
Ce nom se présente d'abord avec l'orthographe qu'il a conservée (1092, 1191, 1230, 1312, 1395, 1414, 1558, 1587, 1602, 1626, 1686, 1763, an XIII), et qui s'est transformée ensuite en Boussu (1152), Boussut (1172, 1210, 1403, 1413-1444, 1574, 1673), Bossu (1614, 1787), Bossu (1636). En flamand, on écrit Bossuit (1209, 1374, 1465, 1406) ou Bossuyt (1401, 1436, 1449, 1483, 1529, 1565, 1633, 1653, 1661, 1691, 1755), et quelquefois Bossuut (1312) ou Bossuwyt (1417). En latin, ce nom devient Bossutum (1441).
On a souvent rattaché au mot latin buxetum, qui signifie un lieu où croit du buis, le nom des communes de Bossut-sur-Dyle, Bossuyt-sur-Escaut, Boussut-sur-Haine, Boussut-sur-Heure, Boussut-en-Fagne. Si l'on avait réfléchi que le buis n'est indigène en Belgique que dans les vallées de la Meuse et de la Sambre, ou à peu de distance de ces rivières, on n'aurait pas adopté cette étymologie. On n'a pas remarqué non plus que le mot qui indique la présence du buis dans une localité, celui de Buissière, sert de nom à deux communes du Hainaut, où cet arbuste est abondant : la Buissière et Sart-la-Buissière, situées entre Boussut-sur-Haine et Boussut-sur-Heure. Il est plus naturel de dériver Bossut de la forme flamande Bossuyt, qui signifie Hors du bois et qui correspond à Coron-du-Bois, nom de plusieurs hameaux wallons.
La commune de Bossut est limitrophe de celles de Nethen, Hamme, Nodebais, Piétrebais, Biez, Grez, Archennes et Rhode-Sainte-Agathe.
Bossut est à 2 1/2 kilomètres d'Archennes, 3 kilom. de Hamme, 3 1/2 kilom. de Nethen, Nodebais et Grez, 5 kilom. de Biez, 6 1/2 kilom. de Rhode-Sainte-Agathe, 7 1/2 kilom. de Piétrebais, 9 kilom. de Wavre, 34 kilom. de Bruxelles, 37 1/2 kilom. de Nivelles.
L'église de Bossut se trouve située par 56 grades 40 de latitude N. et 2 grades 62 de longitude E. L'altitude du seuil de la porte de l'église est de 92 mètres 64.
Bossut et Gottechain ayant formé des communes distinctes jusqu'à ce qu'un décret impérial du 15 février 1811 les eût réunies sous le nom de commune de Bossut, il existe, antérieurement à cette date, des procès-verbaux de délimitation séparés pour chacune d'elles. Les procès-verbaux de Bossut sont du 20 prairial an XII et du 18 juin 1810; ceux de Gottechain, du 28 vendémiaire an XIII et du 5 juin 1810.
Le cadastre divise le territoire de Bossut en 7 sections : la section A ou de Pécrod, la section B ou de Malaise, la section C ou du Village, la section D ou de Guertechain, la section E ou de la Chaussée, la section F ou de Gottechain, la section G ou de Beausart.
Au 1er janvier 1859, ces sections se trouvaient morcelées en 2,287 parcelles, appartenant à 563 propriétaires, donnant un revenu cadastral de 81,061-22 fr. (sol : 73,592-22; bâtiments : 7,469-00) et ayant une contenance de 1,492 hectares 98 ares 70 centiares (imposable : 1,447 hect. 22 a. 10 ca.; non imposable : 45 hect. 76 a.60 ca.).
Cette contenance globale se subdivisait ainsi en 1834 :

En 1686, Bossut comprenait 692 bonniers, dont 534 b. 3 journaux de terres, 18 b. 1 j. de prés, 126 b. de bois et 13 b. de communes, et Gottechain 294 b. 1 j., dont 230 b. de terres, 9 b. 1 j. de prés, 21 b. 2 j. de bois et 33 b. de communes.
On comptait : à Bossut, en 1374, 55 ménages; en 1436, 105 foyers; en 1464, 69 foyers; en 1472, 73 foyers; en 1492, 32 foyers; en 1526, 49 maisons, dont 1 inhabitée; en 1559, 49 maisons; en 1686, 21 maisons et 2 tavernes : à Gottechain, en 1374, 32 ménages; en 1436, 1464, 1472, 1492 (voyez INCOURT); en 1526, 30 maisons; en 1686, 6 maisons et une taverne; dans les deux localités réunies, au 31 décembre 1856, 286 maisons.
Le village de Bossut, qui compte 107 maisons; le village de Gottechain, 75 maisons; le village de Pécrod-la-Chaussée, 104 maisons.
Bossut occupe le sommet d'un plateau à l'ouest de la route de Wavre à Hamme. Quelques belles fermes et sa grande église lui donnent une importance plus apparente que réelle, car dans les 107 maisons que nous lui assignons sont compris les écarts du Grand Royal, de Guertechain, de Chabut et du Pavé.
Le village de Gottechain (Gotirez, orthographe vicieuse d'un diplôme de l'an 1059; Gotenchien, 1152, 1155, 1200, 1274, 1312, 1321; Gottechien, 1152, 1253, 1417, 1450, 1565, 1590, 1636, 1657, 1728, 1731, 1787; Gotenchin, 1201; Gothegien, 1274; Gothengien, 1292; Gottekien, 1374; Gottenchien, 1403-1404; Godechien, 1406, 1626; Gothechien, 1417, 1422; Gottechain, 1532-1535, 1685, an XIII, 1807; Gouttechien, 1540-1543; Gothecien, 1567; Gottercliien, 1673, 1706; Gotterchiens, 1679; Gottechin ou Godtechien, 1787; en flamand, Gottechem, 1126, 1436, GRAMAYE; Gotteken, 1374, 1383, 1395; Gotengyn, 1278), qui se trouve à 1,500 mètres E.-S.-E. de Bossut, de l'autre côté de la route de Wavre à Hamme, est situé à l'extrémité occidentale de la vaste plaine de la Chise; la plupart de ses maisons sont même déjà bâties sur le versant du petit ruisseau de Lembais.
Au pied des collines sablonneuses qui bordent la Dyle, le long de prairies marécageuses et de tourbières, se sont formés, à une époque reculée, deux hameaux : Pécrod (Peckrode, VAN GESTEL; Pecquero, 1784; Pécrot, 1787, an Xlll), situé en partie sur Nethen, et la Chaussée (A la Chaussée, sous Bossut, 1769), qui ont fini par se rejoindre et ne former qu'une seule agglomération, sous la dénomination collective de Pécrod-la-Chaussée. Ce village, d'assez chétive apparence, se trouve à 3,300 mètres O.-N.-O. de Bossut; il est côtoyé, dans toute son étendue, par le chemin de fer de l'Est belge. On rencontre dans beaucoup de maisons des pierres provenant de l'abbaye de Florival.
A 800 mètres N. de l'église de Bossut, le Trou de chien, métairie; à 1,100 m. N.-N.-E., la ferme du Grand Royal, que l'on prononce toujours Grand Roïa (Grand Roya, 1686) et dont la porte cochère est surmontée d'une pierre armoriée avec la devise : Mea vide et provide; à 1,600 m. N.-E. ; le Château de Guertechain (Grattenkien, 1312, 1468; Gratenkien, 1374, 1587; Gratenquien, 1587; Gretteken, 1530; Guidechien ou Gerdechien, 1735; Maison de Guettechin, 1763, 1783, appelée aussi Maison d'Aix, d'après quelques-uns de ses anciens possesseurs; en flamand, t'huys van Aken, 1530, 1608, 1707); à 2,000 m. N.-E., l'écart du Chabut, qui compte 5 maisons, vers la limite de Hamme; à 3,500 m. S.-E., la ferme de Beausart (Pulchrum sartum, in terra de Gotenchien, 1152; Bellum sartum, 1244; Bialsart, 1319, 1321; Beausart, 1403-1404, 1486); à 2,800m. S.-E., le petit écart de Linsmau; à 600 m. S.-E., Au Crapaud, sur la route de Wavre; à 900 m. S.-S.-E., Wigy, sur la même route; à 1,000 m. S., la Belle vue ou Socquet, auberge, sur la même route; à 2,300 m. O., Briche-ès-Bois; à 2,700 m. O., Rouge maison; à 2,100 m. O.-N.-O., la Malaise (Cense de la Malhaise, 1769; Cense la Malaise, 1787), ferme; à 2,600 m. O.-N.-O., la Maison de la Chapelle Robert; à 4,300 m. O.-N.-O., le Moulin du Pont des Brebis.
