
La commune de Rosières (Roseriis, 1197; Rosires, 1222; Roseris, 1301); en flamand, Rosiere ou Rosieren (Rosieren, 1539, 1546; Rosiere, 1602; Rozieren, 1686, 1393; Rozyeren, 1393), parait tirer son nom, soit des roses sauvages, soit des prairies marécageuses que la Lasne arrose et où les roseaux croissaient en abondance. En vieux français, on désignait indifféremment par les mots Rosière, Roussière, Roselière ou Roseraie les endroits où poussent des roseaux. Le nom de Rosière ou Roussière est porté en France par plus de 70 villages ou hameaux, et il faut peut-être rattacher à la même racine les Roosebeke de nos provinces. En gallois le mot rhos signifie marais; en anglais on appelle rosland une terre stérile et marécageuse; en gothique raus veut dire jonc.
Depuis peu d'années, on ajoute au nom de Rosières celui du patron de l'église, saint André, afin de distinguer cette commune de celle de Grand-Rosière (Brabant) et des hameaux de Petit-Rosière, dépendance de Geest-Gerompont (Brabant); Rosière-la-Grande et Rosière-la-Petite, dépendances de Morhet (Luxembourg); Rosière-Platinerie, dépendance de Merbes-lez-Château (Hainaut), et Rosière, dépendance de Plainevaux (Liège).
La commune de Rosières est limitrophe de celles de Overyssche, Wavre, Bierges, Limal, Rixensart et Genval.
Rosières est à 4 kilomètres de Bierges et de Rixensart, 5 kilom. de Wavre et de Limal, 5 1/2 kilom. d'Overyssche et de Genval, 24 1/2 kilom. de Nivelles et de Bruxelles.
L'église de Rosières se trouve située par 56 grades 37 de latitude N. et 2 grades 46 de longitude E. L'altitude de la première marche de l'escalier de l'église est de 46 mètres 64, d'après le nivellement du dépôt de la guerre; l'altitude de la dernière marche ou seuil est de 49 mètres 05, d'après le nivellement des cours d'eau du Brabant.
Le procès-verbal de délimitation du territoire de Rosières a été clos le 25 avril 1818.
Le cadastre divise le territoire de Rosières en deux sections : la section A ou de l'Eglise; la section B ou de Haut ou Woo.
Au 1er janvier 1859, ces sections se trouvaient morcelées en 867 parcelles appartenant à 231 propriétaires, donnant un revenu cadastral de 18,937-65 fr. (sol : 16,420-65; bâtiments : 2,517-00) et ayant une contenance de 416 hectares 74 ares 30 centiares (imposable : 406 hect. 02 a. 80 ca.; non imposable : 10 hect. 71 a. 50 ca.).
Cette contenance globale se subdivisait ainsi en 1834 :

En 1686, le village comprenait 344 bonniers 3 journaux, dont 226 b. de terres, 51 b. de prés, 27 b. de bois, 40 b. de bruyères communales.
On comptait à Rosières : en 1374, 24 ménages; en 1436, 31 foyers; en 1464, 24 foyers; en 1472, ... foyers; en 1492, 17 foyers; en 1526, 39 maisons, dont une à 2 foyers; en 1686, 17 chaumières; au 31 décembre 1856, 130 maisons.
Le village de Rosières, qui compte 94 maisons; le Haut, 29 maisons ; Champles, 7 maisons.
Le petit village de Rosières est bâti vers le bas de la colline qui forme le versant gauche de la Lasne. Il se divise en deux groupes de maisons, dont l'un entoure l'église et avoisine le pont du chemin de Wavre, et dont l'autre, plus important par le nombre des habitations, se rapproche du hameau du Haut.
Le Haut de Rosières, que l'on écrit ordinairement Woo, est situé à 1,400 m. O. de l'église, à proximité de la ferme de Rosierbois que l'on nomme aussi ferme de Haut. Ce hameau doit son nom, selon les uns, à sa position élevée, par rapport au centre du village; selon les autres, aux bois (woud) qui l'avoisinaient. Quelques maisons, bâties sur la rive droite de la Lasne, à l'extrémité du territoire de la commune, partagent le nom de Champles avec un hameau voisin qui dépend de Bierges. Deux de ces maisons sont situées à 300 mètres S.-E. de l'église de Rosières; les autres, à 500 mètres E.; ces dernières se nomment aussi les Culées.
