
Le village de Bierges prend son nom de sa situation sur une hauteur, d'où sa petite église s'aperçoit au loin. On écrivit d'abord Bergis (1209), Berghe (1336), Berge (1341), Berges ou Berghes (1374); puis vint l'orthographe Bierge (1239, 1240, 1300, 1383, 1436, 1686, VANDER STEGEN) ou Bierges (1374, 1403-1404, LE ROY, 1787, an XIII); on trouve aussi Bierghes près de Wavre (1567); Bierg (1500); Bierghes deseur Wavre (1607-1619) et Bierge deseur Wavre (1636).
Les habitants prononcent Bièrche. Nous avons ajouté à son nom ordinaire la qualification de sur-Dyle, afin de distinguer cette commune de celle de Bierghes-lez-Hal (en flamand Bierck), qui appartient aussi à la région wallonne du Brabant. En France on trouve Bierges, dépendance de Chaintrix (Marne); la Bierge, dép. de Milhac-de-Nontron (Dordogne) et de Pouligny-Notre-Dame (Indre).
La commune de Bierges est limitrophe de celles de Wavre, Limal et Rosières-Saint-André.
Bierges est à 2 kilomètres de Wavre, 2 1/2 kilom. de Limal, 4 kilom. de Rosières, 26 1/2 kilom. de Bruxelles, 28 kilom. de Nivelles.
L'église de Bierges se trouve située par 56 grades 35 de latitude N. et 2 grades 50 de longitude E. L'altitude du seuil de l'église est de 94 mètres 21.
Le procès-verbal de délimitation du territoire de Bierges a été ouvert le 19 messidor an XII, clos le 21 du même mois et approuvé par le préfet le 30 août 1807.
Le cadastre divise le territoire de Bierges en quatre sections : la section A ou du Bouval, la section B ou de Champles, la section C ou de la Dyle, la section D ou de l'Église, la section E ou de la Pierre.
Au 1er janvier 1859, ces sections se trouvaient morcelées en 1,948 parcelles, appartenant à 505 propriétaires, donnant un revenu cadastral de 43,848-05 fr. (sol : 39,008-05; bâtiments : 4,840-00) et ayant une contenance de 958 hectares 48 arcs 60 centiares (imposable : 925 hect. 38 a. 10 ca.; non imposable : 33 hect. 10 a. 50 ca.).
Cette contenance globale se subdivisait ainsi en 1834 :

En 1686, Bierges comprenait 581 bonniers 1 journal, dont 403 b. 3 j. de terres, 86 b. 1 j. de prés, 90 b. 3 j. de bois, 3 b. 1 j. de prés communs, dépendant de la Cense de Flandre, à Wavre.
On comptait à Bierges: en 1374, 38 ménages; en 1436, 62 foyers; en 1464 , 61 foyers; en 1472, 65 foyers; en 1492, 44 foyers; en 1526, 77 maisons; en 1686, 44 maisons, 1 moulin, 1 taverne; au 31 décembre 1856, 223 maisons.
Le village de Bierges, qui compte 104 maisons; Angousart, 19 maisons; Champles, 100 maisons.
Le village de Bierges s'étend au sommet et sur le versant d'une colline qui borde la rive gauche de la Dyle et au pied de laquelle passent le chemin de fer et la route de Wavre à Nivelles. Les habitations qui le composent sont peu agglomérées; quelques-unes, parmi lesquelles les cabarets de l'Arbre vert et de la Rose blanche, forment un faubourg de Wavre. Les dernières maisons de Bierges vers le N.-O. s'appellent le Blanc tri.
Angousart doit son nom à une ancienne ferme située â 2,300 mètres O.-N.-O. de l'église, entre les bois de Bierges et de Limal, et autour de laquelle sont venues se grouper quelques maisons.
Le hameau de Champles (Champeles, 1222; Champez delez Wavre, 1374; Champles, 1460; Champes, 1564, 1679, 1721, LE ROY; Campes, 1600; Chample, 1731; Champels, 1769), dont le centre est à 2,600 mètres N.-O. de l'église, se développe, sur une longueur d'environ 1,500 mètres, à l'extrémité septentrionale du territoire de la commune. La Lasne le sépare de Rosières, dont il est beaucoup plus rapproché que de Bierges. Quelques maisons, bâties à la limite de Rosières, se nomment les Culées; d'autres, situées au nord du bois del Baile, portent la désignation de Plaquesaut.
A 1,300 mètres E.-S.-E. de l'église, la Maison de la Pierre (Fief de la Piere à Bierges, 1374; Feodum de Petra, 1383; La Pierre, 1536; Leen Van den Steene, 1538; Ferme de la Grande Pierre, 1666); à 900 m. E.-S.-E. le Moulin de Bierges; à 1,000 m. N.-O., le Point du jour, petit groupe de maisons sur un plateau, à la lisière du bois de Bierges; à 1,700 m. N.-O., la Maison Gabriel.