Grand pré; Tervères (tourbières); le Creno; Grand cortil; le Tri;Bruyère Pensée; Bois des Racines; les Vallées (le Valei, 1369); Bruyère de la Chaussée; Tienne Pâlotte; Bois du Parc; Bois des Trois chênes ou des Trois chemins?; Bruyère de Pécrod; Fraite; Petit champ; Petit pré; Entre les deux Marbaises; Noire voie; Champ de la Croix (Pécrod); Sept bonniers; Bois de Malaise; Bois Saint-Bernard; Bois Lejeune; Verte voie; Allée à l'hutte?; Bois planté; Champ de Malaise; Presval; Bruyère al Baille; Rechtstraet; Champ des Souris; Champ des Chéneaux; Champ de Nethen; les Chavées de Wez; la Hoccaille, dont le cadastre a fait le Champ aux Cailles; Val du Puits; Champ de la Planche; Champ de Hamme; Cortil des Haies; Aux Grands arbres; Bois Saint-Martin; Cortil Gérard; Haut chemin; Chemin de Tirlemont; Champ de la Croix (Guertechain); Champ du Chabut; le Bloquia; Champ de la Balaine; Voie des Balaines; Bois Gilot; Sept bonniers; Champ de Grez; Marlère (marnière) Hallaux; Au Sahu; Prés du Château; Étang des Pauvres de Fourinnes, converti en prairie; la Brouette; le Gautvin; Quatre bonniers; Sauci; Champ Al Vaux; Grand brou (Grand Broux, 1728); Petit brou; Champ de la Criquaille (les Craquelles, 1728); Cortil Fontaine; Bois Mornard ou Hallaux; Champ de la Vallée; Chapelier; Grande closière; Ferme du Chapitre de Nivelles, que le cadastre transforme en Ferme du Champêtre; Champ de la Longue haie; Champ des Saules; Champ de Beausart; Champ de la Tombe (A la Tombe, vers la Chise, 1321); Champ du Peuplier du Pendu; Champ du Peuplier du Fusillé; Ferme Delstrée; Champ de la Brile; le Buisson; Chemin du Berger; Chemin des Prairies;. Chemin des Béguines; les Saules Bauwens; la Hausette ou Haugette; Ferme Servais; Fosse à Veau; Chemin des Meuniers; le Saule Maître Jérôme; Chemin des Foins; Bois de Linsmau; Bois de Beausart; Vieux chemin de Louvain; Chemin du Moulin; Voie d'Hougaerde; Petite chaussée; Vieux pont; Ruelle Magoche; Tri de Gottechain; Tienne Auguste; le Roué; Tilleul de Beausart; Chapelle Robert; Chapelle Thomas ou de l'Immaculée Conception.
Bruyère Saint-Martin (FERRARIS); le Vert bonnier, à Gothengien (1369); Fontaine con dist de Latromont (1369); Fontaine de Gratenkien, 1374; au Courtil Saulvaige, Pypemont, Broctiau, Entre Maha et Pierson, Vaulx des Pusches, desoubz le Tris Regnier, mentionnés en 1531; Al haize Latrimont, Champ de Latrimont, Ruelle Damodere, Monthry, près du chemin de Gottechain à Grez; Courtil Maigmont, à Madame de Kestergat; Longue-haye, Mortierfosses, Vallée de Nodebais, Au Sablon, Vaul de Gottechien, Champ des Pretz, Chemin de Grez à l'arbre Saint-Job, Al Gouffe, près du Broux de Gottechain, Maison al Pisselotte, cités en 1728; Viel Sault, arbre près de Beausart (1742).
Le territoire de Bossut se compose, en général, de belles plaines et ne présente de mouvements un peu brusques qu'à son extrémité occidentale, vers le hameau de Pécrod-la-Chaussée. On rencontre cependant encore quelques accidents de terrain aux petites vallées du Lembais, du Saint-Denis et du Beausart. Le point culminant est à la Chapelle du Champ de Beausart, vers la limite de Nodebais, où l'on a constaté une altitude de 104 mètres.
L'étage inférieur du système landénien se manifeste par de la marne, au sud du Grand Brou, et par du psammite, au champ du Sahu, sur la rive droite du Lembais.
L'étage supérieur est représenté, sur l'autre rive de ce ruisseau, au nord-est du Grand Brou, par du sable glauconifère, que l'on retrouve au confluent du Beausart.
A ces terrains succède, en remontant la colline sur laquelle est bâti le village de Gottechain, de l'argile yprésienne, que l'on remarque aussi au nord du vallon de Gauwin, près de la route de Wavre.
Le système bruxellien règne sur presque tout le territoire de Bossut; mais sur les plateaux ses sables disparaissent sous le limon hesbayen. Entre Beausart et Linsmau, le sable est accompagné de grès; au sud de Gottechain et près de la ferme du Chapitre, il est ferrugineux.
Les prairies marécageuses qui bordent la Dyle appartiennent aux alluvions modernes. Sur plusieurs points on y rencontre des tourbières. On a extrait de la tourbe dans un bien communal nommé le Creno; mais cette extraction a cessé et actuellement on s'efforce, au contraire, d'exhausser le sol, au moyen du sable des collines voisines, pour le livrer à la culture.
Tout le territoire de Bossut appartient au bassin de l'Escaut; les cours d'eau qui arrosent cette commune sont : la Dyle, le Saint-Martin, le Guertechain, la Marbaise, le Lembais, le Piétrebais et le Beausart.
La Dyle cesse d'être limitrophe entre Ottenbourg et Archennes, pour le devenir entre Rhode-Sainte-Aga-the et Bossut; reçoit plusieurs rigoles d'assèchement des prairies de la rive gauche; communique avec la Marbaise (r. dr.); active le moulin du Pont des Brebis par une chute de 1 mètre 22; et abandonne le territoire de Bossut pour pénétrer sur celui de Rhode, après un parcours, entièrement mitoyen, de 2,900 mè-tres dans la direction du S.-S.-E. au N.-N.-O.
Le Saint-Martin est un filet d'eau qui prend sa source à la lisière du bois dont il porte le nom; alimente les mares du Grand Royal; devient limitrophe de Nethen, à partir du Petit Royal; et passe sur le territoire de Hamme, après un parcours de 1,100 mètres, dont 300 mitoyens, dans la direction du S.-S.-O. au au N.-N.-E. Il tarit souvent en aval du Grand Royal.
Le Guertechain prend sa source à l'est du château qui lui donne son nom; et passe sur le territoire de Hamme, après un parcours de 700 mètres dans la direction du S. au N. Il est très souvent à sec et finira par disparaître comme une foule d'autres ruisseaux.
La Marbaise prend sa source aux tourbières du Creno; traverse des prairies marécageuses; se sépare (r. dr.), au Tri, d'une dérivation nommée la Petite Marbaise; communique un peu plus bas (r. g.) avec la Dyle (r. dr.); arrose le Grand pré; et passe sur le territoire de Nethen, après un parcours de 2,000 mètres, dans la direction du S.-S.-E. au N.-N.-O.
La Petite Marbaise se dirige aussi vers Nethen, où elle pénètre après un parcours de 1,050 mètres, dans la direction du S. au N.
Le Lembais (Lembay, an XIII) prend sa source an nord du Grand brou, près de Gottechain; sert un instant de limite entre Bossut et Grez; et passe complètement sur le territoire de cette dernière commune, après un parcours de 900 mètres, dont 200 mitoyens, dans la direction du N.-N.-E. au S.-S.-O.
Le Piétrebais ou Saint-Denis ou Coqueroux vient de Grez; sert momentanément de limite entre cette commune et celle de Bossut; reçoit le Beausart (r. dr.); et retourne à Grez, après un parcours, entièrement mitoyen, de 250 mètres, dans la direction du S.-E. au N.-O.
Le Beausart prend sa source au sud de la ferme dont il porte le nom; traverse le bois de Beausart; et se réunit au Piétrebais (r. dr.), après un parcours de 1,100 mètres dans la direction du N.-E. au S.-O.
On comptait : à Bossut, en 1709, 174 habitants; en 1784, 464 habitants : 2 prêtres, 74 hommes, 87 femmes, 95 garçons et 90 filles âgés de plus de 12 ans, 65 garçons et 51 filles âgés de moins de 12 ans (dans la paroisse, 643 personnes : 2 prêtres, 242 hommes et garçons âgés de plus de 12 ans, 243 femmes et filles âgées de plus de 12 ans, 87 garçons et 69 filles âgés de moins de 12 ans; suivant un autre document, il y avait, à Pecquero seulement, 198 habitants); en l'an XIII, 546 habitants; à Gottechain, en 1709, 89 habitants; en 1784, 156 habitants : 25 hommes, 31 femmes, 31 garçons et 29 filles âges de plus de 12 ans, 25 garçons et 15 filles âgés de moins de 12 ans (dans la paroisse, voir BOSSUT; suivant un autre document, 162 habitants, dont 20 environ à Beausart); en l'an XIII, 206 habitants; dans les deux localités, au 31 décembre 1831, 1,199 habitants; au 31 décembre 1856, 1,412 habitants (wallons).
Les registres de l'état civil remontent à l'année 1635.
Les bois ont ensemble 110 hectares; ils portent les dénominations de Bois de Beausart, Bois Saint-Martin, Presval, Bois Planté, Bois Lejeune, Bois Saint-Bernard, Bois des Racines, Bois du Parc.
D'après les recensements généraux, les exploitations agricoles se classaient de la manière suivante par rapport à leur étendue :

Les exploitations de plus de 50 hectares sont : Beausart (120 hect.), tenue par M. Poot (P.), appartenant à M. Van Dormael; Stagnée (118 hect. ), tenue par M. Thuinas (J.-M.-J.), appartenant au comte de T'Serclaes - de Beeckman; le Château ( 84 hect. ), tenue par M. Maréchal (J.-N.), appartenant au baron d'Hooghvorst; Malaise (80 hect.), tenue par M. Gomand (J.-J.), appartenant à M. Delebecque; le Grand Royal (73 hect.), tenue par M. Huyberechte (M.), appartenant à M. Vanderdeyn.
Le nombre des animaux domestiques constaté par les recensements généraux s'élevait à :

Les terres exploitées par les cultivateurs de la commune se répartissaient ainsi:

Ce chiffre total se subdivisait en biens exploites :

En moyenne l'hectare de terre était estimé à:

L'ancienne verge linéaire a 18 1/2 pieds de Louvain.
Jadis, il n'existait aucun moulin à blé à Bossut; les habitants de cette localité étaient tenus de faire moudre leurs grains au moulin de Louesart, situé sur la Dyle (voyez GREZ), et supprimé ensuite au profit du moulin de Basse-Wavre.
