
Le nom de Genval est écrit dans les plus anciens actes avec de grandes variantes : on lit tantôt : Jusenneval (1218, 1220), Jusameval (1220), Jusainneval (1245), Jusenevale (1374) ou Jusenvail (1383), tantôt Jussenvaz (1244) ou Gesynneval (1312), tantôt encore Senval (1220), Genesval (vers 1350), et plus souvent Geneval (1374, 1383, 1404-1405, 1492, 1507, 1537, 1639, 1744), Genevael (1525, 1536, 1553), Genevaul (1436, 1464, 1484), Jenevaul (1403-1404, 1412), Jeneval (1543), et enfin Genval (1636, 1639, 1787), qui a prévalu. On rencontre aussi Genival (1666, LE ROY), Gingaux (sic, 1666), et Genvalle (XVIIIe siècle). On prononce en wallon Djin’vau.
En présence de l'orthographe primitive, on doit accepter pour racines la préfixe Jusenne, dont Gen ne serait qu'une contraction, et le radical val, qui s'explique naturellement par la proximité de la vallée de la Lasne. Il ne peut plus être question du genévrier, que Gramaye y a vu; mais il y a probablement communauté d'origine avec la commune française de Juzenuccourt (Haute Marne) et avec les deux hameaux de Gennevaux, dans la province de Luxembourg, l'un sur Musson, l'autre sur L'Eglise.
La commune de Genval est limitrophe de celles de La Hulpe, Over-Yssche, Rosières, Rixensart et Ohain. Genval est à 3 kilomètres de La Hulpe et Rixensart, 4 kilom. d'Ohain, 5 1/2 kilom. de Rosières, 9 kilom. de Wavre et Over-Yssche, 19 1/2 kilom. de Nivelles, 20 kilom. de Bruxelles. L'église de Genval se trouve située par 56 grades 35 de latitude N. et 2 grades 40 de longitude E. L'altitude du seuil de la porte de l'église est de 81 mètres 53.
Le procès-verbal de délimitation du territoire de Genval a été ouvert le 26 janvier 1818 et clos le 26 avril suivant.
Le cadastre divise le territoire de Genval en 2 sections : la section A ou de Maubrou, la section B ou du Village. Au 1er janvier 1859, ces sections se trouvaient morcelées en 1,518 parcelles, appartenant à 405 propriétaires, donnant un revenu cadastral de 26.917-61 fr. (sol : 20,875-61; bâtiments : 6,042-00) et ayant une contenance de 451 hectares 10 arcs 15 centiares (imposable : 432 hect. 90 a 00 ca.; non imposable : 18 hect. 14 a. 15 ca.).
Cette contenance globale se subdivisait ainsi en 1834 :

En 1686, Genval comprenait 374 bonniers 3 journaux, dont 311 b. 3 j. de terres, 18 b. 2j. de prés à wayer, 4 b. de pâturages, 28 b. 1 j. de prés communaux, 12 1/2 b. de bois.
On comptait à Genval : en 1374, 54 ménages; en 1436, 34 foyers, dont 13 non imposables; en 1464, 51 foyers; en 1472, 38 foyers; en 1492, 15 foyers; en 1525, 58 maisons; en 1686, 55 maisons, plus 1 moulin, 1 brasserie et taverne; au 31 décembre 1856, 269 maisons.
Le village de Genval, qui compte 224 maisons; la Bruyère à la Croix, 45 maisons. Le joli village de Genval s'étend sur la croupe du contrefort qui sépare la Lasne de la Maserine; la vue s'y promène à la fois sur le bourg de La Hulpe et le hameau du Bourgeois. La place est vaste; le centre en est occupé par une perche de tir à l'arc; on y remarque le presbytère, mais l'église en est éloignée d'environ 400 mètres et s'élève au bord d'un ravin profond et escarpé. Les maisons qui avoisinent l'église et qui forment un petit groupe séparé, à l'extrémité du territoire de la commune, portent le nom de Maïermont. L'autre bout du village, près du chemin de fer du Luxembourg, s'appelle Maubrou, à cause de la nature marécageuse du terrain. Le hameau de la Bruyère à la Croix se trouve à 1,200 mètres N.-N.-O. de l'église, au haut du versant droit de la Maserine.