Bois de Wilre ou de Plaquesaut; Champ du Cerisier Henne (Chechi Henne, en wallon); le Bouval; Champ du Rond bois (Rond de Champles ou Commune à Champles, communal de 8 b. environ, 1806); Kaeibosch ou Charbosch (Try le Caybos, bien communal, de 80 verges, 1806); Champ du Point du jour; Champ d’Angousart; Bruyères d'Angousart; Bois de Bierges; Champ du Bois de Bierges; Champ de la Justice; Bois Wilmet (Commune au Bois Wilmet, d'une étendue de 5 b. 2 j., 1806); Chêne Minique; Champ de Savetiau (Try du Mont à Bierges ou Saftiau, communal de 4 j., 1806); la Wastinne; Champ de Laisse l'aiguille ou Large l'aiguille; Prés de la Rive gauche; Prés de la Rive droite; Champ des Cailloux; Champ de l'Auzette; Champ de Bierges; Pré des Querelles; Paepebrou Champ de Baclenge (la Bekelaine, 1370); Champ de Ladrée; la Ladrée; Scovaimont (Scovemont, communal abandonné, 1806); Champ de la Carrière; Ruelle à la Buse; Taille a la Buse; Bois de la Pierre; Lande de la Pierre; Champ de la Fontaine de la Pierre (Commune à la Fontaine à la Pierre, de 95 verges); Fond de Mais (Terre de Mais, qui comprenait 130 b., 1500); Champ du Poilu fossé (Pouilleux fossé, en wallon); Grand chemin de Louvain; Chemin de La Hulpe; la Saussalle; Grande ruelle; Ruelle Biernaux; le Cou Boisacq; Ruelle des Pendus; Bosquet de l'église; les Angalées ou Engalées; le Paunois; Ferme Borremans; Ferme Rosier; Fond des Chevaux (Fond des chevaux ou Tienne de Champles, 1806); Haie des Morts; Fond Collart; Bois del Baile; Ruelle du Bois; Ruelle Sambrée; Sentier de la Haie; Sentier de Messe; Sentier Jacques Colette; la Barbette (la Barbete, communal abandonné, de 3 j., 1806); Sentier des Flamands; Fond de Fétry (communal contenant 547 v., 1806); Ruelle au Loup; Ruellette des Bergers; Sentier Laurent Facq; Ruellette Simonart; Ruelle Laroque; Renisart; Cavin Biot; Tri de Champles; Ferme de la Grande cour; Ferme Dessy; Ferme Francotte; Rue Ardelle; Pont de Rosières; Bois du Receveur; Bois de Wangiry; Chapelle Saint-Roch; Chapelle N.-D. de Lorette; Chapelle N.-D. de Hal.
Chier Seroulx (1370); Chêne Mathieu (à Champles, au chêne qu'on dit Mathieu, 1500; Sur la Couture derrière Chample, vers le lieu qu'on dit la Chaisne Mathie, 1518); le Poirier, Borendel, à Champles; le Charnoy; le Long fossé, près du Bois de Beumont; pré nommé le Franchy, cités en 1687; Au Gotte Putte, Try à la Fontaine Barbe Leloup, Commune à la Fontaine du Sartiau, la Spinette, bruyère, Grande commune de Bierges, Commune de la Pierre, communaux cités en 1806.
Le terrain est accidenté aux abords de l'église et du Scovaimont, ainsi que de l'autre côté de la Dyle à la lande de la Pierre. On trouve des vallées nettement accusées à Champles et Angousart. Un plateau assez vaste s'étend depuis le champ de la Justice jusqu'au Bouval, à la limite des bassins de la Lasne et de la Dyle. Le point culminant se trouve dans le bois de Bierges, à l'altitude de 113 mètres.
L'étage marin du système landénien apparaît au pied des collines de la rive droite de la Dyle, où il est représenté par du psammite glauconifère. Sur l'autre rive, au-dessous du petit bois de Wangiry, on trouve de la marne glauconifère.
Au sud de la fontaine de la Pierre, du sable fin yprésien repose sur le terrain landénien.
On rencontre ensuite du gravier et des sables bruxelliens, qui occupent tout le reste du territoire de Bierges, mais disparaissent, sur les hauteurs, sous le limon hesbayen. A la lisière méridionale du bois de Bierges, près de la limite de Limal, on remarque du grès ferrugineux.
Le fond de la vallée de la Dyle est formé d'alluvions quaternaires.
Une carrière a été ouverte anciennement dans du quartzite gedinnien, sur la rive gauche de la Dyle, à quelques centaines de mètres au S.-O. de celle dont nous avons parlé à l'article WAVRE; elle est complètement abandonnée et n'a point laissé de trace. Une seconde carrière, beaucoup plus importante, a été pratiquée à 250 mètres N.-E. du moulin de Bierges, sur la rive droite de la Dyle; elle existait déjà au siècle dernier; actuellement les eaux l'ont envahie jusqu'à fleur du sol, et on ne peut en apprécier la profondeur.
Tout le territoire de Bierges appartient au bassin de l'Escaut; les cours d'eau qui arrosent cette commune sont : la Dyle, la Lasne, le Ruisseau de Champles, le Ruisseau de l'Ermitage Saint-Jacques, le Ruisseau du Pré des Querelles, le Scovaimont, le Ruisseau du Manil et le Pirroi.