Actuellement, il n'y a que deux usines à Bossut: une brasserie à la ferme de Beausart, qui ne travaille pas pour le public, et le moulin du Pont des Brebis, que M. De Vroede a été autorisé à établir, le 14 janvier 1854. Ce dernier établissement est activé par la Dyle, qui fait mouvoir deux roues hydrauliques, dont la retenue est à l'altitude de 28 mètres 57. L'une des roues commande 5 paires de meules à farine, l'autre 23 moulins à broyer le sable; chacun de ces moulins triture à la fois 10 kilogr. de sable; l'opération est terminée en 24 heures; le produit sert à la fabrication du bleu d'azur pour blanchisseuses.
Beaucoup d'ouvriers maçons quittent la commune pendant la bonne saison.
Le chemin de fer de l'Est belge traverse le territoire de Bossut sur 2,050 mètres; il a nécessité la construction de deux viaducs.
La route provinciale de Wavre à Hamme traverse la commune sur 2,800 mètres; celle de Wavre à Hannut, sur 1,550 mètres.
On compte 48 chemins et 27 sentiers vicinaux, mesurant ensemble 72,268 mètres, dont 2,000 environ sont pavés.
En 1742 il existait, à la limite de Nodebais, à peu de distance de la ferme de Beausart, au nord du chemin de Bossut à Jodoigne et d'une grande parcelle de terre dite la Campagne de la Tombe, un tumulus qui est cité dans un acte de l'an 1321 (a le Tombe, vers la Chise) et dont il n'existe aujourd'hui plus de traces. Deux ou trois autres monticules artificiels, de peu d'importance, nous ont été signalés comme se trouvant dans le Bois de Beausart. Il y a une dizaine d'années, le nommé Guillaume Dagneau trouva, dans sa propriété, à Gottechain, des poteries romaines en terre sigillée; mais, comme il a émigré en Amérique, nous n'avons pu savoir ce que ces objets sont devenus. A l'extrémité occidentale de la commune, le nom de la Chaussée, que porte depuis plus de cinq siècles le village dit actuellement Pécrod-la-Chaussée, constate l'existence d'une ancienne voie; selon toute apparence, elle venait par Nethen de la forêt de Meerdael, suivait à quelque distance la rive de la Dyle, et passait à Archennes, à Gastuche, à Limelette, où on retrouve la même dénomination, en sillonnant une contrée où nous avons rencontré de nombreux vestiges d'antiquités, les unes romaines, les autres antérieures à la conquête de César.
Au XIe siècle, deux agglomérations principales s'étaient formées : l'une à Bossut, au centre du plateau qui s'étend entre le Train et la Nethen; l'autre à Gottechain, sur un autre plateau, un peu plus à l'est. Cette dernière se groupa autour d'une ferme appartenant au chapitre de Nivelles, et figure, à ce qu'il semble, sous le nom corrompu de Gotires, dans le diplôme par lequel le roi Henri IV confirma le partage des biens de ce chapitre, en 1056. Les ducs de Brabant, dans cette localité comme ailleurs, s'efforcèrent d'étendre leur pouvoir au détriment des droits des chanoinesses. C'est ce qui résulte d'une charte du duc Henri III, du mois de janvier 1253-1254, et par laquelle il désavoue les usurpations commises par ses officiers en plusieurs endroits, notamment à Gottechain.
En 1292, le duc Jean Ier donna ou plutôt confirma aux masuwiers ou tenanciers de Gottechain « les brous, les warissais et les aisezmens », c'est-à-dire les prairies et les terrains vagues, de cette localité, pour les posséder comme antérieurement, à la seule condition de payer un cens à lui, duc, et au chapitre; il les autorisa aussi à y planter, mais avec défense d'y établir de clôture et de vendre ou céder, soit la totalité, soit une partie de ces biens. Afin de donner plus de force à sa charte, qui est datée du vendredi après les octaves de la Trinité, il enjoignit à son fils Jean d'y apposer aussi son sceau.
Les sires de Rhode-Sainte-Agathe avaient à Bossut une seigneurie de peu d'importance, ne consistant qu'en un cens peu considérable levé sur quelques tenanciers. Lorsque Guillaume, comte de Seyne, acquit ce domaine, il profita de l'affection qu'avait pour lui sa vieille parente, la duchesse Jeanne, pour en augmenter l'importance. « En récompense des services que le comte lui avait rendus depuis sa jeunesse », la souveraine du Brabant lui donna, pour lui et pour les enfants et descendants qui proviendraient de son mariage avec Catherine de Schoonvorst, tout ce qu'elle possédait à Bossut et Gottechain en cens, rentes etc., avec le droit d'y constituer un maire et des échevins, et en se réservant seulement la haute justice, le droit de prélever des aides (ou impôts) et celui de faire sonner la cloche (1er avril 1395-1396). Cette concession ne fut pas officiellement notifiée aux officiers du duché, car, dans le Compte du bailli de Nivelles pour l’année 1403-1404, on lit, contrairement aux expressions formelles du diplôme précité, que la duchesse avait cédé au damoisel de Brabant Bossut, pour un terme de dix ans; Gottechain, pour douze ans : on ne sait comment, ajoute-t-on, ni en quelle manière, ni quelle seigneurie a ». Les aliénations de domaines étaient alors fort mal vues et celle-ci ne subsista pas longtemps. Lorsque le neveu de Jeanne, Antoine de Bourgogne, succéda au duché, Guillaume de Seyne cessa d'être en faveur. Il fut obligé de renoncer à tout ce que la duchesse lui avait donné à Hoeylaert, à Bossut et à Gottechain et en rentes, sauf une rente annuelle de 800 florins (20 juillet 1406).
Pendant qu'il avait toute l'autorité à Bossut, en 1402, le sire de Chaumont, soutenu par le sire de Houffalize, entra avec des troupes dans le Brabant et livra aux flammes le village de Bossut. Il était en querelle, suivant Divæus, avec Jean de Bossut, qui avait une seigneurie dans le village.
En l'année 1417, Jean de Bossut, devenu bailli de Nivelles, arrêta et calengea, c'est-à-dire mit à l'amende, le maire et les échevins du chapitre de Nivelles, à Gottechain, parce qu'ils avaient empiété sur la juridiction appartenant au souverain et « plus avant jugé qu'ils ne dévoient ». Il les accusa d'avoir « exploité de faire payer les dettes de meubles et de chatels, de visentier les avant-frons entour la ville et dedans, de planter bornes sur les chemins quant les parties le requéroient », c'est-à-dire : de poursuivre le recouvrement des sommes prêtées sur garantie mobilière, de surveiller les constructions longeant les chemins, d'aborner ces derniers lorsque des particuliers en faisaient la demande. Jean provoqua une réunion des échevins de Jodoigne et du maire et des jurés de Lathuy, qu'il invita à spécifier les droits dont le duc de Brabant jouissait dans la juridiction de Lathuy et particulièrement à Gottechain. D'après eux, les habitants de ce dernier village devaient être jugés à Lathuy, pour tout ce qui concernait « leurs corps et l'avoir de meubles et de cheteis » (et non pour ce qui était relatif aux fons et roye, c'est-à-dire aux immeubles); c'était aussi à Lathuy que s'effectuaient les ventes des meubles au bâton (à la criée) et la montre (ou visite) des armures, quand l'ordre venait de prendre les armes; enfin c'était encore le maire de cette localité qui procédait à l'examen des voies et chemins et des avant-frons, à Gottechain (19 août 1417).
Le maire de cette seigneurie s'étant fait recevoir bourgeois de Louvain, le bailli, afin de ne pas entrer en contestation avec les magistrats de cette ville, invita les échevins de Jodoigne et les jurés de Lathuy à y venir rendre témoignage de l'étendue des deux juridictions. Les échevins étaient au nombre de quatre, qui tous vinrent à cheval, et les jurés de Lathuy, au nombre de cinq, dont deux seulement vinrent à cheval; ils reçurent une indemnité globale de 3 couronnes et 4 doubles blancs ou 14 sous 7 deniers. Les échevins de Louvain, semoncés par leur maire, demandèrent un délai et tardèrent à se prononcer. La cour ou échevinage de Gottechain dut rester fermée pendant quelque temps, mais le chapitre en obtint la réouverture, en payant au duc 8 couronnes (1421-1422). D'après un autre document, l'accusation formulée contre les échevins fut ensuite reconnue non fondée, à la suite de l'enquête, et le maire, encore cité pour un fait pareil, fut acquitté. Les échevins de Gottechain se présentèrent alors devant ceux de Nivelles, leurs chefs de sens, qui les déclarèrent innocents, le 16 mars 1422.
La querelle une première fois assoupie, se ralluma en 1463. Les biens d'une nommée Mehault ou Mathilde ayant été saisis par des sergents du duc de Bourgogne, à la requête de tiers, le maire du chapitre, Jean des Blanches Dames, osa « rompre cet abandon », c'est-à-dire violer cette séquestration, et s'emparer d'une partie de ces biens au profit du chapitre, quoique le sergent ducal le lui eût défendu, sous peine d'une amende de 2 ridders. Mehault, avertie qu'on allait procéder contre elle, s'enfuit en emportant tout ce qu'elle possédait, sauf des objets valant un florin du Rhin. Le maire du chapitre ayant fait vendre ce qu'elle avait abandonné, le maire (ducal) d'Incourt ordonna de l'emprisonner et ne le relâcha que lorsqu'il eut fourni une caution de 200 florins. Jean des Blanches Dames dut acheter son pardon en payant l'amende de 2 ridders et, de plus, les dépens du procès, qui s'élevèrent à 4 peters.
