
On a écrit d'abord Bonlei (1175), Bonlers (1171, 1637) et Bonleir (1194, 1195, 1214, 1217, 1220, 1231, 1236, 1262, 1321, 1396, 1413, 1431); cette dernière forme s'est ensuite transformée en : Bouler (1204, 1374, 1383, 1407, 1416, 1474, 1478, 1576-1577, 1636, GRAMAYE ), Bouleer (1383, 1404-1405), Boleir (1421, 1426, 1435) et Boulez (1644). On a écrit aussi Balleer (1374), Bauller (1542) et Bonley (1666), mais on a adopté de préférence l'orthographe Bonlez (1517-1549, 1615, 1675, LE ROY).
La commune de Bonlez est limitrophe de celles de Grez, Longueville, Chaumont et Dion-le-Mont.
Bonlez est à 2 1/2 kilomètres de Dion-le-Mont, 4 kilom. de Grez et Chaumont, 5 kilom. de Longueville, 6 1/2 kilom. de Wavre, 31 1/2 kilom. de Bruxelles, 35 kilom. de Nivelles.
L'église de Bonlez se trouve située par 56 grades 34 de latitude N. et 2 grades 61 de longitude E. L'altitude du seuil de la porte de l'église est de 75 mètres 29.
Un procès-verbal de délimitation du territoire de Bonlez a été dressé le 21 mars 1806. Il existe un second procès-verbal en date du 11 juin 1810.
Le cadastre divise le territoire de Bonlez en cinq sections : la section A ou de la Ferme del Herbe, la section B ou du Château, la section C ou de la Coquière, la section D ou de la Grange au Sart, la section E ou de la Ferme rouge.
Au 1er janvier 1859, ces sections se trouvaient morcelées en 1,574 parcelles, appartenant à 404 propriétaires, donnant un revenu cadastral de 41,273-05 fr. (sol : 31,072-05; bâtiments : 7,201-00) et ayant une contenance de 856 hectares 94 ares 30 centiares (imposable : 836 hect. 55 a. 20 ca.; non imposable : 20 hect. 39 a 10 ca.).
Cette contenance globale se subdivisait ainsi en 1831 :

Bonlez comprenait, en 1686, 687 bonniers 3 journaux, dont 378 b. de terres, 12 b. 2 j. de prés, 297 b. 1 j. de bois.
On comptait à Bonlez : en 1374, 67 ménages; - à Bonlez le deseurtrain, en 1436, 14 foyers; en 1464, 17 foyers; en 1472, 17 foyers; en 1492, 9 foyers; en 1526, 19 maisons; - à Bonlez le desoubtrain, en 1436, 28 foyers; en 1464. 40 foyers; en 1472, ? foyers; en 1492, 18 foyers; en 1526, 26 maisons, dont 1 inhabitée et 1 à 2 foyers; - dans les deux Bonlez, en 1686, 40 maisons, 1 moulin, 1 franche taverne; au 31 décembre 1856, 169 maisons.
Le village de Bonlez, qui compte 154 maisons; le Roblet, 10 maisons; Inchebroux, 5 maisons.
Bonlez est bâti dans la vallée du Train et, en grande partie, sur la rive gauche de cette petite rivière. L'église se trouve à l'extrémité méridionale du village; les habitations qui l'entourent se nomment le Haut-Bonlez (Bouleer desour Traynes, 1383; Bouler deseure Strain, 1404; Bouler desour Train, 1436; Bouler le deseur Train, 1492; Bauler deseur Train, 1494, 1636; Hault Bonlez, 1643), par opposition à celles du Bas-Bonlez (Bouleer desous Train, 1383; Bouler desous train, 1404; Bouler le desoubtrain, 1436; Bouler desoubztrain, 1464; Bauler desoubztrain, 1192; Bouler desoubs Train, 1436; Bas Bonlez, 1643), que l'on rencontre, près du château, en descendant le Train.
Les dernières maisons du Bas-Bonlez sont peu éloignées du hameau de la Royenne, sous Grez.
Le Roblet est situé sur une colline, à l'extrémité du territoire, à 3,200 mètres E. de l'église de Bonlez. Il se confond avec l'agglomération de Longueville, dont l'église est à peine éloignée de 400 mètres.
Bonlez ne possède que l'extrémité septentrionale d'Inchebroux, qui se trouve au bord du Train, à 900 mètres S. de l'église. Ce hameau dépend en grande partie de Chaumont et se prolonge sur le territoire de Dion-le-Mont.
A 1,500 mètres N.-N.-E. de l'église , la Filature Du Monceau; à 1,300 m. N.-E., Aux Chauquettes; à 1,800 m. N.-E., la ferme du Grandsart; à 1,200 m. E.-N.-E., le Moulin du Four a verre, transformé par le cadastre en Fort des Voiles; à 1,100 m. S.-E., la Maison du Braconnier; à 900 m. S., la Ferme rouge.