La Dyle vient de Limal, qu'elle quitte sous le pré Libert; reçoit (r. dr.) le Pirroi et le Ruisseau du Manil; active le moulin de Bierges par une chute de 1 mètre 80; se grossit (r. dr.) des eaux de la fontaine de la Pierre et de plusieurs rigoles qui assèchent les prés marécageux de la rive droite; et passe sur le territoire de Wavre après un parcours de 2,100 mètres, dans la direction du S.-O. au N.-E.
La Lasne vient de Rosières, qu'elle quitte en recevant le Ruisseau de Champles (r. dr.); sert un instant de limite entre cette commune et celle de Bierges; reçoit les eaux de la fontaine du Curé (r. g.); et rentre sur le territoire de Rosières, après un parcours de 200 mètres, entièrement mitoyen, dans la direction du S.-S.-O. au N.-N.-E.
Le Ruisseau de Champles prend sa source dans le hameau qui lui donne son nom, à la fontaine Collart; devient limitrophe de Rosières; et se réunit à la Lasne (r. dr.) au pont de Rosières, après un parcours de 1,000 mètres, dont 200 mitoyens, dans la direction du S.-E. au N.-O.
Le Ruisseau de l’Ermitage Saint-Jacques vient de Wavre; sert de limite entre cette commune et celle de Bierges; et rentre sur le territoire de Wavre, après un parcours, entièrement mitoyen, de 900 mètres, dans la direction générale de l'O. à l'E.
Le Ruisseau du Pré des Querelles prend sa source dans les prés de la rive gauche, où il est alimenté par les nombreuses saignées de ces pâturages humides; reçoit le Scovaimont (r. g.); traverse le pré des Querelles; et passe sur le territoire de Wavre, après un parcours de 1,200 mètres dans la direction du S.-O. au N.-E.
Le Scovaimont est un filet d'eau qui prend sa source au pied de la montagne sablonneuse à laquelle il doit son nom: reçoit (r. g.) le tribut de la fontaine Voets et de la fontaine du Curé; traverse la route de Wavre à Nivelles; et se réunit au Ruisseau du Pré des Querelles, après un parcours de 1,200 mètres dans la direction générale de l'O. à l'E.
Le Ruisseau du Manil vient de Limal; et se réunit à la Dyle (r. dr.), après un parcours de 50 mètres dans la direction du S.-E. au N.-O.
Le Pirroi vient de Limal; et se réunit à la Dyle (r. dr.), après un parcours de 100 mètres dans la direction du S.-E. au N.-O.
Les fontaines dont l'eau sert aux habitants sont : la Fontaine Collart ou des Fonds de Champles, la Fontaine Voets, la Fontaine du Curé et la Fontaine de la Pierre.
On comptait à Bierges : en 1666, 180 communiants; en 1709, 208 habitants; en 1784 , 478 habitants : 1 prêtre, 85 hommes, 91 femmes, 97 garçons et 68 filles âgés de plus de 12 ans, 68 garçons et 68 filles âgés de moins de 12 ans (dans la paroisse, 502 personnes : 1 prêtre, 180 hommes et garçons au-dessus de 12 ans, 159 femmes et filles au-dessus de 12 ans, 90 garçons et 72 filles âgés de moins de 12 ans); en l'an XIII, 450 habitants; au 31 décembre 1831, 838 habitants; au 31 décembre 1856, 1,045 habitants (wallons).
Les registres paroissiaux des baptêmes etc. commencent en 1605.
Les bois ont ensemble 125 hectares environ; ils portent les dénominations de Bois de Bierges, Bois del Baile, Bruyère d’Angousart ou Bois de la Commune, Kaeibosch, Bois de Wilre, Bois Wilmet, Bois du Receveur, Bois de Watigiry, Bosquet de la Cure, Bois et Lande de la Pierre.
D'après les recensements généraux, les exploitations agricoles se classaient de la manière suivante par rapport à leur étendue :

Le nombre des animaux domestiques constaté par les recensements généraux s'élevait à les recensements généraux s'élevait à:

Les terres exploitées par les cultivateurs de la commune se répartissaient ainsi:

Ce chiffre total se subdivisait en biens exploités :

En moyenne l'hectare de terre était estimé à:

L'ancienne verge linéaire a 18 1/2 pieds de Louvain.
Il n'existe qu'une seule usine : le Moulin de Bierges, jadis seigneurial, dont les trois roues hydrauliques mues par la Dyle ont leur retenue à l'altitude de 42 mètres 95. Trois paires de meules font de la farine et de la drèche; une quatrième broie des écorces. En 1687, cette usine était louée 170 florins, mais elle avait été incendiée et ne produisait rien. En vertu d'un accord conclu entre le bourgmestre de Louvain et le seigneur de Bierges, de nouvelles écluses et « ventailles » y furent construites aux frais de la ville de Louvain, sans doute dans l'intérêt de la navigation sur la Dyle; à la même époque, un pont fut établi en cet endroit, aux frais du seigneur.
Dès le XIVe siècle, on mentionne une quambe ou brasserie.
Des ouvriers maçons et plafonneurs quittent la commune pendant la bonne saison pour aller travailler dans les grandes villes.