En l'année 1444, un vol fut commis à Bossut dans la maison d'Alverfonse, sire de Ligny, et le feu fut mis à cette habitation. Le principal coupable, Arnoul Wilmart, de Bossut, fut arrêté, condamné et roué dans le village voisin de Nethen. L'un de ses complices, Jamot, fils de Hennequin Visenayse, quoique arrêté à Bossut, sous la juridiction ducale, fut conduit à Rhode-Sainte-Agathe par les officiers de messire. Conrad d'Elsloo, seigneur de ce village et de Nethen. Comme Conrad n'avait qu'une cour foncière à Bossut, le bailli du Brabant wallon ordonna de séquestrer ses biens, et le conseil du duché, saisi de la question, ordonna une enquête. Dans l'entretemps, Jamot parvint à s'échapper, et le bailli, craignant qu'il ne causât encore d'autres dégâts, parce qu'il connaissait parfaitement le pays, l'admit à composer moyennant 15 peters. Conrad d'Elsloo, de son côté, avait demandé grâce, et le bailli, quoique avec répugnance, avait consenti à négocier avec lui, à la condition qu'Alverfonse fût indemnisé; celui-ci, afin de ne pas tout perdre, accepta une indemnité de 15 à 20 florins.
Vers 1530, le chapitre de Nivelles essaya encore d'attenter aux droits du souverain, et soutint qu'il devait connaître des actions personnelles des habitants de Gottechain et des amendes encourues parce que des animaux étaient entrés sur des fonds n'appartenant pas à leurs maitres. Le maire d'Incourt dut soutenir un nouveau procès; par une sentence en date du 5 octobre 1532, le souverain fut maintenu dans ses droits et hauteur, sauf au chapitre à faire valoir ses prétentions.
Ydoulle de Gottechain fut exécutée comme sorcière en 1540-1543; la vente de ses biens, confisqués au profit du souverain, produisit 8 1/2 florins carolus, soit 2 livres 2 sous 6 deniers de gros.
En 1605, les habitants de Bossut furent décimés par une peste, qui ne cessa, dit-on, qu'à l'intercession de Notre-Dame de Wavre.
Les troupes anglo-hollandaises campèrent dans la plaine qui s'étend entre Bossut et Meldert, du 30 juillet au 15 août 1705; elles avaient en vain tenté une attaque contre l'armée franco-espagnole, postée à Corbeek-over-Dyle; elles quittèrent leur nouvelle position pour se diriger vers Court-Saint-Étienne et Ottignies. Pendant leur séjour à Bossut, la mortalité fut très grande dans leurs rangs, et leurs généraux profitèrent de leur inaction momentanée pour faire raser par des paysans les lignes ou retranchements que les ennemis avaient fort inutilement établies le long de la Gette, afin de défendre l'accès du Brabant. Beaucoup de maisons furent minées à Bossut pendant les longues guerres de cette époque, et leur emplacement était encore abandonné en 1728. En 1674, notamment, la ferme de la Malaise, appartenant à l'abbaye de Florival, avait été brûlée par les troupes, et le monastère avait à peine dépensé 1,200 florins pour la rebâtir, qu'elle fut de nouveau complètement incendiée, le 6 septembre 1676. La ferme du chapitre de Nivelles fut également livrée aux flammes; le chapitre de Nivelles en ordonna la reconstruction, le 24 mars 1685.
En l'an VIII de la république française, quelques-uns des agents du pouvoir exécutif dans le canton de Grez se concertèrent pour transférer à Bossut le siège de l'administration municipale. Cette décision illégale ayant été cassée par l'administration départementale, les agents de Nethen, de Dion-le-Val et de Gottechain refusèrent d'obéir et furent, le 27 frimaire, suspendus provisoirement de leurs fonctions.
En 1811, la commune de Gottechain fut réunie à celle de Bossut.
Pendant la campagne des Hollandais en Belgique, en 1831, un corps de l'armée du prince d'Orange, la division du général duc de Saxe-Weimar, se porta, dans l'après-midi du 10 août, de Tirlemont sur Bossut et coupa les communications de Louvain vers Namur et Wavre. On songea un instant à arrêter sa marche en fermant les écluses de la Dyle et en inondant ainsi la vallée; mais ce projet n'ayant pas été mis à exécution, le duc put librement traverser la rivière à Weert-Saint-Georges et prendre à revers la position des troupes belges à Louvain.
Bossut dépendait autrefois de l'office ou mairie de Grez, tandis que Gottechain ressortissait à la mairie d'Incourt. Ces localités restèrent séparées, au civil, lorsque, en l'an III, on organisa en Belgique des départements et des cantons, sauf que toutes deux furent alors comprises dans le canton de Grez. Elles étaient réunies depuis 1811, quand la majeure partie de cette circonscription fut, le 5 juillet 1822, annexée au canton de Wavre; Bossut, ainsi que Grez, fut ensuite joint au canton de Tirlemont n° 1 (arrêté royal du 30 décembre suivant), mais un troisième arrêté, celui du 13 avril 1823, réunit définitivement ces deux communes au canton de Wavre.
Dans le principe, l'un et l'autre village reconnaissaient les ducs de Brabant comme seigneurs haute-justiciers. « La paroisse de Bossut », disent les premiers Comptes des baillis de Nivelles, « est le propre de monseigneur et se jugent selon la loi de Liège, sauf que messire Conraert de Sloe (ou d'Elsloo) y a aucuns masuiers qui lui doivent cens ». Plus loin les mêmes documents ajoutent : « La paroisse » (mot qui, en 1450, est barré et remplacé par celui de ville, c'est-à-dire de village) de Gottechain est du tout à monseigneur et se jugent toutes les amendes selon la loi de Louvain. Dans la suite, Bossut adopta, comme Gottechain, la coutume de cette dernière ville.
Les ducs de Brabant y possédaient quelques revenus. Celui qu'ils prélevaient à Gottechain consistait, en 1278, en : un demi-muid de froment (valant 10 sous), 2 muids d'avoine (ou 16 sous), la chastelerye, dénomination qui désignait probablement une taxe d'avouerie perçue sur les habitants (produisant 11 sous 4 deniers), l'arrentement de quelques prés (valant, par an, 26 sous 8 deniers), et s'élevait, au total, à 64 sous. Il fut compris dans le douaire que le duc Jean Ier assigna alors à Marguerite, fille du roi d'Angleterre Édouard Ier et la fiancée de son fils, depuis duc sous le nom de Jean II.
En 1403-1404, le domaine ducal percevait, à Bossut, un cens de 6 sous 6 deniers, qui se payait à la Noël et dont la moitié était alors cédée, à titre temporaire, à la femme de Guillaume de Seyne, seigneur de Rhode-Sainte-Agathe; le cinquième d'un autre cens de 4 deniers, et le cens des « tourbines » (ou tourbières?), qui valait 10 livres payement, payables à la Noël; à Gottechain on réclamait pour le duc la cloche des pourceaux, taxe qui avait produit 21 deniers, mais qui ne rapportait plus rien, parce que « on ne sait ce que est », dit le Compte de la recette de Jodoigne. Remarquons ici que Gottechain, comme toute la mairie d'Incourt, dépendait de cette recette, tandis que Bossut, avec le restant de la mairie de Grez, ressortissait à la recette de Nivelles.
La haute, moyenne et basse justice de Bossut et le droit de percevoir les amendes au civil et au criminel furent engagés par le roi Philippe II, le 10 février 1558-1559 et moyennant 250 livres d'Artois, au chevalier François de Baillet, seigneur de Neer-Linter. Ce gentilhomme les vendit à maître Martin Van den Berghe, conseiller des finances, trésorier de l'épargne (relief du 15 décembre 1565), qui acquit aussi de la chambre des comptes, moyennant 92 livres d'Artois, les cens domaniaux de Bossut, comprenant 18 sous 11 deniers d'Artois, 40 pains et 22 1/2 chapons. Ce Van den Berghe était d'une famille de Grez et occupa les désagréables fonctions de receveur des confiscations pendant le gouvernement du duc d'Albe. A sa mort, ainsi que nous l'apprend une lettre du célèbre Viglius, en date du 15 août 1573, le conseil des troubles fit saisir ses papiers et ses comptes, et personne ne voulut accepter son emploi, tant on redoutait l'humeur irascible du trop fameux Vargas, alors tout puissant sur l'esprit du duc. Tandis que le receveur se voyait assailli des réclamations des personnes qui avaient des prétentions à charge des biens séquestrés, le gouvernement ne se décidait qu'avec une répugnance extrême à payer les possesseurs de rentes hypothéquées sur ces biens. C'est pourquoi ni Liévin Wouters, qui mourut peu de jours après, ni Antoine Delrio, l'oncle du docteur du même nom, n'acceptèrent la succession de Van den Berghe.
Bossut fut relevé, après celui-ci, par Antoine Vanden Berghe, receveur des exploits du conseil privé et du grand conseil (r. du 20 novembre 1574), qui, n'étant que secrétaire au conseil de Brabant et receveur des exploits au quartier de Malines, avait engagé au domaine, le 15 novembre 1567 et moyennant 337 livres d'Artois, la haute, moyenne et basse justice de Gottechain, avec les amendes, les confiscations et un cens de 30 escalins 9 deniers de Louvain, 5 1/2 setiers de froment, 2 muids d'avoine (cette dernière redevance due par les chanoinesses de Nivelles).
Bossut et Gottechain furent achetés à Vanden Berghe par Jean Drinckwaert, chevalier, trésorier général (r. du 3 novembre 1590), qui recéda ses droits au domaine (en décembre 1591). La chambre des comptes nomma alors maire de Bossut Jacques Cocx (acte en date du 22 mars 1594), dont les comptes existent aux archives du royaume et vont jusqu'en 1600, lorsque cette petite mairie se confondit de nouveau, en partie dans celle de Grez, en partie dans celle d'Incourt.