A 600 mètres N. de l'église, la ferme de Ter Fosse ou Del Fosse (t’ hoff van der Fossen); à 900 m. E.-N.-E., la Maison du Charli; à 800 m. S.-S.-O., le Moulin Léonard; à 1,600 m. O.-S.-O. la Plaigne; à 900 m. O.-S.-O., Perrique, ancien cabaret; à 600 m. O., Chéchez l’Dieu; à 1,300 m. O., la ferme de Rosierbois ('t hof te Rosierbois, 1546; Rozierbossche, 1393; Rosierbossch, 1613).
Cerisier; Vignoble; Bois des Vallées (de Valeye, 1807); Tilleul (Linde velt, 1787), vieil arbre, orné d'une petite image de la Vierge, qui croit sur un plateau, au bord du chemin d'Overyssche, et à 3 m. 70 de tour, à 1 m. du sol; Tienne aux Œufs (Eyerenbergh, 1770, 1787); Prés de l’église; Prés communs; Closières (la Closière, 1807; de Closyn, 1613); Keizerblok (het Keyserbloch, 1787; vulgairement, Kasblok); Bois de Terdeck; Prés au Bois de Terdeck; Bois Saint-André; Closière du Pré Maillart; Bois l'Avocat ou Rond sart ou Bois du comte de Glimes; Tri Biez; Grand Champ; Bosquet (by d'Bosschet, 1613; by het Bosquette, 1787); Epine (den Doorne, 1787); Genard, bois dérodé; Ferme du Prince de Salm; Rue Ardelle (Heeredelle, 1807); Piretaire; Hôpital (de Zieck-huysen, 1546; t’ Sieckhuys, 1613); Bois du Maréchal; Cankenbienne; Pont de Rosières; Engalée (les Angolais, 1770); Ardoises?; Grand Cortil; Petit Cortil (Lange Willige ou Petit Cortil, 1807); Borenbosch; Petite Cense; Forie; Loripré; Commune; Bois Wiricx de Tercam; Pré du Curé; Ransbienne (Ransbeen, 1807; op t’ Ransbert, 1613); Closière des Cotiries; Pré de Wiek; Drève de Rosierbois; Chemin de Collart; Chemin des Juifs; Chemin des Chariots ( Voie des Tchaurs, en wallon); Verte voie (de Gruenenwech, 1613); Pré Fauchille; Ruelle Diguedin; Chemin de la Procession; Chemin de Sterquet; Ruelle du Curé, Grand Fond; Bois de Gilance; Petit Curé; Aux Deux Eaux; Pont de Haut; Calot; Chapelle Saint-Roch; Chapelle N.-D. de Bon-Secours, sous une belle tonnelle de charmille, avec l'inscription : A Dieu | et à Notre Dame de bon Secour | Dédié par Pierre | Cordier et Marie | Kinips sa femme | Censiers de la | fosse en 1749.
Fétry (Fetteri, 1222, 1753; Vallée de Fretris, 1440); S'Hertogen Beemde (1453); ’t hoff ter Motten (1517, 1614, 1676); ‘t hoff te Rosieren ou pachthoff van Cambe (1622); Longues allées (1753); Grandes bruyères (1770); ferme dite Beeckhof, Pré des Perruques, Postgat, Champelbempt, Ten-Broech, Rosière veld, cités en 1807; Genyoel velt (1787); Hellemans Leenblock (XVIIIe siècle); de Valeyt of de delle van Infier (1393); in den Foreest, boven den Steenpoel, in ‘t Duytshoff ou Duysthoff, de Kakelrye, 't Beeckvelt, de Rincaersdelle, Veeweyde van Rosierbosch, den Venchiere, pré commun; Biesbempt.de Lerendelle, Pollaertsbloch, Spiegelvelt, Spelblock, cités en 1613.
La partie N.-O. du territoire forme un plateau fertile, légèrement ondulé, qui sépare la vallée de la Lasne de celle de son affluent, la Tombeek. Le sol s'incline dans la direction du S.-E.; la pente, d'abord douce, devient assez rapide vers le pied de la colline. Le point culminant est au N. de la ferme de Rosierbois, à 105 mètres d'altitude.
Le fond de la vallée est rempli d'alluvions quaternaires, sur lesquelles s'étendent des prairies marécageuses.
