eaux et chemins). Parmi les dépendances du château figuraient 16 bonniers de terres; le Bois de la Heusière (d'une étendue de 12 b.), près du chemin venant de Warlombroux et des bruyères; et, à Ottignies, le Pays du Moulin, entre Limelette et Ottignies, et le pré d'Uccle, qui fut vendu à Paul d'Ursel par Conon de Virnembourg (r. du 5 juin 1543). Ce dernier pré passa ensuite à Antoine Nobili, fils de Jeanne d'Ursel (r. du 1er juin 1633). Tous les habitants étaient tenus de comparaître aux plaids généraux, qui se tenaient deux fois l'an. En 1474, le fief devait au souverain le service par un combattant à cheval.
Dans le registre aux fiefs, qui fut renouvelé en 1522, on cite : un cens de 18 livres 6 sous 6 deniers, 12 bonniers de terres, 2 b. de prairies, 30 b. de bois, qui appartenait, par moitié, à Jean Den Bosschre et Jean et Antoine de Glymes; le Fief del Porte, à Céroux; la seigneurie de Doiceau, à Grez; 21 bonniers situés à Bossut, plusieurs fiefs à Ittre, Limal, Mousty etc. Guillaume de Lyane possédait un cens consistant en 22 chapons, 115 plaques et 9 1/2 setiers d'avoine.
Ce que l'on appelait la seigneurie du Pont relevait de la terre de Bierbeek (qui fut, plus tard, unie au duché d'Aerschot). Elle avait un bailli, des hommes de fief, un maire et des échevins, un livre censal, mais, si l'on en croit le Compte du maire de Mont-Saint-Guibert pour 1607-1619, aucune juridiction, ni aucunes amendes, sinon les verdes (les petites amendes de police rurale), qui se jugeaient selon la coutume de Louvain. D'après Le Roy, au contraire, les Du Pont connaissaient « de toutes les causes jusqu'à livraison du coupable, le troisième jour, au seigneur d'Aerschot ».
On cite, en 1282, un Henri du Pont, qui eut des contestations, par-devant les veneurs (c'est-à-dire la cour de la vénerie à Pinchart), avec Macaire de Limelette. Vers l'an 1350 vivait René du Pont de Limelette, et plus tard, de 1366 à 1481, on cite plusieurs Godefroid du Pont. L'un d'eux, en 1398, reconnut avoir reçu du duché de Brabant 50 vieux écus, qui lui étaient dus pour dommages soufferts pendant une guerre; un autre déclara, le 29 mai 1440, qu'il tenait à Ottignies cinq fiefs relevant du duché, dont deux fiefs de la Trompe, et desquels on tenait 14 arrière-fiefs; un troisième releva ses fiefs ducaux, le 31 octobre 1482, après la mort de son père du même nom. Maître Robert de Liège, époux de Jeanne de Witthem, était seigneur du Pont, en 1587. Le 4 avril 1620, le seigneur d'Aubencourt renonça à tous les droits qu'il réclamait, du chef de sa femme, Charlotte de Glymes, sur les seigneuries du Pont et de Braye, qui paraissent avoir été cédées par Alexandre de Faverly à Étienne Hulet; Pont fut relevée par le seigneur de Limelette le 5 novembre 1674. La « cour du Pont de Limellet », comme on l'appelle dans un acte de l'an 1574, appartient aujourd’hui à M. Mosselman.
La seigneurie de Braye, avec sa cour féodale, constituait un fief de la baronnie de Jauche. Guillaume de Chênoit (1403-1404), puis Guillaume de Thiege (vers 1440), en furent possesseurs; les de Liège (et non pas la ville de Liège, comme on lit dans quelques Comptes de la mairie de Mont-Saint-Guibert) 6e la transmirent aux XVe et XVIe siècles et semblent l'avoir annexée avec la terre du Pont.
