
Le nom de Limal a subi peu de modifications, en passant à travers les siècles. On trouve, d'abord et indifféremment : Limal (1184, 1195, 1636, 1646, 1779, 1787), Liemale (1160 environ, 1194, 1235, 1248, 1256, 1374) ou Limale (1187, 1197, 1204, 1222, 1234, 1271, 1474, 1570, 1645, LEROY, 1686, 1773, 1787). On a aussi écrit Lymaie (1377, 1436, 1492, 1573), Lymael (1418) ou Lymalle (1474), Limalle (1403, 1412, 1566, 1589, 1652, 1666, VANDER STEEGEN), Limaul (1416-1417), Lyemale (1492) ; en latin Limalia (1441, 1639). La forme Limalette ne se rencontre qu'une fois, en 1686.
La commune de Limal est limitrophe de celles de Bierges, Wavre, Ottignies, Limelette, Rixensart et Rosières-Saint-André.
Limal est à 1 kilomètre de Limelette, 2 1/2 kilom. de Bierges, 3 kilom. d'Ottignies, 4 kilom. de Wavre et Rixensart, 5 kilom. de Rosières-Saint-André, 24 1/2 kilom. de Nivelles, 29 kilom. de Bruxelles.
L'église de Limai se trouve située par 56 grades 33 de latitude N. et 2 grades 49 de longitude E. L'altitude du pavement de l'église est de 52 mètres 39.
Le procès-verbal de délimitation du territoire de Limal a été dressé le 12 fructidor an XII; il a été ratifié par le conseil municipal de Limal le 18 juillet 1807 et approuvé par le préfet le 30 août suivant.
Le cadastre divise le territoire de Limal en 4 sections : la section A ou de la Haie, la section B ou de Profondsart, la section C ou de Limal, la section D ou du Manil.
Au 1er janvier 1859, ces sections se trouvaient morcelées en 2,866 parcelles, appartenant à 600 propriétaires, donnant un revenu cadastral de 60,732-58 fr. (sol : 51,352-58; bâtiments : 9,380-00) et ayant une contenance de 1,207 hectares 01 are 25 centiares (imposable : 1,168 hect. 88 a. 25 ca.; non imposable : 38 hect. 13 a. 00 ca.). Cette contenance globale se subdivisait ainsi en 1834:

En 1686, Limal comprenait 656 bonniers 2 journaux, dont 485 b. 2 j. de terres, 69 b. 3 j. de prés, 101 b. 1 j. de bois.
On comptait à Limal : en 1374 , 212 ménages (y compris Rixensart); en 1436, 144 foyers; en 1464, 172 foyers; en 1472, 106 foyers; en 1492, 82 foyers; en 1526, 174 maisons, dont 8 inhabitées et y compris 2 hôpitaux; en 1633, 246 maisons; en 1686 , 63 maisons; au 31 décembre 1856, 326 maisons.
Le village de Limal, qui compte 119 maisons; la Haie, 33 maisons; le Manil, 36 maisons; Par delà l'eau, 87 maisons; Grandsart, 33 maisons; le Pèlerin, 18 maisons.
Le centre de Limal est situé sur la rive gauche de la Dyle, le long de la route de Wavre à Nivelles, et n'offre rien d'intéressant que son château, bâti en face de l'église et entouré d'un vaste parc. On remarque sur la place publique un vieux peuplier d'Italie, qui y a été planté, dit-on, comme arbre de la liberté, à la révolution du siècle dernier. Le village se prolonge vers l'ouest, par quelques maisons échelonnées sur la pente de la colline, au haut de laquelle se trouve le Petit Sart (Petis Sars, 1383; Petit Sart, 1374), plus connu sous le nom de Rouge cense.
La Haie forme la continuation du village de Limal vers le nord, à partir de l'endroit dit Martineau jusqu’à la limite de Bierges, et ne constitue pas un hameau véritablement distinct; ses maisons sont éparpillées sur un sol inégal; le groupe central est à environ 900 mètres N. de l'église.
Sur l'autre rive de la Dyle, à 1,900 mètres E.-N.-E. de l'église le hameau du Manil occupe la vallée d'un petit affluent de la Dyle. On étend parfois la qualification de Manil aux maisons situées au S.-O. de ce hameau, sur la rive droite de la rivière, qui sont plus connues sous le nom de Par delà l'eau (Au delà de la rivière, 1687). Si ces habitations étaient moins disséminées, on pourrait les rattacher au village de Limal, car les plus occidentales sont à peine à 400 mètres E. de l'église. L'extrémité septentrionale du hameau de Par delà l'eau se nomme la ladrée; la partie orientale s'appelle Bon air; l'extrémité méridionale est le Trou du Haut ou, d'après une variante que nous avons déjà rencontrée dans la Commune de Rosières-Saint-André, le Trou du Woo.
En repassant sur la rive gauche de la Dyle, on rencontre, à 1,800 mètres O. de l'église, le hameau du Grandsart (Grand Saert, 1374; Grand Sars, 1383), qui est traversé par un remblai du chemin de fer du Luxembourg; les maisons situées à l'ouest du railway sont souvent considérées comme un hameau distinct, du nom de Profondsart.
Le Pèlerin se compose de quelques maisons bâties sur un plateau, à 2,400 mètres O.-N.-O. de l'église, vers la limite de Rixensart. Ce hameau doit son nom à un cabaret, voisin d'un viaduc qui passe au-dessus du chemin de fer du Luxembourg.
A 2,100 mètres N.-E. de l'église, le Château Delescaille, maison bâtie sur un sol marécageux; à 1,400 m. E., la Ferme du Mont Jadoz (Ferme du Mont Jadot, 1597), vulgairement appelée la Ferme des Morts, du nom d'un certain Lemort, qui l'a occupée; à 1,800 m. E.-S.-E., la Petite Lauzelle (Petite Ameselle, 1440); à 1,000 m. O., la Tour du garde, fabrique dans le parc du château, construite en pierres brutes de manière à rappeler de loin un donjon crénelé du moyen âge; à 1,600m. O., Tout vent; à 1,200 m.N.-O., la Rouge cense ou Ferme des Carmes (Cense des Carmélites, an XIII) ; à 1,200 m. N.-O., la Ferme Delbourse (Cense del Bourse, 1714), qui porte la date 1702; à 3,800 m. N.-N.-O., la Ferme de Plaigneau (Terre de Plainal, 1474; Cense de Pléniau, an XIII), aujourd'hui morcelée en plusieurs habitations.
Pré Libert; Champ des Prés (Champ des Preitz, 1311, 1374); le Douaire; Champ des Noyers; Cortil Chapelle; Champ de la Fontaine; Au-dessus de la Haie; Champ du Trou Rigaud; Maison Coets; les Chaudières; Beau Glain; les Beaux Champs; Fond de Fétry (Vallée de Frétris, 1440); Bois de Limal (Silva de Limale, 1204); les Deux Chênes; Pré de Rosières; les Balaux (4 bonniers de bois, dit le Bois de Ballaux, en Profondsart, jadis bruyères, an VI); Closière Béatrice; Coquiamont; Bois Michot; Champ Pipiche; Bruyère Parmentier ou Bois des Fayas; Champ du Sucha (sureau); le Seuciau; Closière Valige; les Barivaux; Cortil Pichet; Au-dessus de l'Enclos; Closière du Savetia; Champ du Ruisseau; Château; Enclos ou Parc du Château; Ferme du Château; Ruelle Bacchus (Ruelle Baccus, 1687); Pré de la Rue; Champ du Haut ou Woo; le Warechet; Crusbiet ou Crisbiet; Sous Crusbiet; Bois de Crusbiet ou Bois l'Abbé; Pré Hubert; Renipré; Champ des Pirrois; Sous la Ferme des Morts; Champ de Bon air; Bois du Stoquois; les Crisnières ou Crisnaires (Campagne de Crisnine, an V); Champ du Manil; Bruyère du Manil; Bois du Manil ou de Cambrai; Bois de l'Avocat Herpigny; au Trou de Renard; Champ de Lauzelle; Pont de Limal; Wangiry (Wagiry, 1557); Bonterlez; Ruelle Loquette; la Hollande; Chemin de Nivelles; Bois des Carmes; Tronet; Côte Delbourse; Fond des Warlonbroux; Scavée Wilquet; Chemin de Namur; Chemin de Genappe; Cortil Talon; Tienne Sablon; Ruelle des Jardins; Chemin de Bruxelles; Cortil Caton; Champ Bon Cœur; Ruelle Nicolo; Ruelle à l'eau; Sale ruelle; Ruelle aux Frênes; le Battis; Montagne des Français; Sentier de la Princesse; Petit pont ou Pont de Cambrai; Pré des Coïaudes; Pont de Plaigneau; les Corlettes; la Carrière; Grand tri du Profondsart; L’Estraie; Au Preu; Palais Victor; Al vau; Chapelle N.-D. de Grimohaie (Grimonhaye, 1684), construite en 1688 contre l'enclos du château, transformée il y a quelques années en chapelle gothique avec arcs-boutants et pinacles; Chapelle du Loup, construite en 1777 et ainsi nommée parce qu'elle se trouve sur un terrain ayant appartenu à un certain Leloup.