A 1,100 mètres N.-N.-E. de l'église, la Ferme de l'abbé Stouffs, qui doit son nom à ce qu'un fils de l'ancien fermier fut sur le point de prendre les ordres (la carte manuscrite de Ferraris l'appelle Cense de l’Hesse (Ferme de Delsaize, an XIII); à 600 m. E.-N.-E., le Moulin de Genval; à 400 m. E.-N.-E., la Tannerie ou Maison Smar, qui est construite sur l'emplacement d'une antique habitation où se trouvait, d'après la tradition, la geniévrerie qui aurait donné son nom à Genval; à 600 m. O.-N.-O., le Baudet, écart composé d'une ferme et de quelques maisons appartenant en partie à Ohain.
Champ du Petit bois; Pré des Cerfs; Sartage; Champ de Maubrou; Pré de Maubrou; Pont d'Isque; Champ de Groenendael; Pont de Haut; Wansart; Bosquet; Belleveld; Poirier Dieu; Tilleul de N.-D. de Hal, arbre séculaire n'ayant plus que l'écorce; Champ Sainte-Anne; Champ de Damvart; Bois Pirard; Pré du Moulin; les Coutures; A la Chaudière; Chemin Ladrée; Chemin Manteline; Rue Neuve; Chemin de Vaguitte; Chemin du Pâchis à la Croix; Chemin du Fossé; Rue Haute ou Chemin du Cortil des Piques; Chemin de la Tassenière; Tri Maïermont; Trouée de la Bruyère; Ruelle Dehan; Fond Dehan; Passage du moulin; Ruelle Beth Robert; Ruelle du Vieux; Chemin de Laurent Labye; Ruelle Bauduin ; Chemin du Berger; Chemin Ghion ; Ruelle des Tombes; Chemin du Champ de la Roue; Barrière du Bailli; Chemin du Champ Vanceau; Cortil du Sart; Chemin du Wartia ; Ruelle Gage; Bois de Marie Decamps; Ferme du Sart, qui fut arrentée, le 9 juin 1711, par le conseiller P.-Ignace Colins à J. Le Grève; Ferme Salmon; Ferme Acreman; Chapelle Sainte-Anne, qui ne se trouve pas depuis longtemps dans le village, bien qu'elle porte la date 1692 : elle était jadis à la limite d'Ohain, à 400 m. S.-E. de la Maserine; Chapelle du Saint-Sacrement ou du Curé; Chapelle Mayné ou Notre-Dame, provenant de l'abbaye d'Aywières; Chapelle Stouffs ou Notre-Dame.
Rue des Juifs; Trou Margot, lieu qui est l'objet de craintes superstitieuses; Boe al chen auwe ou Réservoir de l'eau du chêne; le Bosquet, bois de 4 bonniers (cité en 1750).
Le centre du territoire de Genval forme un plateau qui s'incline au S.-E. vers la Lasne, au N.-E. vers l'Argentine et au N.-O. vers la Maserine; au S.-O., il se prolonge sur le territoire d'Ohain. Le sol est accidenté dans le voisinage des cours d'eau et particulièrement près de l'église. Le point culminant de la commune est à 200 m. N.-N.-E. du Baudet, à l'altitude de 105 mètres.
Le versant des vallées appartient au système bruxellien et présente du sable, parfois mélangé de grès.
Sur les plateaux, Dumont signale la présence du système laekenien, recouvert dans toute son étendue par le limon hesbayen du système diluvien.
Au fond des vallées de la Lasne et de l'Argentine règnent des alluvions quaternaires; la Maserine est accompagnée de limon hesbayen.
Tout le territoire de Genval appartient au bassin de l'Escaut; les cours d'eau qui arrosent cette commune sont : la Lasne, l’Argentine, la Maserine, le Ruisseau du Bois Pirard, le Salmon et la Margot.
