
On a écrit successivement Rixensart (1244), Rixansart (1247), Rixsinsaert (1312), Rixensart (1374, 1504, 1524, 1536, 1553, LE ROY), Rixsensaert (1378), Ricxensard (1383), Ruxensaert (1440), Rixensaert (1484), Rixenssart (1581), Rucsensart (1617-1619). Ces légères différences conduisent toutes aux mêmes racines : sart ou terrain défriché et rix, syllabe qui entrait fréquemment dans la composition de noms gaulois (Ambiorix, Vercingétorix, Cingétorix etc.), ou Rixon, Rixa (d'où Richard, Richarde), prénoms qui furent usités au moyen âge. Une autre commune de notre pays, Rixingen (Limbourg), semble avoir la même origine; en France, on trouve le bourg de Rixheim (Haut-Rhin) et plusieurs localités portant le nom de Rix. On prononce en wallon Rixinso.
La commune de Rixensart est limitrophe de celles de Rosières-Saint-André, Limal, Limelette, Lasne, Ohain et Genval. Rixensart est à 3 kilomètres de Genval, 4 kilom. de Rosières et Limai, 5 kilom. de Limelette, 7 kilom. de Lasne, Ohain et Wavre, 23 kilom. de Nivelles, 23 1/2 kilom. de Bruxelles.
L'église de Rixensart se trouve située par 56 grades 35 de latitude N. et 2 grades 44 de longitude E. L'altitude du seuil de la porte de l'église est de 77 mètres 22.
Le procès-verbal de délimitation du territoire de Rixensart porte la date du 26 janvier 1818; il a été clos le 20 avril suivant.
Le cadastre divise le territoire de Rixensart en trois sections : la section A ou du Village, la section B ou du Bourgeois, la section C ou du Glain.
Au 1er janvier 1859, ces sections se trouvaient morcelées en 1,904 parcelles, appartenant à 433 propriétaires, donnant un revenu cadastral de 35,545-83 fr. (sol 30,069-83; bâtiments 5,476-00) et ayant une contenance de 852 hectares 23 ares 40 centiares (imposable : 821 hect. 76 a. 20 ca.; non imposable : 30 hect. 47 a. 20 ca.).
Cette contenance globale se subdivisait ainsi en 1834 :

En 1686, Rixensart contenait 558 bonniers 2 journaux, dont 224 b. 3 j. 49 verges de terres, 33 b. 2 j. 69 1/2 v. de prairies, 23 b. 3 j. de prés communs, 258 b. 2 j. 49 v. de bois fiefs ou bois de nature féodale, 16 b. 1 j. 92 v. de bois masures, 1 b. 1 j. de viviers.
On comptait à Rixensart : en 1686, 43 maisons et deux tavernes (pour les autres dénombrements, voyez LIMAL); au 31 décembre 1856, 297 maisons.
Le village de Rixensart, qui compte 95 maisons; Froidmont (Fromont, OUDIETTE), 37 maisons; le Bourgeois, 143 maisons; le Glain, 22 maisons.
Le petit village de Rixensart est situé sur les versants de la colline qui sépare le ruisseau de Monseigneur du ruisseau du Château; il est longé par le chemin de fer du Luxembourg. Les maisons, particulièrement celles qui avoisinent la fontaine de Monseigneur, sont de chétive apparence. Une partie de l'agglomération porte le nom de Grand Tri.
A 900 mètres S. de l'église, sur un point assez élevé et exposé au vent de bise, est bâtie la ferme de Froidmont (Cense de Froidmont, 1656); elle forme l'extrémité méridionale du hameau auquel elle a donné son nom et qui occupe une vallée traversée en remblai par le chemin de fer.
Le hameau du Bourgeois, dont la place ornée d'arbres et d'un tir à l'arc est à 2,000 m. O.-S.-O. de l'église, s'étale, sur un kilomètre de longueur, dans les replis et jusqu'au sommet du vallon de la Lasne. Il ne forme, pour ainsi dire, qu'une seule agglomération avec le village de Genval qui se trouve sur la rive opposée.
Le Glain est situé à 1,400 m. O.-N.-O. de l'église, sur la pente d'une colline qui borde la Lasne, en amont de l'endroit où le railway franchit cette petite rivière.