Les chemins de fer de l'Est belge et de la Jonction de l'Est traversent le territoire de Bierges, en se côtoyant, sur une longueur de 1,950 mètres.
La route provinciale de Wavre à Nivelles traverse Bierges sur 2,100 mètres.
On compte 34 chemins et 22 sentiers vicinaux, mesurant ensemble 53,307 mètres, dont 1,247 sont pavés.
Le chemin de grande communication n° 64 traverse la commune sur 3,000 m.
Des tumulus existent dans le bois de Bierges, sur le plateau qui sépare les vallées de la Dyle et de la Lasne, à une distance de 1,500 à 2,090 mètres de ceux du bois de Rixensart. Nous en avons remarqué quatre, mais le taillis en cache probablement un plus grand nombre. Il y a une vingtaine d'années, un nommé Collot, ouvrier au moulin de Bierges, trouva quelques monnaies en or et en bronze dans la partie la plus élevée du bois de la Pierre, aujourd'hui convertie en sapinière.
A l'époque où la juridiction était partagée, à Bierges, entre plusieurs seigneurs, un nommé Hubo del Vaul, de Gembloux, y fut tué, sur le chemin de Wavre, dans un endroit nommé la Pirseille desseur Wavre, où le seigneur de Sombreffe (en qualité de seigneur de la Pierre) avait la juridiction et le duc de Brabant la haute justice. Malgré la défense du maire del Pirseille et sans le consentement du duc, le maire de Wavre ordonna de conduire le cadavre de Hubo dans cette ville, puis le remit aux amis du défunt. Le bailli de Nivelles voulut poursuivre cet officier comme coupable d'attentat aux droits du souverain, mais le chancelier s'y opposa, parce que cela avait eu lieu sans mauvaise intention (1434).
En 1471-1472, Philippe de Blaesvelt, seigneur de Bierges, ayant été cité devant le maire et les échevins de Louvain par Jean Le Roy, bourgeois de cette ville, assaillit, battit et blessa celui-ci. Il fut condamné à payer le médecin qui avait soigné Le Roy et à faire construire trois verges de murailles sur les remparts de Louvain (rachetables moyennant 45 peters de 18 sous, qui se payèrent : moitié à la ville, moitié au duc).
En 1492, Bierges obtint sur sa cote une remise de 6 livres 5 sous.
Aux Pâques de l'an 1500, on rédigea un record fait au maire par d'anciens échevins et où sont spécifiés les droits et les obligations respectifs des habitants et du seigneur du village :
— Tous ceux qui paient au seigneur une redevance de deux poules lui doivent aussi une fourche pour fener deux bonniers de prés jusqu'à ce que le foin soit amoncelé.
— On donne pour le forestier des champs 2 sous courants, dans lesquels le seigneur a 18 sous et le forestier les 6 sous restants.
— Si un champ est envahi par des bestiaux, on ne paye que 6 deniers au forestier (outre l'indemnité à la personne lésée), si le maître des bestiaux poursuit ces derniers et parvient à les expulser du champ.
— On ne peut, sous peine de 2 sous, laisser circuler un pourceau dans le village sans surveillance et sans « kenoille ».
— On paye : pour insultes, 5 sous; pour sang versé, 45 sous; pour être entré dans la métairie d'autrui et y avoir causé des dégâts : 5 sous, si c'est le jour; 10 sous, si c'est la nuit.
— Tous les habitants, le seigneur seul excepté, sont assujettis à « mettre leur bête à hierde », c'est-à-dire à confier au berger de la communauté leurs chevaux et leurs bestiaux.
— Cette règle ne s'applique pas aux animaux qui pâturent sur le bien de leur possesseur.
— La garde des chevaux vaut au herdier ou berger 2 muids de blé, mesure de Wavre.
Bierges comprenait 130 bonniers de terres portant le nom collectif de Terre de meis et qui devaient au seigneur un œuf par bonnier, payable à Pâques. Ceux qui les exploitaient étaient tenus d'entretenir le moulin de parois (c'est-à-dire de murs), de toiture etc., et lorsqu'il fallait mettre au moulin une meule, ils étaient assujettis à aller chercher cette dernière, soit à Bruxelles, soit à Namur, sauf que le seigneur devait la leur livrer, sur le chariot. On ne triturait au moulin de la braie que le jeudi ou le samedi, après midi.
La peste sévit, à Bierges, en 1629 et en 1635; en 1629, un grand nombre de personnes furent ensevelies par leurs parents dans les jardins du village.
En 1648, le village fut pillé par les soldats, qui enlevèrent dans l'église le calice et d'autres ornements.
En 1690, Bierges fut accablé de logements militaires; deux régiments de cavalerie, puis cinq d'infanterie y vinrent épuiser les ressources des habitants, qui se virent réduits à la dernière misère, et qui souffrirent aussi, considérablement, pendant la guerre pour la succession d'Espagne.