Bois de Gricourt, Bois de Féaux, cités au XVIIIe siècle; Al Hurtedebroux (1686); Chemin de la Croix, supprimé en 1652; Pré du Moulin (1637); Bois Brewar, de 25 bonniers, près du Bois de Rixensart et de la Vallée de Fretris (1440); pachis dit l’Hôtellerie de Wavre (1634, 1657); Champ du Chameau (1652); Preit du Droux, Champs de Corette, Mont du Bucque (1687); Burioit (1230).
La vallée de la Dyle, dont le fond a de 500 à 700 mètres de largeur, traverse le territoire de Limal du S.-O. au N.-E. Les collines qui la bordent ont généralement une pente douce; on remarque cependant quelques escarpements vers le Grandsart, le Trou du Haut, Bon Air et le Manil. Le point culminant se trouve au Champ de Lauzelle, près de l'endroit où se rejoignent les territoires de Wavre, Limelette et Ottignies; on y a constaté une altitude de 132 mètres; la hauteur correspondante sur l'autre rive de la Dyle, à la bruyère des Fayas, ne dépasse pas 113 mètres.
Le terrain rhénan disparaît à Limal : il n'est représenté que par quelques roches appartenant à l'étage supérieur du système gedinnien. A. Dumont a observé sur la rive droite de la Dyle, à la limite de Limelette, du grès verdâtre ou rosâtre et du phyllade compacte gris verdâtre; ces roches renferment des veines et des enduits de chlorite d'un vert sombre.
Des psammites glauconifères, appartenant au système landénien marin, forment une bande au pied de toutes les collines qui longent la rive droite de la Dyle.
Plus haut, on rencontre du sable fin yprésien, particulièrement à l'E. du château Delescaille. Ce terrain apparaît aussi de l'autre côté de la rivière, entre Limal et la Haie, près de la route de Wavre.
Les sables bruxelliens règnent ensuite sur les deux versants de la vallée; mais au haut des collines ils sont recouverts du limon hesbayen. A Grandsart, le sable est accompagné de grès. Au nord du bois l'Abbé, à 500 m. S.-E. de l'église, on exploite une sablière dont les produits sont lavés un peu plus bas, près de la Dyle. Dans le champ du Haut, à 900 m. S.-E. de l'église, on a extrait de la limonite presque à la surface du sol ; on l'a essayée à Couillet, mais elle a été trouvée trop pauvre en fer pour être employée.
Une carrière existait au siècle dernier, près de la ferme Delbourse.
Au système bruxellien succède le sable laekenien sur les plateaux culminants du champ de Lauzelle et de la bruyère des Fayas. Les bords de la Dyle et du Ruisseau de Fétry appartiennent aux alluvions quaternaires.
Tout le territoire de Limal appartient au bassin de l'Escaut; les cours d'eau qui arrosent cette commune sont : la Dyle, la Lasne, le Ruisseau de Fétry, le Ruisseau du Château, le Ruisseau du Manil, le Pirroi, le Pache, le Martineau et le Ruisseau des Balaux.
La Dyle vient de Limelette, qu'elle quitte aux prés Renard; reçoit le Ruisseau des Balaux (r. g.) en face du bois l'Abbé; passe près de la station du chemin de fer, à une petite distance du parc du château et du village de Limal; active la papeterie de Limal par une chute de 1 m. 09; se grossit du tribut de la source du Warchet (r. dr.); reçoit, au pré de la Rue, le Martineau (r. g.) et le Pache (r. dr.); et passe à Bierges, sous le pré Hubert, après un parcours de 2,700 mètres dans la direction générale du S.-O. au N.-E.
La Lasne cesse d'être limitrophe de Rixensart et Rosières pour le devenir entre cette dernière commune et Limal, en recevant le Ruisseau du Château (r. dr.); et passe complètement sur le territoire de Rosières, en recevant le Ruisseau de Fétry (r. dr.), après un parcours, entièrement mitoyen, de 800 mètres dans la direction générale du S.-O. au N.-E.
Le Ruisseau de Fétry prend sa source vers la lisière du bois de Limal, à la limite de Bierges; devient mitoyen de Rosières près de l'ancienne ferme du Plaigneau; et se réunit à la Lasne (r. dr.), après un parcours de 1,000 mètres, dont 400 mitoyens, dans la direction du S.-S.-E. au N.-N.-O.
Le Ruisseau du Château vient de Rixensart; et reste limitrophe de cette commune et de celle de Limal, depuis le point où il reçoit les eaux de la fontaine du Thivaux (r. dr.), jusqu'au moment où il se jette dans la Lasne (r. dr.), après un parcours, entièrement mitoyen, de 300 mètres dans la direction du S. au N.
Le Ruisseau du Manil prend sa source sous le bois l'Avocat, à l'extrémité du hameau qui lui donne son nom; traverse ce hameau dans toute sa longueur; et passe à Bierges, au Renipré, après un parcours de 900 mètres dans la direction du S.-E. au N.-O.
Le Pirroi prend sa source dans le bois du Manil, au nord du Trou de Renard; coule à l'est de la ferme du Mont Jadoz; longe le champ des Pirrois; et passe à Bierges, au pré Hubert, après un parcours de 1,400 mètres, dans la direction du S.-S.-E. au N.-N.-O.
Le Pache prend sa source au Trou du Haut, au nord du bois du Stoquois; et se jette dans la Dyle (r. dr.), au pré de la Rue, après un parcours de 1,000 mètres dans la direction du S.-S.-E. au N.-N.-O.
Le Martineau prend sa source près de la chapelle du Loup, dans la propriété de Martin Leroy; traverse la route de Wavre et le chemin de fer; et se réunit à la Dyle (r. g.), près de la ruelle Bacchus, après un parcours de 900 mètres dans la direction de l'O. à l'E.
Le Ruisseau des Balaux prend sa source au haut des prairies qui lui ont donné leur nom, près du Profondsart; reçoit (r. dr.) le tribut de la fontaine Jean Albert, qui sourd à Limelette; traverse tout l'enclos du château de Limal, dont il alimente l'étang; et se réunit à la Dyle (r. g.), après un parcours de 2,100 mètres dans la direction de l'O. à l'E.
Les principales fontaines dont l'eau sert aux habitants sont : la Fontaine des Balaux, le Puits Leroy, la Fontaine de Martineau, la Fontaine du Warechet, la Fontaine du Trou du Haut, la Fontaine Ansroul, la Fontaine de la Closière Mathy, la Fontaine Joseph Mathy.
Dans le parc du château se trouve un étang qui a environ deux hectares et demi.
On comptait à Limal : en 1666, 600 communiants environ (y compris Rixensart); en 1709, 294 habitants; en 1711, 430 communiants; en 1784, 683 habitants, dont 3 prêtres, 132 hommes, 134 femmes, 139 garçons et 100 filles âgés de plus de 12 ans, 94 garçons et 81 filles âgés de moins de 12 ans (dans la paroisse, y compris Rixensart, 1,317 personnes, dont 4 prêtres, 497 hommes et garçons âgés de plus de 12 ans, 453 femmes et filles âgées de plus de 12 ans, 191 garçons et 172 filles âgés de moins de 12 ans); en l'an XIII, 727 habitants; au 31 décembre 1831, 1,215 habitants; au 31 décembre 1856, 1,580 habitants (wallons).
Les registres de l'état civil remontent à 1587.
Les bois ont ensemble 204 hectares; ils portent les dénominations de Bois du Manil, Bois du Stoquois, Bois l’Abbé, Bois de Limal, Bois des Carmes, Bois de l'Enclos du Château.
