
Le nom primitif de la commune est le Helpe, qui se retrouve dans des chartes de 1230, 1238, 1283, 1404, et qui servit longtemps à désigner l'Argentine. Un affluent de la Sambre se nomme Helpe; un affluent du Demer, Hulpe. Les habitants de la localité prononcent encore l'Help. On écrit aussi Hulpa (1260), Hulpe ou Le Hulpe ( 1374), Helpa (1441), La Heulpe (1571), La Holpe (1436), der Hulpen (1464) ou La Hulpe (1567, LE ROY, an XIII). La forme flamande Ter-Hulpen, ne semble pas pouvoir se traduire Au Secours.
La commune de La Hulpe est limitrophe de celles de Hoeylaert, Over-Yssche, Genval, Ohain et Waterloo.
La Hulpe est à 3 kilomètres de Genval, 5 kilom. d'Ohain, 6 kilom. de Hoeylaert, 6 1/2 kilom. d'Over-Yssche, 8 kilom. de Waterloo, 12 kilom. de Wavre, 18 1/2 kilom. de Bruxelles, 20 kilom. de Nivelles. L'église de La Hulpe se trouve située par 56 grades 37 de latitude N. et 2 grades 39 de longitude E. L'altitude du milieu du seuil de la grille du cimetière est de 74 mètres 28.
Le procès-verbal de délimitation du territoire de La Hulpe n'existe plus, ni dans les archives de la commune, ni dans celles de la conservation provinciale du cadastre. Nous ne pouvons donc en renseigner la date. Une convention pour le bornage des limites entre La Hulpe et Ohain fut conclue le 8 octobre 1721 et approuvée, le 10, par la Chambre des comptes.
Le cadastre divise le territoire de La Hulpe en 4 sections : la section A ou de Malaise, la section B ou du Village, la section C on de Longue Queue, la section D ou de Galmaerde.
Au 1er janvier 1859, ces sections se trouvaient morcelées en 1,499 parcelles, appartenant à 398 propriétaires, donnant un revenu cadastral de 62,126-72 fr. (sol : 44,610-72; bâtiments : 17,516-00), et ayant une contenance de 1,545 hectares 90 ares 39 centiares (imposable: 1,272 hect. 27 a. 55 ca.; non imposable : 273 hect. 62 a. 84 ca.).
Cette contenance globale ee subdivisait ainsi en 1834 :

En 1686, on évaluait la contenance totale, non compris une partie de la forêt de Soigne, qui n'a été jointe à la commune que pendant la domination française, à 371 bonniers 1 journal, dont 249 b. 1 j. de terres cultivées, 21 b. de prés, 7 b. de prés communs, 73 b. de bois et 21 b. d'étangs.
On comptait à La Hulpe : en 1374, 106 ménages; eu 1436, 52 foyers, dont 18 non imposables; en 1464, 53 foyers; en 1472, 29 foyers; en 1492, 24 foyers; en 1525, 52 maisons, dont 3 inhabitées; en 1686, 63 maisons, des moulins, 3 franches tavernes; à la date du 6 février 1793, 153 maisons; au 31 décembre 1856, 359 maisons.
Le village de La Hulpe, qui compte 246 maisons; Malaise, 28 maisons; Galmaerde, 85 maisons.
La Hulpe occupe l'extrémité S.-E. du territoire de la commune. Ce beau village s'élève au haut du versant gauche de la Maserine, à l'origine d'une route provinciale conduisant à Bruxelles. La place s'étend entre l'église et la chaussée; on y voit, comme dans la plupart des localités voisines, une perche de tir à l'arc. Il est fâcheux que l'on y ait établi l'école communale, qui en diminue l'étendue, sans avoir elle-même des dépendances suffisantes.
Le hameau de Malaise se trouve sur un plateau, à l'extrémité N.-E. de la commune, et à 2,800 mètres N. de l'église. Il forme avec d'autres habitations, dépendantes de Hoeylaert et d'Over-Yssche, une agglomération assez importante, qui se développe sur une longueur de près de deux kilomètres, au bord d'un chemin de grande communication. La partie du hameau qui appartient à La Hulpe, comme celle qui se trouve sur Hoeylaert, porte aussi le nom de Bakenbosch (Bakenbosch, 1649; Baecquenbosch, 1732).
A 3,600 mètres O.-S.-O. de l'église, vers l'extrémité du parc d'Argenteuil et la limite de la commune d'Ohain, s'étalent, sur les deux versants de l'Argentine, les maisons chétives du hameau de Galmaerde (Galmarde, an XIII) que l'on écrit quelquefois Gaillemarde. La ferme (‘t hof van Gallemarde, 1417; Galemaerde, 1545, 1588; Ferme de Galmaerde, 1735), qui a donné son nom à cette localité, vient d'être morcelée.
A 1,700 mètres N. de l'église, les Trois Devis; à 2,700 m. N., le Moulin de Malaise ou Moulin Dechamps; à 850 m. N., Derrière le Grand Étang; à 1,000 m. E., la Papeterie du Cerf; à 2,000 m. S.-O., la Prison; à 1,200 m. O.-S.-O., le Faubourg, groupe de quelques maisons sur le grand chemin de Mont-Saint-Jean, dont l'une est un cabaret qui a donné son nom à l'écart, et dont une autre a pour enseigne le Gros gourmand; à 2,800 m. O.-S.-O., la Ferme Francart; à 2,500 m. O.-S.-O., la Ferme de la Ramée (Ferme de la Ramée, 1536; Cense de la Ramée, 1787) et la Villa de la Ramée, qui y est contiguë; à 4,000 m. O., la Cense Josse, sur la lisière de la forêt de Soigne; à 2,100 m. O., le Pavillon l’Agent; à 2,800 m. O., Jolirnont, usine et villa; à 3,500 m. O., le Grand Baptiste; à 1,900 m. O., le Château de la Queue ou de la Longue Queue (La Queuwe, 1414-1415, 1547; Laeckegen, 1425; 'thof ter Laqueyen, 1605); à 2,700 m. O., le Pavillon du Régisseur; à 2,100 m. O., la Maison du Jardinier; à 2,200m. O., la Ferme des Zondales (Zondael?); à 2,800 m. O., la Maison du Garde; à 2,100 m. O., le Château du Marquis de Béthune; à 1,300 m. O.-N.-O., le Gris Moulin, qui doit son nom à ce que anciennement on y fabriquait du papier gris et qui forme un écart avec la Barrière de la Vue du Château, le Doux Mouton et quelques autres maisons voisines de la route de Bruxelles, vers le Tienne du Plançon; à 1,800 m. N.-O., le Tienne à Bechet (Bosquet à Bechet, 1649), petit écart, sur la route de Bruxelles, dans lequel se trouvent deux cabarets nommés Tiquet et Bossa et où il a existé un bois qui était déjà compris dans le Bois des Mottes, en 1649; à 2,600 m. N.-O., la Ferme rouge, ou Ferme du Tienne au Sable, ou Ferme de la Chaussée, ou Ferme du Marquis; à 2,700 m. N.-O., Rose du Berger; à 3,100 m. N.-O., la Ferme du Baron et la Maison Hentje, à la limite d'Hoeylaert; à 1,300 m. N.-O., la Drève des Pigeons, rangée de maisons sur la rive gauche de l'Argentine; à 2,600 m. O.-N.-O., Ossenboer, maison ainsi nommée parce que celui qui l'habita dans le principe labourait avec des bœufs; à 2,100 m. O.-N.-O., Platon; à 1,900 m. O.-N.-O., De Kempeneer; à 2,600 m. N., Gérard.
Champ de Swinnen; Langenberg; Ezelsveld (Eselenbosch, 1807); au Bois Pangaer ou Pangaren; la Papeterie; Pavillon Hennessy, appartenant aujourd'hui à M. Orban; Lion belge, cabaret; au Luxembourg, cabaret; Moulin Spreutels; Bruyère Ravet; Bruyère Mon Plaisir; Fond du Diable (Vallée du Diable, 1732); les Fosses à cottes, endroit d'une réputation suspecte; le Ravin; Pré Quinze ou Kindts; le Chaudron; Champ du Ravet; Ferme de l'Empereur; le Soleil d'or, auberge; le Vieux Moulin; Montagne du Curé; Champ des Mottes; au Bois royal des Mottes; au Bois Notre-Dame (Bois Notre-Dame, 1628, 1645); au Bois royal de la Ramée (Bois de la Ramée, 1787); Champ de la Ramée; Bois de Mont aigu; Pré du Bois Notre-Dame; les Nevelaines; Fond du Graive; Tienne Saint-Roch; Prés de Galmaerde; Bois Jacot ou Parc d'Argenteuil; Moulin Meeus; Forêt de Soigne ou Triage du Ticton; Triage de Longue Queue; Triage de Malaise; la Belle Étoile; le Néflier; Pâchis du Receveur; Bruyère du Loup; Drève des Cochons; Bruyère de la Croisade; Bruyère Guettre; Costersheide; Drève de la Meute; Drève du Lièvre; Drève du Trou de la Reine; Première, deuxième , troisième et quatrième Drève; Chemin de Louvain; Chemin de la Croix de Lorraine; Pâchis à la Croix; Chemin de la Procession; Chemin de la Petite Procession; le Warchais; Route du Chasseur; Pont de la Ramée ou de la Ferme; Closière à l'Avoine, Ruelle de Petrali; Pont du Ravet; Rue Dekeyzer; Spelkens; Prés communs; Ruelle des Juifs; Closière Bourdon; Chemin Cornélis; Chemin de Messe; Ruelle Heyne; Impasse Nanette Chonvert; Impasse Piche; Chemin du Bosquet; le Petit Coin; Villa Degoes; Bon Dieu de Pitié ou Chapelle de la Procession; Chapelle de Montaigu.