En 1815, le village fut occupé, le 18 juin, par la division prussienne de Stûlpnagel. Le moulin, où se postèrent deux compagnies, appuyées par un bataillon, fut attaqué, avec vigueur, mais sans résultat, par les Français; le général Gérard, qui conduisait ceux-ci, l'épée à la main, fut grièvement blessé d'une balle et forcé de quitter le champ de bataille. Le lendemain, le combat recommença sur tout l'espace s'étendant du moulin de Bierges au bois de Rixensart. Bierges, défendu avec énergie par Kemphen, fut pris par le général français Teste, dont un des collègues, nommé Penne, fut tué dans cette action. La prise du village entraîna l'évacuation du moulin, et l'ennemi en profita pour faire passer la Dyle à la division Berthezène, qui vint renforcer son aile droite. C'est alors que Thielmann, qui commandait en chef les Prussiens, fit retirer de Wavre les troupes qu'il y avait laissées et battit en retraite vers Ottenbourg.
Le 2 octobre 1830, un grand nombre d'habitants de Limal et une soixantaine d'habitants de Bierges se portèrent sur Rhode-Saint-Agathe, où ils échangèrent quelques coups de fusil avec le corps hollandais de Cort-Heyligers.
Bierges dépendit de la mairie de Mont-Saint-Guibert jusqu'en l'an III, qu'elle fut comprise dans le canton de Wavre. « La paroisse de Bierge doseur Wavre », disent les premiers Comptes des baillis de Nivelles, « est à plusieurs seigneurs, savoir le seigneur de Sombreffe (comme seigneur de la Pierre) et Biertreme T'Seraerts (comme seigneur de Bierges), si qu'il disent, « lesquels y maintiennent à avoir court et jugeurs, cens, rentes, loix et amendes, qui se jugent selon la loi de Louvain, et livrent l'homme fourfaict au couron de leur terre, et monseigneur y a la haute justice ».
Cette dernière fut engagée, le 3 août 1626 et moyennant 1,500 livres, au baron de Limal, seigneur de Bierges, dont les successeurs la conservèrent jusqu’à l'abolition des lois féodales, sans l'avoir jamais achetée définitivement.
Les échevinages de Bierges et de la Pierre suivaient la coutume de Louvain; le greffe du premier, pour 1772-1793, se trouve au tribunal de Nivelles.
Bierges, Champles et la Pierre ne formaient déjà, en 1383, qu'une communauté, n'ayant qu'une seule cote dans les aides. Actuellement, il n'existe plus qu'une maison au lieu dit la Pierre, tandis que Champles constitue un hameau considérable, où doivent être choisis quatre des neuf conseillers communaux de Bierges.
Ce village possède de grands biens, qui formaient jadis des pâturages dont la mise en culture fut autorisée par le conseil de Brabant, le 3 août 1770. A propos de quelques terrains, Bierges eut avec Rosières de longs démêlés, qui se terminèrent à son désavantage. Le 22 avril 1806, les biens dont Bierges conserva la possession furent donnés en location, pour la somme de 1,751 francs 8 centimes notamment : la Commune au bois Wilmet (comprenant 5 bonniers 2 journaux 36 verges), la Grande Commune de Bierges (6 b. 1 j. 92 1/2 v.), la grande Commune (9 b. 1 j. 26 v.), Près le bois del Bayle (2 b.), Commune a Champles (8 b. 55 v.) etc.
Dans un livre censal de la seigneurie d'Over-Yssche, de la fin du XIVe siècle, on cite sire Gilles de Quaederebbe (seigneur de Bierges) comme redevable d'un cens de 15 sous pour une bruyère située entre Champles et Rosières, en ajoutant que les habitants de la première de ces localités négligeaient de payer ce cens (non solvunt illi de Cymples).
Le budget de la commune, pour 1859, présente les chiffres suivants :

La principale seigneurie de Bierges était, dans le principe, tenue en fief de la baronnie brabançonne de Jauche, et releva plus tard de la terre et pairie de Baudour, en Hainaut, qui appartint longtemps à la famille de Jauche. D'après les Comptes de la mairie de Mont-Saint-Guibert pour 1607-1619, la seigneurie de Bierges relevait de Baudour et avait un bailli, une cour féodale, moyenne et basse justice, mais sans devoir livrer les délinquants au souverain; des cens et rentes y étaient annexés, ainsi que le droit de percevoir les lois et les amendes. En 1687-1688, le revenu de la seigneurie s'éleva à 1,272 florins 5 sous. On y voit figurer : un cens seigneurial de 28 florins, 49 1/2 chapons, 3 poules, 2 oisons, 27 setiers d'avoine, des coupes de bois (produit, 427 fl. 18 s.), le droit de congé (produit, 20 fl. 2 s.), le droit de relief, la pêche (produit, 3 fl. 5 s.). La Cense de Bierges, avec 26 bonniers, était louée moyennant (50 florins, 26 setiers de froment, 39 setiers de blé, 26 setiers de socourion; le moulin avait été affermé moyennant 170 fl., la franche taverne 70 fl. Sur ce revenu on payait 9 fl. à chacun des deux sergents et gardes de bois de la seigneurie. L'ancien château se trouvait sans doute à proximité de l'église, à l'endroit où existe la ferme que M. le baron Joseph d'Hooghvorst, représentant des anciens seigneurs, céda en échange d'un bien qui était plus à sa convenance.