La moitié de la terre de Limelette, qui dépendait de la fraction principale du fief, passa des mains de Costin de Limelette (relief du 18 août 1468) et de ses héritiers aux Glymes. Elle parvint aux de Glymes par Anne de la Haye, femme de Baudouin de Glymes, seigneur de Tourinnes, à ce que disent les généalogistes. Daniel de Glymes en opéra le relief le 16 juin 1519; elle fut ensuite possédée par Jean, fils de Daniel, mort vers 1545, qui eut de Jeanne de Dion une nommée Adrienne, qui épousa successivement Jacques de Hosden et Adrien d'Estourmel. Adrienne céda à Thomas, fils de Jean Chaufoureau et de Marguerite de la Vallée, le bien del Motte et Jaece (ou Jauche), qui avait aussi son maire et son échevinage (1510, 1528);
Une autre partie de Limelette obéit successivement à Jean de Glymes, frère de Daniel précité; Antoine, dont la première femme, Marie de Dion, mourut en 1556 et est ensevelie à Dion-le-Val, donna le jour à Thierri de Glymes, vice-amiral au service d'Espagne, tué en essayant de ravitailler Middelbourg, en 1574;
Charles de Glymes, issu d'un deuxième mariage;
Gilles, son fils;
Charlotte de Glymes, fille de Philippe, frère de Thierri et de Charles, et de Charlotte de Montigny, femme de Jean d'Anneux, chevalier, seigneur d'Aubencourt, membre du conseil de guerre, gouverneur d'Avesnes. Vers 1619, le sire d'Aubencourt et la veuve de Paul Chaufoureau, celle-ci par achat de sire Jean de Pottier, levaient à Limelette quelques cens seigneuriaux, mais sans avoir ni juridiction, ni prééminence. Les Chaufouriau ou Chaufoureau possédaient depuis le XIVe siècle la Cense du Warissaix, qui est entrée, par mariage, vers l'an 1700, dans la famille de Pinchart.
Plusieurs petits fiefs, tenus du duché de Brabant, comptaient parmi leurs dépendances des hommages, des cens, des redevances en chapons et d'autres droits seigneuriaux. L'abbaye d'Afflighem avait des vassaux à Limelette.
Près de la ferme Au Brou, dans la vallée arrosée par le Pinchart, en aval d'un remblai sur lequel passe le chemin de fer du Luxembourg, on remarque une jolie villa qui, après avoir longtemps appartenu au bourgmestre de Wavre, Herpigny, est devenue la propriété de M. Alfred Béquet, l'un des membres les plus actifs de la Société archéologique de Namur.
L'église de Saint-Géry, de Limelette, était une quarte-chapelle, filiale de Mousty, dont elle fut séparée, en 1521, pour former une nouvelle paroisse; elle a toujours ressorti aux mêmes circonscriptions ecclésiastiques. Après le concordat, la paroisse fut réunie à celle de Limal. Le 20 novembre 1808, le conseil municipal demanda le rétablissement de l'église comme annexe reconnue et offrit de payer au desservant un traitement annuel de 500 francs. Bien qu'appuyée par le préfet, « à cause de l'éloignement où était le village de Limal », cette requête n'eut pas de suite; une nouvelle tentative faite dans le même but, en 1815, n'aboutit qu'à un ajournement, qui fut prononcé le 15 janvier 1816. Enfin, à la suite d'une nouvelle délibération de l'administration locale, du 27 juillet 1821, l'église fut reconnue comme chapelle, le 28 septembre 1825, et on alloua au chapelain un traitement annuel de 240 florins. Aujourd'hui elle est succursale. C'étaient les monastères d'Aywières et d'Alne qui levaient à Mousty les principales dîmes; le curé de Mousty y avait sa part et jouissait du droit de conférer la cure. Celle-ci fut dotée, en 1521, des biens d'un bénéfice en l'honneur de saint Géry, biens qui consistaient en quelques parcelles de terres et 7/24e d'un tiers de la dîme, avec obligation de célébrer la messe les dimanches et jours de fête; en 1650, on y réunit la petite chapellenie de Notre-Dame, dont le possesseur devait dire la messe, une fois par semaine; en 1682, Alne et Aywières cédèrent au curé leurs dîmes, afin d'augmenter la compétence du curé, mais, plus tard, Aywières rentra en possession des siennes. En 1787, les revenus du curé montaient à 772 florins, dont 640 provenant des dîmes. En l'année 1694, le seigneur voulut fonder une seconde messe, qui se dirait les dimanches et jours de fête, et faire bâtir un ermitage, mais nous ne savons s'il donna suite à ce projet. En dernier lieu, il n'y avait à Limelette d'autre bénéfice que la marguillerie, dont les revenus s'élevaient, en 1787, à 63 ou 64 florins, et comprenaient une part de la menue dîme du château.
Il existait jadis à Limelette une très nombreuse confrérie de la Sainte-Trinité; aujourd'hui il y en a une sous l'invocation de Notre-Dame Auxiliatrice.
Les biens de l'église consistaient : en 1666, en 9 bonniers de terres et 9 b. de bois; en 1787, en 10 journaux de terres et 9 b. de bois (revenus, 285 fl. 18 s.); en 1846, en 10 hectares 65 ares (revenus, 1,536 francs). Le presbytère est fort spacieux, relativement à l'importance de la paroisse; il a été reconstruit en 1856. Les documents qui jadis y étaient conservés disparurent en 1654, par suite de la négligence des héritiers du curé, Antoine Matillart.