Bosquet dit 't Casteel ou le Château (bosschelken tusschen Zonien bosch ende den grooten vyver, geheeten ‘t Casteel, 1465); Alardpont (1374; Alaertsbrugge, 1407; Alartpont, au lieu dit Wunerstede, 1439); le lieu du vivier de La Hulpe, qu'on dit Wounerstede (1374); Bois dit la Petite Ramée (1787); Clynen Savelbergh (1807); Closin de Galmard ou Gallemart (1594,1654); Bois Doringe et Cense Douringe (1594); Clousin del Grande Brire, près de la forêt de Soigne (1594); Champ du Peuplier (1732); Champ des Quatre Bonniers, près de la Justice (1649); Terre de la Lauwe de l'Ostelerie (1409); Aux Bersseaux (1649); bruyères et bosquailles dites Meysdam (1649); Valle del Lovrenge (1649; Valle del Louvrange, 1732); Belle panée, terre (1732); la Petite et la Grande Nysdamme (1732); Vallée Baudry, près la Justice d'Ohain (1649) ou à Ransbeeck (1732); la Petite et la Grande poire, à Baecquenbosch (1732); A la Maschalerie (1649) ou Masquellerie (1732); Au Scleuval (1649); Pré al Salette ( 1414-1415); Courtil au Vignoble ( 1732); Courtil al Baille ou Maison à la Chaussée dite Al Baille (1732); Courtil a Ia Maladre, dessus l'Estordoir (1732; Tenure Barbiere (1732); Maison dite Château de Monfort (1732); terre dite l'Estordoir ou Pré al forge (1649); Cense de Collart (1732); Cense Magonette (1732); Ostelerie de la Lewe (1409; delà l'Eau?); Chapelle Saint-Antoine, près de la tenure de la Grande et Petite Chingelle (1732); Bois de Lattre (17:32); Bois de l'Hôtellerie (1649); Bois du Calvaire (1649); bois dit Haegklosck (1732); Closière la Trenelle (1732); la Neuve rue (1732; Al Noeve ruwe, 1409); Rue des Crappaux (1732; Craporuwe, 1409); Rue du Sablon et Chemin d'Ohain à Bruxelles (1649); Rue de la Fontaine; Closborrestraete, à Baecquenbosch; Royal chemin de La Hulpe a Hoolaert (1732).
Le territoire de La Hulpe s'étend sur le contrefort qui sépare la Maserine de l'Argentine et sur le versant gauche de cette dernière rivière. Les pentes sont généralement peu rapides; on rencontre cependant quelques ravins sur la rive gauche de l'Argentine, parmi lesquels le plus escarpé se nomme le Fond du Diable. Le point culminant de la commune est à la ferme du Baron, sur la route de Bruxelles; on y a constaté une altitude de 115 mètres.
Le système bruxellien règne sur toute l'étendue de La Hulpe; mais sur les hauteurs et dans le fond des vallées, il est recouvert par le limon hesbayen du système diluvien. On y a pratiqué une carrière, à la Drève des Pigeons, où l'on extrait du grès calcareux servant à faire des pavés; on a pratiqué une sablière au Tienne Saint-Roch. A l'O. de Galmaerde, au bord d'un chemin qui longe le parc d'Argenteuil, on rencontre du grès lustré coquillier. A 100 mètres plus loin, on extrait des moellons de grès ferrugineux; ce grès se trouve aussi sur plusieurs points de la route de Bruxelles.
Tout le territoire de La Hulpe appartient au bassin de l'Escaut; les cours d'eau qui arrosent cette commune sont : l’Argentine, la Maserine, le Ruisseau du Bois Pirard et la Queue du Pigeon.
L'Argentine ou Silverbeek, que l'on appelle d'ordinaire la Rivière d'Argent et plus rarement La Hulpe (die rivere geheeten de Hulpe, 1785 environ), vient d'Ohain et sert un instant de limite entre cette commune et celle de La Hulpe; active le moulin Meeus par une chute de 6 mètres 47; traverse le hameau de Galmaerde; sépare Jolimont de la ferme Francart et de la Ramée; longe une suite d'étangs situés entre le château de Béthune et le château de la Longue Queue; traverse la route de Bruxelles; active le Gris moulin par une chute de 3 mètres 05; reçoit la Queue du Pigeon (r. g.); contourne l'étang Noir; active la grande papeterie par une chute de 3 mètres 67; reçoit la Maserine (r. dr.); devient mitoyenne avec Genval; active la papeterie du Cerf par une chute de 1 mètre 44; et finit par quitter La Hulpe pour devenir limitrophe de Genval et Over-Yssche. Son cours, dirigé d'abord du S.-O. au N.-E., puis de l'O.-N.-O. à l'E.-S.-E., a un développement de 6,800 mètres, dont 600 mitoyens.
La Maserine (1732) ou Ransbeck (rivus qui Ransebecce dicitur, 1132) vient de Genval; reçoit le Ruisseau du Bois Pirard (r. dr.); baigne le pied de la colline sur laquelle s'élève le village de La Hulpe devient limitrophe de Genval; active le moulin Sprentels par une chute de 3 mètres 47; rentre sur le territoire de La Hulpe; et se réunit à l'Argentine (r. dr.), après un parcours de 1,500 mètres, dont 450 mitoyens, dans la direction de l'O.-S.-O. à l'E.-N.-E.
Le Ruisseau du Bois Pirard vient de Genval et se réunit à l'Argentine (r. dr.), près d'une ancienne brasserie, après un parcours de 100 mètres dans la direction du S. au N.
La Queue du Pigeon prend sa source à la fontaine des Ducs et se réunit à l'Argentine (r. g.), sous le Pré Quinze, après un parcours de 600 mètres dans la direction du N. au S.
Les principales fontaines employées par les habitants sont : la Fontaine Pierrot-Louis et la Fontaine Saint-Nicolas, qui alimentent la Maserine.
On compte environ 35 hectares d'étangs à La Hulpe; ce sont : l’Etang de Galmaerde (Viviers de Galrnarde, 1403-1404; Vivier Galemar, 1664; Vivier Gaillemard, 1686), l’Etang de la Ramée, presque desséché (Vivier de te Ramryde, 1403-1404), l’Etang Decellier, l’Etang du Château de la Longue Queue ( Viviers de Lachweghe, 1403-1404), le Canal, l’Etang pourri, le Nysdam ou Etang du Gris Moulin ( Vivier de Nysdamme, 1459, 1559, 1601; Vivier du Roi nommé Leysdam, 1686), le Petit Nysdam , l’Etang d'Asbeek et enfin l’Etang noir ou Grand Etang (Grant vivier del Helpe, 1403-1404). Au siècle dernier, il existait en outre un étang dans la vallée de la Queue du Pigeon. En 1403-1404, on mentionne encore le Petit vivier appelé Poisons, le Vivier de Vesbeque, le Beschet.
La plupart de ces étangs appartenaient primitivement au domaine : le Grant vivier, les Viviers de la Rameyde, de Galmaerde, de Lachweghe, de Vesbeque et le Beschet furent pêchés en 1103-1104; ces deux derniers ne produisirent rien, le premier produisit 500 carpes, ceux de la Rameyde et de Galmaerde 1,100 carpes, celui de Lachweghe 450 carpes. En 1414-1415, le Vivier de Galmaerde comprenait 2 1/2 bonniers; le Vivier de la Ramée, 3 b.; le Vivier de La Queuwe, 1 1/2 b.; le Vivier de Nysdamme, appelé Becquet, 3 b.; le Grand Vivier de la Helpe, appelé le Vivier du Moulin, 10 b.; le Vivier de Vesbeke « qu'on dit le Vesdelle », 1/2 b.; le Vivier du Poison, 1/2 b. Depuis le siècle dernier, le grand étang a été annexé à la papeterie établie en remplacement de l'ancien moulin domanial.
Le Vivier de Nysdamme fut affermé, en 1459, au couvent de Groenendael, qui obtint de Charles-Quint, le 9 septembre 1513, l'autorisation d'établir sur le ruisseau qui en sortait un moulin, à charge de donner au domaine, tous les ans, un demi-muid de grain. Lors de son départ pour l'Espagne, Philippe II leur confirma la jouissance de l'étang, pour un nouveau terme de 50 années (acte daté de Gand, le 27 juillet 1559); mais, pendant les guerres de religion, ils en jouirent peu : les digues ayant été percées et le poisson volé. En 1594, le couvent dépensa de 500 à 600 florins pour remédier à ces dégâts, et, pendant les travaux, il perdit plusieurs chevaux qui furent pris par les soldats. C'est ce qui détermina les archiducs à renouveler encore, le 5 avril 1615, à la demande de Spinola, l'affermage de l'étang au couvent, pour 50 autres années et moyennant l'ancien rendage de 14 livres, tandis que le conseil des finances avait décidé, le 15 avril 1611, qu'on ne le prolongerait que de 25 années et que le prix du loyer serait porté à 100 livres.