Landelutte (L’Andelhutte, 1729), bois; Lïmalsart; Grand Pré; Pré du Château; Couture du Pré du Chêne; Couture Jouette; Champ du Château; Château de Rixensart; Bois de Rixensart; Fond Marie Monseu; Bois Marie Monseu, ainsi nommé d'une femme qui y a été tuée en le traversant la nuit de Noël; Vallée Bossu, bois; Fond du Thiraux, bois; Fond de Cambrai; Closière Sainte-Catherine; le Pèlerin; Cortil Jérôme; Vieille taille, bois; Bois Mouille; Château du Belloy ou Bailois, maison de campagne fort simple et moderne; Pré du Belloy; Bois du Belloy; le Caillou; Fournil du Moulin de Genval; Coucou; les Prés; Grande Bruyère; Prés aux Deux-Eaux; Bois de Dripont; Sechiron Monseigneur; Étang Monseigneur ou Monsieur; Bois du Héron; Sept Bonniers; Belle Place, bois; Champ de Froidmont; Champ du Bourgeois; Lambrou; la Bassette; Petit Cortil; drève des Chênes; Closière du Cerf; Pont du Belloy; Pont du Glain; Chemin de Messe; Chemin de la Procession; Ruelle Vincent; Ruelle Gilles Collet; Chemin du Meunier; Chemin du Moulin; Chemin du Cimetière; Ruelle Marguerite; Rue Neuve; Rue du Culot; Tienne Ruchaut; Pâchis Radeau; Tienne Grand' Père; Laugette; les Communes; Closière Jouarl; Gibet ou la Croix de pierre, emplacement d'un ancien lieu de justice, à la limite de Limal, contre le chemin de fer du Luxembourg; Croix Baptiste, intersection de deux chemins sur un plateau culminant, où s'élevait jadis un pilori dont la colonne en pierre bleue sert aujourd'hui de support à la grille du jardin du presbytère; Ruelle Gislain; Sentier Denis; Ruelle du Bénéfice; Manandise; L’Étoile; les Tombes; Bruyère des Tombes; Étang de la Brasserie (Vivier de la Brassine, 1656); Étang du Château; Bruyère du Plaigneau (en wallon, Plania) ; Ruelle Cochette; Couture du Château; Bois de Froidmont ou Bosquaille Navette; Tienne du Bailli, bois; Bauwe (mare) du Loup; Bruyère du Beau Glain; Croix des Valets; Piron Frichois; Bruyère brûlée; Culée des Huttois; Basse-Cour ou Ferme du Château (Cense de la Basse-Cour, 1656), une des plus belles du canton, qui a été rebâtie il y a quelques années; Coupe de la Glacière, bois; le Calvaire; Chapelle Sainte-Marie; Chapelle N.-D. de Walcourt.
Maison Monseigneur, qui était une habitation seigneuriale; Courtil aux Febvres; Fief de Crévecœur; Pré des Trippes; Pré des Widdes; Pré Bary; Pré des grand et petit Doppeiges, derrière le château; Vivier de Boudripont, tous, sauf la Maison Monseigneur, cités en 1656; Au Folon; Sur le Champ de Coucou; le Forgiron, prairie (1729); Fossés au Bodripont (1732).
De nombreuses dépressions accidentent le sol de Rixensart, qui n'offre un plateau un peu vaste qu'à l'extrémité méridionale du territoire, vers la Croix Baptiste, point culminant d'une altitude de 113 mètres.
Les vallons, qui constituent la plus grande partie de la commune, appartiennent au système bruxellien; le sable y renferme généralement du grès; on y tire de la marne. En se rapprochant des plateaux, ils sont recouverts du limon hesbayen, qui s'étend à tous les points élevés et y repose sur les sables laekeniens. Ce dernier système ne se montre au jour que près de la chapelle N.-D. de Walcourt et à la lisière orientale du bois de la Belle-Place, où l'on voit des traces de gravier.
La Lasne est bordée d'alluvions; on a exploité dans une prairie marécageuse, près du confluent du ruisseau du Château, une tourbière d'un mètre de puissance.
Tout le territoire de Rixensart appartient au bassin de l'Escaut; les cours d'eau qui arrosent cette commune sont : la Lasne, le Ruisseau du Château et le Ruisseau de Monseigneur.
La Lasne, qui était mitoyenne entre la commune de Lasne et celle d'Ohain, devient, au S.-O. du Bourgeois, limitrophe de Rixensart. Près du château du Belloy, elle abandonne Ohain pour servir de démarcation à Genval. Bientôt elle appartient par ses deux rives à cette commune, reçoit la Margot (r. g.), active le moulin de Genval, puis redevient mitoyenne de Rixensart. Elle se grossit, en face de la Grande Bruyère, de la source du Fonteny et du Salmon ( r. g. ); passe au pied du hameau du Glain et du bois de Dripont; reçoit le Ruisseau de Monseigneur (r. dr.) et la Rivière d'Argent (r. g.); forme la limite entre Rixensart et Rosières; reçoit le Ruisseau du Château (r. dr.); et quitte le territoire de Rixensart pour séparer les communes de Rosières et de Limal. Son cours, très sinueux, a une direction générale, d'abord du S.-O. au N.-E., puis de l'O. à l'E.; sa longueur développée est de 8,300 mètres, dont 1,100 m. mitoyens avec Ohain, 3,900 avec Genval et 3,300 avec Rosières.
Le Ruisseau du Château prend sa source à la fontaine de la Cave, au hameau de Froidmont; longe les étangs du château de Rixensart; reçoit (r. g.) les fontaines de Madame et du Curé, qui émergent dans le parc; longe la colline sur laquelle s'élève le bois de Rixensart; se grossit (r. dr.) des sources de la Glacière et du Thivaux; devient limitrophe de Limal; et se réunit à la Lasne (r. dr.), en face du pré Fauchille, après un parcours de 2,400 m. dans la direction du S.-S.-O. au N.-N.-E., dont 300 m. mitoyens avec Limal.