Le sable du système bruxellien règne sur toute une zone qui longe la Lasne, en s'élevant vers le N.-O. C'est sur ce terrain que sont construites la plupart des maisons du village; la maçonnerie de leurs fondements est faite au moyen de moellons de grès calcareux que l'on extrait du sol. Nous avons rencontré de la limonite à environ 500 mètres O. de l'église, dans un chemin creux conduisant à la ferme du Prince. On extrait un peu de marne jaunâtre pour l'amendement des terres.
Au-dessus du terrain bruxellien, A. Dumont a signalé la présence du système laekenien, qui est entièrement recouvert par le limon hesbayen du système diluvien.
Tout le territoire de Rosières appartient au bassin de l'Escaut; les cours d'eau qui arrosent cette commune sont : la Lasne, le Ruisseau du Pré Maillart, le Ruisseau de Champles, le Ruisseau de Fétry et l’Argentine.
La Lasne, qui servait de limite entre Genval et Rixensart jusqu'à l'endroit nommé les Deux-Eaux, où elle reçoit l'Argentine (r. g.), forme, immédiatement après, la démarcation entre Rixensart et Rosières. EIle active le moulin Léonard par une chute de 1 m. 25; reçoit le Ruisseau du Château (r. dr.); devient limitrophe de Limal, jusqu'au point où elle reçoit le Ruisseau de Fétry (r. dr.); appartient par ses deux rives au territoire de Rosières; reçoit le Ruisseau de Champles (r. dr.) et devient mitoyenne entre Rosières et Bierges; se grossit des eaux de la Fontaine du Curé (r. g.); rentre sur le territoire de Rosières; reçoit le Ruisseau du Pré Maillart (r. dr.); devient limitrophe d'Overyssche; et abandonne complètement la commune de Rosières, pour servir de séparation entre Overyssche et Wavre. Son cours, qui est fort sinueux, quoique très peu encaissé, a une direction générale, d'abord de l'O.-S.-O. à l'E.-N.-E., puis du S.-S.-O. au N.-N.-E.; sa longueur développée est de 7,500 mètres, dont 3,300 limitrophes de Rixensart, 800 de Limal, 200 de Bierges et 200 d'Overyssche.
Le Ruisseau du Pré Maitlart prend sa source dans la prairie qui lui donne son nom, vers le point de rencontre des limites de Rosières, Bierges et Wavre; longe la lisière du bois l'Avocat et se réunit à la Lasne (r. dr.), en face des prés de l'Eglise, après un parcours de 700 mètres dans la direction du S.-E. au N.-O.
Le Ruisseau de Champles vient de Bierges; forme la limite de cette commune sur une longueur de 200 mètres; et se réunit à la Lasne (r. dr.), en aval du pont de Rosières. Son cours, entièrement mitoyen, est dirigé du S.-E. au N.-O.
Le Ruisseau de Flétry (Ruisseau de Fettery, 1753) vient de Limal; forme la limite de cette commune sur une longueur de 400 mètres; et se réunit à la Lasne (r. dr.), près de l'Engalée. Son cours, entièrement mitoyen, est dirigé du S.-E. au N.-O.
L'Argentine ou Silverbeek cesse de former la limite entre Overyssche et Genval, au Pont de Haut, pour devenir mitoyenne entre cette dernière commune et Rosières; elle se réunit à la Lasne (r. g.), au pré de Wiek, après un parcours de 200 mètres dans la direction de l'O.-N.-O. à l’E.-S.-E.
Les principales fontaines sont : la Fontaine du Curé, la Fontaine du Borenbosrh, la Fontaine de Forie, la Fontaine du Bois de Gilance, la Fontaine Jean Collart et la Fontaine Piérof.
On comptait en 1709, 123 habitants; en 1784 : . . (dans la paroisse : 1 prêtre, 97 hommes, 95 femmes, 42 garçons et 49 filles, en tout 284 personnes); en l'an XIII, 229 habitants; au 31 décembre 1831, 530 habitants; au 31 décembre 1850, 587 habitants, presque tous wallons.
Le village de Rosières est à la limite de la zone wallonne de la Belgique, comme l'indique l'emploi simultané de dénominations empruntées, les unes à l'idiome teutonique, les autres en vieux français. Les domestiques des fermes de Rosierbois et de Terfosse sont flamands.