Le Bois de Limal, situé entre celui de Bierges et celui de Rixensart, appartient encore aux représentants des anciens seigneurs. Le Bois du Manil était jadis la propriété du chapitre de Cambrai, de même que les Bois de Gricourt et de Féaux. D'après un relevé effectué en 1752, le Bois du Masnil comprenait 64 bonniers, dont 32 de bon bois, avec beaucoup de jeunes chênes, 27 b. de bruyères et 5 b. de bruyère complètement nue; le Bois de Gricourt, 30 bonniers, peuplés de chêneaux; le Bois de Féaux, où la haute futaie ne croissait pas, consistait en 2 b. de raspe et 1 b. de bruyère. Le Bois du Manil fut vendu, le 3 frimaire an V, à Théodore Salens, ancien religieux du couvent des carmes, de Louvain, moyennant 18,100 livres.
D'après les recensements généraux, les exploitations agricoles se classaient de la manière suivante par rapport à leur étendue :

Les exploitations de plus de 50 hectares sont : la Ferme du Château (104 h.), tenue par les héritiers Debroux (J.-B.), appartenant aux héritiers du baron Joseph Vander Linden d'Hooghvorst; la Ferme Delbourse (96 h.), tenue par M. Kumps (J.-F.), propriétaire.
Le nombre des animaux domestiques constaté par les recensements généraux s'élevait à :

Les terres exploitées par les cultivateurs de la commune se répartissaient ainsi:

Ce chiffre total se subdivisait en biens exploités :

En moyenne l'hectare de terre était estimé à:

L'ancienne verge linéaire a 21 1/22 pieds de Nivelles. Ce ne fut que le 30 avril 1770 que le chapitre de Cambrai et le curé de Limal furent autorisés à percevoir dans la paroisse la dîme des patates.
Un moulin existait de temps immémorial et appartint d'abord aux seigneurs du village, puis, par indivis, aux mêmes et au chapitre de Cambrai; en 1636, il était ruiné et resta longtemps sans être relevé. En 1687, le seigneur en abandonnait l'emplacement à son jardinier. Il y a 25 ans environ, une veuve Doyen demanda l'autorisation de construire un moulin à Limal; mais, presque en même temps, une demande semblable fut présentée par le baron d'Hooghvorst, qui fut autorisé à établir une usine à moudre le grain, à l'endroit dit la Terre à l'Écluse et le Warichais (8 mars 1838); un pressoir y fut ajouté la même année (arrêté du 20 décembre 1838) et on le convertit bientôt en un moulin à chiffons (arrêté du 7 janvier 1841) : le Moulin-Papeterie de Limal. Les moteurs sont : une roue hydraulique établie sur la Dyle, dont la force est estimée à 20 chevaux et la retenue est à l'altitude de 46 mètres 21; une machine à vapeur de la force de 6 chevaux. La meunerie, qui comptait 4 paires de meules, ne fonctionne plus depuis deux ans. La papeterie est exploitée par la société anonyme de l'Union des papeteries. On y fabrique principalement du papier pour tentures, la production est, en moyenne, de 1,300 kilogr. par jour. L'usine a quatre piles à chiffons et une machine à papier continu; 80 ouvriers y sont employés; le moulin à demi-pâte d'Ottignies en forme une annexe. L'établissement est éclairé au gaz.
Il y a eu à Limal une brasserie et une distillerie.
Pendant la bonne saison, des ouvriers maçons et plafonneurs quittent la commune pour aller travailler â Bruxelles.
Le chemin de fer du Luxembourg traverse le territoire de Limal sur une longueur de 1,700 mètres et a nécessité la construction d'un grand viaduc à trois arches, près du hameau du Pèlerin. Les chemins de fer de l'Est belge et de la Jonction de l'Est traversent Limal, côte à côte, sur 1,750 mètres et y ont une station.
La route provinciale de Wavre à Nivelles traverse Limal sur 1,900 mètres. Une barrière y est établie.
On compte 39 chemins et 32 sentiers vicinaux, mesurant ensemble 58,230 mètres, dont 3,277 sont pavés.
Le chemin de grande communication n° 21 traverse la commune sur 3,700 mètres; deux barrières y sont établies, en vertu d'un arrêté royal du 14 janvier 1853, pour percevoir un péage s'élevant aux 2/3 de la taxe des routes de l'État.
Le territoire de Limal a fourni plus d'une fois des antiquités et notamment des médailles et des vases, qui ont été remis, soit au curé actuel, M. Cuvelier, soit au baron Joseph d'Hooghvorst. Parmi les médailles que conserve le premier, il s'en trouve une de l'empereur Auguste. Dans les taillis qui couvrent la hauteur, à proximité de la ferme Le Mort, on remarque plusieurs tombelles, de peu d'importance. Il en existe encore d'autres, près de la Lasne, vis-à-vis du moulin de Rosières.
Une tradition fixe au lieu appelé le Pèlerin l'ancien emplacement de l'église paroissiale, dont la juridiction s'étendait autrefois sur Rixensart, comme nous l'avons dit en parlant de ce dernier village. Cette tradition a tort, suivant toutes les probabilités, car la majeure partie de nos temples chrétiens ont été bâtis à proximité des cours d'eau; mais il est important d'en conserver le souvenir, elle rappelle peut-être l'existence d'une nécropole païenne, gauloise ou romaine; peut-être celle d'un hôpital.
En l'année 1441, un habitant du village, Piérart Gremdefael, ayant parlé avec mépris des actes scabinaux de Limal, fut cité devant les échevins de Louvain, en qualité de bourgeois de cette ville, et condamné à se rendre en pèlerinage à Rome; en outre, le maire de Louvain prétendit qu'il devait une satisfaction au duc de Brabant, puis consentit à se désister de ses poursuites, moyennant le paiement de 10 patars (ou 2 livres 3 sous 4 deniers). Tel était le soin avec lequel on veillait, à cette époque, à ce que l'on respectât les officiers judiciaires, que, en 1446, un autre bourgeois de Louvain, Baudouin Boekeroel, fut accusé de rébellion, cinq ans après, par ordre du maire de Louvain, pour avoir résisté au sergent de Limal, qui voulait l'arrêter. Lorsqu'il comparut devant les échevins louvanistes, il se tira d'affaire par des mensonges, et, faute de preuves, le maire consentit à le laisser en liberté, après lui avoir fait payer 18 saluts d'or, moitié au profit du duc de Brabant, moitié au profit des seigneurs de Limal : le chapitre de Cambrai et Henri de Borchoven.
En 1488-1489, Limal fut incendié; en considération de leurs pertes, on accorda aux habitants une remise de 11 livres 15 sous sur leur cote dans l'aide qui fut levée en 1492. Les contestations que les officiers du prince eurent, pendant le règne de Charles-Quint, avec différents seigneurs, se produisirent également à Limal. Le seigneur de ce village ayant confisqué les biens d'un homicide, nommé Gilles, et se les étant appropriés, bien que la haute justice ne lui appartint pas, le lieutenant-bailli du Brabant wallon les fit réclamer, mais le seigneur répondit « qu'il savoit ce qu'il faisoit et qu'il ne lui en charloit dudit lieutenant ».
Les troubles de religion furent aussi très funestes au village. Au mois d'août 1589, le curé était prisonnier des Hollandais; en 1592, la population avait fui, à cause des pillages des ennemis, et c'était à Wavre qu'on baptisait les nouveau-nés. Au mois d'août 1596 éclata une maladie contagieuse, qui fit de grands ravages jusqu'à la fête de Noël et qui ne cessa tout à fait qu'à la fin de l'année suivante. En 1636 et en 1669 la peste reparut encore et fit de nombreuses victimes.