Le Ruisseau de Monseigneur ou du Boudripont prend sa source au pied du chemin de fer du Luxembourg, à l'O. du village de Rixensart, près d'un étang, aujourd’hui asséché, qui lui a donné son nom; sépare le bois de Dripont du bois de Landelutte; et se réunit à la Lasne (r. dr.), en amont des Deux-Eaux, après un parcours de 1,400 m. dans la direction du S. au N.
Les fontaines dont l'eau est employée par les habitants sont : à Rixensart, la Fontaine de Monseigneur et la Fontaine de la Taillette; à Froidmont, la Fontaine Manotte et la Fontaine de la Cave; au Bourgeois, la Fontaine Jean Rosy, la Fontaine de la Bassette, la Fontaine du Belloy, la Fontaine du Bosquet et la Fontaine de la Grande bruyère; au Glain, la Fontaine du Pâchis Radeau.
L'établissement du chemin de fer a supprimé la Fontaine du Grand Tri; la Fontaine du Héron a également disparu.
Trois étangs se succèdent, avons-nous dit, le long du ruisseau du Château: le premier, presque tari, se nomme l’Étang de la Brasserie; le deuxième, très petit, est l'Étang de la Basse-Cour; le troisième forme une assez belle pièce d'eau, qui porte le nom d'Étang du Château.
On comptait à Rixensart : en 1709 , 286 habitants; en 1784, dans le village, 634 habitants, savoir : 1 prêtre, 134 hommes, 134 femmes, 92 garçons et 85 filles âgés de plus de 12 ans, 97 garçons et 91 filles âgés de moins de 12 ans (dans la paroisse, voyez LIMAL); en l'an XIII, 875 habitants, dont 205 à Rixensart, 190 à Fromont et 480 au Bourgeois; au 31 décembre 1831, 1,203 habitants; au 31 décembre 1850, 1,523 habitants (wallons).
Les registres des naissances, mariages et décès commencent en 1802; avant cette époque ils se confondent avec ceux de Limal.
Les bois ont ensemble 294 hectares; ils portent les dénominations de Bois de Rixensart, Fond de Thiraux, Coupe de la Glacière, Vallée Bossu, Bois Marie Monseu, Vieille taille, Belle place, Bois de Landelutte, Bois de Dripont, Grande bruyère, Bois du Belloy, Tienne du Bailli.
D'après les recensements généraux, les exploitations agricoles se classaient de la manière suivante par rapport à leur étendue :

Les exploitations de plus de 50 hectares sont : la Ferme de Froidmont (90 hect.), tenue par M. Cordier (M.), appartenant à la comtesse Albertine de Mérode; la Basse-Cour (75 hect.), tenue par MM. Minet frères, appartenant au comte Xavier de Mérode. Le nombre des animaux domestiques constaté par les recensements s'élevait à :

Les terres exploitées par les cultivateurs de la commune se répartissaient ainsi :

Ce chiffre total se subdivisait en biens exploités :

En moyenne l'hectare de terre était estimé à:

L'ancienne verge linéaire a 20 1/2 pieds de Bruxelles à Rixensart; 18 1/2 pieds de Louvain au Bourgeois.
En 1610, il existait à Rixensart un four à vitre. Il y a, près de la Basse-Cour, une brasserie qui chôme depuis huit ans et qu'on laisse tomber en ruine.
Le tissage du coton occupe une centaine d'ouvriers, qui travaillent chez eux à la fabrication du basin.
Beaucoup de maçons et quelques menuisiers quittent la commune pendant une grande partie de l'année pour exercer leur profession.
On compte en outre quelques sabotiers et un forgeron.
Le chemin de fer du Luxembourg traverse le territoire de Rixensart sur une longueur de 2,650 mètres et y a une station placée entre le village et le hameau de Froidmont.
On compte 23 chemins vicinaux et 40 sentiers, mesurant ensemble 46,834 mètres, dont 3,800 m. sont pavés.
Le chemin de grande communication n° 21 traverse la commune sur 3,916 m.
A environ 1,100 mètres au N.-E. du château de Rixensart, il existe trois tumulus, qui ont donné leur nom à la Bruyère des Tombes et au Sentier des Tombes. Ces tumulus sont situés dans le Bois de Rixensart, au-dessus du Fond du Thivaux; ils ont 2 mètres de haut sur 15 à 20 m. de diamètre. Ils ont été explorés, le 24 octobre 1861, par M. Juste, conservateur du Musée d'antiquités de Bruxelles : l'un d'eux paraissait avoir déjà été fouillé; on n'a rien trouvé dans le plus grand des deux autres; le troisième a donné un peu de cendres et de bois brûlé.
Rixensart formait autrefois, au spirituel, une dépendance de Limal; une branche de la famille de Limal y eut, dès le XIIIe siècle, une seigneurie distincte et un château, dont les annales constituent presque toute l'histoire du village.