Les registres de l'état civil reposant aux archives communales ne remontent pas au delà de 1722. Il existe à la cure un registre antérieur, commençant en 1679 pour les naissances et les décès, en 1679 pour les mariages.
Les bois ont ensemble 10 hectares; ils portent les dénominations de Bois l’Avocat, Borenbosrh. D'après les recensements généraux, les exploitations agricoles se classaient de la manière suivante par rapport à leur étendue :

Une seule exploitation a aujourd'hui plus de 50 hectares, c'est la Ferme de Rosierbois (130 hect.) tenue par M. Minet (J.-A.), appartenant au comte d'Alcantara, de Gand.
Le nombre des animaux domestiques constaté par les recensements s'élevait à :

Les terres exploitées par les cultivateurs de la commune se répartissaient ainsi:

Ce chiffre total se subdivisait en biens exploités :

En moyenne l'hectare de terre était estimé à:

L'ancienne verge linéaire a 18 1/2 pieds de Bruxelles.
Le seul établissement industriel est un moulin à eau, n'ayant qu'une seule roue et deux couples de meules; la retenue est à l'altitude de 44 mètres 99. L'autorisation de le placer sur la Lasne a été accordée au sieur F. Léonard le 24 septembre 1857. Un moulin a jadis existé à Rosières, probablement au même endroit, mais en 1602 il avait disparu (Corenmolen, 1434; Oudenmolen die te Rosiere plach te staen, 1602).
Outre une vingtaine de moissonneurs employés par les fermes de Rosierbois et de Terfosse, un assez grand nombre d'ouvriers maçons, plafonneurs etc. quittent la commune pour aller travailler à Bruxelles et à Charleroi.
On compte 25 chemins vicinaux et 20 sentiers, mesurant ensemble 23,027 mètres. Le chemin de grande n° 64 traverse Rosières sur 2,767 m.; il franchit la Lasne sur un pont voûté en briques, dont la face amont porte l'inscription suivante sur une tablette de marbre blanc : A monsieur J.-A. Minet, | bourgmestre de Rosières-St-André, | témoignage de reconnaissance. | 1860.
Autrefois on se rendait de Bruxelles à Wavre, non par Tombeek, mais par Rosières, où un tonlieu se percevait au profit du souverain, au pont de pierre qui était jeté sur la Lasne. Ce tonlieu était affermé moyennant 11 deniers seulement, en l'an 1419. Le pont ayant été détruit au quinzième siècle, les habitants consentirent, en 1528, à se charger de la moitié de la dépense que la reconstruction nécessiterait, à la condition de pouvoir percevoir le tonlieu à leur profit pendant huit ans; mais, à cette époque, le commerce avait changé de direction, personne ne voulut prendre le tonlieu en ferme, et le pont resta à l'état de projet.
En l'année 1222, le duc de Brabant Henri céda à ses « fidèles vassaux de Rosières », pour le posséder en commun, à charge d'un cens annuel de 5 sous de Louvain à payer à la Noël, le terrain public s'étendant près du chemin conduisant à Champles et près du territoire de Limal jusqu'au ruisseau de Fetteri; il abandonna également ses droits sur l'aunaie croissant en cet endroit, à la charge de l'employer au profit du village, et ordonna à son villicus ou maire (et non pas concierge, comme on le dit dans une traduction française de cette charte) d'en mettre ce dernier en possession. Le villicus dont il est ici question n'était pas, à ce qu'il semble, le maire d'Yssche ou celui de Vilvorde, dont Rosières reconnut plus tard l'autorité, mais un officier particulier : un diplôme de Henri Ier, daté de l'année 1197 et qui contient une donation en faveur du monastère d'Alne, mentionne, parmi les témoins de cette cession, un Henri, villicus de Rosereis ou maire de Rosières. Le duc Jean II, par un diplôme daté de Bruxelles la veille de la Saint-Thomas 1301, donna un vidimus de la charte de 1222 et la ratifia. Le 22 novembre 1408, le duc Antoine de Bourgogne enjoignit à son receveur d'Yssche de maintenir les habitants de Rosières en possession de leur bien communal, qu'on leur contestait.