Au dix-septième siècle, Limal fut fréquemment ravagé, tantôt par les troupes françaises, tantôt par les soldats alliés. A la même époque, il y eut de nombreux débats au sujet de la reconstruction de l'église et de la cure, entre le seigneur, du nom d'Ulloa, et le curé Charles Martinez, qui fut depuis doyen du doyenné de Wavre. Le seigneur, qui donna une nouvelle importance à sa terre par de grandes acquisitions, obtint pour elle le titre de baronnie et l'orna d'un somptueux château, était furieux de l'opposition qu'il rencontrait chez le curé. Un jour il le fit assaillir et rouer de coups près du moulin de Bierges; reporté à la cure, Martinez fut obligé de se montrer à une des fenêtres, pour calmer l'exaspération de ses paroissiens, qui menaçaient de tirer vengeance de ce guet-apens. Il avait été, dit-on, tellement maltraité, qu'il en mourut, après six semaines de souffrances. En 1674, l'armée hollandaise campa à Limal et y détruisit, à Grandsart, une maison, dont la closière était encore abandonnée, en 1687, ainsi que le Fond de Fétry. Vers le même temps, la brasserie et franche taverne fut abîmée; afin qu'elle sortit de ses ruines, on l'abandonna, en 1683, à un locataire, qui fut autorisé à retenir sur le prix de son loyer toutes les dépenses qu'entraînerait la reconstruction de cette habitation.
Pendant les guerres pour la succession d'Espagne, Limal fut occupé par les troupes hollandaises, au mois d'août 1705; leur général, M. d'Ouwerkerque, y logea au château, le 19. Le village fut pillé, le 31 octobre et du 1er au 3 novembre 1709, par les soldats hollandais des comtes de Tilly et de Lottum, qui étaient campés sur les hauteurs voisines de Wavre.
Une dysenterie, qui sévit depuis le mois d'octobre jusqu'au mois de décembre 1741, enleva 80 personnes de la paroisse.
Le 18 juin 1815, vers 8 heures du soir, pendant que le sort de l'Europe se décidait dans les champs de Plancenoit, le général français Vichery, à la tête des trois divisions d'infanterie du corps de Gérard et de la cavalerie de Vallin, s'empara du pont et du village de Limal, que défendaient trois bataillons et trois escadrons prussiens, commandés par le colonel Stengel. Celui-ci, rejoint par les six bataillons de la division Stulpnagel, venant des hauteurs de Bierges, et par la cavalerie de réserve du corps de Thielmann, sous le général Hobe, essaya, mais en vain, de reprendre Limal; il fut forcé de reculer devant les Français, renforcés par la division d'infanterie de Teste et la cavalerie de Pujoi; le combat, de ce côté, ne cessa qu'à onze heures du soir. La nuit, Grouchy eut son quartier général à Limal; le lendemain, le combat recommença, sur le territoire de Bierges.
Limal fit partie, jusqu'en l'an III, de la mairie de Mont-Saint-Guibert, et ressortit, depuis lors, au canton de Wavre.
Les seigneurs particuliers de Limal prétendaient y avoir « court et jugeurs, cens, rentes, loix et amendes, qui se jugent, disent les Comptes des baillis de Nivelles, selon la loi de Nivelles, et livrent l'homme fourfaict aun couron de la terre, et monseigneur y a la haute justice ». Cette dernière, avec celle du village voisin de Bierges, fut engagée à sire Lopez de Ulloa, le 3 août 1626, moyennant 2,500 livres, dont 1,000 pour Limal seul (r. du 24 décembre 1633), et vendue absolument au même, le 5 février 1644 et à condition d'ajouter 1,000 florins aux 1,000 payés précédemment (r. dn 27 septembre 1645).
Le greffe de Limal, pour les années 1760 à 1795, se trouve à Nivelles. Les échevins se réunissaient à la franche taverne. Il y avait en outre une halle, qui disparut entre les années 1593 et 1639 (en la place à Limal, auprès la halle, 1593. Devant la halle, quant halle y avoit, 1639), et qui se trouvait probablement à l'endroit où l'on voit une vieille maison, avec une porte en ruines, en face de l'église. Cette maison, où habitèrent longtemps les baillis de la baronnie de Limal, fut construite aux frais de Thomas Lopez de Ulloa, en 1624.
Le budget de la commune, pour 1859, présente les chiffres suivants :

Limal n'a d'autres propriétés que la maison commune.
De temps immémorial, Limal formait le domaine d'une famille qui portait le nom du village et qui se rattachait probablement à celle de Wavre. Siger de Limal est cité en 1150 environ, en 1160, en 1173; par une charte sans date, il donna à l'abbaye d'Afflighem 6 bonniers de terres et de prés situés près de Haut-Wavre et s'étendant jusque près de Maninsart (le Mainil ?). Il était le fils d'une dame nommée Ivette et avait une sœur, appelée Béatrix, qui parait avoir épousé Godefroid d'Ottignies. Comme le rapporte une charte du duc Henri Ier, de 1197, elle donna à l'abbaye de Villers un bois, le bois de Louvrange, qui conserva le nom de Bois de Villers.
Guillaume de Limal vivait vers l'an 1160, ainsi que Gosuin de Limal.
Henri de Limal figure parmi les Brabançons qui accompagnèrent en Palestine le duc Godefroid III, en 1183.
René, chevalier de Limal, faisait partie de la familia, c'est-à-dire des vassaux du duc. Il est cité : en 1187, dans la charte que Godefroid III accorda à la ville de Gembloux; en 1190, en 1195, en 1197. Il fut l'un des nobles qui s'engagèrent à observer et à faire observer le traité conclu entre le Brabant et la Flandre, en 1194.
Au commencement du XIIIe siècle vivait Arnoul de Limal, qui est cité très fréquemment dans les diplômes, notamment en 1216, en 1222, en 1228, en 1224, en 1233, en 1234, en 1235, en 1238, en 1239, en 1243. Un de ses vassaux, Gosuin de Gest, donna à l'abbaye d'Aywières, en 1219, une partie de la dîme de Limal, qu'il tenait d'Arnoul et celui-ci de sire Siger de Wavre. Le chevalier de Limal est quelquefois qualifié de noble homme; ailleurs, on le voit investi de fonctions importantes. En 1224, il était bailli du duc à Nivelles et aux environs; en 1235 et en 1239, il intervint, en qualité de médiateur ou d'arbitre, entre son prince, le duc Henri II, et le chapitre de cette ville. Comme nous l'avons dit à l'article CÉROUX, il fut parfois surnommé Morel et fit probablement bâtir le château de Moriensart, que ses descendants possédèrent jusqu'en l'année 1380, tandis qu'une autre branche de sa famille, issue de son parent Godefroid de Limal (son frère peut-être), se fixait à Rixensart, qui n'était alors qu'une dépendance de la paroisse de Limal.
Ces deux lignées se partageaient par moitié la seigneurie, mais reconnaissaient deux suzerains différents. Les Rixensart relevaient leur part des sires de Walhain, les Moriensart tenaient la leur des sires de Wavre.
Le 1er avril 1377, le chevalier Arnoul Morel, seigneur de Rixensart, «pour évidente nécessité et profit», vendit à Jean T'Serclaes, archidiacre de Cambrai, acceptant au nom du chapitre épiscopal de cette ville, les biens, fiefs et seigneuries qu'il tenait de la terre de Walhain, à Limal, et qui comprenaient des maisons, des terres, des eaux, des prés, des pâtures, des bois, des hommages, des cens, le droit d'adhéritance et de déshéritance, le droit de congé, un maire, des échevins, la seigneurie grande et petite, une garenne, le droit de patronat et la collation de prébendes, la moitié du moulin, la moitié de la brasserie. Cette cession s'accomplit en présence de Marie de Seraing, dame de Walhain, de son mambour, Thierri, sire de Seraing, son père, et de ses hommes de fief : Jean, seigneur de Glymes; Jean dit Lancelot de Walhain, seigneur de La Vaul (ou Vaux); Obert de Corbais, chevalier, et Baudouin, fils de Jean de Lovoit (sic); la suzeraine y mit pour condition que le chapitre désignerait un laïque, « homme mortel », qui lui rendrait hommage, et Jacquemin Rogier, choisi à cet effet, s'acquitta immédiatement de son devoir de vassal (lettre échevinale de Bruxelles, en date du 6 avril 1377). Dans un acte du 22 février 1380, on voit qu'Arnoul Morel et sa femme Aleyde conservèrent la jouissance de leurs biens de Limal, à titre viager. Arnoul de Moriassart ou Moriensart vendit dans le même temps la seigneurie dont il portait le nom, mais il conserva une partie de Limal, où, en novembre 1408, il conféra la chapellenie de Saint-Nicolas, de concert avec l'archidiacre du Hainaut. Ce seigneur n'eut qu'une fille, Catherine de Moriassart, dame de Limal en partie et d'Orbais, qui épousa Guillaume Vanden Berghe, châtelain de Jodoigne, se remaria, en 1437, avec Costin de Grimberghe, Sire d'Aa et Hoogesteyn, fonda son obit à Limal le 8 février 1443, et mourut le 14 août suivant.