La Lasne cesse d'être mitoyenne entre Ohain et Rixensart pour marquer la limite de cette dernière commune et de Genval, où elle pénètre bientôt complètement; après avoir reçu la Margot (r. g.), elle redevient limitrophe de Rixensart; active le moulin de Genval par une chute de 1 mètre 76; reçoit le tribut des fontaines Smar et du Fonteny (r. g.); coule au pied du hameau du Glain; se grossit du Salmon (r. g.) et du Ruisseau de Monseigneur (r. dr.); puis quitte le territoire de Genval, aux Deux-Eaux, en recevant l’Argentine (r. g.) et devenant mitoyenne entre Rixensart et Rosières. Son cours, dirigé du S.-O. au N.-E., a un développement de 4,400 m., dont 500 seulement appartiennent exclusivement à Genval.
L'Argentine, ou Rivière d'Argent, ou Silverbeek , vient de La Hulpe et sert d'abord de limite entre cette commune et celle de Genval; active la papeterie du Cerf, sous La Hulpe; au pont d'Isque, elle devient limitrophe d'Over-Yssche, et au pont de Haut de Rosières; puis elle se réunit à la Lasne (r. g.) aux Deux-Eaux, en séparant le pré de Maubrou du pré de Wiek. Son cours, entièrement mitoyen, est dirigé de l'O.-N.-O. à l'E.-S.-E.; il a un développement de 2,400 mètres.
La Maserine vient d'Ohain; passe sur le territoire de La Hulpe; devient limitrophe de cette commune et de Genval; active le moulin Spreutels, sous La Hulpe et rentre définitivement à La Hulpe après un parcours de 1,050 m., dont 450 mitoyens, dans la direction du S.-O. au N.-E.
Le Ruisseau du Bois Pirard est un filet d'eau qui prend sa source près du bois dont il porte le nom; il pénètre sur le territoire de La Hulpe après un parcours de 700 m. dans la direction du S. au N.
Le Salmon prend sa source à la fontaine Stouffs; passe à côté de la ferme qui lui a donné son nom; et se réunit à la Lasne (r. g.), en face du hameau du Glain, après un parcours de 600 m. dans la direction du N.-O. au S.-E.
La Margot prend sa source à la fontaine des Bossus; sert de limite entre Ohain et Genval; reçoit (r. g.) les eaux de la fontaine Mayné; appartient à Genval par ses deux rives; et se réunit à la Lasne (r. g.), après un parcours de 800m., dont 550 mitoyens, dans la direction générale de l'O. à l'E.
Les fontaines employées par les habitants sont : la Fontaine Smar, la Fontaine du Fonteny, la Fontaine Mayné, la Fontaine des Bossus, la Fontaine au Chêne ou de la Bruyère, la Fontaine Stouffs, et la Fontaine de Maubrou.
Toutes ses sources jaillissent vers le fond des vallées, de sorte que le village, établi sur la hauteur, manque d'eau, malgré l'existence d'un puits sur la place communale; cette disette se remarque aux petites mares qui avoisinent la plupart des fermes. Le puits dont nous venons de parler est recouvert d'un petit bâtiment portant pour inscription : Ce puis, avec pompe foulan | te, fait en 7bre 1853 par les soins | de M. A. J. Jeanson, bourgmestre | de Genval depuis 1816, et de | dame M. A. Stouffs, son épouse | est un don à perpétuité fait | par eux à cette commune.
On comptait: en 1666, 250 communiants; en 1709, 318 habitants; en 1784, dans la commune, 590 habitants, dont 1 prêtre, 115 hommes, 127 femmes, 84 garçons et 85 filles âgés de plus de 12 ans, 76 garçons et 92 filles âgés de moins de 12 ans (dans la paroisse, 584 personnes, dont 1 prêtre, 200 hommes, 212 femmes , 80 garçons et 91 filles âgés de moins de 12 ans); en l'an XIII, 732 habitants, dont 132 à la Bruyère a la Croix; au 31 décembre 1831, 1,096 habitants; au 31 décembre 1856, 1,242 habitants (wallons).