On comptait : en 1594, 70 communiants; en 1709, 345 habitants; en 1722 , 600 communiants; en 1750, 570 personnes sujettes à l'impôt (le personnel des papeteries était exempt) et 300 enfants; en 1781, dans la commune, 890 habitants, savoir : 2 prêtres, 168 hommes, 172 femmes, 166 garçons et 139 filles âgés de plus de 12 ans, 118 garçons et 125 filles âgés de moins de 12 ans (dans la paroisse : 888 personnes : 2 prêtres, 308 hommes, 297 femmes, 139 garçons et 142 filles âgés de moins de 12 ans); en l'an XIII, 870 habitants, dont 210 à Galrnarde et 90 à Bakenbosch; au 31 décembre 1831, 1,253 habitants; au 31 décembre 1356, 1,814 habitants.
La commune de La Hulpe est à la limite de la région wallonne de la Belgique; déjà le hameau de Malaise est flamand. Mais les transactions commerciales ont répandu l'usage des deux langues.
Les registres de l'état civil remontent : pour les naissances, à 1690; pour les mariages, à 1683; pour les décès, à 1672.
Les bois ont ensemble 560 hectares; ils portent les dénominations de Forêt de Soigne ou Triage du Ticton, Bois du Marquis, Bruyère Guettre, Bois de Montaigu, Bois Degoes et Sapinière Hennessy.
La partie du territoire voisine de Bakenbosch et Malaise était couverte de bois et formait les triages de la forêt de Soigne dits Triages de la Longue Queue et de Malaise, mais on y a aliéné et défriché plus de 430 hectares, depuis 1834.
Une grande partie du sol n'offrait jadis que des bruyères, et il est probable qu'il constitue en entier une emprise sur l'antique forêt de Soigne. L'agriculture y souffrit toujours de la proximité du bois, qui recèle une quantité énorme de gibier. Par compensation, on avait accordé ou permis aux habitants d'y couper des herbes; une défense formelle d'en agir ainsi ayant été publiée par ordre du gouvernement autrichien, les chef-maïeur, bourgmestre et échevins réclamèrent contre la situation qui était faite au bourg et déclarèrent que le nombre des bêtes à cornes s'y trouvait réduit de plus de 200 (6 août 1787). Une autre pièce, émanée des mêmes autorités et portant la date du 29 octobre 1750, atteste qu'à cette époque un tiers seulement des 249 bonniers de terre compris dans le territoire de La Hulpe était exploité tous les ans; un deuxième tiers ne produisait que du «dur grain» et l'autre tiers des marsages.
D'après les recensements généraux, les exploitations agricoles se classaient de la manière suivante par rapport à leur étendue :
Les exploitations de plus de 50 hectares sont :

La Ferme des Zondales (86h.), tenue par M. Melotte (J.-F.) et appartenant au marquis de Béthune, qui l'a établie au milieu de terrains conquis sur la forêt; la Ferme de l’Empereur (83 h.), tenue par M. Mathieu (J.-A.-J.), appartenant à M. Baesen (J.); la Ferme de la Ramée (53 h.), ancienne propriété de l'abbaye d'Afflighem, tenue par M. Georges (A.-J.), appartenant à M. Nève. Le nombre des animaux domestiques constaté par les recensements généraux s'élevait à :

Les terres exploitées par les cultivateurs de la commune se répartissaient ainsi:

Ce chiffre total se subdivisait en biens exploités :

En moyenne l'hectare de terre était estimé à:

L'ancienne verge linéaire a 20 pieds de Louvain, d'après les documents cadastraux; de Bruxelles, d'après G.-A.-M. Wirix. Les mesures pour les grains étaient les mêmes à La Hulpe qu'à Yssche. Le pot de bière y équivalait à 50 onces de vin, mesure de Bruxelles, ou 2 litres 11.
Anciennement, on ne trouvait à La Hulpe qu'un moulin à eau, qui servait à la mouture du grain et était banal pour les habitants. Il appartenait au domaine, qui l'affermait, en 1403, moyennant 16 muids de blé et 16 livres de cire. Cette antique usine fut abandonnée et on en acensa l'emplacement, le 3 juin 1535, à Walrave Stevens, moyennant 2 florins carolus par an. Le moulin qui succéda à l'ancien Rogmolen (ou Moulin au seigle) était loué, en 1558, moyennant 35 muids de seigle et 35 livres de cire; il se trouvait sur l'Argentine, à l'ouest du Grand étang, là où existe une demeure qui offre encore quelques vestiges de son ancienne destination. Il n'est abandonné que depuis une quarantaine d'années.
Les religieux de Groenendael ne donnèrent pas suite à l'octroi qui leur permit, en 1513, de bâtir un moulin près du Vivier de Nysdamme. Ils obtinrent plus tard une seconde concession du même genre, pour laquelle ils payaient, en 1732, un cens de 12 sous d'Artois. Leur usine, que l'on appelait le Graeven Molen, et servait à fabriquer du papier gris, fut vendu à un nommé Ruelens, le 22 floréal an VI, pour 32,000 livres. Il a conservé le nom de Gris Moulin.
Il existe à La Hulpe cinq moulins à farine, ayant chacun deux couples de meules : le Moulin Meeus, dont l'établissement a été autorisé le 17 septembre 1846 et qui est mû par l'Argentine, a une roue hydraulique, dont la retenue est à l'altitude de 74 m. 91; le Gris Moulin , mû par le même cours d'eau, a une roue, dont la retenue est à 60 m. 87; le Moulin Spreutels, mû par la Maserine, a été autorisé le 15 avril 1831, et a une roue, dont la retenue est à 57 m. 31, et une machine à vapeur de la force de 6 chevaux; le Moulin de Jolimont ou Moulin Nèce est activé par une machine à vapeur de 5 chevaux; le Moulin de Malaise ou Moulin Dechamps est mû par le vent et a été bâti à la suite d'un arrêté en date du 25 juin 1846.
Du temps de Gramaye, il y avait déjà des moulins à papier à La Hulpe. Vers l'année 1660, un nommé Pierre Gauthier, seigneur de Beavais, exposa au gouvernement des Pays-Bas espagnols qu'il avait le secret de fabriquer du papier blanc d'une extrême finesse et du papier bleu de toute sorte, « tant pour écrire que pour imprimer, comme ceux de France, d'Italie, etc. », et du papier pour cartes à jouer. Sur ses instances, on lui délivra un octroi exclusif, pour le terme de 60 ans; seul, il put fabriquer les papiers indiqués plus haut, ainsi que les papiers « à patron pour tapisseries et cardousses (ou cartouches) à mettre de la poudre ». Il lui fut permis de vendre librement le tout et le gouvernement s'engagea à la fois à prohiber la contrefaçon de ses papiers et l'importation des papiers étrangers, aussi longtemps qu'il en fournirait en quantité suffisante et à des prix modérés. On lui afferma le ruisseau (l'Argentine, puis la Lasne) depuis le vivier Galemar jusqu'à Tombeke, en lui permettant d'y élever, à l'exclusion de tous autres, autant de moulins qu'il le jugerait convenable; on lui concéda la faculté d'ériger des moulins à papier dans toute l'étendue des Pays-Bas espagnols; on l'autorisa à prendre dans les forêts domaniales 600 chênes ou ormeaux pour en construire deux; enfin on l'exempta des charges de toute espèce qui pesaient sur les autres habitants de nos provinces : les assises et autres impôts, le guet, la garde etc. Les moulins du souverain à La Hulpe et à Tombeke lui furent concédés pour un terme de 60 ans, à charge d'une rente annuelle s'élevant : pour le premier, à 268 livres de 40 gros; pour le second, à 203 livres. En retour de tant d'avantages considérables, il prit l'engagement d'édifier deux usines à papier : l'une dans le délai d'un an; l'autre, l'année suivante (lettres patentes en date du 13 février 1664).
Le 10 juillet 1669, Gauthier obtint encore du domaine, en arrentement perpétuel, une bruyère joignant au bois de Soigne, consistant en 4 bonniers sablonneux et marécageux, où il voulait bâtir deux nouveaux moulins. Mais il ne put continuer ses entreprises. Son premier moulin ayant brûlé, il fut forcé d'emprunter 18,000 florins à un bourgeois de Bruxelles, nommé Guillaume Vander Borght. Bientôt, à la suite de la guerre contre la France, il fut forcé, en qualité de sujet de cette puissance, de quitter le pays, ce qui amena la subrogation de Vander Borght dans ses droits (11 décembre 1673). Gauthier vendit ensuite ses prétentions à Adrien Foppens, secrétaire du conseil privé, qui, en vertu d'un nouvel octroi, du 22 avril 1686, acheva un troisième moulin à papier et en fit bâtir un quatrième. Foppens imprima tant d'activité à son exploitation, qu'il porta de 12 ou 15 à 30 le nombre de rairnes de papier que l'on y fabriquait par jour. Moyennant une modique rente de 25 livres par an, il obtint du domaine des chênes et des trembles d'une valeur de 2,000 livres d'abord, puis une autre quantité, de la valeur de 2,500 livres. Le 29 avril 1726, l'octroi de l'année 1664 fut renouvelé, moyennant 70 livres de 40 gros de Flandre par an, en faveur de François Foppens, qui se qualifiait de membre de la fabrique de papiers. Les conditions restèrent les mêmes, sauf qu'on ajouta à l'arrentement du moulin à farine de La Hulpe celui de l'étang contigu, qui se payait 220 livres par an, et sauf aussi que la fabrication du papier cessa de constituer un privilège. Foppens avait été autorisé à céder son octroi; il usa de cette faculté en faveur d'une société qui se constitua sous la raison sociale Jean-Baptiste Van Triest, René Van Cuyck et Cie. Le 7 janvier 1756, le gouvernement lui reconnut, pour 10 nouvelles années, le droit d'édifier partout des moulins, droit qui fut déclaré exclusif pour le Brabant et la seigneurie de Malines; on fixa la redevance à payer par moulin à 10 fl., lorsque l'usine était située dans une de ces deux provinces; à 5, lorsqu'elle se trouvait dans une autre province. La sortie des fabricats de la société fut déclarée totalement libre et celle des chiffons interdite d'une manière absolue. Les principaux établissements de la société se trouvaient à Dieghem et à La Hulpe. Le moulin de ce dernier endroit fut consumé, le 14 avril 1758, par un incendie qui dévora environ 12.000 rames de papier en moins de trois heures.