Pendant les guerres de Louis XIV, le château de Rixensart fut plusieurs fois attaqué et occupé. Le dimanche 10 février 1668, 80 soldats français s'avancèrent jusqu'à La Hulpe et y furent rencontrés par 50 hommes de la compagnie des gardes, commandés par don Louis de Salcedo, capitaine de cette compagnie. Chargés et forcés de battre en retraite, ils se retirèrent dans le château de Rixensart. Don Louis se posta aux alentours et fit demander des renforts. Le lendemain, les capitaines don Juan de Luna et don Francisco de Treguas, qui l'avaient rejoint avec 80 fantassins, s'emparèrent de la ferme seigneuriale; dans l'attaque, le feu prit à une paillasse, consuma la ferme et se communiqua au château, dont une partie fut dévorée par l'incendie. Les assiégés, qui étaient au nombre de 64, dont 2 capitaines et 4 lieutenants, se rendirent alors et furent conduits à Bruxelles.
Dix ans après, le 7 février 1678, M. Lagalerie, premier brigadier de France, fit une autre incursion dans les environs de Wavre, incendia plusieurs belles fermes et livra aussi aux flammes des châteaux, notamment celui de Rixensart. Il y a quelques années, en creusant le sol pour établir les murs du transept gauche de l'église, on a découvert un grand nombre de squelettes, sans le moindre vestige de cercueils. La tradition prétend que ce sont des restes de pestiférés, mais ce pourraient être aussi de malheureuses victimes d'un de ces trop nombreux combats qui ensanglantèrent notre sol pendant la seconde moitié du XVIIe siècle.
Rixensart dépendait jadis de la mairie de Mont-Saint-Guibert. Ce village fut compris, en l'an III, dans le canton d'Overyssche ou de La Hulpe, et joint, en 1822, au canton de Wavre.
On lit dans d'anciens comptes d'officiers de justice qu'au hameau de Rixensart, à Limal, le seigneur avait cens, rentes, lois et amendes, et que le duc de Brabant y possédait la haute justice. Dans un ancien procès entre le chapitre de Nivelles et le seigneur de Tubise, on prétend que le seigneur de Sombreffe avait la haute justice à Genval et à Rixensart, sauf qu'il devait, à la limite de sa seigneurie, livrer le coupable aux officiers du souverain; toutefois, ceux-ci étaient tenus de lui remettre une moitié des profits en argent résultant des condamnations. Ces diverses assertions paraissent inexactes, et il semble que les seigneurs de Rixensart ont toujours été en possession de la haute justice, aussi bien que de la moyenne et de la basse; seulement, le souverain conserva la haute justice au hameau du Bourgeois, et la vendit, au XVIIe siècle, à un conseiller de Brabant, qui l'acheta, selon le baron Le Roy, uniquement parce qu'il s'appelait Bourgeois. Ce Charles de Bourgeois mourut en 1636, laissant, entre autres enfants, Christine, dame du Bourgeois, femme de Ferdinand Vanderlinden, seigneur de Marneffe. De Christine naquit Caroline Vanderlinden, qui s'allia à Jean-Philibert de Locquenghien, baron de Melsbroeck, dont la fille, la comtesse d'Esneux, Marie-Gilberte de Locquenghien, morte en 1731, fit abandon du Bourgeois à la chanoinesse de Mérode, dame de Rixensart.
Le greffe de la cour de Rixensart, pour les années 1736 à 1795, se trouve au tribunal de première instance de Bruxelles. Cet échevinage et celui du Bourgeois suivaient, l'un et l'autre, la coutume de Louvain. Ce fractionnement paraît avoir donné naissance à une inimitié profonde entre les habitants des deux juridictions. Autrefois ils avaient fréquemment des rixes qui allaient jusqu'à l'effusion du sang; aujourd'hui leur antipathie mutuelle a diminué, bien qu'elle ne soit pas complètement éteinte. Des neuf membres du conseil communal, trois doivent être pris parmi les éligibles du Bourgeois.
Rixensart et Genval, appartenant au même seigneur, ne formaient, en 1383, qu'une seule cote pour le paiement des aides. Plus tard ils furent séparés.
Le budget de la commune, pour 1859, présente les chiffres suivants :

Les biens possédés par la commune comprennent, avec le presbytère, 1 hectare 42 ares 50 centiares. Ils paraissent provenir de l'ancienne communauté du Bourgeois, où le sol est plus divisé et où les petits propriétaires sont nombreux.
Le premier seigneur de Rixensart s'appelait Godefroid de Limal et paraît avoir été le frère de René, chevalier de Limal. Trois Godefroid de Rixensart furent les bienfaiteurs de l'abbaye de Villers, où on célébrait leurs anniversaires respectifs le ?, le 1er juin et le 1er septembre. Le premier de ces Godefroid céda aux religieux une dîme à Limal, qui leur valait, au XVIIe siècle, 15 muids de blé et 15 muids d'avoine, mesure de Wavre. Un Godefroid de Liemale est cité en 1217. Lui ou un autre personnage du même nom est mentionné, en 1244, sous la qualification de sire Godefroid de Rixensart. Enfin, nous voyons Godefroid de Limal, seigneur de Rixensart, de concert avec Jean, son fils aîné, approuver, en octobre 1247, la cession faite par Aleyde, fille de Gérard de Court-Saint-Étienne, à l'abbaye d'Aywières, du fief de Bordeel, que cette dame relevait de lui. En 1248, en qualité de patron de l'église de Limal, il approuva l'accord que le monastère précité avait conclu avec le curé au sujet des novales.