Vanden Berghe ne descendait pas, comme le disent des généalogies, de la famille des sires de Berghes ou Berg-op-Zoom; il était le fils d'un patricien bruxellois, Giselbert Vanden Berge. On le trouve d'abord attaché au service de Henri de Berghes, seigneur de Berg-op-Zoom, qui le fit entrer à la cour, où il acquit bientôt une grande influence. Il devint conseiller du duc Jean IV, premier chambellan, trésorier et receveur général des finances; il fut aussi secrétaire des fiefs depuis le 1er février jusqu'au 6 octobre, en 1418. Sa rapide fortune lui attira de nombreux ennemis; pendant la première moitié de l'année 1417, un nommé Jehenin Sier, de Limaul ou Limal, qui était valet du seigneur de Spontin et de Wavre, fut arrêté à Limal et emprisonné sous la prévention d'être venu en cet endroit pour espionner et tuer Vanden Berge et Thierri de Chastre. Mis à la torture, il fit les aveux les plus complets, aveux que le bailli de Nivelles exposa à Anvers devant le conseil ducal et l'assemblée des états : après avoir été retenu en prison à Genappe, pendant six semaines, Jehenin fut livré au bourreau et écartelé.
Après le mariage de Jean IV et de Jacqueline de Bavière, héritière de Hainaut et de Hollande, mariage dont Guillaume fut l'un des témoins, lui et sa femme se firent comblés de faveurs. Le duc donna à Catherine l'usage du château du Neufmoulin (ou Nieuwmolen), à Saint-Gilles près de Bruxelles (11 avril 1418), et gratifia Guillaume et elle de la jouissance viagère des garennes de Moll, Baelen, Desschel et Casterlé (22 décembre 1418), ainsi que du droit d'habiter, quand il leur plairait, la basse-cour (c'est-à-dire la partie extérieure) du château de Mons. Le 23 août 1418, Jean IV fit abandon à Guillaume, pour lui et ses descendants, des biens confisqués sur sire Henri de Renesse; le 8 novembre de la même année, Jacqueline lui assigna une rente annuelle de 200 couronnes de France et qu'il tenait déjà de Jean de Bavière, l'oncle et l'ennemi de cette princesse; le 13 janvier 1419, Jean IV lui donna les terres, villages et justices que Baudouin de Monjardin tenait en fief du comte de Hainaut; enfin, le 19 du même mois, une autre charte fit passer en ses mains les offices, les pêcheries, les dîmes, le droit de chasse et les autres revenus et biens qu'Ewout Van Schengen avait à S'Herarnoutskerke. Parmi ces donations figure une cession faite par le duc, pour le moulin de Limal, de deux meules d'Andernach, qui se trouvaient à Grez (1er novembre 1418).
Cette période de prospérité se termina par une catastrophe. D'après ce que raconte l'historien De Dynter, Vanden Berghe arrêta, par son avarice, le succès d'une entreprise dirigée par les Brabançons contre Dordrecht, où s'était renfermé Jean de Bavière. Il excita ensuite le duc contre plusieurs seigneurs du plus haut rang, à tel point que Jean IV ne voulut plus les admettre auprès de lui. L'irritation générale monta à tel point que les principales villes du duché prononcèrent contre le favori une sentence de proscription (14 septembre 1418), et l'amman de Bruxelles ayant refusé de proclamer cette condamnation, les échevins de cette cité le firent jeter en prison. Peu de temps après, Henri de Berghes ayant été arrêté par des serviteurs du duc, on accusa Guillaume d'avoir excité le prince contre son premier protecteur. Enfin, au mois de mars 1419, pendant que Guillaume dormait dans son appartement, au palais de Mons, deux fils naturels du père de Jacqueline, qui avaient contre lui des griefs personnels, s'introduisirent dans l'endroit où il reposait et le poignardèrent.
Les quatre filles que Guillaume avait eues de Catherine de Moriassart partagèrent les biens paternels, le 24 mars 1429-1430. Elisabeth, qui épousa Arnoul de Jodoigne, eut la châtellenie de Jodoigne; Catherine, femme de Henri de Borchoven, hérita de l’hoften Borcht, à Deurne; Jeanne, femme de Henri Taye, eut l’hoff te Geete (ou le manoir à Jauche), et Marguerite l’hof ten Bosche, à Nypenzeele, sur Dieghem. Après la mort de Catherine de Moriassart, Élisabeth devint dame d'Orbais et Catherine dame de Limal. D'après Le Roy, Limal aurait été vendu, en 1498, par Gilles, fils de Barthélémy de Borchoven; nous attribuerions plus volontiers cette aliénation à Jean de Borchoven, qui vivait encore en 1498, fils de Henri, qui était seigneur de Limai en 1474.
L'acquéreur, Philippe de Blaesvelt, était déjà seigneur de Bierges. Il exerça les fonctions de bailli de Nivelles depuis le 25 novembre 1505, qu'il remplaça Bernard d'Orley, jusqu'au 6 juillet 1507, qu'il fut destitué; il mourut peu de temps après, laissant veuve Jeanne T'Serclaes.
Son fils Gilles épousa successivement Barbe Vander Vorst et Marie de Baillencourt; celle-ci releva, après sa mort, la haute justice de Baudémont, à Ittre, qu'il avait acquise du domaine (r. du 12 novembre 1566).
Jeanne, sa sœur, épousa N. de Gusman et en eut Constance de Gousmanne, qui, en 1567, releva Bierges et, le 23 février 1570-1571, releva Limal de la terre de Wavre, alors confisquée au profit du gouvernement espagnol. Elle est qualifiée, en 1572, de veuve du sire de Quatrevaulx, et épousa ensuite don Pedro de Menesses, fils du comte d'Elmares; elle fut première dame de la chambre de madame Marie, infante de Portugal.
Ignacia de Menesses et son mari, Michel de Noronha de Lignarez (le comte de Linart, qui se tient présentement en Portugal, dit le Compte de la mairie de Mont-Saint-Guibert pour 1607-1619), de concert avec Charles de Noronha et sa femme, Marie de Villena, vendirent Limal, en 1621, à Thomas Lopez de Ulloa. Ce gentilhomme était le fils du mestre de camp Alphonse de Ulloa, qui vint aux Pays-Bas avec le duc d'Albe et fut chargé par lui de s'emparer de la citadelle de Gand. Il descendait, dit-on, d'une ancienne famille de la Galice. Il fut longtemps pagador ou payeur général des armées royales aux Pays-Bas et avança fréquemment de l'argent au gouvernement. On le créa successivement : chevalier, le 20 juin 1626 ; chevalier de l'ordre d'Avis; baron de Limal, par lettres patentes en date du 12 juin 1633 (relief du 24 décembre 1633); marquis du Saint-Empire sous le titre d'Ulloa ou de Limal, par lettres de l'empereur Ferdinand III, datées de Lintz, le 23 janvier 1646; comte de Rhodes (Rhode-Sainte-Agathe), par diplôme du roi Philippe IV, du 11 mai 1651. En 1634, Thomas Lopez fut autorisé à ajouter à ses armoiries, pour supports, deux lions d'argent, armés et lampassés de gueules, et à les sommer d'une couronne d'or.
Le baron de Limal augmenta l'importance de la baronnie en acquérant successivement la haute justice de Limal, de Bierges, de Chapelle-Saint-Lambert, de Couture-Saint-Germain et de Maransart; il acheta le droit de suzeraineté que les seigneurs de Walhain et de Wavre possédaient sur la terre de Limal (voir des reliefs du 22 décembre 1646 et de 1656), et il devint possesseur de la moitié de ce village qui appartenait au chapitre de Cambrai, à qui il promit de payer une rente annuelle de 1,300 florins, rachetable au denier 16 (r. du 13 juillet 1647); ses héritiers n'ayant pas continué le payement de cette rente, la vente fut considérée comme annulée et le chapitre rentra en possession de ses biens.
Thomas Lopez mourut en 1654, laissant de Clara Dorita Y Benavides plusieurs fils, dont l'aîné, don Diego, lui succéda (r. du 29 juillet 1656) et mourut en septembre 1686. Au mois de septembre 1683, son fils aîné, don Thomas, vint loger au château avec le régiment auquel il appartenait et y traita son colonel et les autres officiers, au nombre de 21; le dîner qu'il leur donna coûta 24 livres.