La dernière compagnie qui a exploité les papeteries de La Hulpe s'est dissoute vers l'année 1795. Elle se composait de MM. De Cellier, qui y étaient intéressés pour les deux tiers, Cogels, d'Anvers, et de Pestre de la Ferté. M. Hennessy fit l'acquisition des moulins et de leurs dépendances en 1803, et sa famille les conserva pendant plus de cinquante ans. Actuellement, ils sont devenus la propriété de la société anonyme de l'Union des papeteries, qui a deux établissements à La Hulpe. La Grande papeterie a pour moteurs une machine à vapeur de la force de 24 chevaux et 2 roues hydrauliques activées par l'Argentine, dont la retenue est à l'altitude de 56 m.76; elle a 6 piles à chiffons et une machine à papier continu; 130 ouvriers sont employés dans l'usine, qui est éclairée au gaz; la fabrication annuelle dépasse 300,000 kilogrammes. La papeterie du Cerf n'a que deux piles à chiffons, commandées par une roue hydraulique sur l'Argentine, dont la retenue est à l'altitude de 53 m. 13.
Les seuls industriels qui méritent d'être cités ensuite sont un brasseur et deux ciriers-chandeliers; beaucoup d'ouvriers maçons, plafonneurs, menuisiers etc. travaillent hors de la commune.
Un marché au beurre, fromage, œufs et légumes se tient tous les mardis sur la place de l'église. Une charte du duc Jean III, du 20 mars 1311, avait autorisé la tenue de ce marché, qui, à la fin du siècle dernier, avait depuis longtemps cessé d'être fréquenté. Un arrêté de la députation permanente du conseil provincial en autorisa la réouverture, le 5 juillet 1849. Les transactions y sont insignifiantes.
Le chemin de fer du Luxembourg traverse le territoire de La Hulpe sur une longueur de 1,800 mètres; mais la station qui porte le nom de cette commune est bâtie dans la circonscription d'Over-Yssche.
La route provinciale vers Bruxelles traverse La Hulpe sur 4,500 mètres; une barrière y est établie près du Gris Moulin. Cette route était déjà pavée, en partie, en 1629. Le 16 juillet 1698,1a chambre des comptes conclut un accord avec Philippe Dumoulin, qui se chargea de la prolonger depuis la Silverbeek ou ruisseau d'Argent jusqu'au bourg de La Hulpe. Elle s'arrêtait aux deux beaux arbres qui croissent au bord de l'étang Noir, en face de la papeterie; mais, depuis l'établissement du chemin de fer, la commune a cédé à la province le chemin vicinal qui forme le prolongement de cette route jusqu'à la station.
On compte 47 chemins vicinaux et 22 sentiers, mesurant ensemble 52,123 mètres, dont environ 5,000 sont pavés.
Le chemin de grande communication n° 18 traverse la commune sur 1,900 m.; le chemin n° 21, sur 571 m.
La mention de localités dites la Campagne des Mottes, le Bois des Mottes, A la Motte, constitue un indice presque certain de l'existence de tumulus à La Hulpe. Ils ont disparu, depuis longtemps, selon toute apparence; peut-être antérieurement à l'année 1649, lorsque les Mottes, qui se trouvaient au S. de l'étang de Nysdamme, furent appliquées (ou réunies) au bois de Soigne. On peut toutefois admettre, avec une quasi-certitude, que presque tout le territoire de la commune a été conquis sur cette forêt, vers l'année 1200, par ordre des ducs de Brabant.
En 1226, Henri Ier, en fondant dans l'église de Sainte-Gudule, de Bruxelles, un second chapitre de chanoines, lui fit abandon des dîmes de La Hulpe; quelques années après, se trouvant à Louvain, le 3 juin 1230, il accorda à La Hulpe une paix ou keure, où il énumère à la fois les privilèges dont jouiront dorénavant les habitants et les coutumes qu'ils suivront. Nous donnons ici une traduction libre de cette charte, dont il n'est pas nécessaire de faire ressortir l'importance :
« Voici la forme de la paix du village de Hulpe : Par la grâce de notre seigneur le duc, tout y sera régi selon la sentence des échevins, et lui-même ne peut citer les bourgeois devant un autre tribunal, pour quelque cause que ce soit. Le fond du territoire ou de l'alleu de Hulpe appartient à tel point au duc Henri, que pour chaque bonnier on lui doit, par an, 4 deniers, sauf pour les parties que le duc a inféodées, et celles qu'un vassal aurait cédées à quelque autre personne pour les tenir, soit en fief, soit à cens. Aucune transmission ne peut s'opérer que du consentement du duc.
« Personne ne peut lever un tonlieu sur le vin ou la bière, ni le tenir du duc, ni en fief, ni comme censive. Seulement, pour les foudres de vin contenant plus de six aimes, on paiera au duc quatre pots. En dehors du village, on ne lèvera en aucun lieu d'exaction (c'est-à-dire d'impôt arbitraire), ni sur les bourgeois, ni sur leurs biens.
« Le meurtrier est puni de mort, et celui qui mutile subit la peine du talion.
« Lorsqu'une femme a été violée, elle doit être gardée pendant onze jours, de manière qu'elle ne puisse parler à aucun de ses parents. Le coupable est successivement cité, à trois reprises, par deux échevins, de quinzaine en quinzaine. S'il ne comparait pas, sept échevins le somment de nouveau, en lui assignant un délai de trois jours; ils attendront, le quatrième jour, jusqu'à ce que les étoiles luisent, et, le cinquième, jusqu'à l'heure de midi. S'il ne se présente pas ou s'il n'envoie pas quelqu'un chargé de le justifier, on le considère comme mis hors de la loi.
« Celui qui tue pour voler et qui emporte l'objet dérobé, sera cité et jugé de la même manière que l’'homicide, ainsi que celui qui commettra un meurtre dans l'église ou aux environs, dans un rayon de quarante pieds.
« Si quelqu'un entre dans une maison, un vase allumé à la main, celui qui voudra l'arrêter devra appeler à l'aide six voisins et conduire le malfaiteur dans sa propre habitation, où on allumera du feu et de la lumière, pour garder le coupable. Celui-ci sera immédiatement jugé, et s'il reproche à ceux qui l'auront arrêté de lui avoir placé de force entre les mains le vase allumé, ils devront se justifier par serment. On procédera de même contre les incendiaires manifestes, et l'Eglise leur refusera absolument sa protection, de même qu'aux coupables de viol et d'homicide.
« Celui qui, devant les échevins, menacera d'incendier, sera considéré comme coupable si le feu détruit la maison de celui qui aura été menacé.
« Un meurtrier peut être renvoyé des poursuites s'il parvient à prouver que sa victime était son ennemi mortel et qu'elle n'a pas été tuée pendant des trêves. Si le crime a eu lieu pendant les trêves, le meurtrier et ses biens seront abandonnés au duc.
« Les personnes accusées d'avoir volé avec violence seront citées de quinzaine en quinzaine, comme il a été dit plus haut, et ces formes seront observées dans tous les cas emportant la peine de mort.
« On pend celui qui vole plus de douze sous. Celui que l'on trouve en possession de fausses monnaies, valant au moins cette somme, a la main coupée. Pour avoir enlevé une bourse ou un autre objet contenant douze deniers et plus, on a le pouce droit coupé. En cas de récidive, on coupe, soit l'autre main, soit l'autre pouce, et, pour un troisième délit, on subit la peine de la pendaison. En attendant l'exécution des sentences prononcées contre eux, le voleur, le faux monnayeur et le coupeur de bourses sont enfermés dans la prison des voleurs (in ceppo furum).
« Celui qui est accusé de faux et chez lequel on trouve un objet falsifié (falsitas) peut être acquitté sur la foi de sa déposition seule, à moins que cet objet ne soit trouvé dans un coffre dont il aurait la clé sur lui.
« Sont condamnées au bûcher la femme qui est convaincue d'avoir fait dépérir, par le moyen de la magie et d'un mauvais art » , l'enfant d'une femme en couches, l'empoisonneuse, celle qui commet quelque méfait à l'aide des sacrements de l'Église, et l'incendiaire.
« S'il s'élève une querelle dans le village, le juge requiert les parties de conclure un accord ou une trêve, et celle qui s'y refuse paie 45 sous. Ensuite le juge, au nom du duc, proclame à trois reprises successives des trêves qui durent chaque fois quinze jours; puis, ces termes écoulés, il les renouvelle trois fois pour un an et un jour chaque fois, et celui qui ne les observe pas encourt la peine de mort et la confiscation de tous ses biens au profit du duc.