Les registres ecclésiastiques des naissances etc. commencent en 1665.
Il n'existe plus à Genval que quelques bosquets ayant ensemble environ 5 hectares.
D'après les recensements généraux, les exploitations agricoles se classaient de la manière suivante par rapport à leur étendue :

Le nombre des animaux domestiques constaté par les recensements généraux s'élevait à :

Les terres exploitées par les cultivateurs de la commune se répartissaient ainsi :

Ce chiffre total se subdivisait en biens exploités :

En moyenne l'hectare de terre était estimé à:

L'ancienne verge linéaire a 20 1/2 pieds de Bruxelles.
Il existe à Genval un moulin à grain, activé par la Lasne et comptant 3 couples de meules. Sa retenue est â l'altitude de 53 m. 43. Il appartient au comte de Montalembert et a toujours dépendu de la terre de Rixensart. En 1729, il était loué moyennant 280 florins, outre deux redevances de 6 setiers de blé, payés pour les obits d'Arnoul Morel et des comtes de Virnembourg : la première, au curé et au clerc de Limal; la seconde, au curé et au clerc de Genval. L'anniversaire de Morel fut constitué par lui en 1383.
Une tannerie, dont l'établissement fut autorisé le 17 décembre 1826, à la demande de J.-B. Stouffs, occupe quatre ouvriers et prépare annuellement 500 peaux.
Un atelier de 28 métiers pour la fabrication des tissus de laine et coton a été monté à Genval par M. Joniaux, de Bruxelles. On compte en outre une trentaine de tisserands travaillant à domicile.
Une fabrique de noir animal existait, il y a une vingtaine d'années, près de l'emplacement actuel de l'école; elle fut transférée sur la place, où l'on en voit encore la cheminée, puis définitivement supprimée.
Beaucoup d'ouvriers maçons, plafonneurs, marbriers, peintres etc. quittent la commune pendant une partie de l'année pour aller travailler à Bruxelles et aux environs de Charleroi.
Le chemin de fer du Luxembourg traverse le territoire de Genval sur 1,350 mètres; il a nécessité la construction d'un viaduc à Maubrou.
On compte 20 chemins vicinaux et 41 sentiers, mesurant ensemble 30,057 mètres, dont 2,895 sont pavés.
Le chemin de grande communication n° 21 traverse la commune sur 2,286 mètres; le chemin n° 22, sur 412 m.
La mention à Genval d'une Ruelle des Tombes indique qu'il y a existé des tumulus. Malgré sa situation écartée, Genval souffrit cruellement à plusieurs reprises. A la suite des ravages que la guerre civile y causa, pendant le gouvernement de Maximilien d'Autriche, une remise de 4 livres 17 sous sur sa cote fut accordée au village. Des soldats, qui y logèrent pendant six jours, y ayant commis de grands dégâts, l'empereur Charles-Quint l'exempta, le 31 octobre 1537, du quart de sa cote dans l'aide. En 1674, peu de temps avant la bataille de Seneffe, le prince d'Orange, Guillaume III, y campa pendant plusieurs jours avec ses troupes hollandaises, tandis que les Espagnols, leurs alliés, commandés par le gouverneur comte de Monterey, occupaient Braine-l'Alleu. Enfin, une ancienne ferme y fut brûlée pendant les événements du mois de juin 1815.
Genval était jadis compris dans la mairie de La Hulpe. Annexé d'abord au canton d'Overyssche ou de La Hulpe, il a été réuni à celui de Wavre, en 1822. La haute justice y appartint anciennement, de même qu'à Rixensart, au duc de Brabant, sans que l'on sache à quelle époque elle a été aliénée par le domaine.