En 1626, on procéda à une nouvelle engagère. Le 3 août, Guillaume Le Roy, qui était seigneur à Bossut, acquit, moyennant 3,900 livres, la haute, moyenne et basse justice de ce village, le droit de congé, un cens de 6 sous 6 deniers de Louvain et un autre de 20 deniers de Louvain (r. du 12 novembre 1633). Il y joignit ensuite, moyennant 480 livres, quelques autres cens : 13 sous 8 deniers de Louvain, 3 sous borsegelts, 1 vieux gros, 1 blanc, 24 1/2 pains, 8 rasières d'avoine et 30 1/2 chapons (acte de la chambre des comptes, du 9 février 1634). Quoique Le Roy eût augmenté son engagère de 1,200 livres (17 juillet 1638), le gouvernement espagnol la lui reprit pour la transporter, à titre de vente définitive, à Marie Le Roy, femme de maître Louis Vanden Eede, qui paya encore une surenchère de 6,420 florins (20 janvier 1644). Néanmoins la justice et les cens domaniaux retournèrent, par héritage, à René Le Roy, fils de Guillaume, qui les annexa à la seigneurie foncière de ce village (r. du 24 mars 1655).
Quant à Gottechain, le domaine l'engagea, le 3 août 1626 et moyennant 1,300 florins, à Gérard d'Udekem, seigneur de Guertechain, qui, à cette somme, ajouta 500 fl., le 9 avril 1638. Josse Vanden Eede, licencié en droit, obtint ensuite cette juridiction en offrant une surenchère de 1,200 florins (19 janvier 1657, r. du 9 août suivant), et elle fut ensuite vendue, à perpétuité, moyennant une somme globale de 3,600 livres, à maître Jean l'Hoste, licencié en droit, pensionnaire de la ville de Louvain (lettres patentes du 19 août 1658, r. du 18 décembre de la même année), qui eut pour successeurs :
Messire Louis Bosmans, dit Silvius, seigneur de Rouxmiroir, échevin de Louvain en 1659 (r. du 29 avril 1673), mort le 6 novembre 1678;
Messire Jean-Louis Silvius (r. du 30 septembre 1679), fils du précédent et de Marie l'Hoste, bourgmestre de Louvain en 1690, puis pensionnaire de cette ville, mort ab intestat et sans laisser de postérité, le 6 février 1706, et qui fut enterré à Saint-Pierre de Louvain, avec Jeanne-Thérèse Silvius, qui était à la fois sa femme et sa cousine;
Leurs héritiers (r. du 12 mai 1706);
Les héritiers de Jean-Henri Huens, bourgmestre de Malines (r. du 30 septembre 1723);
François-Joseph Verschrick, par achat à M. Vande Venne, héritier du prévôt du chapitre de Notre-Dame de Malines Huwens et du bourgmestre de cette ville du même nom, à Marie-Anne De Vadder, veuve de M. d'Awans, seigneur de l'Écluse, et à M. De Ry, curateur de la maison mortuaire d'Anne-Marie de la Motte, tous représentants de l'ancien pensionnaire Silvius (r. du 26 juin 1731);
Marie-Louise Crabeels, veuve de Verschrick (r. du même jour).
La famille Crabeels possédait encore Gottechain, en 1787. En 1531-1532, les échevins de Bossut soutinrent qu'ils n'étaient pas tenus de siéger tous les quinze jours, mais seulement quand cela leur plaisait. Pour les contraindre à se montrer plus exacts à rendre la justice, le maire de Grez présenta requête au conseil de Brabant, qui leur ordonna de se réunir une fois au moins chaque quinzaine. Les greffes de Bossut et de Gottechain ont été transportés au tribunal de Louvain.
Le conseil communal se compose de neuf membres, dont deux sont attribués à Gottechain et sept à Bossut et aux hameaux non désignés.
La commune ne possède pas moins de 92 hectares 87 ares. Jadis, les habitants de Bossut payaient, à la recette des alleux du duc à Mont-Saint-Guibert, un cens de 23 florins 17 1/2 sous pour arrentement d'une prairie, d'une étendue de 6 journaux, comprise dans les prés du Grand Roya. Ceux de Gottechain devaient 29 livres 21 deniers de Louvain à la recette de Jodoigne (et, depuis 1626, à la recette du seigneur) pour des warissaix.
Le budget de la commune, pour 1859, présente les chiffres suivants:

Le territoire de Bossut comprenait jadis plusieurs seigneuries ou domaines importants. Le principal formait le patrimoine d'une famille dite de Bossut et à laquelle se rattachaient sans doute : Rodolphe de Bossut, qui fut l'un des témoins de l'acte de fondation de l'abbaye de Flône, en 1092; Alexandre de Boussut, qui donna au monastère d'Alne, en 1152, une dîme se percevant à Gottechain et tenue en fief du duc Godefroid; Ernulphe ou Amoul de Boussut, qui se qualifiait de chevalier et homme libre (1172); Rengold ou Reingot de Bossuit, de la famille ou vassalité du duc de Brabant Henri Ier (1209); Simon de Boussut et son frère Siger, cités en 1210; Alexandre de Bossut, mentionné en 1236; Godescalc de Bossut, qui combattit à Bastweiler sous la bannière de sire Godevaerts et y essuya des pertes que l'on évalua, en 1374, à 606 moutons; Gilles de Bossuit, qui, le 10 mars 1414-1415, reconnut avoir méfait envers le duc de Brabant et promit de ne plus lui causer aucun tort, à lui ou à son pays.
Le livre féodal dit Latyns boek cite, parmi les feudataires du Brabant, Philippe de Rosebeke, qui possédait, en 1312, 3 1/2 journaux de terre et « vitaille » de Bossut, avec 6 bonniers de terres, 5 mansionnaires et une redevance de 8 chapons.
Une autre tenure, avec une cour de jugeurs, une cour féodale, des cens etc., le tout valant, par an, 15 petits florins, reconnut successivement pour maîtres :
Jacquemin, fils de Gosscal de Bossut; Gilbaut ou Giellaert, son fils; Alide ou Adélaïde de Bouler ou Boulez, veuve de Jean Bruyne, par achat (r. de 1400-1401);
Catherine Burine (ou Bruine?), leur fille (r. de 1405-1406);
Henri Spernaye, par achat (r. du 4 août 1419);
Baudouin de la Neuve-Rue, par achat (r. fait à Wavre, le 1er janvier 1423);
Catherine de la Neuve-Rue, fille de Baudouin, et son mari Guillaume Cassaert ou Cas dit de Crèvecoeur (r. , du 10 janvier 1426-1427);
Cornélie, fille de Jean de la Leck, et son mari Adrien Vauder Ee, par achat (r. du 16 mars 1449-1450).
Un Jacquemon de Bossut releva du duché de Brabant, le 12 septembre 1365, un fief dont les dépendances se trouvaient presque entièrement à Grez, mais dont l'histoire est mieux placée ici, puisque ce bien constitua une partie notable de la seigneurie de Bossut. Il comprenait : 1° un bonnier de pré, à Lonsinsart, à la Cauchie (près de Gastuche-sur-Grez), un demi-bonnier de pré, 30 verges de terres au lieu dit Betinval; 2° le courtil Mylon, à Grez; 3° une cour féodale de douze hommages. Jacquemon y joignit encore un fief ayant un maire, une cour d'échevins, 10 bonniers de terres et 1/2 d'un bonnier de pré, à Grez; un cens de 84 1/2 chapons, 7 1/2 poules, 1/2 muid de froment, mesure de Louvain; un muid de seigle, mesure de Grez; 9 «sisynnes» 11 « reis » 2 vaisseaux d'avoine, 32 sous 1 denier de bonne monnaie, 4 sous de monnaie coursable, 9 1/2 fourches. Il eut pour successeurs :
Jean de Bossut, chevalier, neveu de Jacques (r. de 1383-1384), qui fut nommé bailli de Nivelles et du Brabant wallon, le 5 avril 1415, en remplacement d'Everard Boet, seigneur de Crainhem;
Jean, fils du précédent (r. du 26 avril 1419);
Jeanne, fille du précédent (r. du 13 mars 1430-1431), et son mari, Alverfonce, appelé aussi Alvaro Alfonsse, sire de Ligny, par achat aux précédents (r. du 17 février 1450-1451);
Messire Jean, fils d'Alverfonce (r. du 22 mars 1483-148-4);
Sire Charles, seigneur de Ligny, frère de Jean (r. du 3 avril suivant);
Christophe de Barouze, en vertu d'un accord conclu entre lui, d'une part, et sire Charles et la mère de celui-ci, d'autre part (r. du 11 juin 1484);
Sire Charles, de nouveau, en vertu du même accord (r. du 8 novembre 1484). Ce seigneur laissa un fils naturel, nommé Alverfonce, à qui il légua, par testament, un de ses fiefs de Bossut, en garantie du paiement d'une somme de 2,000 florins philippus qu'il lui assigna (r. du 15 janvier 1514-1515). Alverfonce eut pour héritière sa sœur, Marguerite de Freytes (r. du 6 novembre 1528), qui eut de Martin de Mynne un fils nommé Charles. Charlotte de Freytes, autre fille de Charles, femme de Jacques Quarré, releva aussi les droits qu'elle prétendait avoir sur la succession de son père et les vendit à Walrave, fils de Charles d'Ittre (r. du 19 octobre 1529);
Sire François, seigneur de la Haye, de Ligny etc., par la mort de sire Charles de Freytes, sire de Ligny, son cousin (r. du 6 octobre 1528);
Françoise de la Haye;
Denis d'Argenteau, par la mort de ses parents, René d'Argenteau, sire de Ligny, et Françoise de la Haye (r. du 17 juin 1553);
Messire Jacques d'Argenteau, seigneur de Velaine, par la mort de Jeanne de Velaine (r. du 5 janvier 1602);
René Le Roy et Adrienne Van Obberghen, sa femme, par achat au précédent (r. du 30 juillet 1614);
Guillaume, fils de René, et son frère Maximilien, pour quelques parties (r. du 8 mai 1626);
Guillaume acquit la haute justice, le patronat, les dîmes; épousa Gertrude de Croy, et fut père de René, de Maximilien, seigneur d'Archennes, et de Marc-Antoine. Maximilien laissa à sa mort, à son frère aîné, un livre censal et des biens, à Bossut, et une cour de tenanciers, avec d'autres biens, à Grez et Doiceau (r. du 4 mars 1653);
René, fils de Guillaume (r. du 24 mars 1655), conseiller à Louvain en 1641, 1642, 1644, 1645, 1648, 1650, 1653,1654 et 1659;
Marc-Antoine, son frère (r. du 18 novembre 1661), conseiller à Louvain en 1679, 1680, 1681, 1684 et 1685;
Sire Maximilien, seigneur d'Archennes, frère des deux précédents, conseiller à Louvain en 1651, 1652, 1657 et 1658 (r. du 13 octobre 1662);
René Le Roy (r. du 14 avril 1691), fils de Marc-Antoine;
Marie-Thérèse Le Roy, sa sœur, et son mari, François d'Amenzaga (r. du 1er juillet 1692), conseiller de Louvain en 1689, 1690, 1695, 1696 et 1697, héritiers en vertu du testament de Marc-Antoine, qui porte la date du 8 août 1690;
Marie-Jeanne Bonart, douairière d'Engelbert Van Dielbeke, premier bourgmestre de Louvain, en qualité de tutrice des enfants des précédents (r. du 16 juin 1706);
Guillaume-Antoine d'Amenzaga, conseiller de Louvain en 1745, par la mort d'Antoine, son père, qui avait aussi été conseiller de 1713 à 1716 (r. du 6 mars 1720);
François-Louis, son frère, et leur sœur, Jeanne-Marie Françoise d'Amenzaga, femme de Charles-Théodore Schotte, vicomte de Berghes-Saint-Winoc, qui fut bourgmestre, échevin, conseiller, doyen de la draperie, à Louvain, pendant les années 1733 à 1756 (r. du 9 octobre 1747);
Cette dernière seule, après la mort de François-Louis (r. du 6 novembre 1755);
Charles-Albert-Lamoral Schotte, vicomte de Berghes Saint-Winoc, leur fils (r. du 3 avril 1787), qui était né en 1747 et avait trois sœurs : Marie-Claire, femme de Charles-François Pollart, seigneur de Cannevry ou Canivris; Jeanne-Françoise, femme de Joseph-Aloïs Bruneau, seigneur de la Motte, et Isabelle-Albertine, femme de Henri-Philippe Bruneau, seigneur de Casteau;
Charles-Alexandre-François Schotte, vicomte de Berghes-Saint-Winoc, son fils, qui était né en 1768 (r. du 3 janvier 1788).