Messire Henri de Rixensart figure dans un acte de l'an 1271 avec le titre de sire de Limal; il mourut, en 1285, à la campagne d'Aragon, où il avait suivi le duc de Brabant, Jean Ier.
En 1312, on mentionne à la fois Jean de Manille, comme tenant en fief du duc des terres à Rixensart, et Jean de Rixensart.
Baudouin, fils de messire Jean de Rixensart, succéda à celui-ci.
Jean, fils de Baudouin, releva, en avril 1340, en s'engageant « à détailler » son fief dans les quarante jours.
Arnoul Morel de Rixensart joua un rôle assez important. Le 7 juin 1366, on le désigna pour terminer, avec d'autres arbitres, une contestation qui s'était élevée entre Guillaume, comte de Namur, et ses frères, au sujet de la succession de leur mère. A la bataille de Bastweiler, il fut fait prisonnier et subit une longue captivité. Le duché lui paya une indemnité s'élevant à 3,609 moutons (quittance datée de Bruxelles, le 13 octobre 1378); mais déjà, pour hâter sans doute sa délivrance et le paiement de ses dettes, il avait ébréché son patrimoine. En 1372-1373, de concert avec sa femme, Aleyde de Stalle, héritière de Ruysbroeck près de Hal, il vendit cette terre; en 1377, il céda au chapitre de Cambrai ses droits et ses biens à Limal.
Ce qui lui resta : Rixensart, dans la paroisse de Limal; le village contigu de Genval et la seigneurie de la Pierre, sur Bierges, passa après lui à Isabelle, dame d'Ottignies, femme de Godefroid, sire de Sombreffe (relief de l'année 1383-1384), sauf qu'une rente de six livres de vieux gros fut assignée à Aleyde de Stalle. Les Sombreffe et après eux les Virnembourg se transmirent, pendant près d'un siècle et demi, le triple héritage des Rixensart, des Ottignies et des Sombreffe. En 1536, cette union prit fin, Conon, comte de Virnembourg, ayant vendu Rixensart, Genval et la Pierre à Eustache de Croy, évoque d'Arras (r. du 28 juillet), qui en fit don à son frère, sire Adrien de Croy, comte du Roeulx, chevalier de la Toison d'or, premier et grand maître d'hôtel de l'empereur Charles V (r. du 1er août 1536); celui-ci, deux ans après, sépara la Pierre, qui devint une annexe de la terre de Wavre. Le comte du Rœux eut pour successeurs :
Messire Jean de Croy, comte du Rœux, son fils (r. du 28 juin 1553);
Marie de Licques, par cession du précédent et comme douairière (r. du 30 octobre 1574);
Claudine de Melun, en qualité de douairière d'Adrien de Croy, chambellan de l'empereur Charles-Quint, et avec le consentement de Jean de Croy, son fils, relève ses droits (r. du 14 mars 1576);
Françoise de Renty, dame de Griboval, par don à elle fait le 8 mars 1580, par sire Jean de Croy, comte du Rœux (r. effectué par-devant la cour féodale de Louvain, le 30 juin 1581);
Sire Eustache de Croy, chevalier, comte du Rœux, sire de Beauraing, comme héritier du comte Adrien, son père (r. du 7 juin 1582);
Sire Gérard de Croy, chevalier, seigneur de Lormensart, comme héritier de son père, le comte Adrien, relève une moitié de la terre de Rixensart (r. du 22 octobre 1582);
Françoise de Croy ou de Renty, fille d'Oudart, baron de Renty, femme de Charles de Gavre, premier comte de Frésin, qui suppléa, le 30 juin 1629, au droit de relief qui avait été payé en 1581. Ce seigneur, « doué des plus belles qualités et d'une rare vertu », appelait Rixensart son ermitage et s'y retirait souvent pour se distraire des intrigues de la cour. A la fin de sa vie, il s'y fixa avec toute sa famille et y fit élever de vastes bâtiments, « où il chercha le luxe moins que la commodité ». En outre, il embellit le jardin de tout ce que l'on recherchait alors: parterres, grottes, jets d'eau etc.