Ferme del Herbe; Champ del Herbe; Moulin du Château ou de la Queuteralle ou de Bas-Bonlez; Closière au Moulin; Champ du Bois des Fawes; Bois Séron; Champ de la Chapelle au Chaurnal (charmille); Bois à l'Étoile; Bois de la Queutère; Château; Champ du Four a verre; Bois du Four a verre; Champ de la Royenne; Bois du Grand-sart; Champ du Grandsart; Bois de Glabais; Bois Jaraux; Pré du Pont de pierre; Prairies de Glabais; Champ de la Coquière (A la Cocquierre, 1787; Campagne de la Coquire, an VI); Bois de Bonlez; Champ de la Grange au sart; Champ de la Haie Gérard; Champ de l’Epine; le Pâquier (Pauqui, en wallon); Champ du Fond des Goffes; Bois des Goffes; le Warechet; Chemin de Bayardmont; Drève de Gentilsart; Dreve del Herbe; Bernard croix; Noire barrette; Pont d'Inchebroux ou de Gistoux; Ruelle Héron; Pont de Haut-Bonlez; Pont de Bas-Bonlez; Bois Jaquemain; Terre au bois Taille des Tombelles; Bois des Garennes; Fond Laurenfosse; Fond du Maréchal; Petit fond; Fond Mirguet; Fond de Hoseveaux; Fond des Colons; Fond du Belloi; Fond Notre-Dame; Fond des Fosses Moureau; Fond Longue aveine; Fond à l'Ornia; Fosse du Grand bruit; Fosse des Bios fawes (beaux hêtres); Fond Mochamp; Fosse aux Rouges pierres; Fond d'escavée; Fond du Bois des Ris; Bois du Grand tri; Chapelle du Château.
Le terrain est généralement accidenté; on ne peut citer que quelques plaines, peu étendues, au sommet des collines, vers la Chapelle au Chaurnal et près de Roblet. C'est dans le voisinage de ce dernier point, à la limite de Grez, que se trouve le point culminant, avec une altitude de 138 mètres. Le système landénien est représenté, au pied des collines qui bordent le Train, par du psammite et du sable glauconifère; il se prolonge probablement jusqu'au ruisseau, sous le limon hesbayen.
Les sables bruxelliens occupent la plus grande partie du territoire de Bonlez; dans le bois de Bonlez, ils renferment des plaques ferrugineuses. Le plateau de la Haie Gérard montre de l'argile laekenienne, presque entièrement recouverte par le limon hesbayen. Le même terrain semble exister à Roblet, sous le limon.
On extrait en beaucoup d'endroits des pierres blanches, dites de marne, que l'on emploie à paver et à bâtir. C'est de Bonlez que vinrent, en 1630 et 1631, les pierres qui servirent à édifier la tour de l'église de Wavre.
On s'imagina, au XVIIe siècle, que le sol des environs de Bonlez recelait des richesses métallurgiques. Un octroi émanant du conseil des finances permit au baron de Bonlez, le 22 juin 1662, de rechercher des minéraux de plomb et « d'estaing en ses terres et au voisinage d'icelles », au Brabant wallon, à la condition de ne pas empiéter sur d'autres concessions, de ne pas exploiter les mines renfermant d'autres minéraux, d'indemniser les propriétaires de la surface des terrains occupés, de payer au domaine, pendant les cinq premières années, un cinquième, et ensuite, un quatrième de la valeur du métal « jeté en geuze sur la balance ». Cet octroi était limité à un terme de 24 années.
Tout le territoire de Bonlez appartient au bassin de l'Escaut; les cours d'eau qui arrosent cette commune sont : le Train et le Glabais.
Le Train cesse de former la limite entre les communes de Dion-le-Mont et de Chaumont pour pénétrer sur le territoire de Bonlez, au pont de Gistoux; baigne le parc du Château ; sépare le Château du moulin de la Queuteralle, qu'il active par une chute de 4 m. 38; reçoit le Glabais (r. dr.) en devenant limitrophe de Grez; active la filature Du Monceau par une chute de 3 mètres 34; et appartient par ses deux rives au territoire de Grez, après un parcours de 2,700 mètres, dont 300 mitoyens, dans la direction du S. au N.
Le Glabais ou Rucha des Prés prend sa source à la lisière méridionale du bois de Glabais, à une fontaine qui fournit l'eau aux habitants de Roblet; active le moulin du Four à verre par une chute de 5 mètres; baigne la maison des Chauquettes; devient limitrophe de Grez; et se réunit au Train (r. dr.), après un parcours de 2,500 mètres, dont 300 mitoyens, dans la direction du S.-E. au N.-O. .
Indépendamment de la Fontaine de Glabais, il faut citer la Fontaine du Goffe et la Fontaine Minette.
On comptait â Bonlez : en 1666, 200 communiants environ; en 1709, 213 habitants; en 1784, 419 habitants : 2 prêtres, 79 hommes, 70 femmes, 71 garçons et 84 filles âgés de plus de 12 ans, 62 garçons et 51 filles âgés de moins de 12 ans (dans la paroisse, 406 personnes : 2 prêtres, 142 hommes, 149 femmes, 62 garçons et 51 filles âgés de moins de 12 ans); en l'an XIII, 452 habitants; au 31 décembre 1831, 682 habitants; au 31 décembre 1856, 812 habitants (wallons).
Les registres de l'état civil remontent à 1662.
Les bois ont ensemble environ 150 hectares; ils portent les dénominations de Bois de Bonlez, Bois du Four à verre et Bois du Grandsart.
D'après les recensements généraux, les exploitations agricoles se classaient de la manière suivante par rapport à leur étendue :

Les exploitations de plus de 50 hectares sont : la Ferme del Herbe (55 hect.), tenue par M. Liseau (J.-B.), appartenant à la princesse de Looz; la Ferme du Château ou du Moulin de la Queuteralle (50 hect.), tenue par M. Servais (F.), appartenant au duc de Looz.