La seigneurie de Bossut comprenait notamment trois fiefs tenus du duché de Brabant. Le premier se composait d'une juridiction s'étendant sur Bossut et sur Doiceau (à Grez), avec maison (ou château), un maire, un bailli, des hommes de fief, des tenanciers, droit de congé, un cens etc. Le deuxième avait juridiction à Grez et à Doiceau, un maire, une cour féodale et censale, le droit d'adhériter et de déshériter, le dixième denier, des cens et redevances en argent, chapons et poules, droit d'exiger des jours de corvées (dienstdagen), un bonnier et demi de terres, un bonnier de pré etc. Le troisième consistait en une seigneurie foncière à Grez, avec une cour censale, le droit de congé ou de dixième denier, un cens de 28 sous 8 deniers de bon cens, 25 mesures d'avoine, 4 chapons, et encore 32 chapons et 4 mesures d'avoine qui appartenaient, au XIVe siècle, à Othon de la Motte. Dans les derniers temps, le domaine seigneurial de Bossut acquit une certaine importance, lorsque ses maîtres furent aussi seigneurs d'Archennes, de Nil-Saint-Vincent et de Nil-Pierreux. Les Amenzaga y eurent un beau château, qui est aujourd'hui transformé en ferme et n'a de remarquable que ses pignons en escalier.
Les seigneurs de Limelette avaient, en 1530, quelques feudataires à Bossut, entre autres Guillaume Thiry le Jeune, qui y acquit une tenure auparavant possédée par l'abbaye de Villers, en s'engageant à payer à ce monastère une redevance annuelle de 20 muids de blé. Plus tard, les religieux de Villers rentrèrent en possession de ce bien, qui comprenait, en 1787, une ferme et 32 bonniers de terres et de prairies.
L'abbaye de Florival possédait, à Bossut, la belle ferme de la Malaise, d'où la vue s'étend vers le sud, à une grande distance; un septième de la dîme (qui produisait, en 1787, 338 florins ), et un cens de 55 1/2 chapons, 31 pains, 146 deniers de bonne monnaie, 1 setier de blé, 37 deniers simples, 36 deniers oboles, 1 plaque, 11 1/2 setiers d'avoine, 2 blancs et 11 sous. La ferme de Malaise, avec 70 bonniers, se louait, en 1769, moyennant 143 florins, 144 setiers de froment, 208 setiers de blé, 120 setiers d'orge, autant d'avoine, 150 livres de beurre, 2 veaux gras et 2 agneaux.
Les monastères d'Oplinter et de Valduc et le couvent des dames blanches de Louvain comptaient aussi des possessions à Bossut : Oplinter, un sixième de la dîme (produit, en 1787, 336 florins); Valduc, une ferme, 72 bonniers de terres et 8 b. de prairies et de bois; les dames blanches, une ferme et 23 b. 2 j. de terres, de prairies et de bois.
Nous avons, â plusieurs reprises, eu occasion de mentionner la seigneurie du chapitre de Nivelles à Gottechain. Elle comprenait, en 1787, une ferme, qui était louée, avec 85 bonniers de terres, 14 b. de prés et un petit bois, moyennant 1,316 florins, et une seigneurie, qui rapportait 65 florins (en 1727-1728, le cens valait 18 fl. 13 sous, 1 muid 3 vaisseaux d'avoine, 2 vaisseaux de seigle et 85 chapons). La ferme, qui s'élève à l'extrémité septentrionale du village, s'appelle encore la Cense du Chapitre. L'ancienne cour foncière du chapitre étant supprimée depuis longtemps, on eut l'intention de la rétablir; mais, lorsque cette question fut agitée, le seigneur haut-justicier demanda au conseil de Brabant et obtint de ce corps des lettres de maintenue de sa juridiction, et les jurisconsultes que le chapitre consulta émirent l'avis qu'il avait perdu ses droits en négligeant de les faire valoir. Les chanoines et chanoinesses se rallièrent à cette opinion, le 7 décembre 1745.
Un diplôme de l'an 1201 mentionne Eustache, avoué de Gotenchin, et, au commencement du XIVe siècle, vivait Biert (ou Barthélémy) li Pierons, qui tenait en fief du duc de Brabant le Sart à la Chapelle (à Chapelle-Saint-Laurent) et une partie des villages de Gottechain et de Ferières. Un autre domaine, dont l'histoire est mieux connue, est celui de Grattenkien ou Gertechin, peu éloigné de la route de Louvain à Namur, et qui eut pour propriétaires successifs :
Jean de Aquis ou d'Aix, de Louvain (1312);
Gérard de Aquis, de Louvain;
Simon d'Aix;
Guillaume, son fils (r. de 1382-1383);
Guillaume, fils de Guillaume; Simon Willemart, de Louvain, par succession;
Martin Van Rode;
Jean, son fils (r. du 20 octobre 1436);
Gilles Van Eldtren, par achat (r. du 19 mai 1141);
Jean Peters. de Bavechin ou Beauvechain, par achat (r. du 27 avril 1458);
Marie et Élisabeth, ses filles (r. du 27 août 1468);
Jorise ou Georges Van Udekem, par achat (r. du même jour);
Jean, son fils, en vertu de son testament (r. du 2 septembre 1472);
Gérard, fils de Jean (r. du 3 janvier 1525-1526);
Jean, son fils (r. du 26 janvier 1546-1547);
Laurent Van Udecum ou d'Udekem, fils ainé de Jean et de Jeanne de la Tour (r. du 13 mai 1587);
Jean d'Udecum, capitaine, frère de Laurent (r. du 8 avril 1589);
Gérard, capitaine au régiment de Brias, fils de Jean et de Catherine Deve (r. du 15 novembre 1608), père de Charles-Guibert, à qui sa tante maternelle, Jeanne de Nobili, fit don des seigneuries de Gentinnes et de Limelette; de Maximilien-François, qui suit, et de Jean-Antoine, colonel au régiment de Pottelsberghe, maître de camp, puis colonel propriétaire d'un régiment d'infanterie bas-allemand au service d'Espagne;
François-Maximilien d'Udekem, capitaine de la garde du prince de Bade, mort en 1703;
Philippe-François, son fils (r. du 17 mars 1707);
Michel-Joseph d'Udekem, son frère, lieutenant au régiment de La Marck, au service de France (r. du 16 décembre 1729);
Pierre-Maximilien-Joseph, capitaine d'infanterie au régiment de Wurmbrand, au service d'Autriche, fils du précédent (r. du 19 novembre 1763);
Isabelle d'Udekem de Guertechin, fille ainée de Pierre-Maximilien-Joseph, se fixa à Prague (r. du 13 août 1783), et sa sœur Claire s'allia à un noble autrichien, le comte de Tighe. Elles ont vendu leurs biens aux Pays-Bas, et Guertechain devint la propriété de leur neveu, François-Philippe-Félix d'Udekem, conseiller et échevin de Louvain, mort en 1833, père de M. Ferdinand d'Udekem, qui a été bourgmestre de la même ville, membre du sénat et du conseil provincial du Brabant, mort en 1852, et dont le fils aîné, M. Félix-Marie-Joseph-Ferdinand d'Udekem est actuellement possesseur du manoir.