Pierre-Ernest de Gavre, fils du comte de Frésin;
Sire Dominique-François, fils du précédent (r. du 17 août 1639), qui mourut sans enfants, en Espagne;
Françoise-Conradine de Gavre, sa sœur (r. du 24 octobre 1643), femme de don Philippe-Hippolyte Spinola;
Philippe-Charles Spinola, comte de Bruay, leur fils (r. du 8 mars 1655), fit aussi des embellissements considérables au manoir, mais qui disparurent lorsque la garnison française de Charleroi livra ce dernier à l'incendie; la grande tour, qui contenait un beau carillon, fut surtout endommagée. Le seigneur la fit restaurer avec plus de magnificence qu'auparavant et chargea le célèbre Le Nôtre de dessiner les jardins;
Hyacinthe-Côme-Gabriel de Spinola, comte de Bruay, fils de Philippe-Charles (r. du 28 janvier 1710) ;
Isabelle-Albertine, comtesse de Bruay, née rhingravinne de Salm, par don du précédent (r. du 20 septembre 1712);
Hyacinthe-Nicolas de Mérode dit de Montfort, en qualité d'héritier de la précédente (r. du 9 mars 1715);
Marie-Nicole-Thomase de Mérode, comtesse de Montfort, chanoinesse de Mons, à qui la fontaine Madame doit probablement son nom;
Balthasar-Philippe, comte de Mérode, marquis de Deynze, baron de Duffel, par la mort de sa tante (r. du 22 février 1787). Ce seigneur affectionnait le séjour de Rixensart et donna le nom de Petit-Rixensart à la demeure qu'il occupa près de Vienne, pendant l'émigration. Le dernier marquis de Deynze ne laissa pas de postérité. En 1804, il céda ses biens de Belgique, qui étaient séquestrés par ordre du gouvernement français, aux Mérode-Westerloo, à la condition que ceux-ci lui en abandonneraient les revenus pendant sa vie. Le nouvel acquéreur, le comte Guillaume-Charles-Guislain, prince de Rubempré et d'Everberg, marquis de Westerloo, grand d'Espagne de première classe, jouissait d'une assez grande influence à la cour de Napoléon Ier, qui l'avait créé maire de Bruxelles et le fit ensuite sénateur. Le deuxième des fils de ce seigneur, Félix de Mérode, comte de Trélon, ministre d'Etat du royaume de Belgique, eut en partage Rixensart, où il possédait les trois quarts du territoire du village; son patrimoine a été fractionné en trois lots : le comte Xavier, actuellement camérier du pape Pie IX, a hérité du château et des terres voisines; la comtesse Albertine, de la ferme de Froidmont; le comte de Montalembert, leur beau-frère, des biens du Bourgeois.
Le fief de Rixensart comprenait, d'après le dénombrement de Baudouin de Rixensart : 90 bonniers de terres, 32 b. de prés, 152 b. de bois, 4 b. d'eaux ou d'étangs, un cens de 11 muids 4 setiers de blé, 13 muids d'avoine, 92 chapons, 61 sous 6 deniers censaux, 34 1/2 livres de cire. A ce premier fief en était annexé un second, consistant en 18 b. de bois et un cens de 74 sous de cens, 25 chapons, 4 1/2 setiers d'avoine. D'après un Compte de la seigneurie pour l'année 1650-1657, le livre censal valait alors 26 florins 8 sous, 45 1/2 chapons, 1 poule, 5 1/2 livres de cire, 59 3/4 setiers de blé, 43 1/4 setiers d'avoine, 20 tranchants (ou couteaux?) à prélever sur un demi-bonnier situé à Velthem. La redevance pour le pâturage dans les bois seigneuriaux, consistant en 3 setiers par cheval, 1 1/4 setier par poulain ou vache, et 3/4 de setier par veau ou génisse, produisit 120 3/4 setiers, qui furent payés pour 7 chevaux, 1 poulain, 54 vaches et 23 veaux et génisses. La cense de la Basse-Cour se louait, avec 30 1/2 bonniers, moyennant 329 florins 13 sous; et celle de Froidmont, avec 42 1/2 bonniers, moyennant 191 1/4 setiers de seigle et 85 1/4 setiers de froment. Le Cortil aux febves produisait 12 florins; quelques prairies, 741 fl. 10 sous; la paisson des glands, 798 fl. ; le droit de pêche (qui, au XVIIIe siècle, était réservé pour les plaisirs de Mlle de Montfort), 10 sous.
Au Bourgeois, la seigneurie foncière appartenait, par moitié, au sire de Rixensart et au sire du Bourgeois, qui y avaient un cens de 10 fl. 10 s. 8 deniers, 10 5.1/2 chapons, 7 muids 3 setiers d'avoine, 5 quartauts d'œufs; le droit de congé, consistant en un dixième de la valeur; deux rentes, le droit de pêche, qui s'affermait moyennant 12 sous. En 1729-1730, la seigneurie du Bourgeois valait à la chanoinesse de Mérode 10 fl. 10 s. 20 d., 7 muids d'avoine, 5 quarterons d'œufs, et à la comtesse douairière d'Esneux, 20 fl. 2 s. 3 liards et 25 setiers d'avoine.
Ce n'est pas sans motifs que le baron Le Roy classe Rixensart parmi les seigneuries du plus grand revenu qu'il y eût dans le quartier. Y compris Genval, elle valut à son possesseur, en 1650-1657, la somme considérable de 8,215 florins; en 1729-1730, 5,100 fl.; en 1746-1747, 9,008 fl. Les prérogatives qui y étaient annexées étaient considérables, puisque le seigneur avait la haute, moyenne et basse justice, un maire, un échevinage, un sergent. Le maire ou bailli était en même temps receveur; ce dernier emploi lui valait un vingtième de la recette (en 1729-1730, 258 fl.) et le premier, 50 fl. Le greffier des cours féodales de Rixensart et de Genval touchait 5 fl.; les trois sergents et gardes-chasse, 12 fl. et 6 setiers de blé chacun. Le seigneur avait droit de franche garenne dans ses bois et pouvait y chasser les bêtes fauves et même les poursuivre dans la forêt de Soigne, à la seule condition d'y suspendre son cor au premier chêne qu'il rencontrait. Par contre, il devait le service féodal par un homme d'armes à trois chevaux et un combattant à pied.