Un autre fils de don Diégo, don Eugène Lopes (r. du 9 octobre 1686), fut maître de camp et gouverneur de Damme, en Flandre. Il fut enterré à Limal, le 26 juillet 1696. Don Carlos Lopes devint baron de Limal, par cession de son père (r. du 6 avril 1693), et comte de Rhode à la mort de celui-ci (r. du 28 septembre 1696). Il mourut à Namur le 29 août 1732, sans laisser d'enfants de sa femme, Marie-Thérèse Vander Burcht, qui releva la baronnie après lui (r. du 21 janvier 1733).
En vertu du fidéicommis institué, le 8 novembre 1678, par le marquis d'Ulloa, don Diégo Lopez, tous les biens féodaux de cette famille furent adjugés par la cour féodale de Brabant, le 16 mai 1738 et le 8 avril 1741, à Ferdinand-Joseph, marquis de la Puente, fils de don Michel-Joseph de la Puente-Reyffenbergh et de dona Clara de Ulloa, qui était fille de don Eugène-Ambroise, sergent-major de cavalerie, puis mestre de camp, fils du premier baron de Limal. Dona Clara avait épousé en premières noces don Nicolas d'Aguero; elle mourut le 27 novembre 1733. Le nouveau marquis avait été baptisé dans l'église de Sainte-Gudule, à Bruxelles, le 25 avril 1698, et avait relevé le patrimoine des Ulloa dès le 14 juillet 1733, en vertu d'une décision provisoire de la cour féodale. Il fut chambellan de l'empereur Charles VI et de Marie-Thérèse, s'allia d'abord à Éléonore Van de Werve, puis à Marie-Élisabeth, princesse de Looz-Corawarem, et mourut le 15 juin 1759.
L'aîné de ses nombreux enfants, Eugène-Charles-Ferdinand (r. du 9 janvier 1762), vendit Limal et ses dépendances en 1807. Il mourut sans laisser de postérité, non plus que ses frères et sœurs, sauf Augusta-Josèphe, femme de Charles-Emmanuel de Norman, dont elle n'eut qu'un fils, Auguste-Marie, qui décéda à Bruxelles le 11 octobre 1856, sans avoir été marié. En lui, s'éteignit la descendance de don Thomas Lopez.
Un négociant qui fut célèbre du temps de l'Empire par ses démêlés avec les lois douanières de Napoléon Ier, Léonard Vande Velde, acheta la terre de Limal, puis la revendit, en 1817, au baron Joseph Vander Linden d'Hooghvorst, qui avait été auditeur au conseil d'état et avait rempli les fonctions de maire de Bruxelles, en 1814 et 1815. Ce gentilhomme fit réparer le château et en agrandit considérablement les jardins, augmenta l'importance de son domaine par des acquisitions considérables, qui en portèrent l'étendue à 1,300 hectares environ, et rendit de grands services au canton par les améliorations qu'il introduisit dans l'agriculture et l'élève des bestiaux. Élu membre du Sénat en 1831, il fit presque constamment partie de cette assemblée jusqu'à sa mort, qui arriva en 1846. M. d'Hooghvorst n'eut pas d'enfants de Marie-Thérèse, comtesse d'Argenteau, qui mourut en 1859, à l'âge de 76 ans. En vertu de leurs dispositions testamentaires, l'usufruit du domaine de Limal passa à M. le général Emmanuel, baron Vander Linden d'Hooghvorst, et la propriété du bien à son fils, le baron Victor-Joseph-Ghislain Vander Linden d'Hooghvorst, décédé à Warfusée dans la province de Liège, le 10 août 1847, laissant plusieurs enfants de son union avec Mme la comtesse Émilie d'Oultremont de Warfusée.
La partie de la seigneurie de Limal, que l'on relevait jadis de la terre de Wavre, avait un bailli, des hommes de fief, un maire et des échevins, la haute, moyenne et basse justice, droit d'adhériter et de déshériter, droit de posséder les biens confisqués et les biens délaissés, droit de prélever les amendes et les reliefs, un cens qui valait : en 1440, 75 sous de bonne monnaie, 30 sous de monnaie « coursable » ou courante, 19 sous 2 deniers payables à la Noël, 35 sous 5 d. payables à la Saint-André, 60 sous payables à la Saint-Jean, 12 muids d'avoine, 152 chapons (en 1633, 21 florins 15 patars, 18 1/2 muids d'avoine, 136 chapons, 6 poules), un beau château, avec basse-cour, jardins, verger, un moulin banal, qui produisait, en 1440, 12 muids de blé; une brasserie banale, une franche taverne, des dépendances, qui comprenaient : en 1440, 25 bonniers dits Brewar, situés près du Bois de Rixensart et de la Vallée de Fretris; 11 b. de bois et de prés, à proximité du Bois de Limelette et du Petit-Aweselle (ou Petit-Auzel); en 1633, deux grands vergers voisins du château, d'une étendue de 2 bonniers; 30 b. de terres, 15 b. de prairies et 50 b. de bois; un droit dit droit de gistes de feu et avaines de feu et consistant en deux setiers d'avoine, dus pour chaque foyer. Henri de Borchoven ayant prétendu que les habitants de Limal étaient tenus de fener ses prairies, le conseil de Brabant décida, le 4 juillet 1455, que, pour cette année, ceux-ci se soumettraient à cette obligation, mais sans préjudice de leurs droits, et que, s'il était constaté que la réclamation du seigneur n'était pas fondée, ils seraient dorénavant salariés pour leur travail. Cette moitié de la seigneurie fut taxée pour le service féodal, en 1474, à un combattant à cheval.
Un compte de la seigneurie de Limal, pour l'année 1687-1688, en porte le produit à 1,546 florins 8 1/2 sous, somme dans laquelle figurent un cens de 14 florins, 8 3/4 muids d'avoine, 5 muids 3 1/2 setiers de blé, 126 1/2 chapons, 2 poules; des rentes en argent et en blé, 760 fl. 2 s. provenant de coupes de bois et de la vente des arbres surâgés. Le glandage et la paisson dans les bois produisirent 18 fl., la pèche produisit 2 fl. seulement, les droits de congé produisirent 10 fi. 7 s. 8 deniers; les prés étaient loués 257 fl. 3 s.; la Cense du château était louée 40 fl., 40 setiers de froment, 80 setiers de blé et 40 setiers de secourion.
Ce fut Thomas Lopez de Ulloa qui construisit l'ancien château, « bâtiment qui, sans hyperbole », dit l'auteur des Délices du Brabant et de ses campagnes, « l'emporte en toute manière sur tous ceux du pays construits dans les temps précédents ». Sa grande porte cintrée, avec son fronton dont le milieu était surmonté d'un énorme écusson orné de la couronne baronniale; sa cour d'honneur environnée d'un triple corps de logis à deux rangées de fenêtres carrées; ses quatre tours, de grandeur et de hauteur différentes, justifiaient jusqu'à un certain point cet éloge exagéré. Harrewyn en a gravé une bonne vue pour le baron Le Roy. On était occupé à l'édifier, lorsque don Thomas fut autorisé, le 24 octobre 1652, à supprimer, sur une longueur de 160 verges, le Chemin de la Croix et à ouvrir une autre voie, large de 20 pieds entre fossés, qui continuerait le précédent, traverserait le Champ du Charneau et aboutirait à la porte du parc vers Limal. Malgré son état de délabrement, le manoir témoignait encore, il y a quarante ans, de l'opulence de son fondateur. Par suite des travaux de modernisation qui y furent alors effectués, il ne présente plus qu'une vaste agglomération de bâtiments sans caractère. La façade vers la place communale et l'église encadre une cour fermée d'une grille; elle est disposée en équerre et n'a qu'un étage au-dessus du rez-de-chaussée; le corps de logis principal a 11 fenêtres de front et se trouve surmonté, au centre, d'une tourelle-belvédère; l'aile latérale n'a que 8 fenêtres de ce côté. Une seconde façade, dirigée vers le parc, est formée par le prolongement de cette aile latérale.