La seigneurie de Guertechain était un fief tenu de la seigneurie du Val en Wavre. Les propriétaires tenaient aussi 4 bonniers et 11 journaux de terres, ressortissant à la cour féodale des de Berghes (en 1536). Ils relevaient de la cour féodale de Brabant une autre tenure, qui consistait, en 1312, en 6 bonniers de terres, un journal de pré, et un cens de 8 chapons, 1 muid d'avoine, 10 pains et 40 deniers de Louvain. Dès la même époque, on signale, comme compris dans le fief, une maison qui prend le nom de Maison d'Aix, d'après les maîtres du domaine. Avec son jardin, elle contenait, en 1441, 2 1/2 journaux, et, en 1783, avec l'étang environnant et d'autres dépendances, 3 bonniers 1/2 journal. Ce château fut incendié à deux reprises : une première fois, dans les guerres du temps de Louis XIV; une seconde fois, par accident, en 1735; en cette dernière occasion, le propriétaire eut grand'peine à se sauver, et, en considération du malheur qui l'avait frappé, le chapitre de Nivelles lui accorda remise, pendant 3 années, d'un cens de 5 chapons, 5 1/2 vaisseaux d'avoine et quelques deniers, dus par le bien de Guertechain (12 février 1735).
Le château est divisé en deux parties, dont l'une est habitée par le propriétaire, l'autre occupée par un fermier. On aperçoit encore les fossés, jadis remplis d'eau, qui entouraient ce manoir, et le pont qui servait à les franchir. Cette construction n'a plus rien de seigneurial, si ce n'est une tourelle de colombier, faisant façade vers le sud-est, où l'on remarque une pierre armoriée avec la date 1657.
L'abbaye d'Alne, qui s'élève sur les rives de la Sambre, à proximité du célèbre monastère de Lobbes, fonda dans la partie S.-E. du territoire de Bossut la grande ferme de Beausart, où quelques religieux vivaient en commun, célébrant l'office divin dans la chapelle de la ferme et cultivant les terres environnantes, conformément aux usages et statuts de l'ordre de Cîteaux. La concession de ces terres et dîmes fut faite à Alne par le chapitre de Nivelles, qui, à la demande de saint Bernard, gratifia l'abbaye de 30 bonniers restés depuis longtemps abandonnés et incultes, à charge de payer un cens de 2 deniers de Nivelles, par bonnier; plus 4 deniers pour chaque bonnier que les moines acquéraient des possesseurs des terrains nouvellement mis en culture ou encore incultes (acte passé publiquement à Nivelles, le 24 février 1155, en présence du duc Godefroid III, et renouvelé ensuite par-devant les échevins du village de Gottechain : Menson, Folcuin, Francon et Nicolas).
Une dame nommée Ide avait pris à cens du chapitre de Nivelles la dîme de Beausart; elle la céda ensuite à Francon, abbé d'Alne. Deux vassaux du duc Godefroid III, Arnoul de Vilvorde et Alexandre de Bossut, qui en tenaient en fief une partie, la remirent au duc et celui-ci en gratifia l'abbé, par l'entremise de deux hommes libres, Erphon de Chaumont et Gérard de Bechengneis. Erphon et son frère Gervais en prélevaient aussi une part, dont ils firent abandon dans un synode ou assemblée qui se tint à Liège le 27 mai 1152.
D'autres transactions vinrent encore augmenter l'importance du domaine de Beausart. René, clerc de Bossut, de concert avec ses frères Gosuin et Henri, renoncèrent en faveur de monastère à leurs droits sur les dimes des sarts du chapitre de Nivelles à Gottechain (1200). Le duc de Brabant Henri II, par un diplôme donné à Louvain au mois de septembre 1244, autorisa les religieux à faire pâturer les animaux domestiques de la ferme de Beausart dans les prés communs où ses « hommes » avaient le droit d'envoyer les leurs. Son arrière-petit-fils, Jean II, la veille de la fête des saints Pierre et Paul, en 1298, et l'évêque de Liège Henri, en 1256, leur confirmèrent les acquisitions qu'ils avaient faites de ce côté. Alne améliora la condition de ce domaine au moyen d'échanges conclus, en février 1274-1275, avec le chapitre de Nivelles et, en 1321, avec Jacques de Bouleir ou Boulez dit du Sart. Par le premier de ces accords, Nivelles rentra en possession de 9 bonniers de terres et renonça au droit de prélever la quatrième gerbe, ou le quart de la récolte, sur 20 autres bonniers appartenant à l'abbaye.
Cette dernière, du chef de la ferme de Beausart, payait tous les ans au duc de Brabant : lors du carnaval, 12 florins d'or, et, à Pâques, pour la vénerie de Boitsfort, un gîte, rachetable moyennant 8 clinckarts, valant 24 patars chacun, et 2 muids de seigle, mesure de Wavre. Elle devait encore trente corvées. Toutes ces charges furent rachetées, le 22 mai 1649, pour la somme de 3,231 livres 4 sous d'Artois.
En 1787, l'abbaye possédait en Brabant la cense de Beausart, avec ses dépendances et un moulin à grains (voyez BIEZ; produit, 205 florins), des terres labourables (produit, 2,217 fl. 9 sous), 18 bonniers de prés qui devenaient communs après la première coupe (produit, 90 fl. 6 s.), 87 b. 2 j. de bois et de bruyères (produit, 989 fl. 11 s.), des dîmes (produit, 263 fl. 18 s.), des cens (produit, 64 fl. 14 s.), 400 fl. de rentes et une maison â Louvain où habitait le receveur chargé de l'administration de ces biens, dont le revenu total s'élevait à 4,025 fl. 19 s. Un plan de l'année 1642 évalue à 186 b. les dépendances de la ferme, et y comprend : la Campagne de Linsmeaux (48 b. 1 journal), la Campagne de la Tombe (40 b. 3 journaux), la Campagne de Chapelle-Saint-Laurent, des terres à Nodebais (27 b.) et des prés.
La ferme de Beausart, avec son vaste quadrilatère de bâtiments, subsiste encore et a conservé son oratoire, où on dit la messe de temps à autre et où l'on voit quelques vieux tableaux. Au commencement de l'année 1792, le curé-doyen de Bossut prétendit visiter cette chapelle; mais les religieux d'Alne protestèrent contre cette innovation avec tant d'énergie que le doyen y renonça. La ferme est entourée, vers l'O. et le S., par le bois de Beausart, que sillonne la route de Wavre à Hannut et dans lequel le propriétaire de la ferme, M. Van Dormael, a fait bâtir une villa.
L'église de Notre-Dame de l'Assomption, de Bossut, reconnaît saint Roch pour patron secondaire. Elle avait autrefois rang d'église médiane et, après avoir dépendu du diocèse de Liège et du concile de Jodoigne, fut comprise dans l'archevêché de Malines et le doyenné de Louvain. Après le concordat, elle devint une succursale de la cure de Beauvechain. Depuis elle a été réunie au doyenné de Wavre, et la paroisse a été démembrée pour en former deux autres : Gottechain et Pécrod-Chaussée. Celle de Bossut englobe, outre le village de ce nom, les hameaux de Guertechain et de Beausart. En 1857, il fut question de régulariser la circonscription spirituelle de Bossut et de Gottechain, qui avaient conservé celle des communes de ce nom, telles qu'elles existaient en 1811. Le gouvernement proposa de prendre pour ligne de démarcation la chaussée de Wavre à Hamme, mais cette ouverture ne fut pas accueillie par l'autorité diocésaine, sur l'opposition du desservant de Bossut, qui aurait perdu un grand nombre de paroissiens.
L'abbaye de Gembloux, en vertu d'une donation faite, en 1191, par l'archidiacre de Liège Albert, possédait le patronat de Bossut, ainsi que la majeure partie des dîmes, dont d'autres fractions appartenaient aux monastères de Florival, d'Op-Linter, d'Alne, de Parcq, au chapitre de Cambrai, au bénéfice de Sainte-Catherine. En 1639, Guillaume Le Roy, qui augmenta considérablement l'importance de la seigneurie de Bossut, acheta des religieux de Gembloux le patronat et les dîmes de ce village, et depuis ce fut lui et les siens qui en conférèrent la cure, qu'il fit déclarer comme hors de concours par le conseil de Brabant. Par un décret en date du 14 janvier 1683, l'archevêque de Malines fixa à la somme de 400 florins la compétence du curé; celui-ci, en 1787, jouissait d'un revenu de 921 fl., dans lequel figuraient le produit de 6 bonniers de terres et d'une prairie (valant 95 fl.), celui de deux dîmes (620 fl.), celui de quelques dimes novales se prélevant à Pécrod-Chaussée (95 fl.).
De temps immémorial, on avait annexé à la cure un bénéfice dit de Notre-Dame sous le crucifix (Beatæ Mariæ sub crucifixo) et qui était chargé de trois messes par semaine. Celui de Sainte-Catherine était à la collation du seigneur de Bossut, doté de 4 b. 3 j. de terres, de 30 verges de bois et d'une dîme, le tout valant 165 florins par an, et chargé également de trois messes. La chapellenie de Saint-Nicolas possédait 3 b. 1 j. de terre et ne devait qu'une messe par semaine. La marguillerie possédait quelques biens et dimes, d'un produit annuel de 75 fl. Il y avait en outre un office ou fondation de trois messes par semaine. Quant à la fabrique, qui était tenue de faire chanter une messe le samedi, son revenu s'élevait : en 1787, à 150 fl.; en 1846, à 2,827 francs; elle possède 5 hectares 24 ares.
L'ancienne église de Bossut, qui, selon la tradition, datait du XIe siècle, a été remplacée, de 1782 à 1787, par l'église actuelle, qui fut construite aux frais des décimateurs et entre autres du possesseur de la chapellenie de Sainte-Catherine, qui paya pour sa part 2,400 florins.