Le nombre des animaux domestiques constaté par les recensements généraux s'élevait à :

Les terres exploitées par les cultivateurs de la commune se répartissaient ainsi:

Ce chiffre total se subdivisait en biens exploités :

En moyenne l'hectare de terre était estimé à:

L'ancienne verge linéaire a 18 1/2 pieds de Louvain.
Le Moulin de la Queuteralle, que l'on nomme indifféremment Moulin du Château ou de Bas-Bonlez, ancienne annexe de la seigneurie, est activé par le Train; la retenue de sa roue hydraulique est à l'altitude de 59 mètres 08; il possède 8 paires de meules à farine.
Le Moulin du Four à verre ou Moulin Wigy a été établi sur le Glabais par Hubert Wigy (arrêté en date du 4 novembre 1834); la retenue de sa roue hydraulique est à 71 mètres 68 d'altitude; il a 2 paires de meules.
La filature de lin de MM. Du Monceau frères est activée par une machine à vapeur de la force de 18 chevaux et par une roue hydraulique de même force dont la retenue est à l'altitude de 54 mètres 12. Elle a été élevée en vertu d'une autorisation en date du 7 octobre 1836, occupe 115 ouvriers et fabrique annuellement 17,200 paquets de 3 bundles ou de 50 écheveaux. L'usine est éclairée au gaz.
Il a existé à Bonlez (vers 1840) une batterie de chanvre et (vers 1828) une fabrique de bleu de tournesol. La batterie de chanvre était activée par le Glabais; dans la fabrique de bleu, M. de Lockorst employait, de 1828 à 1830, une quarantaine d'ouvriers.
La route provinciale de Wavre à Huy traverse le territoire de Bonlez sur 800 mètres. On compte 17 chemins et 25 sentiers vicinaux, mesurant ensemble 41,420 mètres, dont 3,532 sont pavés.
Le chemin de grande communication n° 70 traverse Bonlez sur 3,547 mètres.
Le 27 décembre 1858, la commune a été autorisée à percevoir, pendant dix ans, un demi-droit de barrière sur ce chemin, qui relie la chaussée de Wavre à Hannut à celle de Wavre à Perwez.
Il existe des tumulus sur deux points de la commune de Bonlez. On en voit un dans une sapinière, à 200 m. environ au nord de la ferme de Grandsart, et deux beaucoup plus considérables, dans un bois taillis vers la limite de Chaumont. Ces derniers, qui sont séparés par une distance de près de 50 m., affectent une disposition particulière : le tumulus, au centre, a 18 m. de diamètre sur 2 m. 50 d'élévation; il est entouré d'un terre-plein de 5 m. de large, qui, à son tour, est protégé vers l'extérieur, par une circonvallation de 8 m. de large sur 1 m. 50 de hauteur. Ces tumulus, qui paraissent avoir servi de monuments religieux ou de lieux de réunion plutôt que de sépultures, sont placés à 1,300m. E.-S.-E. de l'église paroissiale, sur un plateau d'où la vue s'étend an loin dans toutes les directions. Un quatrième tumulus, moins important, se trouve dans une sapinière, à la limite même de Chaumont et à 1,500 mètres S.-E. de l'église de Bonlez.
Le territoire de Bonlez, à l'est du Train, est encore couvert de bois en majeure partie; la plupart des habitations se sont élevées à l'ouest de la rivière, soit à Bas-Bonlez, près du château, soit à Haut-Bonlez, à proximité de la ferme de l'Herbe.
En 1431, Gilles de Bonlez, étant bailli du Brabant wallon, arrêta quelques personnes justiciables d'échevinages allant à chef de sens à Louvain; non-seule-ment, il les força de comparaître en justice, au château de Genappe, mais quoique ce fussent des gens bien famés, il les fit battre et maltraiter tellement, qu'elles consentirent à payer de fortes amendes pour sortir de ses mains. Des officiers de la ville de Louvain lui ayant reproché sa conduite, il les accabla de menaces et d'injures : à l'un d'eux, Jean Van Molenbeke, il déclara que, s'il n'était un serviteur de la ville, il lui ferait couper les pieds; un autre, le sergent Jean Coeke, voulut l'empêcher de quitter Louvain, mais il tira l'épée et se fraya un passage. En raison de ces violences, il fut condamné à faire construire à Louvain trois verges de murailles, rachetables par 45 couronnes de 64 placques.
En 1482, un nommé Jean Frix, de Bonlez, appela au conseil de Brabant d'une sentence des échevins de ce village, au préjudice de la juridiction de la ville de Louvain. Cette dernière le condamna à une amende, qui consistait à fournir 2,000 pierres, mais il se tint caché et parvint ainsi à se soustraire au payement de cette dette.
Les deux Bonlez souffrirent beaucoup, en 1542, des ravages des troupes de Van Rossem; une remise de 27 livres leur fut alors accordée sur leur cote dans l'aide.
En 1547-1549, le seigneur ayant confisqué les biens appartenant à un particulier qui avait été condamné pour homicide, le lieutenant-bailli du Brabant wallon chargea ses sergents de lui remontrer qu'étant « bassain seigneur » (c'est-à-dire seigneur ne possédant pas la haute justice), il n'avait droit qu'à l'amende civile et non au produit des confiscations. Le seigneur, ayant pris conseil de personnes instruites de l'étendue de ses droits, renonça à ses prétentions, à la condition que le produit de la confiscation en litige lui serait compté, si, plus tard, on en venait à reconnaître qu'il était du nombre de ceux auxquels les « bassains » seigneurs avaient droit.