Des serres immenses s'élèvent à l'extrémité des deux ailes du bâtiment. Les jardins, riches en arbres rares, en arbustes et en fleurs d'un grand prix, sont entrecoupés de canaux, de cascades, de grottes et de ponts. On y a compris des terrains qui étaient couverte d'habitations et on les a prolongés jusqu'à deux collines qui ont été réunies au moyen d'un pont en fil d'archal, le premier qui ait été pratiqué en Belgique; l'une de ces collines porte une tour pseudo-gothique, à laquelle des pierres brunâtres donnent, au premier aspect, un air d'antiquité. Le Voyage pittoresque de Decloet contient une lithographie représentant le château dans son état actuel.
Il y avait au château une chapelle, avec une chapellenie, qui était alternativement conférée par le seigneur et par l'archevêque de Cambrai; ce bénéfice possédait un revenu de 77 florins 4 sous et était chargé d'une messe par semaine, à dire à l'autel de la Vierge, dans l'église paroissiale. Le 11 septembre 1554, Gilles de Blaesvelt affecta une rente de 6 florins carolus à la célé-bration d'une messe dans la chapelle, le lundi de chaque semaine. L'établissement d'un oratoire particulier, au château, a été autorisé par l'archevêque de Malines, en 1826.
Il n'y a aucun autre château dans le village. Parmi les sept fiefs qui relevaient du manoir seigneurial, en 1440, un seul avait de l'importance. C'était la Terre de Plainal, qui consistait en 29 bonniers de terres, de bois et de prés, situés à proximité de Rixensart et de la communauté (ou des communaux) de Bierges, et appartenant à Jean de Supply.
L'abbaye d'Aywières possédait la majeure partie des grandes et petites dîmes de Limal, qui lui valait par an, en 1787, 1,010 florins. Les chevaliers René de Limal, Henri de la Chapelle (Chapelle-Saint-Lambert) et Gosuin de Gest lui donnèrent chacun une dîme, dont la propriété fut confirmée aux religieuses par l'évêque de Liège Hugues, en 1214; les donations des René et de Henri furent de nouveau ratifiées, en même temps que celle d'une quatrième dîme, léguée par le chevalier Guillaume de Lanne, par Jean, le successeur de Hugues, en 1230. Plus tard, une contestation s'éleva entre le monastère et Gosuin, investi ou curé du village, au sujet de la perception des novales; mais celui-ci renonça à ses prétentions, et, pour plus de garantie, fit sceller son diplôme par le doyen du concile de Gembloux et par le chevalier Godefroid, patron de l'église de Limal (acte passé à Aywières, le mardi après la Saint-Denis, en 1248).
L'église de Saint-Martin, de Limal, avait rang d'église médiane, et non d'église-mère, comme le prétend une déclaration signée par le curé-doyen de Bierges, en 1787. Elle dépendit du concile de Gembloux tant que la paroisse ressortit à l'évêché de Liège; depuis le XVIIe siècle, elle fait partie du doyenné de Wavre.
La cure était alternativement conférée par le chapitre de Cambrai et par le seigneur. En. 1511, elle valait à celui qui en était investi 72 muids de froment et lui imposait l'obligation de célébrer la messe sept fois par semaine. En 1666, le curé percevait un tiers de la dîme et possédait 7 bonniers de terres et un demi-bonnier de prés. En 1787, on mentionne en outre, au nombre de ses revenus, un soixantième du produit des prairies communes de Bierges (valant 2 florins 20 sous) et le livre censal dit de Saint-Martin, qui produisait 14 chapons, 1 poule et 3 vieux gros (ensemble, 7 fl. 13 s. 6 deniers), par an. Les différents émoluments de la cure produisaient alors 1,251 fl. 5 s. 6 d., mais le curé avait un vicaire, auquel il donnait 240 florins, et ses dépenses en aumônes montaient à 120 fl.
C'était le curé qui conférait les chapellenies de Sainte-Anne et de Saint-Sébastien et Saint-Antoine. Le revenu annuel de la première s'élevait en 1511 à 4 muids et était chargé d'une messe par semaine; celui de la seconde était aussi élevé (en 1787, il montait à 19 fl. 9 s. 4 d.) et n'était chargé que d'une messe par quinzaine. Les chapellenies de Saint-Jean-Baptiste, de Saint-Jacques et Saint-Christophe, de Saint-Nicolas et de Sainte-Gertrude étaient réunies à la cure. En 1511, les revenus de ces bénéfices s'élevaient: pour le premier, à 12 muids de froment (en 1787, 524 fl. 16 s.); pour le deuxième, à 13 muids; pour le troisième, à 18 muids; pour le quatrième, à 7 muids. Ils étaient chargés de deux messes par semaine, sauf le dernier, qui n'en devait qu'une. Il y avait en outre une chapellenie de Sainte-Catherine, avec un revenu de 14 muids (en 1787, de 192 fl. 3 s.), chargé de 3 messes par semaine. L'autel de la Vierge valait 08 fl. 11 s. par an. La marguillerie était à la collation du seigneur. Il y a dans l'église trois confréries : l'une de l'Adoration perpétuelle, la deuxième du Rosaire, qui a été instituée le 18 janvier 1660; la troisième de Saint-Jean de Gonzague.
La fabrique possédait, en 1787, 3 bonniers 1 journal de terres et 3 journaux de prés (aujourd'hui ses biens consistent en 7 hectares), et un revenu de 201 fl. 18 s. 9 d., revenu qui montait, en 1846, à 1,282 francs. Le presbytère était déjà ancien et simplement couvert de paille, en 1787; il a été élevé aux frais des habitants, sur un terrain que la commune acheta, le 18 juillet 1648, à la suite de décrets émanés du conseil de Brabant, en date des 16 mars et 29 décembre 1646. Actuellement, il est encore très modeste et peu en rapport avec l'importance de la paroisse. M. Cuvelier y a réuni une belle bibliothèque, un cabinet zoologique et quelques raretés archéologiques et ethnographiques.
L'ancien temple paroissial était « fort vieux, bas et de mauvaise structure », lorsqu'on le démolit, en 1648, à l'exception du chœur et de la tour. Une nouvelle nef fut construite l'année suivante; mais comme la tour, qui était soutenue par des murs de 6 pieds d'épaisseur, donnait beaucoup d'obscurité, le seigneur, après avoir consulté des « ingénieurs », jugea convenable d'établir deux grands portaux (deux grandes arcades), par lesquels on passait de la tour dans les asseintes ou collatéraux. Ces travaux nuisirent à la solidité de la tour qui, le 15 décembre 1649, tomba sur la nef et l'écrasa complètement. Une nouvelle convention fut signée le 10 juin 1650 pour la réédification de l'édifice, qui fut achevé : l'église, la même année 1650; la tour, en 1651. Les travaux furent activés par la sollicitude du curé Charles Martinez, et la dépense supportée par le seigneur, l'abbesse d'Aywières, en qualité de décimatrice, l'échevinage, les habitants, la table des pauvres et le mambour des pauvres. Mais, en 1666, la construction était loin d'être achevée et on en craignait la ruine, parce que les décimateurs se refusaient à exécuter certains travaux, qui étaient d'ordinaire à leur charge. Néanmoins le maître-autel fut consacré par l'évêque de Namur, en l'honneur de saint Martin, le 5 octobre 1671. Des travaux de restauration, effectués en 1843 et 1844, coûtèrent 29,430 francs, qui furent payés : 12,665 fr. par l'État, 10,765 francs par la province et 6,000 fr. par la commune.
L'église de Limal est un édifice assez vaste, construit dans le style de la renaissance; la maçonnerie est en briques avec anglées et cordons horizontaux en pierre. La façade rappelle l'ordonnance adoptée par l'ordre des jésuites; sa partie médiane est occupée par une grosse tour carrée, au haut de laquelle se trouve le cadran de l'horloge et que surmonte une flèche octogone. Au-dessus de la porte, dans une niche cintrée, on voit un grand bas-relief représentant le Christ en croix et les saintes femmes prosternées à ses pieds.
L'intérieur de l'église est disposé en forme de basilique à trois nefs, que des arcades cintrées, d'inégale ouverture, partagent en trois travées (non compris la tour). Une voûte de plein cintre en berceau recouvre le chœur et la grande nef; les collatéraux n'ont qu'un plafond horizontal, sauf à leur extrémité, où les bas-autels sont surmontés d'une voûte d'arête à nervures croisées. Des ancrages transversaux préviennent l'écartement des murailles.