« Celui qui assaillit une maison à main armée et chacun de ses complices doivent une amende consistant en 45 sous. Celui qui blesse à l'aide d'armes émoulues (armis violentis) doit 10 livres de plus ou, à défaut de donner de l'argent, a la main coupée.
« Personne, si ce n'est le duc, ne peut convoquer de plaids généraux à La Hulpe. Ils se tiennent : le mardi après l'Épiphanie, le mardi après les octaves de Pâques et le mardi après la fête de Saint-Jean-Baptiste. Tous les tenanciers ducaux de l'alleu de La Hulpe sont tenus d'y assister, sous peine de 2 sous d'amende, et celui d'entre eux qui y fait l'objet d'une plainte est obligé à comparaître en justice, sans le moindre retard. Lors de ces plaids, le maire du duc doit donner aux échevins et aux forestiers ou sergents du pain, du lard, des pois et de la bière. Les tenanciers de La Hulpe doivent faire moudre leurs grains au moulin ducal; le contrevenant à cette règle paie une amende de 45 sous.
« En cas de procès pour dette, le débiteur est sommé par le maire ou par le forestier, en présence de deux habitants du village, de comparaître dans la quinzaine; s'il reste en défaut de comparaître, il est condamné, pourvu, toutefois, que le créancier puisse attester la réalité de la dette, et cette attestation, le créancier doit recommander aux échevins d'en garder mémoire.
« Si la plainte émane d'un étranger au village, le délai de comparution est réduit à trois jours. Si c'est un habitant qui veut procéder contre un étranger, le maire doit réclamer de celui-ci une caution. Dans ce dernier cas, lorsque les parties comparaissent en justice, et si l'habitant dépose que l'étranger a avoué la réalité de sa dette, l'habitant aura un délai de quinze jours pour trouver des témoins du fait. Si un seigneur veut intervenir dans une question de cette nature, le maire interviendra de son côté.
« Celui qui veut hypothéquer son bien devant les échevins doit amener avec lui le possesseur du fonds et, lorsque le consentement de celui-ci est donné, le duc reste juge de toutes les contestations qui peuvent surgir à ce sujet, jusqu'au remboursement de l'hypothèque.
« Celui qui tient en gage un bien ou des cens appartenant à un seigneur, ne peut acquérir la propriété d'un des censitaires de ce seigneur.
« Lorsqu'on vend un bien tenu à cens du duc, le vendeur et l'acquéreur doivent à celui-ci un demi-setier de vin. S'ils sont bourgeois de La Hulpe, cette taxe ne s'élève qu'à deux sous. Avant de vendre son patrimoine, on doit l'offrir d'abord, par devant les échevins, à ses proches. Ceux-ci ont quinze jours pour se décider à acquérir, ou un an et un jour, s'ils sont absents dans le moment. Lorsque l'un des deux conjoints meurt, le survivant ne peut vendre ce qu'ils possèdent qu'en cas d'extrême nécessite, établie par son affirmation et par le témoignage de deux voisins.
« Lorsqu'un homme épouse une femme d'un rang moins élevé et qu'après sa mort ses parents prétendent que le mariage doit être annulé, la veuve est simplement tenue de se présenter devant l'autel de l'église paroissiale, accompagnée de deux témoins, et là, elle atteste que le mariage a été contracté régulièrement, conformément aux prescriptions canoniques. Si elle a un enfant, elle l'amènera avec elle, porté sur le bras gauche, si elle l'allaite encore; caché sous les plis de son manteau, à gauche, s'il sait déjà marcher. Lorsque le procès concerne le mari, il agit d'une manière analogue. Après l'accomplissement de ces formalités, le duc doit les protéger et les défendre contre toute agression.
« Toute cour de justice où l'accusé ne peut pas se défendre, et où l’on ne suit pas contre lui les formes juridiques, ne porte que des sentences injustes.
« Si le seigneur (ou le duc) accuse les échevins de parjure, il ne peut les condamner que de l'avis de sept de ses cours supérieures de justice (de judicio septem curianum illius generalium).
« Si le duc accuse un de ses vassaux de déloyauté, celui-ci, en l'absence de toute preuve contre lui, peut se défendre par un serment sine ghigh (sans guiche, c'est-à-dire sans détour). Ce serment doit être employé par le créancier, lorsque son débiteur nie sa dette, et par celui qui nie avoir reçu un gage. Toutefois, lorsque les échevins croiront avoir souvenir d'un fait, leur déclaration décidera la question. Tout ce qu'un échevin a attesté, est accepté sans débat ».
Le fils ainé de Henri Ier, devenu duc à son tour sous le nom de Henri II, confirma les dispositions contenues dans cette charte par un diplôme dont il ne nous est resté qu'une traduction française. Il y déclare prendre sous sa protection les bourgeois de La Hulpe, comme étant « ses bourgeois spéciaux », et défend à ses vassaux, baillis ou autres, sous peine d'encourir son indignation, de se constituer leurs juges, si ce n'est lorsqu'il s'agira d'héritages, de cens ou de rentes. Les seules personnes devant lesquelles ils sont tenus de comparaître, c'est le maire et les échevins de La Hulpe (charte datée de Tervueren, le 23 juin 1238).
Les garanties stipulées en faveur de la population de La Hulpe exercèrent une influence très favorable sur le développement de cette localité, qui acquit une nouvelle importance lorsque les ducs l'érigèrent en chef-lieu d'une des mairies du Brabant wallon. Cette division existait déjà au mois de décembre 1283, puisque Jean du Sart, « maiheur de Le Helpe », intervint alors dans un acte du duc relatif à l'abbaye de Wauthier-Braine. Dans la répartition de l'aide votée par le Brabant en 1383, les différentes localités de la mairie sont groupées et cotisées comme suit :


Rixensart, qui figure ici avec Genval, ne fut jamais compris dans la mairie de La Hulpe, mais dans celle de Mont-Saint-Guibert.
Le 20 mars 1341, le duc Jean III confirma les chartes que les ducs Henri I et Henri II avaient accordées aux habitants de La Hulpe et les fit traduire du latin en roman (ou français), afin que le « commun peuple » pût mieux les comprendre. Il accorda à cette localité un marché qui se tiendrait le mardi et exempta de tonlieux ceux qui viendraient à ce marché pour y vendre ou y acheter, sauf que le maire et les échevins, « par voie et manière de raison et sans malengien », détermineraient ce qui serait payé au duc, à cette occasion. Jean III se trouvait encore à La Hulpe le 8 mai, veille de l'Ascension, en 1342, lorsqu'il sanctionna une cession de la seigneurie d'Ohain.
Sous le règne de Philippe de Bourgogne, une contestation s'éleva entre les habitants de La Hulpe et les religieux du prieuré de Groenendael. Les premiers se plaignaient que ceux-ci ne payaient aucune part dans l'aide, bien qu'ils possédassent dans le bourg des biens rapportant environ 50 florins de Hollande par an. Des lettres patentes ayant limité la cote du prieuré à 1/4 de sou par florin de Hollande de revenu, soit, au total, à 12 1/2 sous, la commune réclama encore en faisant observer que la majeure partie de la population était pauvre et demanda que les religieux payassent comme les autres habitants; mais le conseil de Brabant, par jugement en date du 8 mars 1453-1454, décida que, pour cette fois, le taux fixé plus haut ne serait pas dépassé. Les religieux, en déclarant accéder à cette sentence, consentirent à payer 25 sous au lieu de 12 1/2, mais à la condition que cela ne porterait aucun préjudice à leurs droits et uniquement dans le but d'aider les habitants pauvres à acquitter leur part dans la taxe.
Par suite des changements qui s'étaient introduits dans la valeur de l'argent et des monnaies, la plupart des délits et des crimes n'étaient punis que de légères amendes. Se retranchant derrière le texte de leurs vieilles chartes, les habitants de La Hulpe prétendaient se racheter en payant, par exemple, pour des coups et des blessures, 4 à 5 patars, tandis qu'à Louvain, ville à laquelle les échevins recouraient en qualité de chef de sens, on donnait dans un cas pareil 6 florins de Hollande environ. Le maire, Henri Scolasters, en appelant l'attention du souverain sur cet état de choses, provoqua le rétablissement à La Hulpe, comme dans les villages des alentours, d'une enquête générale et annuelle dite vérité d'août, afin surtout qu'on pût connaître et poursuivre certains délits commis par les habitants, notamment le sans-gêne avec lequel ils usaient du gibier. Après avoir entendu l'avis du seigneur d'Orbais, chancelier, du conseil de Brabant et de la chambre des comptes, l'archiduc Philippe le Beau décréta qu'à La Hulpe le taux des amendes serait dorénavant le même qu'à Louvain et qu'il y serait tenu, tous les ans, une vérité d'août (décret daté de Bruxelles, le 1er octobre 1501).
A la suite des guerres civiles des années 1488 et 1489, La Hulpe obtint une remise de 57 sous sur sa cote dans l'aide votée en 1492. Un millier de fantassins y ayant logé pendant cinq jours et commis des dégâts, Charles-Quint accorda au bourg, le 27 octobre 1537, une diminution du quart de sa cote (soit de 30 carolus) dans l'aide qu'on levait alors en Brabant. Un grand incendie ravagea La Hulpe, le 24 mai 1563, et n'y épargna que l'église et quelques habitations; Jean Herdincx dit du Fieff, seigneur de Franckstaux, de La Brie, des fiefs de Lottringe ou Lothier etc., qui avait été nommé maire le 21 juin 1560, perdit dans ce désastre tous ses mémoriaux ou écrits, et, en punition de sa négligence, fut destitué le 27 octobre 1565. Les troupes du prince d'Orange ayant encore dévasté La Hulpe, la chambre des comptes, par arrêté du 20 juillet 1575, y autorisa les maîtres d'église à prendre dans la forêt de Soigne six bouleaux, qui serviraient à opérer des réparations à cet édifice.