Pendant les troubles de religion, le locataire du moulin de Grez, George Leveau, resta en défaut de payer, et celui qui lui avait servi de caution, Godefroid Jas, de Bonlez, continua le bail, après avoir fait dresser un inventaire du mobilier de l'usine. Mais, comme il resta à son tour en défaut de solder le prix de la location, on voulut, le 20 mars 1577, vendre ce qu'il possédait. Il s'y opposa, disant que tout son bien avait déjà été saisi par ordre de la dame de Bonlez, et, en effet, quatre hommes, armés d'arquebuses et envoyés par cette dame, se présentèrent et forcèrent l'agent du receveur du domaine à déguerpir. Ce receveur obtint, le 29 octobre, des lettres de commandement du conseil de Brabant, mais il ne put en tirer parti, ceux qu'elles concernaient s'étant retirés dans les localités obéissant aux ennemis, c'est-à-dire au roi d'Espagne. Les fiscaux reçurent l'ordre de procéder contre eux, ce qui n'eut ni ne pouvait avoir aucun résultat.
Bonlez dépendait, sous l'ancien régime, de la mairie de Grez; on le comprit, en l'an III, dans le canton de Grez, qui a été réuni, en 1822, à celui de Wavre. Ce village formait anciennement deux juridictions différentes, qui toutes deux suivaient la coutume de Louvain; l'officier du seigneur y livrait le coupable condamné à la limite de la terre (du seigneur); là il était remis aux officiers du souverain, qui avait la haute justice dans les deux Boulez. Au quinzième siècle, une branche de la famille de Walhain posséda Bas-Bonlez, où elle avait des cens, des rentes, les lois et les amendes, tandis qu'à Haut-Bonlez, les de Glymes avaient en plus une cour et des jugeurs. Plus tard, les deux localités eurent les mêmes maîtres et, dans toutes deux, la haute justice fut cédée par le domaine, d'abord, à titre d'engagère, moyennant 800 livres (17 août 1630), puis par vente absolue, le 7 décembre 1643, moyennant 1,800 livres en sus de ces 800 (relief du 7 février 1645).
Le greffe de Bonlez se trouve au greffe du tribunal de Louvain.
Les deux Bonlez avaient, en 1383, et conservèrent longtemps encore, leurs cotes distinctes dans les aides.
La commune ne possède plus que 70 ares.
Son budget, pour 1859, présente les chiffres suivants :

Un nommé Effon de Bouleir fit de grandes donations à l'abbaye d'Alne, mais son fils, « noble homme Fastré de Bouleir, » en contesta la validité et prétendit lever quelques dîmes sur des sarts ou défrichés, à Bossut. La contestation fut déférée au jugement du chapitre métropolitain de Cologne, qui désigna pour arbitres : l'abbé de Villers Guillaume, le prévôt de Nivelles Nicolas, et le doyen du concile de Fleurus Rodolphe. En 1195, Fastré ratifia les concessions faites par son père.
René de Bouleir fit don à Alne d'un tiers de la dîme et de l'autel de ce village, avec l'approbation des seigneurs de qui il les tenait en fief. C'est ce que nous apprend un diplôme de l'évêque Hugues, de l'année 1214. En 1217, une autre partie de la même d'une fut cédée à ce monastère par la dame de Bonlez, du consentement de ses enfants, et en présence de Jean, doyen du concile de Jodoigne.
Un Jean de Bonleir querella les religieux à ce sujet et les cita par-devant le duc de Brabant, qui chargea du soin de faire une enquête Jacques de Chaumont et Walter de Bierbais. Ces deux seigneurs se présentèrent dans l'église de Bonlez, au mois de janvier 1220-1221, et là, reconnurent la valeur des droits de l'abbaye.
Les de Bonler ou de Bonlez s'éteignirent-ils? Tout ce que l'on sait, c'est que, vers le milieu du XIIIe siècle, Bas-Bonlez obéissait à Guillaume de Walhain, troisième fils d'Amoul, sire de Walhain, et d'une demoiselle de Haneffe et qui vivait en 1271 et en 1281. C'est depuis lors que la seigneurie porta pour armoiries celles de Walhain, chargées d'une barre d'argent, divisée en huit parties, qui étaient alternativement d'argent et de sinople. Hemriconrt donne pour fils à Guillaume Gilles le Bègue de Saint-Géry, Odry de Rohaignée ou Rohignies (l'Odri de Walehang, seigneur de Rohingnies, d'un acte de 1273) et Jacques de Blamont (sans doute le maître Jacques de Walehaing, chanoine de Nivelles, cité en 1284). Il eut en outre une fille, Marie, femme de Henry del Herbe, morte le 4 octobre 1280, et dont on voyait jadis, dans l'église de Bonlez, l'inscription funéraire, conçue en ces termes : Ci gist damoiselle Marie qui fut femme de Henry | del Herbe Fille de noble homme feu Monsigneur | Willaume de Boler son Pere ki fu .frere a | Monsigneur de Walhain qui trespassa l'an | de grâce MCC IIII xx le lendemain de |St Denis.