Le plus ancien seigneur de Bierges que nous connaissions est Siger de Wavre, qui, en 1209, donna à l'abbaye d'Afflighem, du consentement de sa femme Aleyde et de ses fils, l'église de Bierges et ses dépendances, qu'il tenait en fief, pour une moitié, du duc de Brabant; pour l'autre moitié, de noble homme Gérard de Jauche. Cette donation s'accomplit à Wavre, en présence d'un grand nombre de chevaliers, du maire de Wavre Siger et de la plupart des bourgeois et autres habitants de cette ville; le duc Henri Ier la ratifia par une charte datée de son château de Louvain, où Siger renouvela cette cession, au moyen de l'offrande symbolique de la glèbe et du rameau, par-devant le comte de Namur et les princes (ou barons) du Brabant.
Un Henri de Bierges est cité dans une charte de l'an 1218. Au XIVe siècle, le village reconnaissait pour conseillers ordinaires du duc Jean III, qui le chargea fréquemment de missions importantes. En 1327, il guerroya en Angleterre contre les Écossais et se trouva, en 1338, à la journée du Buironfosse. Il intervint dans la fixation des limites entre le Brabant et le Hainaut, en 1334; scella le traité entre le Brabant et la Flandre, en 1336; fut l'un des quatre arbitres chargés, en 1340, de terminer les débats du duc Jean et du comte de Namur, au sujet de la terre d'Aiseau; scella, le 19 mars 1341-1342, une charte de privilèges accordée à la ville de Louvain, et fut l'un des trois nobles brabançons désignés, le 2 juin 1342, pour former, avec trois Liégeois, un tribunal mixte pour les habitants des deux pays. Dans un acte en date du 15 juillet 1340, Jean III appelle le sire de Bierges « son chier seigneur et cousin ». De concert avec Othon, sire de Cuyck, Herman Van Os et Jean de Meldrege ou Meldert, il se porta caution du roi Edouard III d'Angleterre, pour 2,803 livres 2 sous 6 deniers de gros tournois, qui devaient être remboursés à des habitants de Bruxelles le jour de Pâques 1340, et il s'engagea à ne pas quitter Bruxelles avant l'entier payement de cette somme, engagement dont le roi promit de l'indemniser, lui et les trois personnes citées plus haut, par lettres en date du 18 février.
Agnès, fille de Gilles de Quaderebbe, épousa sire Daniel de Crainhem, seigneur de Wemmel, dont elle n'eut que deux filles. Lorsque, en 1370, la plus jeune, Marie, épousa sire Roland, fils de Bernard de Bornival, son père lui assigna une rente annuelle de 300 livres de vieux gros sur Bierges, avec le droit de lui succéder dans cette seigneurie après sa mort. De cette union naquirent plusieurs enfants, entre autres un fils, nommé Roland comme son père, Elisabeth ou Isabelle, et Marie, femme de Jean Van den Daele.
Elisabeth porta Bierghes à Barthélémy T'Seraerts, qui était seigneur de ce village en 1403-1404. Lorsque leurs fils partagèrent leur patrimoine, le 28 mars 1426, l'ainé, nommé aussi Barthélémy, eut dans son lot la seigneurie de Bierges, celle de Bossuyt, une ferme à Lennick et un plein fief à Assche; le puîné, Guillaume, hérita du manoir de Corbeek-Over-Dyle. On ne dit pas quelle fut la part du cadet, qui se nommait Jean. Leurs sœurs épousèrent : Elisabeth, le chevalier Jean Van der Bruggen; Marguerite, Jean d'Onys de Bruges.
Bierges passa ensuite à messire Louis de Blaesvelt (vers 1456), puis à Philippe de Blaesvelt, qui devint aussi seigneur de Limal. Depuis lors, les deux domaines eurent les mêmes maîtres et leur histoire se confond de la manière la plus complète.
Le fief de Champles relevait directement du Brabant et consistait en une maison (ou château), des terres (d'une étendue de 20 bonniers, en 1374), des bois et des bruyères (60 b., en 1440; 12 b. de bois, en 1496; 17 b. 2 j. de bois, suivant un mesurage effectué le 8 mai 1769), la basse justice, un maire et des masuiers etc., le tout situé dans la paroisse de Wavre, entre les anciens biens des Templiers et les communaux de Bierges. Ce bien appartint successivement à :
Messire Guillaume de Wilre ou Wilder, de Louvain, chevalier (vers 1350);
Arnoul, son fils ;
Guillaume, fils d'Arnoul (1374);
Henri de Wilre (1440);
Martin de Wilre, chevalier, fils de sire Henri (r. du 11 décembre 1460);
Marguerite Boots, sa veuve (r. du 29 mars 1489-1490);
Gaspar de Wilre, fils des précédents (r. du 9 mars 1496-1497);
Pierre Vander Thommen, fils de Louis et de Cornélie de Wilre, sœur de Gaspar (r. du 18 février 1558-1559);
Louis Vander Thommen. seigneur de Wilsele, Linden, Linter, son frère (r. du 6 mars 1564-1565);
Jean, son fils (r. du 30 mai 1587);
Louise, sœur de Jean, et son mari, Thomas Spruyt, bailli de Gaesbeek (r. du 16 novembre 1600);
Thomas, leur fils, par cession de sa mère (r. du 27 août 1648);
Claude-François, fils du précédent (r. du 27 novembre 1679);
Charles-Eugène Spruyt, seigneur de Puttenbergh (sur Pepinghen), et Eugène-François Vander Dussen, seigneur de Kestergat, châtelain d'Ath, ses neveux (r. du 21 octobre 1721);
Jean-François, Louis-Albert et Louis-Joseph, fils du colonel de Mouflin et de Marie-Caroline Spruyt, sœur de Claude-François Spruyt, en vertu d'un acte de partage avec leurs cohéritiers, en date du 24 juillet 1730 (r. du 22 février 1731);
Charles-Emmanuel de Mouflin, fils de Jean-François précité;
Marie-Caroline, fille de Louis-Albert cité plus haut (r. du 19 novembre 1756;
Simon Pins, marchand à Bruxelles, membre de la junte suprême des Monts de piété, par achat à Anne-Marie Lebeuf, douairière de Jean-François de Mouflin, et consorts (r. du 6 décembre 1769);
Lambert Morren, notaire;
Jean-François de Mendivil, procureur au conseil de Brabant, par achat (r. du 6 mars 1780);
Philippe Walravens et ses frères, également par achat (r. du même jour).