« Dans la paroisse de Geneval, disent les anciens Comptes des baillis de Nivelles, le sire de Sombreffe (ou de Rixensart) a jugeurs, cens, rentes, loix et amendes, si qu'il dit, qui se jugent selon la loi de Lieuwes (ou Leeuw-Saint-Pierre), où il, en ce cas, vont au sens, et livre homme fourfait au couron de sa terre au bailli (de Nivelles ou du Brabant wallon) ou au mayeur del Helpe (de La Hulpe) et monseigneur y a la haute justice ». L'échevinage, qui dépendait jusqu'en 1795 de la seigneurie de Rixensart, suivait la coutume de Leeuw-Saint-Pierre; les registres d'adhéritances, de 1694 à 1795, se trouvent au tribunal de première instance de Bruxelles.
En 1383, Rixensart et Genval ne formaient, pour l'impôt, qu'une seule cote. Actuellement, la commune compte neuf conseillers communaux, dont sept choisis parmi les éligibles du centre du village et deux parmi ceux du hameau de la Bruyère à la Croix.
Le budget de la commune, pour 1859, présente les chiffres suivants :

Dans l'origine, une partie, au moins, du village appartenait aux châtelains de Bruxelles, qui y possédaient le patronat de l'église, des dîmes, un alleu, une cour féodale. En 1218-1220, du temps du châtelain Léon Ier, Nicolas, fils de sire Georges de Ransbeke, chevalier, céda à l'abbaye d'Aywières toute la dîme qu'il tenait en fief du châtelain, dans la paroisse de Genval, du consentement de son suzerain, l'évêque de Cambrai, Godefroid, et de l'investi ou curé Sévérin, chanoine de Nivelles.
Un des fils de Léon, Egide ou Gilles de Bruxelles, qui fut chanoine de l'église Saint - Lambert, de Liège, approuva à son tour la donation de Colin ou Nicolas de Ransbeke; puis, le 26 mars 1244, abandonna à la cathédrale de Liège, pour la célébration de son anniversaire, son alleu de Jussenvaz et le patronat de l'église du lieu.
On ne sait ce que devinrent les possessions de ce chapitre. Elles furent probablement retraitées par des parents d'Egide. En effet, le 15 août 1245, Walter de Braine, châtelain de Binche, céda son alleu de Genval, moitié au monastère de Wauthier-Braine, moitié à ceux de Florival et de l'Olive, à charge d'un cens annuel de dix sous de Louvain, à payer par ces trois communautés; il ne se réserva que la justice ou juridiction et les hommages, c'est-à-dire la mouvance féodale.
La seigneurie de Genval, telle qu'elle était tenue en fief du duc de Brabant depuis le XIVe siècle, avait la justice, un maire, des échevins, des sergents, un cens de 10 livres tournois, 72 sous de cens, 30 muids de blé, 15 muids d'avoine, 65 chapons (en 1374, de 58 sous 6 deniers, 133 chapons, 22 tournois, 1 griffon, 27 placques, 7 1/2 setiers de blé, 11 muids 1 setier d'avoine; en 1656-1657, de 36 florins 8 sous, 19 florins de rentes héréditaires, 100 1/2 chapons, 14 poules, 20 1/2 setiers de blé, 124 setiers d'avoine). Au seigneur appartenaient une maison et tenure, 12 bonniers de terres, 1 b. de pré, 19 b. de bois, un vivier d'un journal en étendue; un moulin à eau, une brasserie, qu'un comte de Virnembourg arrenta à perpétuité; la pêche « depuis les Deux Eaues », c'est-à-dire depuis le confluent de la Lasne et de la rivière d'Argent jusqu'au pont d'Yssche et à Ohain, le droit de congé, des arrière-fiefs etc. Vers l'année 1374, Genval était tenu en fief de sire Arnoul Morel de Rixensart par son frère Henri.