Gilles dit le Bègue est mentionné, en 1298, sous le nom de Gilles de Bonlez; puis nous trouvons :
Jakemons de Bouleir dit dou Sart, écuyer, qui vivait en 1321;
Arnoul le Prévôt, fils de maître Jacques de Bonleir; il releva du duché de Brabant les bois de Genionval et de Belloir, à Grez, qui, depuis, restèrent unis à la terre de Bonlez, fief de Walhain;
Jean de Grandsart, son fils (r. de 1384-1385), qui releva en outre du duché un fief situé à Grez et comprenant 3 bonniers de terres au lieu dit Derrière le Broke, 20 journaux de prés à Tillich, delez le Motte, 6 journaux de bois delez Berquyt, desous Beyarmont, et 3 hommages; il relevait Grandsart de la cour féodale de Pietrebais. Ayant été pris en Gueldre, en 1395, il dut emprunter à Rase de Rivieren, sire de Neer-Linter, 250 vieux écus, sur lesquels il n'en avait payé que 170, à la date du 8 mai 1398;
Sa fille Cécile épousa Jean de la Tour et eut pour successeurs :
Gilles, fils de Guillaume de Boleir (r. du 11 juillet 1422), qui, en 1416, n'était encore que le vassal de Cécile.
Gilles fut nommé bailli de Nivelles et du Brabant wallon le 9 mai 1431, en remplacement de Jean de Thilly; il ne resta en fonctions que jusqu'au 20 juillet suivant, et occupa de nouveau le même emploi du 14 janvier au 5 octobre 1433. Il épousa Elisabeth de Jodoigne, dame de Roux-Miroir;
Catherine, fille de Gilles, veuve de Baudouin Smale de Bronsberghe (r. du 16 juin 1468);
Baudouin, leur fils (r. du 10 août 1476);
Jeanne, sa fille (r. du 5 juillet 1483), qui épousa d'abord Engelbert Herdinck, puis Jean de Hosden ou Houdain;
Jean de Hosden, son fils (r. du 22 juin 1510);
Sire Charles de Hosdain;
Jacques, fils de sire Charles (r. du 7 février 1555-1556);
Eustache, fils de Jacques et d'Adrienne de Glymes, dame de Hollers à Villers-la-Ville (r. du 22 mars 1568-1569), et qui mourut en laissant veuve Antoinette de Duras;
Charles, fils d'Eustache (r. du 5 août 1613, du 1er décembre 1616 et du 28 mars 1619), était, dit Blondeau, d'une corpulence et d'une force prodigieuses. Pendant sa jeunesse, il fut indignement traité par sa belle-mère, dont son père eut plusieurs enfants, et le peu de soin qu'on prit de son éducation le rendit cruel et farouche. Un jour, ajoute-t-on, il fit avaler tous ses papiers à un procureur qui soutenait un procès contre lui, ce qui causa la mort du malheureux. Quelques-uns de ses sujets se virent emprisonnés par ses ordres et languirent dans la prison de son château pendant plusieurs années. L'infante Isabelle, avertie de sa conduite, le fit enfermer dans la citadelle de Namur. Il y monta, à ce que l'on assure, portant dans chaque main (!) des tonnes pleines de bière; on prétend encore qu'il soutenait sur ses épaules un chariot rempli de froment. Quoi qu'il en soit de ces exagérations, Charles de Hosden porta le coup de mort à la prospérité de sa race. Avant de mourir, il aliéna ses biens de Bonlez, de concert avec sa femme, Catherine de Corswarem;
Christophe Van Etten, seigneur de Couwerborch, par achat (r. du 10 mai 1625), premier seigneur haut-justicier;
Sire Louis-François Verreycken, fils de Louis Verreycken, chevalier, seigneur de Sart ou Laurensart etc., acquit Bonlez comme beau-frère de Van Etten (r. des 24 novembre 1626 et 15 mai 1637); fut, après son père, seigneur de Hamme, de Sart, d'Impde (à Wolverthem), de Ruart (à Ways) et de Gesves, domaine auquel était attaché le titre de chambellan héréditaire du comté de Namur; premier secrétaire et audiencier du conseil privé après son père, créé baron de Bonlez, le 16 juin 1643; baron de Gesves par lettres patentes du 19 avril 1649, mourut le 6 mai 1654, après avoir eu, d'Anne-Marie de Busleyden, dame de Doorne et de Leeuwerghem :
Pierre-Ignace, qui suit;
Charles, seigneur d'Impde;
Lambert, seigneur de Ruart, capitaine de cavalerie, puis capucin le jour de Saint-François, en 1653;
Marguerite-Thérèse, femme de Guillaume de Gruntere, seigneur de Vaernewyck, et Jeanne-Marie, qui s'allia d'abord à Philippe-Jacques de Bosch, baron de Meere, puis à Marie-Jacques-Ignace Blondel, baron de Cuinchy, maître de camp de cavalerie. Vers 1628, Louis-François Verreycken ôta de ses armes le chef chargé d'un aigle et porta simplement : d'azur au chevron d'or;
Pierre-Ignace de Verreycken, chevalier de l'ordre d'Alcantara, baron de Bonlez (par cession de son père, r. du 19 août 1650) et de Gesves, seigneur de Sart et de Doiceau (après la mort de son père, r. du 4 juillet 1656), de Ways, de Ruart, de Flawine, de Doorne, de Leeuwerghem, de Haut-Monstreul-au-Bois etc. En considération des services que son père et son aïeul avaient rendus aux souverains des Pays-Bas, en qualité d'audienciers, le roi Philippe IV avait promis à Louis-François Verreycken de nommer un de ses fils bailli de Nivelles et du Brabant wallon pour en jouir après la mort de Philippe-Philibert de Spangen, seigneur d'Ottignies; Pierre-Ignace ayant été désigné pour remplir ces fonctions, prêta serment le 26 mai 1649, et exerça l'emploi pendant près de 30 ans, du 13 juin 1649 au 2 avril 1679. Son propre mérite fut récompensé par l'érection en comté de la seigneurie de Sart à Grez, y compris Tinisart, Minonsart et Lorensart (lettres patentes du 16 décembre 1674, r. du 6 avril 1675). De son mariage avec Marie-Anne, fille de Henri de Haynin, vicomte du Breucq, naquirent Louis-Dominique, qui suit; Marie, Anne, Charles-Ignace-Florent, vicomte du Breucq; Henri, sire de Ruart; Philippine et Liévine;
Louis-Dominique de Verreycken (r. du 21 juillet 1678) épousa Marie-Caroline-Claire de Berlo, de qui naquit Henri, qui s'allia à Barbe-Thérèse Vander Gracht, et qui n'eut qu'un enfant : Lambertine-Josèphe, morte le 9 février 1749, femme en premières noces de Charles Vander Meere, seigneur de Clessenaere, et, en secondes noces, de Philippe-François-Joseph de Varick, seigneur de Court-Saint-Étienne.