Déjà, à cette époque, avaient lieu des rixes entre les habitants d'Yssche et de La Hulpe, rixes qui proviennent surtout de la différence d'origine qui distingue les deux populations et qui se sont continuées jusqu'à nos jours. Entre les années 1560 et 1564, un jeune compagnon, nommé Wautier Duwe, fut condamné à une amende d'un florin carolus, pour avoir tiré son épée en un combat, « où plusieurs se combattirent, étant tant sous Yssche que sous La Hulpe ».
A cette époque d'ignorance et de barbarie, on prodiguait, non-seulement les pénalités sévères, de fortes amendes, mais les condamnations à mort, et les magistrats semblaient se faire un honneur de déployer un caractère inflexible. Une nommée Catherine Foucarmont, veuve de François Hacco, fut exécutée le 22 août 1605, pour les motifs les plus futiles; peu de temps après, Barbe Simonart fut mise à mort à Ohain comme vaudoise et sorcière, et, le 22 septembre 1605, on bannit de la franchise de La Hulpe Anne Van Roelant, veuve de Gérard Van Honsberge, que Barbe avait accusée, probablement dans des aveux arrachés par la torture. En même temps qu'on multipliait les supplices, ou les prononçait avec une hâte singulière: Catherine Theens, femme de Jean De Valcq, arrêtée en mars 1611, fut immédiatement condamnée par les échevins de La Hulpe et brûlée dès le 29 de ce mois.
L'épisode suivant est curieux à citer comme étude des mœurs de cette triste période. Une nommée Gobine Le Ducq demeurait comme servante chez le curé du bourg, Michel de Vaulx dit Dachelet. Étant devenue mère, elle perdit son enfant à l'âge de huit mois. On prétendit aussitôt qu'elle avait eu un commerce coupable avec le curé, ce qui amena la révocation de celui-ci. Quant à Gobine, qui avait alors 46 ans et qui n'était qu'une «étrangère et personne de néant», on l'accusa d'avoir fait mourir l'enfant «par la prise de quelque poudre» ; elle fut arrêtée et retenue en prison pendant treize mois. Michel de Vaulx la défendit avec une rare énergie. Il se constitua partie dans le procès et fit tant que les accusatrices de Gobine varièrent dans leurs dépositions; elle fut acquittée, mais à condition que les dépens seraient compensés. Or, comme ceux-ci montaient à l'énorme somme de 493 livres 15 sous et que la vente des vêtements de la prisonnière ne produisit que 79 livres 15 sous, elle aurait pu rester enfermée longtemps encore, si maître Michel ne s'était adressé au conseil de Brabant pour obtenir sa mise en liberté. Ces débats s'étaient prolongés pendant les années 1622 et 1623; leur résultat final semble avoir encore exaspéré les ennemis de la malheureuse servante. En 1624, un nommé Jean Maillard ayant soutenu que Gobine était aussi fille de bien que les femmes de « La Hulpe », ces paroles furent considérées comme une insulte à la population féminine du bourg et punies d'une amende de 6 florins. En outre, on obligea Maillard à les désavouer dans un plaid général. Les échevins avaient alors défendu de loger Gobine, sous peine de 100 florins; Maillard, à la demande du curé de Vaulx, osa néanmoins lui donner asile et fut puni de l'amende précitée; mais la chambre des comptes lui fit grâce, « en considération de ce qu'il n'étoit qu'un pauvre manœuvrier ». Ce résultat obtenu, il s'empressa de quitter La Hulpe.
Ce que nous venons de raconter est révoltant; ce qui suit n'est que ridicule. En 1621, Antoine Jacquemin n'obtint son pardon qu'en payant 12 livres. Il avait commis le crime impardonnable « de vouloir faire danses publiques sur la place, le jour de la Dédicace, au mépris de la recommandation du prédicateur récollette, lors prêchant au dit La Hulpe », et au mépris de la défense faite par le maire, parce que l'archiduc Albert venait de mourir. Le même dut donner 15 sous pour avoir été trouvé « buvant à la taverne », un jour de fête, pendant les vêpres, et 10 sous, parce qu'il n'avait pas comparu à un plaid général. Le 10 juin 1625, une amende de 3 livres fut comminée contre Zacharie Fourcault, parce qu'il avait demandé au bourreau un bout de corde ayant servi à l'exécution d'un pendu.
Les guerres qui ensanglantèrent notre pays pendant la seconde moitié du XVIIe siècle furent très funestes à La Hulpe, dont le territoire eut à souffrir de dévastations presque continuelles. La ferme de Galmaerde, appartenant au seigneur de Happignies, qui fut confisqué, en 1689, comme appartenant à un « surcéant de la France », ne rapporta rien au gouvernement espagnol. Elle était louée 200 florins; mais chaque année, de 1689 à 1697, on fut obligé de faire remise de cette somme au fermier, toutes ses récoltes étant enlevées ou consommées par les ennemis.
Le 4 juin 1693, Jacques Pasteur, major au service l'Espagne, assaillit près de La Hulpe, à la tête de 60 hommes, un détachement français, composé de 120 fantassins, que soutenaient quelques cavaliers. Il lui tua cinq ou six hommes à la première décharge; les autres se rendirent presque sans résistance. Un champ d'une dizaine d'hectares, situé à La Hulpe, du côté d'Ohain, a conservé le nom du vaillant partisan qui lutta, si fréquemment et avec tant, de succès, contre nos éternels ennemis; on l'appelle encore le Bois du général Jacot.
Le 17 août 1705, les troupes anglaises et hollandaises vinrent camper à La Hulpe, leur gauche attendant vers Braine-l’Alleu; le lendemain, elles opérèrent une marche de flanc par la droite, afin de se poster le long de l'Yssche, de La Hulpe à Neer-Yssche, en face de l'armée franco-espagnole, qu'elles essayèrent vainement de déloger de ses positions.
L'établissement à La Hulpe de grandes papeteries et la construction de la route qui relia cette localité à Bruxelles, en augmentèrent l'importance. La mairie de La Hulpe fut supprimée en l'an III de la république française, et les villages dont elle se composait furent partagés entre les cantons de Nivelles, de Genappe et d'Over-Yssche. Ce dernier servit, en l'an X, à former le canton de justice de paix de La Hulpe, qui comprit les communes suivantes : Chapelle-St-Lambert (depuis réunie à Lasne), Couture, Genval, Hoeylaert, La Hulpe, Lasne, Notre-Dame-au-Bois (depuis, réunie à Over-Yssche), Ohain, Over-Yssche, Rixensart et Rosières. Cette circonscription a été supprimée par un arrêté royal du 5 juillet 1822, qui réunit au canton d'Uccle Over-Yssche, Notre-Dame-au-Bois, Hoeylaert, et les autres communes au canton de Wavre.
Lors de la création des cantons de milice (10 février 1817), La Hulpe fut désignée comme chef-lieu d'un canton, auquel furent annexés Couture, Genval, Lasne, Ohain, Rixensart et Rosières; en 1822 on y joignit Bierges.
La Hulpe est une des localités auxquelles un drapeau d'honneur fut décerné le 28 septembre 1832.
La Hulpe, jadis chef-lieu de mairie, fut successivement réunie au canton d'Over-Yssche, érigée en chef-lieu d'un canton de justice de paix, et enfin comprise dans le canton de Wavre. C'était une ville franche, une franchise. C'était, en même temps, un bien domanial, toutes les propriétés y étant tenues du duc, soit en censive, soit en fief ou en arrière-fief, et jamais la juridiction n'y fut aliénée. « En la paroische de La Hulpe, qui est du tout à monseigneur, toutes amendes se jugent selon la loi de Louvain, où il en ce cas vont au sens ». Ainsi s'expriment les plus anciens comptes des baillis du Brabant- Wallon.
Les biens du domaine, en cet endroit, formaient une recette secondaire, celle del Helpe, qui était primitivement subordonnée à celle de Nivelles. En 1414, elle en fut séparée et fut jointe à celle d'Over-Yssche et Hoeylaert, avec laquelle on l'annexa, en 1736, à la recette de Tervueren et Vilvorde. Les archives du royaume possèdent un compte spécial de la recette de La Hulpe, pour l'année 1414-1415, et plusieurs livres censaux particuliers pour cette localité, datant des années 1409, 1649, 1683 et 1732.
Cette recette produisait, en 1560-1561, 122 livres 15 sous 3 deniers de gros, provenant principalement de l'affermage du moulin et des étangs. Le cens seigneurial valait alors 7 livres 4 sous 3 deniers de Louvain, 16 deniers oboles, 5 deniers payement, 37 sous 11 deniers d'Artois, 13 muids 12 1/2 molevaten de froment, mesure de Louvain; 52 muids 3 setiers de seigle, mesure d'Yssche; 16 muids 3 molevaten d'avoine, mesure de Louvain; 209 1/2 chapons, 4 poules.