De la seigneurie de Genval relevait celle du Mez du Blancbois ou Blanbois, qui en avait fait anciennement partie. Elle consistait en un cens de 11 3/4 setiers 1 1/2 picotin d'avoine, 2 florins 4 deniers, 4 tournois, 2 deniers Louvignois, 2 vieux gros, 4 chapons. Elle fut vendue à Mlle Anne d'Olmus, par acte passé devant le notaire De Prenne, le 11 septembre 1704 (relief du 6 novembre suivant), et passa ensuite à la famille de Fraula. Jeanne-Catherine Jaupin, douairière du conseiller Fraula, releva d'abord la seigneurie foncière (21 octobre 1734), puis fit hommage au duc de Brabant pour la haute, moyenne et basse justice de ce fief, que l'on sépara de celui de Genval (27 juillet 1744).
L'église de Saint-Sixte, de Genval, était une église médiane et non, comme le doyen de Wavre le prétendit en l'année 1787, une quarte-chapelle. La paroisse ressortit jusqu'en 1559 au diocèse de Cambrai et, au doyenné de Hal, dont elle formait l'extrême limite vers l'est. Comprise ensuite dans l'évêché de Namur, elle fit partie : d'abord du doyenné de Nivelles, et, depuis 1639, de celui de Wavre. Le concordat érigea l'église en une succursale de la cure de La Hulpe, et aujourd'hui elle dépend du doyenné de Wavre. Elle constituait autrefois un personnat, c'est-à-dire une paroisse dont le curé percevait directement les revenus paroissiaux; dans la suite, le personnat et la cure furent séparés. Le possesseur du premier ou curé primitif ne conserva d'autre prérogative que celle de célébrer la grand'messe lors des principales fêtes. En 1660, le curé avait pour compétence un tiers de la grande dîme (une autre partie appartenait à l'avocat de Buchet, de Mons), 4 bonniers de terre, 2 b. de prairies, en tout 200 florins, outre la cure. Les revenus du curé, en 1787, s'élevaient à 1,042 florins, provenant : 732 fl. d'une moitié de la dîme (l'autre moitié était alors prélevée pour Jean-Baptiste Vandernoot) et 39 fl. des novales; les biens dont le desservant jouissait consistaient en 6 bonniers de terres, 7 journaux de prairies, un demi-bonnier et un journal de bois. La chapellenie de Saint-Nicolas, qui était à la collation du seigneur de Rixensart, de même que le personnat, la cure et la marguillerie, était chargée d'une messe par semaine et avait 93 fl. de revenus; le bénéficier assistait aux redditions de compte des maîtres d'église et des maîtres des pauvres, et contribuait, avec le curé, à les nommer. La marguillerie était dotée d'un bonnier un journal de terre et d'un revenu total de 110 fl.; chaque maison payait une demi-mesure ou un quart de mesure de blé, selon le degré d'aisance des habitants. Enfin, il y avait deux messes fondées : l'une du jeudi; l'autre du samedi, cette dernière établie par un nommé Robert, et toutes deux annexées à la cure.
En 1666, la fabrique percevait 17 rasières de seigle et, en outre, 15 à 16 florins, produit de quelques prés; malgré les instances du curé, on parvenait difficilement, à cette époque, à obliger les mambours à rendre compte. Les revenus de l'église montaient : en 1787, à 127 florins; en 1846, à 1,490 francs, provenant en partie de 5 hectares 56 ares. La cure actuelle a été bâtie au siècle dernier par le curé Renard.