Elle est précédée d'une tour carrée que surmonte une toiture octogone trop peu élancée pour mériter le nom de flèche. Son beau vaisseau, de style renaissance, trop vaste pour l'importance actuelle de la paroisse, est disposé en forme de basilique à trois nefs, avec chœur, terminé par un mur plat, dont les angles sont arrondis : il est divisé en quatre travées, non compris la tour, par deux rangées de colonnes toscanes supportant des arcades en anse de panier. Le chœur et la nef principale ont une voûte en berceau, à arcs doubleaux; les collatéraux ont un plafond horizontal. Les autels proviennent, dit-on, du couvent de Bethléem près de Louvain, et sont très ornés. On remarque, au maître-autel, un beau tableau attribué à Crayer, la Naissance du Christ, de 4 mètres de haut sur 2 1/2 de large. A gauche de l'entrée de l'église, dans le mur de la façade, se trouve encastrée une dalle tumulaire avec cette inscription : Ci . Git . | Le Baron Chales Jos Evers . | Lt Général des années de S M | Le Roi des Pays bas, Commandeur des | Ordres de Guillaume Ier et de St Ferdinand de | Sicile, Chevalier de S' Louis, officier de la légion d'honneur, | né à Bruxelles, le 8 mai 1773 et décédé à Namur | Gouverneur de la 6e Division, le 9 août 1818 | R. I. P. Ce brave général avait un oncle qui était curé à Bossut. C'est ce qui le détermina à choisir ce village pour le lieu de sa sépulture.
Derrière le chœur, sur une tablette de marbre blanc statuaire, se trouve gravée en caractères grossiers cette autre inscription : D. Victoria d'Avenes | anno 1755 | D . Alexandrina de | Culembourg an 1769 | D. Ferdinanda de | Furlong anno 1789 | Ici git la venerable dame | Ursule Bauloie abbesse de Flo | rival decedée à Bossut dans le | tems des tribulations après avoir | gouverné avec sagesse zele et | prudence le 17 août 1801 | R. I. P.
On lit, contre le chevet du collatéral droit, cette inscription : Ostium | monumenti \ familiæ | dame(n)-zaga \ toparchæ de | Bossut | etc.
Dans le cimetière on remarque une belle dalle portant ces mots : Sepulchrum | familiarum | Roberti | et Vandonnael | R. I. P.; on y voit aussi les pierres tumulaires de Jean-Amant Jacquelart, de Nivelles, médecin du prince Charles et des archiducs Albert de Saxe-Teschen et Marie-Christine, professeur à l'ancienne université de Louvain, mort dans cette ville le 18 octobre 1809, à l'âge de 88 ans; Anne-Marie-Josèphe Van Dormael, de Beausart, sa femme, morte à Louvain le 1er octobre 1825, âgée de 92 ans; Xavier Jacquelart, professeur à l'université de Louvain, mort à Bruxelles le 18 novembre 1856; Jacques-Théodule Lejeune, religieux de l'abbaye d'Alne, où il portait le nom de dom Hippolyte, curé de Bossut de 1828 à 1840 etc.
L'église de Saint-Remacle, de Gottechain, avait déjà, en 1575, ses maîtres de fabrique particuliers, quoi qu’elle ne fût alors qu'une simple chapelle. Après le concordat, elle continua à subsister comme une simple annexe de Bossut; mais, le 2 novembre 1807, les habitants de la commune de Gottechain en demandèrent la suppression, parce qu'ils n'étaient qu'au nombre de 120 communiants environ et à vingt minutes seulement de Bossut;. le 30 octobre 1819, on décréta en effet cette suppression. Toutefois l'administration locale en sollicita la réouverture, dès le 17 juillet 1822, et elle fut rangée parmi les chapelles reconnues, le 28 septembre 1825. On alloua alors au chapelain un traitement annuel de 200 florins. Un conseil de fabrique y a été établi en 1835, mais n'a été constitué légalement que par l'arrêté royal :
du 5 avril 1836.
Enfin Gottechain a été érigé en succursale par un arrêté du Roi, en date du 11 juillet 1842.
Outre la chapellenie de Saint-Remacle, qui, en 1787, avait un revenu annuel de 116 florins et était chargé d'une messe par quinzaine, il en existait une autre placée sous l'invocation de Notre-Dame et qui était à la collation du seigneur de Bossut, et une troisième, que conférait madame De Vroye, douairière de M. Vanden Boom, de Bruxelles. Le bénéfice de Notre-Dame avait 55 fl. de revenus et était chargé d'une messe par quinzaine; la troisième chapellenie n'était autre, sans doute, que l'office de cinq messes par semaine que fonda, suivant Van Gestel, Jean-Louis Silvius, un des seigneurs de Gottechain. L'ancienne cliapelle possédait un demi-bonnier et une redevance annuelle de 4 1/2 sctiers de blé.
L'église a été construite en 1847, de style ogival, sur les plans de M. Léon Suys; les fondements ont été bénis le 30 juin par M. le doyen Hamoir, curé de Beauvechain; elle a été consacrée solennellement, le 24 septembre 1855, par le cardinal-archevêque de Malines, qui l'a dédiée à l'Immaculée Conception, avec saint Remacle pour patron secondaire. Cet édifice, simple mais élégant, auquel on arrive par une montée assez raide, est précédé d'une tour carrée, amortie par une flèche octogone. A droite et à gauche de la porte d'entrée, qui est ogivale, la façade est percée d'une fenêtre, également ogivale, correspondant au collatéral; au-dessus de la porte est pratiquée une niche et, plus haut, une grande baie à abat-son. L'intérieur de l'église forme une basilique à trois nefs, avec abside à trois pans; les murs latéraux du chœur se prolongent vers le bas de l'église, de manière à encadrer d'une espèce de chapelle les autels secondaires. Tout le vaisseau est couvert de voûtes d'arête à arcs doubleaux; la grande nef et le chœur ont des nervures croisées. L'église ne compte que trois travées, outre celles des bas-autels et de la tour; elle offre le mérite peu commun d'avoir un mobilier en harmonie avec le caractère de l'édifice : le maître-autel, la chaire, le jubé, les boiseries du chœur, les portes sont en chêne sculpté de style ogival. On remarque aussi un bel ostensoir ogival en cuivre doré, avec trois statuettes d'argent représentant Marie immaculée, la Foi et l'Espérance; il est le produit de dons volontaires et a été ciselé en 1859 par M. Van Ryswyck, d'Anvers.
Dans le mur de clôture du cimetière est encastrée une grande pierre tumulaire sans inscription, sur laquelle se trouvent cinq écussons. L'écu en cœur est plus grand que les autres; il porte une tour crénelée, du haut de laquelle semble partir une comète, et a pour cimier une sirène se peignant et se mirant. L'écu au canton dextre du chef est semblable; ceux aux cantons senestres du chef et de la pointe sont à trois losanges 2 et 1; celui du canton dextre de la pointe est à trois besants 2 et 1.
Une autre chapelle de Saint-Remacle existait aussi à Peckrod ou Pécrot, aujourd'hui Pécrod-la-Chaussée, il y a un siècle et demi; mais les habitants entendaient d'ordinaire la messe, soit à Nethen, soit à l'abbaye de Florival. La population ayant considérablement augmenté en cet endroit, on y a bâti, sous l'invocation de saint Antoine, une église, qui a été érigée en succursale par arrêté royal du 29 avril 1857. Un arrêté royal, du 19 juillet 1841, autorisa la commune de Bossut à emprunter 10,350 francs afin de couvrir, en partie, la dépense qui devait résulter de la construction du nouveau temple paroissial. Cet édifice, auquel on arrive par une rampe très rapide, a été bâti sur les plans de l'architecte Moreau. Il est précédé d'une tour carrée, surmontée d'une pyramide tronquée, qu'amortit un prisme rectangulaire à toit écrasé. L'intérieur, d'architecture romaine, est disposé en basilique à trois nefs, avec abside à trois pans dont les angles sont arrondis. Il n'y a que trois travées, la tour non comprise. Le chœur et la nef principale sont recouverts d'une voûte en berceau; le plafond des collatéraux est horizontal. Il n'y a pas encore de bas-autels; ils sont remplacés par des niches avec les statues de la Vierge et de saint Antoine.
On dit la messe plusieurs fois par an, et particulièrement le jour des Rogations, dans la Chapelle Robert, petit oratoire situé sur le chemin d'Arquennes à Nethen et qui a été récemment agrandi. Une pierre, encastrée dans la façade, porte cette inscription : Florival | Cette chapelle est | dédiée à l'honneur | de notre-dame de | bon secour par | Robert Tiri | l'an 1701.
Selon la tradition, le fondateur de cette chapelle aurait miraculeusement échappé à la foudre, sous un peuplier placé en cet endroit.
Les pauvres de Gottechain avaient, en 1787, un revenu particulier de 265 florins 11 sous; un curé de Bossut, Paul-Charles De Busscher, légua à ceux de la commune une somme de 1,000 florins (25 décembre 1828).
Les bureaux de bienfaisance possèdent 19 hectares 65 ares.
Leurs budgets, pour l'année 1859, ont été fixés comme suit :

Il existait, à Bossut, une fondation, établie, le 27 mai 1642, par Marie Le Roy, dame du village, pour l'instruction des pauvres enfants, et dotée de 100 florins de rente. L'école communale porte l'inscription : « Érigé sous l'administration de M. Loicq, bourgmestre 1836 »; et une seconde école a été construite, en 1858, à Pécrod, près de l'église. Le nombre des enfants pauvres qui ont été admis par la commune, en 1858-1859, à recevoir l'instruction, s'est élevé à 193 : 116 garçons et 77 filles.
La fête locale de Bossut se célèbre le 15 août.
On cite, parmi les religieux de Villers, un Gosuin de Bossut, Brabançon d'origine, qui mourut postérieurement à l'année 1229. Témoin de la vie édifiante d'Amoul Cornibout et d'Abundus, il écrivit leurs biographies, qui ont été imprimées : celle du premier, dans les Acta Sanctorum, à la date du 30 juin; celle du second, dans les Annales Cistercienses.

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