Le tonlieu, qui, en 1486-1487, valait 10 sous 10 deniers, rapportait 36 sous. Tout bourgeois de La Hulpe qui séjournait hors de la franchise était tenu de payer annuellement deux vieux gros, le jour de Saint-Pierre à l'entrée d'août; à sa mort, s'il était bâtard, ses biens meubles devenaient la propriété du souverain. Ces droits ne rapportaient plus rien au XVIe siècle, tandis que, en 1414-1415, il y avait vingt-cinq bourgeois forains, non compris quinze autres, qui quittèrent le pays ou se trouvèrent sans ressources pour payer leur cote, huit qui renoncèrent à la bourgeoisie et deux qui décédèrent pendant l'année. Nos ducs conservèrent à La Hulpe des serfs (eygen luyde), dont tout l'avoir, en cas de mort, appartenait au domaine, et dont les descendants restaient serfs, même quand la mère était de naissance libre; mais les personnes de cette catégorie devinrent de moins en moins nombreuses, et, au commencement du XVe siècle, on n'en connaissait plus une seule. On ne payait pas de droit de congé, mais deux escalins de gros, lorsque le vendeur du bien était un bourgeois; un halster de vin, quand c'était un étranger.
Les échevins de La Hulpe rendaient la justice au civil et au criminel, de concert : tantôt avec le maire ou chef-maïeur, tantôt avec le lieutenant-rentier ou sous-receveur; ce dernier assistait, notamment, à la passation des actes d'adhéritance et de déshéritance. Au surplus, c'était ordinairement le maire qui faisait les fonctions de receveur et il avait alors, pour émoluments, le tiers de la recette. Tous les ans, lors de chacun des trois plaids généraux, le maire payait aux échevins ce que l'on appelait un past, soit trois moutons (1404) ou 3 florins (1594); cette rétribution tenait lieu du pain, de la cervoise, des pois et du lard, qui étaient dus au tribunal, en vertu de la charte de 1230. Les échevins recevaient, en outre, deux chapons par an, afin d'aider le receveur du domaine à faire rentrer les cens dus au prince. Le greffe de La Hulpe, pour les années 1530 à 1795, se trouve au tribunal de première instance de Bruxelles, et les Archives du royaume possèdent une autre collection curieuse pour l'histoire du bourg, celle des Comptes des maires, qui commence en 1477.
Jusque dans ces derniers temps, les archives locales étaient conservées dans une armoire, placée dans la tour de l'église, à l'étage; elles renferment peu de documents concernant la commune, mais beaucoup de pièces relatives à l'église et aux pauvres, notamment un registre aux comptes de l'église de « monseigneur Saint-Nicolas », pour les années 1469-1470 à 1574-1575 (avec des lacunes), et des registres aux comptes des pauvres pour 1480-1487 à 1575-1576 (aussi avec quelques lacunes), et à partir de 1596.
Le plus ancien sceau offrait la représentation du patron de la paroisse, saint Nicolas, ayant une crosse à droite, une mitre à gauche, et la légende : (S.SCA) BINO (RUM) DE LA HUL (PE). Un autre sceau offre trois croissants et la légende : sigillum MAGISTRATUS DE LA HULPE. D'après Butkens, les armoiries du bourg sont : de sinople à trois croissants d'argent.
L'ancien pilori s'élevait sur la place, entre quatre tilleuls voisins de l'église. Il fut abattu en 1791; on en conserve, chez M. Baesen, la partie supérieure, où on lit une inscription apprenant que le pilori fut restauré en 1792, du temps du chef-maïeur, M. de Cellier, seigneur de La Queuwe. La tradition a conservé le nom de Justice Broquet à un coin de terre où, il y a plus de deux siècles, on pendit un voleur de grand chemin, nommé Broquet.
Le budget de la commune, pour 1859, présente les chiffres suivants :

Le conseil communal compte neuf membres, dont deux sont choisis parmi les éligibles de Galmaerde et un parmi ceux de Malaise. C'est en 1859 que quatorze habitants de ce dernier hameau en ont demandé, au conseil provincial, l'érection en section électorale.
La gilde ou société d'archers de La Hulpe assista, en 1551, au tir de Louvain, où les statuts du Landjuweel ou grand tir national furent révisés et confirmés.
Le territoire de La Hulpe ne comprenait que deux petites seigneuries : Bakenbosch, qui appartenait au chapitre des chanoines de l'église de Sainte-Gudule, de Bruxelles, et où les tenanciers jurés jugeaient également d'après la coutume de Louvain, et Notre-Dame, qui dépendait du prieuré de Wavre. C'est en 1132 que le duc de Brabant Godefroid Ier céda aux « frères de l'église de Sainte-Marie de Wavre » les terres qui s'étendaient entre le droit chemin conduisant à Nivelles et le ruisseau dit Ransbeek (terram que inter rectam stratam que ducit Nyvellara et rivum qui Ransebecce dicitur, sita est); parmi les témoins de cette donation figurèrent les forestiers Magud, Escelin et Hubert. Le duc Henri Ier ayant, en 1210, abandonné aux religieux d'Afflighem toute la juridiction (sauf pour les affaires capitales) qu'il était en droit d'exercer dans les domaines de ce monastère et de ses dépendances, la communauté prétendit posséder dans ses biens de La Hulpe la moyenne et la basse justice et y constitua un échevinage (la court Notre-Dame de l'Encloistre ou en la seigneurie de monsieur de Tournai, abbé d'Afflighem, au bois de Notre-Dame, au lieu del Helpe, 1546), ce qui devint, en 1625 et en 1648, le sujet d'un procès en conseil de Brabant. En octobre 1537, Isabeau, fille d'Etienne Salart et veuve de Pierre Stacman, de concert avec son mambour ou tuteur, Engelbert Herdewyck, vendit à l'abbaye précitée la ferme de la Ramée, qu'elle avait; héritée de son père. En 1787, les possessions d'Afflighem comprenaient : la Seigneurie de Notre-Dame, avec cour foncière, livre censal etc., valant par an 22 florins; la Cense de la Ramée, louée, avec 31 bonniers de terres et de prés et avec la dîme de la seigneurie, 335 florins; les Bois de Notre-Dame, de la Ramée et de la Petite Ramée, qui contenaient, les deux premiers, 12 bonniers chacun; le troisième, 1 1/2 bonnier. La ferme a été vendue comme bien national à Fr. De Pauw, le 9 prairial an VI. C'est aujourd'hui une propriété de M. Nève; on y a joint une villa fort simple, qu'entoure un beau jardin.
La ferme de Gallemarde ou Galmaerde existe de temps immémorial; on obtint pour elle, le 28 juillet 1417, à charge d'en faire le relief en la cour féodale de Brabant, le droit de faire pâturer dans la forêt de Soigne six chevaux, seize vaches, un taureau et trente porcs. André de Douvrin laissa ce bien à sa fille Jeanne (relief du 10 octobre 1545); il passa ensuite à la famille de Hoves (1588-1612), puis à celle de De Gruytere, par achat. Pierre-Ignace de l'Offre, seigneur de Ter-Walle, le laissa à sa veuve, Marie-Françoise de Grutz, et à sa sœur, Marguerite-Josèphe de Grutz, femme de maître Augustin-Lamoral de Landas de Florival (r. de 1735). En 1781, Gallemarde appartenait à Marie-Thérèse de Malapert.
Dans une situation plus riante que saine, au milieu des nombreux étangs qui bordent la rivière d'Argent et à l'extrémité d'un vaste parc, débris de la forêt de Soigne, se trouve le château de la Queuwe, que parfois on appelle aussi de la Longue Queue. Ce bien fut laissé par une demoiselle de Huldenberg à son fils Jean Brant, qu'elle avait eu du duc de Brabant Jean III. Brant y fut adhérité en l'année 1335, en vertu de lettres échevinales de Louvain. Après sa mort à la bataille de Bastweiler, sa veuve, Catherine, dame d'Ayseau, de concert avec Jeanne d'Ayseau et Jean Brant, l'affermèrent, en l'année 1374, à Jean d'Yssche, écolâtre de Bruxelles, frère naturel de la duchesse Jeanne de Brabant, pour la somme de dix doubles moutons par an. En 1425, Agnès d'Andrimont, fille de Gilles, sire d'Andrimont, et de Marie d'Ayseau, céda La Queuwe à son cousin Guillaume Brant, en faveur de qui cette cession fut confirmée par une sentence du duc Jean IV, en date du 25 mai 1426. Guillaume était le petit-fils de sire Jean; après lui sa postérité posséda La Queuwe pendant plus d'un siècle, en même temps que le manoir de Lasne ou, comme on le disait alors, Borch à Lanen. Par une charte en date de l'année 1353, Jean III avait autorisé les possesseurs de La Queuwe à faire pâturer dans la forêt de Soigne treize bêtes à cornes, trois vieux chevaux, quarante porcs et cent brebis, ce qui fit l'objet d'une transaction conclue, en 1516, entre la chambre des comptes et Guillaume Brant, seigneur de-Bordeaux et de La Queuwe. En 1547, on mentionne Godefroid de Tonsoul, propriétaire de la maison dite La Queue. En 1706, cette, habitation était possédée par M. Lefebure, conseiller et contador du roi; elle passa ensuite, en 1720, à la famille T'Kint, puis à celles de Happaert et de Cellier; une demoiselle Cellier en transmit la propriété aux Baesen.