Les ducs de Brabant possédèrent quelques prairies près du moulin à grains situé sur la Lasne et qui prirent de là le nom de S’ Hertogen beemde; dans la suite elles furent aliénées et devinrent la cause d'un procès entre les habitants de Rosières, d'une part, et les nouveaux propriétaires, Gertrude Van Nethen et son neveu Jean T'Seraerts, d'autre part, en faveur desquels le conseil de Brabant décida que la fenaison de ces prairies était obligatoire pour les habitants (1er septembre 1433). Dans la suite, quelques possesseurs de petites seigneuries : Maillefer de Rosières, Adam Scoys et d'autres, prétendirent s'exempter de cette obligation, mais celle-ci fut déclarée commune à tous ceux qui jouissaient des Vedeweyden, c'est-à-dire, sans doute, des prairies abandonnées jadis par les souverains du Brabant aux habitants du village (23 octobre 1434).
En 1753, la communauté possédait plus de quarante bonniers de bruyères ou communes. Comme cette étendue était plus que suffisante pour le pâturage du bétail, on résolut d'en tirer parti afin de payer les dépenses que la guerre de sept ans avait occasionnées au village et de rembourser les rentes levées à charge de ce dernier.
« Dans l'assemblée générale qui se tint au village de Rosières, par tous les communs habitants et adhérités dudit lieu, à l'intervention des mayeur et échevins dudit Rosières, duement convoqués par le lieutenant mayeur, Guillaume De Ridder, et de nouveau appellés, quelques jours après, au son de la cloche », il fut résolu de donner en location la Bruyère grande, y compris le lieu de l'Aulnois, de 9 à 10 bonniers, « située entre la scavaye » ou chemin creux « allant jusques à Champels, et entre le territoire de Lymale jusques au ruisseau de Fetteri, vulgairement nommée les Longues allées ». Au lieu de conserver ce terrain pour le pâturage du bétail, on le divisa en lots, que l'on afferma.
Ces terrains devinrent, à peu de temps de là, l'occasion de longs procès entre les communes de Rosières et de Bierges. En 1772, ces deux localités ayant fait mesurer leurs biens communaux, on constata qu'à Rosières ils comprenaient : l’Eyerenbergh, 2 bonniers 1 journal 95 verges; les Angolais, 5 b. 3 j. 53 1/3 v.; les Grandes bruyères, 20 b. 6 1/3 v.; en tout, 28 bonniers 1 journal 52 2/3 verges (à 18 pieds la verge linéaire). L'année suivante, ceux de Bierges intentèrent à leurs voisins un procès, dont ils se désistèrent en 1775 ou 1776. La contestation ayant recommencé sous la domination française, on se servit alors d'arguments qui donnent la mesure de la profonde ignorance de nos aïeux en fait de connaissances historiques : dans un mémoire en date du mois d'août 1807, on soutenait, au nom du village de Bierges, qu'un sceau ne donnait aucune authenticité à une charte; que tous les actes émanés de nos princes, même des plus anciens, étaient signés par eux ou, en leur nom, par un secrétaire; qu'on n'avait jamais appelé un chemin scavée. Rosières triompha néanmoins en produisant les titres originaux des années 1301 et 1408. Le 19 juillet 1807, le préfet approuva les limites entre Bierges, Rosières et Limal, telles qu'elles avaient été fixées le 15 vendémiaire an XIV, et sauf quelques clauses qui devaient terminer le différend entre les deux premières de ces communes, et enfin, le 21 novembre 1807, après que le conseil de préfecture eut reconnu l'authenticité des titres produits par Rosières, le préfet lui assigna le terrain des Angalées, qui se louait alors fr. 254-82 c.
Le typhus a sévi avec violence à Rosières, en 1854 et en 1859.
Rosières, après avoir fait partie, avec Yssche, d'une mairie particulière, dépendante de l'ammanie de Bruxelles, fut également jointe à la mairie de Vilvorde, à laquelle elle ressortit jusqu'à l'invasion française. Elle fut alors réunie au canton d'Overyssche ou La Hulpe et passa, en 1822, dans celui de Wavre, dont elle n'a plus été séparée.