Philippe-Albert de Verreycken posséda le comté de Sart (r. du 16 décembre 1689) et le laissa à ses filles : Thérèse-Philippine et Joséphine-Albertine (r. du 4 juin 1708); la plus jeune de celles-ci survécut et succéda à son aînée (r. du 20 janvier 1723), et légua ses biens à son mari, Philippe-François-Joseph de Varick, seigneur de Court-Saint-Étienne (r. du 7 août 1730). Mais ni Philippe-Albert ni ses enfants ne possédèrent Bonlez, que la douairière de Sart avait revendiqué, parce qu'elle avait des reprises à exercer à charge du comte de Sart et de son frère. Des lettres de décret, en date du 26 juin 1688, ayant ordonné la vente de la baronnie, cette dame en fit l'achat (r. du 14 juillet suivant), puis céda son acquisition à Lambertine de Verreycken, femme de Jacques Bruneau, vicomte de la Wastine (r. du 28 janvier 1697).
Jacques-Joseph de Verreycken, vicomte du Breucq, et Philippe-François-Roger de Varick, comte de Sart, seigneur de Court-Saint-Étienne, relevèrent Bonlez la même année (le premier, le 5 avril 1740; le second, le 14 mars précédent); mais ce dernier en conserva la possession, qui passa, plus tard, à François-Bernard-Henri-Roger Vander Gracht, baron de Rommerswael de Vremde (r. du 21 mai 1785), puis à son beau-frère, Léopold de Gavre, fils de François-Joseph-Rase, prince de Gavre (r. du 25 juillet 1788).
En l'an XIII, un noble hollandais, le baron de Lockhorst, chevalier du Lion belgique, membre de l'ordre équestre de la province de Hollande, baron de Veenhuysen, acheta Bonlez, qu'il laissa, à sa mort, à sa fille, Hermine de Lockhorst de Toll et Veenhuyzen, veuve de M. F. W. de Heeckeren de Nettelhorst, et qui épousa, le 15 octobre 1829, Charles-Napoléon-François-Joseph, duc de Looz-Corswarem.
Le fief primitif de Bonlez, qu'on relevait de VValhain, reçut successivement de notables accroissements. Lorsqu'il devint une baronnie, en 1643, et lorsqu'on ordonna son annexion au comté de Sart, en 1675, il avait haute, moyenne et basse justice, un bailli, un maire, des échevins et des sergents, une cour féodale, une prison, droit de congé, droit de succéder aux bâtards, la chasse, la collation de la cure du village et d'une chapelle castrale, des cens et redevances valant 262 florins par an (en 1675), un château, une cense ou ferme près du château, celle de l'Herbe, à Haut-Bonlez ; celle de Grandsart, une franche taverne et un moulin banal (dont le produit s'élevait, en 1675, pour le taverne, à 120 fl.; pour le moulin, à 300 fl.; 140 bonniers de prés et de terres et 350 b. de bois ( en 1643; en 1675, 182 b. 2 journaux de terres, rapportant 2,500 fl.; 18 b. et 1 j. de prés, de pâchis et de vergers, rapportant 1,000 fl.; 393 b. 1 j. de bois, produisant 3,000 fl. Le revenu total de la baronnie s'élevait, en 1675, à 13,266 fl, somme très considérable pour le temps.
L'habitation des premiers possesseurs n'avait pas, sans doute, l'aspect imposant que le château de Bonlez présentait au siècle dernier et qu'il conserve encore jusqu'à un certain point. En 1643, c'était déjà une maison forte, entourée d'eau et munie de quatre tours. Il est probable qu'il fut agrandi et embelli par les riches et influents Verreycken plutôt que par les Hosden, qui paraissent avoir affectionné le séjour de Rouxmiroir. Le style de l'architecture, que nous pouvons étudier dans les deux vues gravées par Harrewyn et publiées par Le Roy (une autre vue se trouve dans les Châteaux et Monuments des Pays-Bas, de Decloet), accuse la première moitié du dix-septième siècle plutôt que les temps antérieurs.