La seigneurie del Pierre ou de la Pierre s'étendait au delà de la Dyle, au sud-est de Wavre. Elle avait un maire, des échevins, un sergent, un cens de 64 sous 6 deniers, 33 1/2 chapons, 8 muids 4 setiers d'avoine, et comprenait environ 15 bonniers de bois et de wastines ou bruyères. D'après la taxation de 1474, elle devait le service féodal par un combattant à pied. Ce fief du duché de Brabant apparaît d'abord parmi les possessions des sires de Rixensart; il passa ensuite aux Sombreffe, fut vendu avec Rixensart; par les Virnembourg, seigneurs de Sombreffe, à Eustache de Croy, et cédé par celui-ci à son frère Adrien, comte du Roeux (r. du 1er août 1536), qui le vendit à Antoine, marquis de Berghes, comte de Walhain (r. du 22 août 1538).
Lorsque les possesseurs de Walhain se dessaisirent de la terre de Wavre, ils comprirent dans cette aliénation la seigneurie de la Pierre. La Ferme de la Grande pierre, comme on l'appelle dans un document de l'année 1666, était sans doute un reste du manoir seigneurial; elle s'élevait, paraît-il, un peu à l'est de la Dyle, où l'on a retrouvé, à la limite des prairies et à proximité de la Fontaine de la Pierre, des fondations et d'autres débris de bâtiments.
L'église de Bierges avait rang d'église médiane. Elle était dédiée à saint Pierre et à saint Marcel (ou Marcellin), martyrs dont les habitants célébraient la fête le 2 juin, sans que, en 1666, on parvînt à la faire observer par les cultivateurs appartenant à d'autres paroisses. Après le concordat, on plaça ce temple sous l'invocation de saint Marcellin et de saint Pierre. Il avait d'abord fait partie du concile de Gembloux, de l'évêché de Liège; puis du doyenné de Wavre, dans l'évêché de Namur; il devint alors une succursale de la cure (aujourd'hui, du doyenné) de Wavre, archevêché de Malines.
Outre le patronat de l'église, qu'elle obtint, en 1209, et qui lui fut confirmé : le 20 mars 1239, par Jacques, évêque de Préneste, et le 5 août 1252, par le pape Innocent IV, l'abbaye d'Afflighem possédait la grande et la petite dîme du village, qui lui valait 1,687 florins par an; un tiers de la dîme de la seigneurie de La Pierre, valant 52 fl., et dont les deux autres tiers se percevaient au profit de la chapelle de Rixensart, et un tiers de la dîme de la seigneurie de Wilder ou Champles, valant 75 fl. En 1240, le chapitre de Saint-Lambert, de Liège, permit aux religieux d'employer à leur profit les revenus de l'église, à la condition d'assigner, par an, 20 livres de Louvain, au prêtre qui y aurait le soin des âmes, dans la paroisse, ce qui fut ratifié par l'évêque de Liège Robert (en décembre 1245) et par le légat Pierre, cardinal de Saint-Georges au Voile d'or (13 avril 1247). Après de longs débats, une décision arbitrale, prononcée par le prieur d'Afflighem H., Lambert, prieur de Frasnes, et M., investi (ou curé) de Loupoigne, fixa le taux de la portion ou compétence de l'investi de Bierges (acte du samedi avant la Sainte-Marie-Madeleine, en 1242). Elle comprenait : en 1511, un revenu de la valeur de 27 muids d'épeautre; en 1666, un tiers de la dîme, 10 bonniers de terres, 2 1/2 b. de bois, outre 30 halster de seigle, par an, et 2 1/2 b. de terres, légués à charge d'anniversaires; en 1787, 11 b. de terres, 3 b. 1 journal de prés, 1 b. de bois et 413 florins (qui furent portés, le 18 octobre 1789, à 500 fl.) payables par l'abbaye d'Afflighem. En 1787, le revenu du curé s'élevait à 695 florins. En vertu d'une décision de l'autorité supérieure, le prieur de Basse-Wavre (représentant l'archevêque de Malines et le monastère d'Afflighem) devait se faire remplacer, à Bierges, par un vicaire perpétuel, et il lui était défendu d'y célébrer la messe en personne. Cette injonction de l'évêque de Namur fut confirmée par des lettres de maintenue, émanées du conseil de Brabant et datées du 23 août 1646.