De même qu'à Yssche, on y suivait la coutume de Louvain, pour les causes personnelles; la coutume d'Uccle, pour les causes réelles. Le maire de la seigneurie de Rosierbois ayant été averti qu'un terrain vague (driesch), situé au chemin de Wavre à La Hulpe, restait abandonné et qu'on ne payait pour ce bien aucun cens seigneurial, s'y rendit avec les tenanciers jurés, et, à quatre reprises, fit citer à comparaître ceux qui pouvaient y revendiquer quelque droit. Ces sommations, dont la quatrième était de grâce, et qui furent faites tant en justice que dans l'église d'Overyssche, étaient restées sans résultat, lorsqu'un nommé Pierre Smeyers se présenta et offrit de prendre le terrain et de payer tous les frais qu'il avait occasionnés. Le maire, de l'avis des tenanciers, accueillit sa proposition, prit la glèbe et le rameau symboliques (resch en rys) et les remit à Smeyers, en l'adhéritant dans le bien (11 mai 1546).
Le budget de la commune, pour 1859, présente les chiffres suivants :

Les revenus communaux sont principalement produits par 21 hectares 92 ares de propriétés.
Les seigneurs d'Yssche (les ducs de Brabant, puis les Witthem, les Homes et les Salm) possédèrent Rosières en même temps qu'Yssche. Les biens et la cour censale que les Witthem y avaient provenaient des anciens bers ou seigneurs d'Yssche, qui en étaient encore possesseurs en 1393.
Il se trouvait, en outre, dans le village, quelques petites seigneuries, toutes tenues en fief du duché de Brabant.
Entre le cimetière et la Lasne on voyait jadis 't hoff te Rosieren, qui constituait un fief dit de la Trompe ou, si l'on veut, de la vénerie; il fut ensuite transformé en une ferme, que l'on appelait aussi het pacht-hof van Cambe (1662), parce que, parmi ses dépendances, il y avait une camme ou brasserie. Ce bien, ainsi que celui dit de Vriessele, eut toujours pour possesseurs les sires de Rosierbois.
L’Hof ter Motten fut brûlée vers 1700; les fossés, remplis d'eau, qui en protégeaient les abords, étaient déjà ensablés en 1727 et furent ensuite convertis en prairies. Gilles Gielys la vendit à Philippe de Dion (relief du 23 juillet 1492); elle passa ensuite aux Braisir (en 1518); à Jean Dougodt, par achat (r. du 8 mars 1576-1577); aux Ryckewaert, et, par alliance, aux Piermans, seigneurs de Fleschières, qui la transmirent aux Brambilla. Ces derniers vendirent le fief à Guillaume-Emmanuel Francolet (r. du 27 février 1767).
Sur le plateau, du côté de La Hulpe, s'étendait autrefois la seigneurie de Rosierbois ou de Woo, dont les deux dénominations sont empruntées à l'état primitif de cette partie du village; 40 bonniers de terres, un terrain vague, des vignes, une brasserie, des cens seigneuriaux, des arrière-fiefs y étaient annexés. Le chevalier Henri de Rosierbois vivait en 1359, et ses fils, René et Arnoul, sont mentionnés en 1356 parmi les Brabançons qui prêtèrent serment de fidélité à Louis de Mâle. René laissa Rosierbois à son fils René, qui eut pour successeurs :
René de Hainaut ou Van Henegouwe, par achat;
René de Rosierbois, dit Maillefer, oncle du précédent;
Catherine de Feron et Eustache Hannaert, son mari (r. du 16 janvier 1157-1458);
Marie, fille de Jean de Troignies et de Catherine de Feron précitée, et Philippe de Quarelemont, dit de Dion, seigneur de Dion-le-Val (r. du 3 décembre 1482).
Rosierbois resta entre les mains des seigneurs de Dion-le-Val jusque dans la première moitié du dix-septième siècle. Après Gilles de Dion, il passa à ses sœurs :
Josine, femme de Jean de Hennin-Liétard, baron de Fosseux, et Anne, qui épousa Charles Delmotte (r. du 16 juin et du 7 septembre 1627). Puis vinrent;
Jean, sire de Dion, leur frère (r. du 21 juin 1627);
Anne de Dion et Charles Delmotte (r. du 7 septembre 1627);
Ignace de la Tramerie, chevalier, baron de Roisin, au nom des enfants qu'il avait eus d'Anne de Dion (r. du 16 novembre 1645);
Jean-François de la Tramerie, seigneur d'Angre, son fils aîné (r. du 31 mai 1662) ;
Les carmélites de Bruxelles, par achat (r. du 23 janvier 1680);
Josse Waevermans ou Wouwermans et Claire Scheers, sa femme, par achat (r. du 23 avril 1694);
Jean-Baptiste, fils de Josse, prêtre (r. du 9 janvier 1711);
Sire Thomas Fraula, secrétaire du conseil des finances; plus tard, conseiller d'État, directeur des domaines et finances, vicomte par lettres patentes de 1732 et comte en 1736, et sa femme Marie-Alexandrine Anthoine, par achat (r. du 11 octobre 1714);
Jean-Baptiste-Guillaume, vicomte de Fraula, leur fils (r. du 23 janvier 1742);
Thomas-Augustin-Joseph, vicomte de Fraula (r. du 8 avril 1769);
Catherine Helman, femme de Joseph de Crumpipen, chevalier de l'ordre de Saint-Étienne, chancelier de Brabant, après la mort du précédent (r. du 11 juin 1785).