Le château de Bonlez constitue une vaste construction en briques, entourée de fossés marécageux et plus remarquable par sa grandeur que par son architecture. Le corps de logis principal, auquel on arrive par une large avenue de tilleuls, forme un bâtiment carré, ayant trois étages au-dessus des souterrains et cantonné à chaque angle d'une lourde tour carrée: les faces est et ouest ont cinq fenêtres de largeur, les deux autres n'en comptent que quatre. La tour nord-est est remplacée par une aile de bâtiments moins ancienne que le grand corps de logis, prolongeant la façade orientale du château et constituant ainsi le premier côté d'une cour que d'autres constructions en retour d'équerre achèvent de circonscrire. Deux ponts donnent accès à cette cour, dont le pourtour montre trois tourelles carrées et une porte cochère surmontée d'armoiries et portant le millésime 1665. Le château est habité par le duc de Looz et ses gendres, M. le comte Edgar du Val de Beaulieu et M. Charles-Jean François de Meulenaer. On remarque, à l'intérieur, l'appartement de M. le comte et de Mme la comtesse du Val, splendidement garni d'un revêtement et de meubles en bois sculpté, dus au ciseau patient et habile de M. Malfait.
Une autre beauté du manoir de Bonlez, c'est son vaste parc, qui fut planté vers l'année 1770, et dont on cultive actuellement une partie. On l'avait orné de fabriques, d'une belle et spacieuse grotte, d'une cascade, mais tout cela est aujourd'hui un peu négligé. On y avait construit, à l'extrémité méridionale, un théâtre, qui est converti en grange. D'un côté, le parc est baigné par le Train; de l'autre, il se relie aux grands bois qui couvrent presque toute la partie orientale du territoire de la commune. Près du château, an nord-est, se trouve la chapelle, petit édifice qui semble dater du XVIe siècle et qui tombe en ruines. Déjà la toiture s'est effondrée, et son clocheton, recouvert d'ardoises, ne tardera pas à la suivre. Les murs sont en moellons; ils sont percés de quatre fenêtres : deux à la nef, deux à l'abside, qui est à trois pans et irrégulièrement orientée. Dans cette chapelle, qui est dédiée à saint Pierre, il existait un bénéfice dont la dotation consistait en 5 bonniers 3 j. de terres, 6 b. de bois et 2 b. de bruyères, le tout situé à Bonlez, plus 3 j. de prés, à Mousty; elle fut augmentée par le baron Pierre-Ignace de Verreycken, puis par Mme Verreycken, en vertu d'un arrangement conclu entre elle et l'évêché de Namur, le 7 novembre 1690. Le bénéficier jouit quelque temps de la ferme dite la Censé Brûlée, à Corroy-le-Grand, et de 71 bonniers de terres, de prés et de bois; un comte de Sart ayant revendiqué ce beau domaine pour défaut de relief, transigea, le 13 août 1755, avec le bénéficier, qui lui céda la ferme, en retour d'une rente annuelle de 400 florins. Dans le principe, le bénéficier ne devait que 2 messes par semaine; en 1726, il s'engagea à célébrer la messe les quatre premiers jours de la semaine, à faire le catéchisme, les dimanches et fêtes, et à entretenir la chapelle de Saint-Pierre. En 1824, on disait encore, tous les jours, la messe au château.
La ferme del Herbe a donné son nom à une famille qui possédait, dans la première moitié du XIVe siècle, une partie importante de la seigneurie de Dion-le-Val.
La ferme de Grandsart, située dans un site très accidenté, au milieu de bois, de bruyères et de champs accidentés, appartient à M. Antoine, de Wavre. Les bâtiments sont assez anciens, et une petite tourelle annonce qu'ils étaient autrefois le centre d'une seigneurie. Comme nous l'avons dit plus haut, cette dernière avait un maire, des échevins, qui allaient en appel à Grez; des terres, des prés, 34 à 36 bonniers de bois, un cens de 17 chapons, 2 poules, 4 sous 6 deniers de Louvain, un demi-muid d'avoine, le tout tenu en fief de la terre de Pietrebais à Grez.
Haut-Bonlez, avant d'être réuni à la baronnie de Bonlez, eut pour seigneurs les Ripemont. L'un d'eux, nommé Jacques, est cité, en 1312, comme relevant du duché de Brabant des biens et des cens à Dion; le Latynsboeck de cette année ajoute qu'il était maire de Gembloux. Un autre Jacques de Ripemont donna à son fils, également appelé Jacques, un livre censal à Dion et à l'Herbe. L'un des personnages de ce nom fut sommé, en 1356, de prêter serment de fidélité à Louis de Maie; devenu chevalier, il donna quittance le 10 mai 1359, de 126 vieux écus qui lui étaient dus par le duc et la duchesse de Brabant.
En 1403, 1404 et 1421 vivait Guillaume Taillefiers de Ripemont, qui s'allia à Isabeau de Limelette. Cette dame, du consentement de ses frères, Guillaume et Engelbert, donna à l'abbaye de Gembloux, pour l'âme de son mari, celle de son père, messire Robert de Limelette, et celle de sa mère, une maison et sept bonniers de terres, dits la Terre de Nizelle, et légua à son frère Guillaume le « capiaul d'argent, doreit d'or », qui avait appartenu à leur mère; à son second frère, Engelbert, ses brebis de Liroul, qui étaient confiées « aux enfants de Vauz », une « coroye et deux hanaps d'argent »; à sa sœur Catherine, ses brebis qui étaient « en sar » et un hanap d'argent, et à Jacquemar de Feroult son grand lit (1er mai 1412).