Le temple paroissial occupe le versant d'une colline d'où on aperçoit la belle vallée de la Lasne et les bois de Rixensart, ainsi que le village de Chapelle-Saint-Lambert. Il n'est remarquable, ni par sa construction, ni par son ornementation. Il a la forme d'une croix latine et est construit en briques, à l'exception du soubassement et de la tour, dont l'appareil se compose de moellons, et du transept, qui présente des assises alternatives de briques et de moellons. En pénétrant à l'intérieur, on s'aperçoit qu'il n'y avait d'abord qu'une nef, dont les parois latérales ont simplement été percées d'arcades cintrées d'inégale grandeur, pour communiquer avec des collatéraux plus modernes. Le chœur est voûté en berceau; les nefs n'ont qu'un plafond. Le transept de droite se termine par un mur dans lequel est pratiquée une fenêtre ogivale; dans le collatéral du même côté se trouvait jadis l'entrée, qui a été remplacée par une porte pratiquée dans la tour, sous une fenêtre en ogive, qui éclaire le jubé. La tour massive, placée au bas du vaisseau, doit remonter à une époque très ancienne, à en juger par la simplicité de sa construction; de petites baies, cintrées et profondes, qui, au nombre de deux sur chaque face, en décoraient la partie supérieure, ont été condamnées. Une flèche octogone surmonte cette tour, au haut de laquelle, aujourd'hui comme en 1666, on ne parvient qu'au moyen d'échelles: ascensus in turrim fit per scalas, comme le dit une ancienne visite de l'église. A cette époque, le plafond du temple menaçait ruine, et le pavement, ainsi que les bancs, étaient en mauvais état.
L'arc de triomphe, à l'entrée du chœur, porte la date : anno 1767, qui nous indique l'époque de la reconstruction du chœur et du collatéral gauche. II y eut alors de grands débats au sujet de ces travaux, qui furent mis à charge des décimateurs; les curés de Plancenoit et de Genval et la personne de Genval consentirent â payer leur quote-part; seul, l'avocat Vandernoot refusa d'intervenir. Plus tard, de nouvelles contestations surgirent au sujet de la solidité des constructions nouvelles; les décimateurs et l'entrepreneur en firent opérer la visite par des experts venus de Bruxelles, et il fallut démolir tout ce qui avait été édifié.
Le maitre-autel est dédié à saint Sixte; les autels latéraux, à la Vierge et à saint Nicolas. En 1666, la pierre du premier n'était pas consacrée; elle ne le fut sans doute qu'en 1682, lorsque l'évêque de Namur, Vanden Perre, bénit trois autels. Une pierre sépulcrale du cimetière porte ces mots : Ci gît messire A. - J. Strens | en son vivant ancien | conseiller fiscal de | Brabant décédé au Beloi | le 5 novembre 1807 âgé de 66 ans | et la dame M.-A. Gheude | son épouse décédée au | dit lieu le 16 janvier | 1814 âgée de 73 ans. Une simple croix de bois, perdue dans l'herbe, indique le lieu où repose M. de Plunkett, receveur pensionné, qui a occupé d'honorables fonctions pendant la domination autrichienne.
Il n'y a pas moins de six congrégations instituées dans l'église, sous les vocables suivants : de l'Adoration perpétuelle, des sept douleurs de la Vierge, de saint Pierre, du Rosaire vivant, contre les blasphémateurs et du tiers-ordre de Saint-François.
En 1666, les biens des pauvres produisaient 44 rasières de seigle et 33 ou 34 florins, qui se distribuaient aux plus indigents. En 1787, ce revenu s'élevait à 219 fl. Aujourd'hui le bureau de bienfaisance possède 4 hectares 28 ares de terre et 1 hect. de prés.
Son budget, pour l'année 1859, a été fixé comme suit :

Le nom du Chemin Ladrée indique qu'il a existé à Genval une ladrerie ou maladrerie. Selon la tradition, c'était jadis une rue bordée de maisons et qui aurait été dépeuplée par une peste. Faute de recevoir une rétribution pour cet objet, le marguillier n'ouvrait pas d'école, en 1666.
Le nombre des enfants pauvres qui ont été admis par la commune, en 1858-1859, à recevoir l'instruction gratuite, s'est élevé à 117 : 63 garçons et 54 filles.
Il y a deux fêtes au mois d'août : la première, le dimanche après la Saint-Sixte (6 août); la seconde, le dernier dimanche du mois. Dans ces occasions, des jeunes gens forment ce que l'on appelle les Bragards. C'est un comité qui se cotise pour attirer des musiciens, acheter des rubans et d'autres objets qui se distribuent en prix. Ils vont en corps à la messe et, avant de commencer les danses, on leur présente le vin d'honneur.

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