A l'exception de la tour, qui date de 1632, comme l'indiquent les ancres qui la soutiennent, l'église a été rebâtie en 1719 et 1720. Le seigneur, Charles-Ghislain d'Udekem, en posa la première pierre le 12 mai 1719, et elle fut achevée l'année suivante, comme l'indique la date anno | dni | 1720, que portent les trois clefs de voûte de la nef. Le chronogramme : s VMptlb Vs proprlls ConsVrgo et æDIfICor nous apprend qu'elle fut élevée au moyen des seules ressources de la fabrique. D'après le compte présenté au seigneur, en avril 1722, par la nièce du pasteur défunt, Jean Jacobs, elle coûta 4,360 florins 11 sous. Vers 1780, on exhaussa le chœur et on construisit une nouvelle porterie (ou portail).
Extérieurement, l'église de Limelette rappelle celle de Limal, dont elle semble être un diminutif; elle est construite en briques, avec des cordons horizontaux de pierres blanches. Elle est précédée d'une tour carrée, surmontée d'une flèche octogone; le milieu de chaque face de cette tour est amorti d'un demi-cercle destiné par l'architecte à recevoir un cadran d'horloge qui n'a jamais été placé.
A l'intérieur, l'église forme une basilique à une seule nef, de style renaissance. Le chœur et le vaisseau sont recouverts de voûtes d'arête à arcs doubleaux et nervures croisées, s'élevant à la même hauteur; ce qui fait que la voûte du chœur est seule en plein cintre et que l'on a dû surbaisser l'autre. La nef compte trois travées; les fenêtres, en plein cintre, ont une triple retraite qui les ébrase vers l'intérieur. Les boiseries du chœur méritent d'être citées, ainsi que le maître-autel d'ordre composite. Le bas autel de droite est dédié à saint Géry; celui de gauche, ancien autel de Sainte-Anne, â la Vierge. En dépavant l'église, le 1er août 1859, on a trouvé devant cet autel un caveau de deux mètres de long sur autant de large, qui renfermait des ossements; ils appartenaient sans doute à Jeanne de Nobili, morte le 1er novembre 1674, et à Charles-Guibert d'Udekem, mort le 10 juillet 1698, qui, d'après le registre des décès, avaient été inhumés sur les côtés de l'autel de Sainte-Anne. Dans le mur latéral de l'église, contre le même autel, est pratiquée une niche fort basse, en anse de panier, sous laquelle repose une belle dalle de pierre bleue, représentant un seigneur et sa dame, couchés les mains jointes et encadrés de cette inscription :
Chy. gist. mesir. Jehan .durselle . chlr. en . son . tamps . signeur . dudi. durselle . et. de . limelette . quy . trepassat | lan . XVe. et IIIJ . ou . mois . de . genvir. Chy . gist . dame . Jehanne | de . limelette . en . son . tamps. feme . et. espeuse . dudi . mesir. jehan . et. veraie . heritire . et dame . de . tout. la. terre . et . | signeurie . de . limelette . qui. trépassa . le . XIX . de . fevrile . a (n). XVe. et. XVII.
L'église possède plusieurs tableaux sans valeur, qui lui furent remis par le Musée de Bruxelles, en prairial an XII, et dont l'un représente Jésus descendu de la croix, avec cette inscription : P. Proost. can. imæ fond. div. M. | et Gudilæ dono dédit 1790, et un écu avec la devise Sto pro.
Les fonts baptismaux sont fort anciens et remontent probablement au XIIe siècle; ils sont pédiculés composés : c'est-à-dire que la cuve, taillée dans une pierre carrée, était supportée par un pied central cylindrique, cantonné de quatre colonnettes d'un moindre diamètre. Malheureusement il ne reste plus que la colonne principale et la base des colonnettes : la cuve a disparu et est remplacée par un calice octogone, revêtu de cette inscription, à l'extérieur : Checy | fut | faict | lan | XVe | LIIIJ.
Les revenus des pauvres consistaient : en 1666, en 9 bonniers de terres et prés et quelques rentes et redevances; et en 1787, en 210 3/4 setiers de blé, 24 florins 13 sous et une prairie à Mousty, dont le produit servait à payer les vingtièmes.
Actuellement, le bureau de bienfaisance possède 9 hectares 65 ares, et son budget, pour 1859, a présenté les chiffres suivants :

En 1666, le curé tenait école; le nombre des enfants qui ont été admis, en 1858-1859, à recevoir l'instruction gratuite s'est élevé à 90 : 56 garçons et 34 filles.
La fête locale se célèbre le dernier dimanche de septembre

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