Baudouin de Glymes succéda aux Ripemont et transmit Haut-Bonlez à ses descendants, de qui les Hosden héritèrent, par le mariage d'un des leurs avec Adrienne de Glymes.
D'après une charte de l'an 1204, le prieur de Basse-Wavre avait alors quelques biens à Bonlez; Heylissem y posséda un petit canton de dîmes, qui fut confirmé à cette abbaye par l'évêque Jean, en 1231, et ne valait que 15 florins par an, en 1787.
L'église de Notre-Dame, de Bonlez, avait jadis rang d'église entière; elle dépendait du concile ou doyenné de Jodoigne, tant lorsqu'elle ressortissait à l'évêché de Liège qu'après la création de l'évêché de Namur; en 1639, on l'en sépara pour la comprendre dans le doyenné de Wavre. Après le concordat, elle devint une succursale de la cure de Beauvechain, dans l'archevêché de Malines; aujourd'hui elle fait de nouveau partie du doyenné de Wavre, dans le même diocèse.
La collation de la cure et la perception des dîmes appartenaient au seigneur. La dotation du curé comprenait : en 1666, un tiers des dîmes, 10 bonniers de terres, 1 b. de bois, 10 halster de seigle et 6 florins de rentes; en 1787, ses revenus s'élevaient à 588 fl., provenant en majeure partie de la compétence, qui fut portée de 400 fl. à 500, le 6 mars 1767, et qui était assignée sur le tiers de la dîme, les terres et les bois précités, que le curé céda à la communauté des habitants et celle-ci au comte de Sart. Le marguillier recevait par an : en 1666, 8 halster de seigle et 8 d'avoine; en 1787, 139 fl., dont 70 payés par le seigneur. Les biens de l'église consistaient : en 1666, en 7 à 8 bonniers de terres et quelques cens; ils ne comprennent actuellement que 4 hectares 34 ares; ses revenus montaient, en 1846, à 1,115 francs.
L'église reconnaît aujourd'hui sainte Catherine pour patronne; elle fut bâtie en 1771, aux frais du seigneur, sauf que le curé de Corroy-le-Grand, comme décimateur d'une fraction delà paroisse, dut contribuer dans la dépense pour 300 florins. Comme la plupart des temples construits à la fin du XVIIIe siècle, elle est précédée d'une tour carrée, que surmonte une flèche octogone, peu élancée. A l'intérieur, elle est disposée en basilique à une nef. Le vaisseau est recouvert d'une belle voûte maçonnée en anse de panier, qui est divisée en cinq travées par des arcs doubleaux retombant sur des pilastres. Le chœur se termine en abside à trois pans; il est éclairé par quatre fenêtres et a une voûte à nervures croisées. Un des bas-autels est dédié à la Vierge, l'autre à sainte Catherine.
L'église possède un magnifique ostensoir en vermeil, de style ogival tertiaire. Sur le pied est gravé un écusson, chargé d'une croix cantonnée de fleurs de lis, et les mots Van. den. Bus. Au centre se trouvent deux petites statuettes avec l'inscription : S. Iodocus, S. Herman, qui désigne probablement les patrons du donateur; une couronne horizontale supporte en outre les statues des douze apôtres. Un clocheton à crochets amortit la remontrance. Il faut citer aussi un ciboire armorié avec l'inscription : anno 1635, don du seigneur de Bonlez.
Le cimetière nous donne deux épitaphes :
1° Fortitudini | Potius mori quam fœdari | Ci-gît S. A. S. Mgr. | Auguste-François-Charles Prince de Looz- | Corswarem, époux de Madame Louise-Albertine | Baronne De Lockhorst, né au château de Niel | (Limbourg,) le 9 mars 1805, décédé à Ixelles, | Lez-Bruxelles, le 12 Juin 1852, | muni des secours de la Sainte-Eglise. | R. I. P.
2° Ci git | Dame Elisabeth | Aune-Geneviève-Marie | Canter Cremers, ] épouse de monsieur | Jean-Baptiste-Remi-François | Dumonceau de Bergendal, | née à Groningue Pays-Bas, | le 24 août 1830, | décédée à Grez-Doiceau, | le 12 août 1858.
La Chapelle au Chaurnal (à la Charmille) où se réunissaient lors des rogations les processions de Bonlez et des deux Dion, a été démolie pendant la domination française.
La table des pauvres possédait ; en 1666, 6 journaux de terres, 5 j. de bois, 50 halster de seigle en redevances; aujourd'hui ses biens consistent en 3 hectares 59 ares. Ses revenus s'élevaient, en 1787, à 131 florins; le budget du bureau de bienfaisance, pour l'année 1859, a été fixé comme suit :

En 1666, le marguillier tenait école et on proposait de lui donner, à ce titre , des émoluments pris sur le revenu de la table des pauvres.
Le nombre des enfants indigents qui ont été admis par la commune, en 1858-1859, à recevoir l'instruction, s'est élevé à 149 : 67 garçons et 82 filles.
La fête de Bonlez se célèbre le 1er dimanche d'août; il y a en outre une petite fête patronale à la Sainte-Catherine (25 novembre).

![]() |
Avec le soutien de la Province du Brabant Wallon |