Le bien de Rosierbois comprenait, en 1694, 80 bonniers de terres, 20 b. de prés et 8 b. de bois, et, en 1768, 135 b. de dépendances. On y voit une maison de campagne, qui a passé de M. De Man de Lennick au comte d'Alcantara.
Entre le bien de Rosierbois et celui de Ter-Holst (sur Yssche) se trouvait un grand domaine portant le nom de Ten-Broecke, qui consistait en un manoir, près du chemin de Rosières à Genval; 18 bonniers de terres, 3 ou 4 b. de pâtures, 37 b. de bois, 1 b. d'eau et 35 arrière-fiefs, d'une superficie totale de 120 bonniers. En 1474, la seigneurie fut taxée, pour le service féodal, à deux combattants à pied. Le premier possesseur dont nous ayons retrouvé le nom est Guillaume, fils de sire Godefroid Vandenbroeck, qui, le 3 avril 1380, vendit tous les biens de Ten-Broecke, près d'Yssche. En 1385-1386, Catherine T'Seraerts, nièce de Gilles Vandenvoirde, releva le fief mentionné plus haut et qui passa ensuite à :
Jean Lonis;
Jean, son fils (r. du 23 novembre 1409);
Maître Lonys, chanoine de Louvain;
Jean Lonys, son fils naturel;
Jean Lonvs, fils du précédent (r. du 12 novembre 1451);
Catherine, fille du précédent (r. du 16 juillet 1473);
Maître Jean Van Steenwinckel, par cession de Catherine et de son mari, Eustache Rupt, en date du 18 novembre 1487 (r. du 17 juillet 1499);
Philippe, fils de Philippe de Dyon, par achat (r. de 1499);
Catherine, fille du précédent, et son mari, François Dalennes (r. du 3 juillet 1523);
Jeanne Dalennes, fille de Catherine et de François, et son mari, Jean Thyl (r. du 26 octobre 1532 et du 20 avril 1531);
Josine Thyl, leur fille (r. du 12 mai 1549);
Siger de Groesbeke, au nom de Siger et des autres enfants qu'il avait eus de Josine (r. du 10 mars 1560-1561);
Siger, fils de Siger de Groesbeke, seigneur de Corroy-le-Grand, gouverneur d'Utrecht (r. du 18 novembre 1573);
Gérard de Homes, comte de Bassigny, comme tuteur de messire François de Lannoy, seigneur de Tourcoing, son cousin germain, par achat à la suite d'un décret rendu en conseil de Brabant, à défaut de propriétaires (r. du 7 mars 1602). Après la mort de son pupille, Gérard, qui était seigneur d'Yssche, réunit à ses domaines ce bien, qui comprenait 72 bonniers et fut vendu, en 1826, lors du morcellement du patrimoine des comtes de Salm.
L'église de Saint-André à Rosières dépendit longtemps de l'évêché de Cambrai et du doyenné de Bruxelles. Depuis 1559, elle est comprise dans l'archevêché de Malines. En 1784, elle dépendait du district oriental de Bruxelles; après le concordat, elle devint une succursale de la cure de La Hulpe et appartient actuellement au doyenné de Wavre.
L'abbaye de Valduc avait le patronat de l'église et l'acquit probablement en même temps que celui de l'église d'Yssche, dont Rosières ne constituait sans doute qu'une annexe, dans le principe. Le monastère de Valduc n'y prélevait que quelques dîmes; les principales appartenaient aux religieux d'Afflighem, à qui le duc Henri Ier céda, au mois d'août 1227, une redevance annuelle de 100 muids de blé, à prélever sur les dîmes de Rosières et de Vorst, à la condition de célébrer tous les jours une messe en mémoire de ses deux femmes, Mathilde de Boulogne et Marie de France.