Il semble que le château avait, au XVe siècle, perdu de son importance primitive, puisque le seigneur de Sombreffe se plaignait alors de n'avoir, ni à Ottignies, ni à Rixensart, une prison convenable pour y enfermer les personnes accusées de quelque crime ou de quelque délit, soit au civil, soit au criminel; il demanda au conseil de Brabant de pouvoir les faire garder dans sa forteresse de Sombreffe, également située dans le duché; mais l'autorisation nécessaire ne lui fut accordée qu'à titre précaire et à la condition de ramener les accusés, pour y être jugés, devant le tribunal compétent; de ne pas leur imposer des frais de justice plus onéreux, et de réclamer, lorsque cela serait nécessaire, le consentement des seigneurs bassains ou inférieurs que le fait pourrait intéresser (5 octobre 1457).
Le Roy nous a conservé une vue, gravée par Harrewyn, du château, dans l'état où l'incendie de l'année 1078 l'avait laissé. Cette vue, que les Délices du Brabant ont reproduite, est bien supérieure à la mauvaise lithographie que l'on trouve dans le Voyage pittoresque dans les Pays-Bas de De Cloet. Elle atteste que la masse des constructions a subi peu de changements depuis le XVIIe siècle. Le manoir se compose de la ferme seigneuriale et du château que précède une grande avant-cour.
La ferme de la Basse-Cour, où demeure le bourgmestre actuel, M. J.-A. Minet, est une des plus belles du canton. Les dépendances offrent les millésimes 1821 et 1829; l'habitation porte la date de 1778. On y arrive en pénétrant dans l'avant-cour par une porte ornée d'un écusson aux armes des Bruay. L'habitation fut élevée, selon la tradition, pour servir de remises, par le marquis de Deynze, et l'émigration en entrava l'achèvement.
Le château de Rixensart forme un vaste rectangle de bâtiments, entourant une cour carrée. Les angles extérieurs sont cantonnés de tourelles octogones en briques, à chaînes de pierre blanche; celle du S.-O., à cause de la contiguïté de l'église, n'est pas posée symétriquement : elle est englobée dans les bâtiments et a un moindre diamètre. La façade est exposée au midi et n'a rien de monumental; les fenêtres sont irrégulières; l'entrée est une porte cochère en plein cintre, à fronton, au-dessus de laquelle s'élève une tour carrée, pas très haute, renfermant une horloge et un carillon détraqués. Les trois côtés du château qui donnent sur le parc sont d'une architecture plus négligée encore que la façade; le sol, étant plus bas que celui de la cour intérieure, leur donne de l'élévation. A l'O., les murs sont lézardés et n'ont point de fenêtres; au N., un balcon tapissé de lierre et reposant sur trois arcades, communique avec les appartements: à l'E. s'étend une belle terrasse, qui regarde le bois de Rixensart et sur laquelle s'ouvre un escalier montant à l'intérieur du château. La cour est disposée en forme de cloître; des galeries ouvertes, à arcades surbaissées, règnent sur trois côtés : l'aile septentrionale n'en a point. On compte dix arcades à l'aile méridionale, six à chacune des deux autres. Un seul étage surmonte ce rez-de-chaussée. Chaque face des bâtiments porte une date : sur ceux de devant, on lit l'année 1662; sur ceux du fond, 1631 ; à droite, 1660 ; à gauche, 1648. La porte d'entrée présente des armoiries et la date 1650.
Les appartements n'ont rien que de très modeste; ils sont occupés, pendant l'été, par M. Bosquet, régisseur de la famille de Mérode. Une chambre de l'aile orientale est réservée au comte de Montalembert : on y a réuni tous les meubles qui garnissaient à Bruxelles l'appartement de son beau-père, le comte Félix de Mérode. Dans une pièce de l'aile septentrionale se trouve le portrait d'un Spinola avec cette inscription :
Tel estoit le marquis mais je ne vois limage
De ses cleres vertus, de ses faicts la grandeur.
Je puis peindre ung soleil; la divine splendeur
Des raions du soleil, dung pinceau nest louvrage.
Le parc qui s'étend au pied du château a dû être fort beau, lorsqu'il était moins négligé. Les pièces d'eau alimentées par la fontaine Madame et la fontaine du Curé s'envasent de jour en jour; au lieu de réparer les conduits des jets d'eau, on en a vendu le plomb. Mais on peut admirer encore de beaux ifs, de grands mélèzes et une vieille charmille auprès de laquelle s'élève un énorme platane. A l'E. du château, sur une colline dite du Calcaire, à la lisière du bois, se trouvent deux chapelles placées en regard l'une de l'autre et communiquant par une avenue : la plus remarquable est dédiée à sainte Anne, l'autre au Seigneur crucifié.
Sur le penchant occidental de la colline que le hameau du Bourgeois occupe, on trouve une petite maison de campagne nommée le Belloy ou Bailois, propriété du comte de Montalembert, qui a longtemps été habitée par la famille Strens et occupée en dernier lieu par M. Jules Guillery, membre de la Chambre des Représentants.