Le maître-autel est en marbre blanc et noir; il représente un portique d'ordre composite soutenu par deux colonnes torses; il était jadis placé dans une chapelle s'élevant à gauche du chœur et qui a disparu en 1822, sous prétexte de restauration; malgré les mutilations qu'il subit alors, il attire encore l'attention des connaisseurs. Les appuis de la tribune fournirent la balustrade en marbre blanc, de proportions peu élégantes, qui ferme l'entrée du chœur. On remarque, près de l'autel, un candélabre en marbre blanc, en partie antique, don du baron d'Hooghvorst, qui l'avait acheté à Rome en 1840. L'autel de droite est dédié à la Vierge. Celui de gauche est placé sous l'invocation de saint Joseph et de saint Florius, martyr, protecteur de l'église, pour lequel on célèbre une octave le 25 février. Sur cet autel reposent des reliquaires de sainte Christine et de saint Crescent et un sarcophage en marbre avec l'inscription : Corpus Sancti Florii martyris | qui vixit annis XXIII. m. III. d. XVII. Le corps de saint Florius a été découvert dans les catacombes de Sainte-Agnès près de Rome, par le baron et la baronne d'Hooghvorst, le 25 février 1840, et solennellement introduit dans l'église de Limal le 26 juillet de la même année. Le pape Grégoire XVI a accordé à perpétuité une indulgence plénière à tous les fidèles qui, confessés et communiés, visiteront l'église de Limal et y prieront pendant l'octave de saint Florius. A gauche de l'autel est attachée au mur une boîte vitrée oblongue renfermant des « Fragmens de l'inscription du tombeau de saint Florius martyr découvert dans les catacombes de Rome par Mr et Me d'Hooghvorst | XXV fevrier 1840 ». Une autre boite contient une foule d'objets, le tout « donné par le Saint Père à M. le baron d'Hooghvorst le dimanche des Rameaux 1840 ».
L'église est ornée d'un grand nombre de tableaux, parmi lesquels nous citerons: l'Adoration des Mages, tableau du maître-autel, attribué à Abraham Janssens; Saint Dominique recevant le Rosaire des mains de la Vierge, signé E. Quellinus A° 1662; un tableau allégorique ( Elisée ), signé Estitve; Saint Paul guéri de sa cécité, signé J-B. Coclers invenit et ft A° 1751, 1° Saint Bernard, 2° les Enfants de l'Évangile, 3° le Baptême du Christ, 4° Saint Hubert, attribués à Damery; la Sainte Famille, par Navez; Ecce panis angelorum (2 mètres 67 sur 4 mètres 06), signé Engbers; Daniel dans la fosse aux lions, attribué à Crayer. Les orgues portent cette inscription : Maria VDMS R.I.P. 1849. Une convention pour la refonte de deux cloches et la fonte d'une troisième fut conclue, le 5 avril 1633, avec maître René Millot, Claude Mareschal et Jean Plumeré, à qui on paya pour ce travail 994 florins.
Le premier baron de Limal éleva sous la chapelle contiguë au chœur, vers la gauche, un spacieux caveau où sont ensevelis ses successeurs et dont l'entrée a été bouchée au mois de juin 1840. Des inscriptions extérieures n'en indiquèrent jamais la situation; de grandes pierres bleues, que l'on voyait au XVIIe siècle, devant le maître-autel et à l'entrée du chœur, n'offraient aucune trace de caractères, quoiqu'elles eussent probablement été placées pour recouvrir les tombeaux des anciens seigneurs.
A droite de l'autel de la nef gauche sont encastrées dans le mur deux tablettes de marbre noir portant ces inscriptions :
1° Ci git | méssire Joseph baron Vander Linden d'Hooghvorst. | sénateur. | ancien auditeur au conseil d'état. | dernier maire de Bruxelles. | officier de l'ordre Léopold. | chevalier de saint Jean de Jérusalem. | chevalier de l'ordre du Lion belgique. | décoré de la Croix de fer. | époux de dame | Marie Thérèse comtesse d'Argenteau. | décédé à Bruxelles | le 13 décembre 1846. | à l'âge de 64 ans. | Pertransiit benefaciendo. | act : c. 10 — v 38. | R. I. P.
2° Ci git | noble dame | Marie Thérèse | comtesse d'Argenteau | née à Liège. | décorée de l'ordre de la Reine Thérèse de Bavière. | douairière en premières noces de | messire Maximilien Emmanuel | baron d'Overschie de Neerissche. | en secondes noces de | messire Joseph Vander Linden | baron d'Hooghvorst, | décédé (sic) au chateau de Limal, | le 3 octobre 1859. | à l'âge de 76 ans 3 mois 25 jours. Elle aima la splendeur de la maison du | Seigneur et soulagea l'indigent, ps : 20 et 40. | R. I. P.
Dans le cimetière, dans le mur de la nef gauche, on lit sur une grande pierre bleue : Obiit | . . junii | 1821 | Sépulture | de dame baronne de Norman | née Auguste Joseph | Marquise de la Puente | veuve de messire Charles | Emmanuel baron de Norman | chambellan et conseiller | d'état d'épée de Sa Majesté | l'empereur d'Autriche | fille de feu messire Ferdina | nd Joseph marquis de la | Puente et de dame Marie | Elisabeth Anne princesse de | Looz-Corswarem née à | Limal le 29 août 1753 | décédée à Bruxelles le | 1er juin 1821 | et de son fils unique | nommé Auguste Marie | de Norman né à Bruxelles | en 1781 décédé le XI oct. | 1856.
Le 18 janvier 1557, une rente annuelle de 30 patars, au capital de 28 florins carolus, fut donnée par Gilles de Blaesvelt à la chapelle de Notre-Dame de Wagiry ou Wangery, qui se trouvait entre Limal et Bierges, pour y faire dire la messe en mémoire des bienfaiteurs de cette chapelle. En 1684, le doyen Martinez légua 80 florins pour élever la chapelle de Notre-Dame de Grimonhaye, qui est placée sur le bord d'un ravin et à laquelle on arrive par un escalier rustique. Elle est entourée de six colonnettes que relient de légères arcades, et l'autel est formé de coquillages et de cailloux. Cette construction singulière porte la date de 1688.
Il y a à Limal un couvent de sœurs de Saint-Vincent de Paul, où habitent quatre religieuses.
On ne sait où se trouvent les deux hôpitaux qui existaient à Limal, si l'on en croit le dénombrement de 1526. Près de la Dyle et au delà de cette rivière, il existe un lieu dit la Ladrée; il y avait là, selon toute apparence, une ladrerie. Un second hôpital existait peut-être à l'endroit dit le Pèlerin.
En 1787, le tiers des habitants étaient considérés comme nécessiteux. La table des pauvres de Limal, de Rixensart et du Bourgeois était administrée par un mambour, que le seigneur choisissait, et dont la gestion était contrôlée par le bailli, le maire et les échevins du premier des villages précités; elle possédait 11 bonniers 1 journal de terres, 1 b. 1 j. de prairies et 1 j. de bois, le tout produisant par an 649 florins 4 sous. Un décret impérial, daté de Boulogne, le 16 thermidor an XIII, approuva le legs fait aux pauvres de Limal par le curé Legrain, du produit de la vente de ses meubles, produit qui s'éleva à 1,465 francs 10, et le 1er avril 1849, le bureau de bienfaisance fut autorisé à accepter un don consistant en 8 hectares 50 ares 60 centiares de terres et de bois taillis, et en un capital de 290 francs 22. Mais, par contre, l'ancien patrimoine de la table des pauvres a été partagé entre Limal et Rixensart, en vertu d'un arrêté du préfet du département, du 26 octobre 1810.
Le bureau de bienfaisance de la première de ces communes possède actuellement 17 hectares; son budget, pour, l'année 1859, a été fixé comme suit :

Il y a quelques années, c'étaient encore les sœurs de Saint-Vincent de Paul qui donnaient l'instruction aux enfants des deux sexes; la communauté vivant des bienfaits de Mme d'Hooghvorst, l'enseignement ne coûtait rien à la commune. Aujourd'hui les religieuses ne tiennent plus que l'école des filles. Le nombre des enfants pauvres qui ont été admis, en 1858-1859, à recevoir l'instruction, s'est élevé à 156 : 78 garçons et 78 filles.
La grande fête communale se célèbre quinze jours avant Pâques; elle est moins importante que la petite fête du dimanche après la Saint-Martin.

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