Cette donation reçut, en mai 1231, l'approbation de Henri, le fils aîné du duc; mais, dans la suite, le monastère abandonna ses dîmes au curé de Rosières, afin de lui assurer une compétence.
En 1686, il n'y avait pas de curé dans la paroisse, qui était desservie par le curé d'Yssche. En 1787, les revenus de la cure s'élevaient à 1,128 florins et 3 sous, dont 800 florins provenant des anciennes dîmes d'Afflighem. En vertu d'une fondation particulière et à charge de célébrer une messe tous les lundis, le curé percevait une redevance de 16 setiers de seigle, qui était hypothéquée sur la ferme de Libersart-Saint-Lambert. Les revenus de l'église s'élevaient, en 1787, à 147 fl.4 s.3 d.; ils montent actuellement à 2,261 francs et proviennent en partie de biens, d'une étendue de 7 hectares 65 arcs.
Le presbytère a été bâti, vers l'année 1633, par les soins du desserviteur Gérard Pétri; on y a ajouté des dépendances en 1765.
L'ancienne église, en style renaissance, avait été édifiée en 1704, date qu'on lisait au-dessus de la porte. La nouvelle a été construite, en briques, en 1844, sur les plans de l'architecte Moreau; les travaux ont été sans doute surveillés avec peu de soin, car de nombreuses lézardes sillonnent déjà les murs de l'édifice, et les plafonnages de l'intérieur se détachent en plusieurs endroits. On arrive à l'église par un escalier d'une douzaine de marches. La façade n'est percée que d'une porte rectangulaire à fronton et d'une lucarne semi-circulaire éclairant le jubé; elle est surmontée d'une tour carrée, qui se termine par une petite flèche. L'intérieur de l'église est disposé en forme de basilique, à trois nefs, où des colonnes doriques forment quatre travées. Une voûte en berceau recouvre la nef principale et le chœur; les collatéraux ont un plafond horizontal. L'abside est carrée. Les trois autels sont dédiés au Saint-Sacrement, à la Vierge et à saint André; ce saint est invoqué pour les maux de reins.
L'église possède un calice et un ostensoir de vermeil, qui proviennent, dit-on, des Bogards de Bruxelles. On y conserve une croix de procession, en bois, ornée de trois miniatures endommagées, qui paraissent appartenir au XVIe siècle.
Il a existé à Rosières, entre ce village et Rosierbois, près du chemin de Wavre à La Hulpe, une infirmerie ou zieckhuys (boven ‘t Zieckhuys van Rosieren, aen de heyde aldaer, 1539; Te Rosieren, boven ‘t bosse het, tegen over die Zieckhuysen aldaer, 1516), qui n'a laissé d'autre trace de son existence que le nom de l’Hôpital, donné à son ancien emplacement. Cet établissement a contribué, sans doute, à former la dotation du bureau de bienfaisance.
En 1787, les biens des pauvres étaient administrés par le bourgmestre (ou premier échevin) de Rosières, sous le contrôle du prince de Salm, en qualité de patron ou protecteur, et celui du curé de Rosières, et des échevins d'Yssche et de Rosières, qualifiés de directeurs.
Les revenus montaient à 194 florins; les dépenses à 103 florins 4 sous seulement. Par son testament, en date du 13 janvier 1764, le vicomte de Fraula a laissé un capital de 1,200 florins : moitié à l'église de Rosières, à charge de quatre messes par semaine ; moitié aux pauvres de la commune.
Le budget du bureau de bienfaisance, pour l'année 1859, a été fixé comme suit:

Le bureau possède 12 hectares 24 ares.
L'école communale, peu élégante, a été construite, il y a une quinzaine d'années, sur les plans de l'architecte Moreau. Elle renferme une salle pour les séances du conseil communal.
Le nombre des enfants pauvres, qui ont été admis par la commune, en 1858-1859, à recevoir l'instruction gratuite, s'est élevé à 80 : 50 garçons et 30 filles.
La fête communale se célèbre le dimanche après l'Ascension et le dimanche après la Saint-André.

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