La chapelle de la Sainte-Croix, de Rixensart (aujourd’hui de l'Exaltation de la Sainte-Croix, avec saint Célestin pour patron secondaire), forma longtemps une annexe de la paroisse de Limal. Après le concordat, et quoique la famille de Mérode en ait conservé la propriété, elle fut érigée en succursale de la cure de La Hulpe et a depuis été réunie au doyenné de Wavre.
La chapellenie était à la collation du seigneur. En 1510, elle valait, par an, 25 muids de froment et était chargée de trois messes par semaine, qui se trouvaient portées à cinq, en 1711, et, en 1787, à sept, que l'on disait à l'heure que le seigneur préférait. Les revenus montaient, à cette dernière époque, à 735 florins, dont 105 provenant d'une dîme levée à Rixensart, 293 fl. provenant d'une autre dîme s'étendant sur Bourgeois, Rixensart et Profondsart (à Limal); et 72 fl. formant le produit des deux tiers de la dîme de la seigneurie de La Pierre. La chapellenie possédait 6 bonniers 3 journaux de terres et 1 journal de pré, plus une maison bénéficiale, pour la construction de laquelle le recteur avait été autorisé à lever 3,771 fl., à charge de rembourser tous les ans 150 fl. La fabrique n'avait que 27 fl. de revenus, qui s'élevaient, en 1846, à 880 francs.
L'ancienne chapelle, après avoir été brûlée, fut rétablie par les soins du bénéficier, antérieurement à l'année 1711. Il y a trente ans, elle ne consistait qu'en une nef fort courte, de style renaissance; le chœur était déjà flanqué, à droite, d'une tribune carrée, s'ouvrant dans un vestibule du château et surmontée d'une calotte qu'éclaire une lanterne cylindrique et sur laquelle est inscrite la date 1723. Le clocheton qui perce le toit de l'église, indique le point où la nef s'arrêtait; en 1834, on l'allongea de manière à lui donner quatre fenêtres au lieu de deux; on y ajouta, en 1850, le croisillon gauche, et, en 1855, le croisillon droit. Actuellement l'église se présente sous la forme d'une croix latine, dont les quatre bras sont recouverts d'une voûte en berceau et engendrent à leur intersection une voûte d'arête. L'unique autel porte la date de 1819, qui indique l'époque de sa restauration. La chaire de vérité provient de l'église de La Hulpe. Sous le croisillon gauche et la sacristie qui le touche est pratiqué le caveau dans lequel ont été déposés les restes du comte Félix de Mérode. L'entrée de ce caveau est pratiquée hors de l'église et ressemble plutôt à l'ouverture d'une glacière qu'à celle d'un monument funèbre : pas la moindre inscription ne rappelle le souvenir de l'ancien ministre d'État.
A la fenêtre du croisillon gauche est placé un vitrail représentant la Vierge avec l'enfant Jésus, ayant au-dessus d'elle les deux autres personnes de la Trinité et à ses côtés saint Louis et saint Philippe. Vers le haut, on lit les mots Sancta trinitas, unus Deus, et autour du compartiment où est placée la Vierge, Egredietur virga de radice Jesse et requiescet super eum spiritus domini, flos de radice ejus ascendet. L'inscription suivante apprend l'origine de ce vitrail : En pieuse mémoire de Marie Louise Philippine | de Grammont Fallon, comtesse de Mérode, | marquise de Trelon, née à Villersexel diocèse de | Besançon 15 août 1800, décédée à Bruxelles 3 mai 1847 | J . B. Capronnier 1852. Dans le croisillon droit est déposée la châsse de sainte Florentine, don de la comtesse Werner de Mérode, qui la tenait, croyons-nous, du cardinal Antonelli. La châsse a la forme d'un sarcophage en verre, dans lequel repose la sainte, représentée par une figure en cire, de grandeur naturelle et richement vêtue. Un tableau représentant la Vierge, l'enfant Jésus et saint Joseph, que l'on attribue à Cossiers, avait été enlevé de la chapelle de Rixensart du temps de la République; il fut remis, le 6 nivôse an XIII, pour y être replacé, à M. Bosquet, mandataire de M. de Mérode.
Les biens des pauvres de Rixensart restèrent confondus avec ceux des pauvres de Limal jusqu'en l'an 1810, qu'on en opéra le partage. En 1853, le bureau de bienfaisance possédait 9 hectares 88 ares 76 centiares de terres, y compris l'emplacement de l'école, qui a été bâtie par la commune, à l'aide de subsides accordés par le gouvernement.
Le budget du bureau de bienfaisance, pour l'année 1859, a été fixé comme suit :

Le nombre des enfants pauvres qui ont été admis par la commune, en 1858-1859, à recevoir l’instruction, s'est élevé à 166 : 90 garçons et 76 filles. Le comte Xavier de Mérode vient de faire construire, en vue de la station, sur le plateau qui domine l'église vers le S.-O., un bâtiment dont les plans ont été fournis par l'architecte Coulon.
Deux sœurs de la Providence de Champion y tiennent une école.
Rixensart et Bourgeois ont chacun deux fêtes locales : celles de Rixensart se célèbrent le dimanche après l'Exaltation de la Sainte-Croix (3 mai) et le dimanche après l'Exaltation de la Sainte-Croix (14 septembre), celles du Bourgeois, le deuxième dimanche de juillet et le dimanche après l'Assomption.

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