C'était encore à l'abbaye qu'appartenait la collation des bénéfices. La dotation de la chapellenie de la Vierge valait par an, en 1511, 5 muids d'épeautre; elle comprenait 4 1/2 b. de terres et produisait, en 1787, 72 fl. 10 sous. Celle de la chapellenie de Saint-Nicolas valait, en 1511, 5 muids d’épeautre, comprenait aussi 4 1/2 b., et produisait, en 1787,90 fl. Chacun de ces bénéfices était chargé de 24 messes par an. Le marguillier avait, pour tous émoluments, en 1787, 12 setiers de seigle et 12 fl. 15 sous. Le revenu de la fabrique s'élevait : en 1666, à 18 florins, provenant d'une petite dîme, outre le produit de 1 1/2 b. de terre et de 1 j. de prés; en 1787, à 63 fl. 3 sous; en 1846, à 510 francs.
On ne possède aucun renseignement sur l'ancienne église, si ce n'est que l'autel Saint-Nicolas, ainsi qu'un balistium placé au milieu du vaisseau, empêchaient de voir le maître-autel. Elle se trouvait à l'est et au-dessous de l'église actuelle, à l'endroit qu'occupe aujourd’hui le jardin du presbytère. On en voyait encore des vestiges, il y a une trentaine d'années, époque à laquelle M. le curé Narez planta les beaux arbres qui ornent ce jardin; aujourd'hui il n'y reste plus qu'une pierre taillée en piédestal, dont l'une des faces porte cette inscription : « Icy repose | Jan Cordier | lequel très | passa le 15 | de décembre | 1672 prié | Dieu pour | son ame ».
Lorsqu'on démolit l'ancienne église, en 1787, les habitants de Champles demandèrent, dit-on, que la nouvelle fût établie vers le centre de la commune, au Point du jour. Leurs réclamations ne furent pas accueillies, et, la même année, on éleva l'église actuelle, qui fut achevée en 1788. Elle est bâtie en briques, avec anglées et soubassement en pierres, et elle est précédée d'une tour carrée, à flèche octogone. Le cimetière vient d'être clôturé d'un mur en briques; on y a réservé aux dissidents un petit compartiment, avec entrée séparée. Quatre beaux tilleuls sont plantés devant la porte du temple.
A l'intérieur, l'église est disposée en basilique à trois nefs, de style renaissance, que des arcades de plein cintre divisent en quatre travées. L'ornementation est simple, mais de bon goût; les boiseries sculptées du chœur, du banc de communion, de la chaire et des confessionnaux ne manquent pas d'élégance. L'autel-sarcophage, avec tabernacle à colonnes composites, est aussi en bois, en partie naturel, en partie doré. Au mur méridional du chœur, on remarque extérieurement une couche de mortier avec la date 1815; c'est la place où un boulet est venu frapper l'église. Près de là est la pierre tumulaire du curé Quéwet, mort en 1832, après 45 ans de pastorat. En 1815, les Prussiens l'arrachèrent de son presbytère, le traînèrent devant l'église et le laissèrent pour mort, après l'avoir criblé de coups de sabre qui lui labourèrent la figure et lui enlevèrent trois doigts de la main.
Le pèlerinage de Saint-Fiacre est assez fréquenté. La chapelle qui existait à Champles et qui, en 1787, avait disparu depuis longtemps, était placée sous l'invocation de la Vierge; l'archevêque et le curé de Bierges s'en disputaient la collation. En 1511, la chapellenie valait, par an, 5 muids d'épeautre et était chargée d'une messe par semaine; en 1787, il existait deux bénéfices : le premier ayant un revenu de 24 fl. 10 sous et chargé de 10 messes par an; le second possédant 6 journaux de terre (revenu : 24 fl. 7 sous), chargé de 12 messes par an, et tenu en outre d'entretenir l'oratoire, ce qui avait occasionné des procès et, par suite, la ruine de l'édifice.
La mention d'un terrain appelé la Ladrée témoigne de l'existence d'une ladrerie.
Les biens des pauvres consistaient : en 1666, en 8 b. de terres et 6 j. de prés; en 1787, en 7 b. 3 j. de terres et 3 j. de prairies (produit, y compris quelques rentes, 381 fl.).
Le budget du bureau de bienfaisance, pour l'année 1850, a été fixé comme suit:

Une école, avec logement pour l'instituteur et maison commune, a été construite, en 1840, sur les plans de M. Moreau. Le nombre des enfants pauvres qui ont été admis par la commune, en 1858-1859, à recevoir l'instruction, s'est élevé à 126 : 57 garçons et 69 filles.
La fête communale se célèbre le 1er dimanche d'octobre, la fête de Champles huit semaines après Pâques.

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