A cause de sa situation, le château de La Queuwe était jadis un rendez-vous de chasse des ducs de Brabant et des gouverneurs généraux des Pays-Bas. Du temps de l'archiduc Charles et de l'archiduchesse Marie-Christine, la curée du cerf se fit plus d'une fois dans la grande cour du château, et l'on conserve encore divers objets qui furent donnés par ces princes à la famille Happaert. II y avait aux environs une garenne ou chasse gardée, appartenant au souverain; mais, au XVe et au XVIe siècle, elle était considérée comme n'ayant aucune valeur. L'ancien manoir se composait d'une maison de plaisance, avec tour et chapelle, entourée de fossés et accessible seulement par un pont-levis; à peu de distance se trouvait la ferme, qui était séparée du bâtiment principal par une grande cour. Le château, dont la tour tombait en ruines, fut démoli et remplacé, en 1809, par un pavillon carré, ayant, vers le N.-E., une tourelle en avant-corps; outre les souterrains, qui servent de cuisines, il y a trois étages, dont le dernier est fort bas. En 1832, la ferme, les écuries et les remises furent reconstruites, les fossés comblés et les jardins modifiés et agrandis.
L'édifice le plus remarquable de la commune, le château du marquis Maximilien de Béthune, a été construit au milieu de terrains provenant de la forêt de Soigne et qui avaient été vendus, en 1838, par la Société générale pour favoriser l'industrie. Les plans rappellent le style François Ier; ils sont dus à l'architecte français Harveuf; les travaux ont été achevés, sous la direction de M. Coppens, en 1842, date qui se trouve inscrite sur une girouette. Le manoir est admirablement placé au milieu de bosquets; une éclaircie permet aux regards de plonger sur l'étang d'Asbeek et de se porter, par la vallée de l'Argentine, jusqu'au chemin de fer du Luxembourg; dans d'autres directions on aperçoit le monument de Waterloo, le château d'Argenteuil et l'église en fer qui domine le plateau d'Ohain.
Le château est bâti en briques rouges d'une pâte très fine, à l'exception du soubassement et des cordons, qui sont en pierre de taille bleue. Il a la forme d'un rectangle de 25 mètres de longueur sur 18 m. de largeur, avec tours octogones, aux angles; les façades orientale et occidentale n'ont qu'un étage au-dessus du rez-de-chaussée et présentent sept fenêtres de front; les façades latérales sont occupées par les appartements de service. L'entrée principale est à l'ouest; la porte est surmontée des armes de Béthune, sculptées par M. Fraikin, dont le ciseau promettait déjà ce qu'il a tenu depuis; le centre de la façade forme avant-corps. A l'est, il n'y a qu'un perron descendant vers une vaste pelouse; les tours y sont accostées chacune d'une tourelle ronde. Le bâtiment principal et les tours ont des lucarnes; aux tourelles, celles-ci sont remplacées par un troisième étage. L'intérieur du château est décoré avec beaucoup de luxe; un grand nombre de portraits de famille font partie intégrante de l'ornementation.
Le Pavillon Hennessy ou Orban, bâti sur le versant, d'une colline plantée de sapins, à proximité de la station et de la grande papeterie, et la Villa Degoes, dite aussi le Château Degoes, sur la hauteur, à l'angle de la route de Bruxelles, près du Bon Dieu de Pitié, ne présentent rien de particulier.
L'église de Saint-Nicolas, de La Hulpe, n'a jamais été collégiale, comme le dit Guicciardin. C'était simplement une paroisse du diocèse de Cambrai et du doyenné de Bruxelles. Comprise dans l'archevêché de Malines, elle resta, pendant plus de deux siècles, annexée au district de Bruxelles. En l'an XI, elle devint une cure, ayant pour succursales les églises de Genval, de Hoeylaert, de Lasne, d’Ohain, de Rixensart, de Rosières et d'Yssche. Le remaniement des divisions de l'archevêché l'a fait entrer, avec toutes ses anciennes dépendances, dans le doyenné de Wavre.
La paroisse n'avait pas et n'a pas les mêmes limites que la commune. Jadis et jusqu'en 1810, le hameau de Malaise, sur Yssche, et la chapelle que l'on y trouve en constituaient des dépendances; actuellement, les maisons Kempeneer, Platon, Ossenboer et Gérard, qui sont situées au delà d'un ravin partant de la fontaine des Ducs pour remonter vers Malaise et qui se sont élevées sur l'emplacement de la forêt, dépendent, au spirituel, de Hoeylaert.
Par un diplôme en date du mois d'août 1226, le duc Henri Ier donna l'église de La Hulpe, avec les deux tiers de la dîme de cette localité et quatre manses, pour la dotation d'un second chapitre, composé de dix chanoines, dans l'église des Saints Michel et Gudule, de Bruxelles. Cette donation fut confirmée par le duc Henri II, en 1236, et par l'évêque de Cambrai Godefroid. A son lit de mort, le duc Henri III reconnut que les chapitres de Sainte-Gudule avaient le droit de lever les dîmes novales (que, jusqu'à ce moment, il avait fait percevoir à son profit), partout où le droit de patronat leur appartenait, et notamment à La Hulpe (acte daté de Louvain, le samedi après la Saint-Matthieu, 1260). En 1647 (suivant un autre document, en 1720), les petits chanoines renoncèrent à leurs dîmes au profit du curé, ce que le conseil de Brabant ratifian le 2 mars 1750.
En 1787, les revenus du curé s'élevaient à 1964 florins 17 sous, somme dans laquelle les dîmes figuraient pour 1,547 fl. 5 s., les revenus des bénéfices de Saint-Antoine et de Sainte-Catherine pour 55 fl. 7 s. Les produits de l'autel de la Vierge et de l'office dit de Notre-Dame, la messe du Vénérable et fondation du salut, le jeudi, et la messe hebdomadaire, instituée par Elisabeth Zegers, contribuaient à former le surplus. Les chapellenies de Saint-Antoine et de Sainte-Catherine étaient chargées chacune d'une messe par semaine; l'un de ces bénéfices avait été fondé par Antoine Bataille et Jeanne Maucourt. Les revenus de l'église, qui ne s'élevaient, en 1787, qu'à 110 fl., montaient, en 1846, à 1,900 francs. La cure, une des plus belles de la province, est située sur une hauteur et entourée d'un superbe jardin. Elle a été rebâtie, en 1726, par le curé Hendricx, l'ancienne ayant été brûlée.
L'église forme une basilique à trois nefs. Le chœur est terminé par une abside à trois pans et recouvert d'une voûte d'arête à nervures. La nef centrale a des voûtes ogivales en berceau, avec arcs-doubleaux; les colonnes écourtées, qui la séparent des bas-côtés, supportent des arcades ogivales. Les collatéraux étaient autrefois très étroits et éclairés par de petites fenêtres fort élevées au-dessus du sol; ils ont été reconstruits, en 1835-1836, pour élargir l'église; ils sont surmontés d'une voûte d'arête et ont des fenêtres ogivales : six, autant qu'il y a de travées à la nef. Le jubé se trouve dans la tour, sous une voûte d'arête à nervures croisées. La tour même s'élève au pied de l'édifice; elle est flanquée, vers le sud, d'une tourelle ronde renfermant l'escalier. Cette lourde construction, qui est encore écrasée par sa flèche en trémie, s'aperçoit d'assez loin, grâce à sa situation. Elle a subi plusieurs réparations. Actuellement elle est percée d'étroites baies rectangulaires et d'une porte de style renaissance.
A l'exception des parties modernes et de la tour, dont il serait difficile de préciser l'âge, l'édifice date du XVIe siècle. Il y eut, à cette époque, une longue contestation entre le chapitre de Sainte-Gudule et les habitants; ceux-ci, ayant fait abattre le chœur, qui était très « ruineux », soutinrent que c'était aux chanoines, en qualité de décimateurs, à le reconstruire et, en effet, le chapitre consentit à payer une somme d'argent pour couvrir la dépense de ce travail et reconnut qu'il devait, en outre, entretenir le chœur en bon état. Quant à la nef, elle était à charge de la communauté seule. Ainsi le déclara, le 12 décembre 1567, dans une enquête relative à l'église d'Ohain, le maitre charpentier du roi en Brabant, Antoine Zegers, qui demeurait à La Hulpe et était alors âgé de 78 ans.
Les Comptes de l'église, à partir de l'année 1530-1531, mentionnent de nombreux embellissements faits à l'édifice, mais comme ils ne sont pas complèts, on ne peut suivre complètement la marche des travaux. En 1530, on construisit le beffroi et on pendit une nouvelle cloche, ce qui coûta 24 florins; en 1532-1533, Geerth le maçon pava le clocher, le « rapointit » et mit des « noix » sur le beffroi, le tout pour 2 florins 6 placques. En 1548-1549, on découvrit le chœur, c'est-à-dire qu'on en ôta la toiture. L'année suivante, le curé se rendit à Bruxelles, afin de demander le don de quelques chênes à l'évêque de Tournai, abbé d'Afflighem, mais il ne put obtenir d'audience du fastueux prélat. On employa pour la maçonnerie des pierres, venant les unes de Bruxelles, les autres de Ransbeek, près d'Ohain. Un maçon, Antoine Lengelez, était chargé de cette partie du travail; Antoine Zegers fournit la charpente, qu'on lui paya 117 florins, et Mathieu Ingelant le pavement, pour lequel il reçut 40 fl. Enfin, le 4 juillet 1555, le chœur, le maître-autel, qui était dédié à Saint-Nicolas, et l'autel de Saint-Antoine furent consacrés par Martin Cuperus ou De Cuyper, évêque de Chalcédoine, suffragant de l'évêque de Cambrai. Le suffragant reçut pour honoraires 3 florins, et de plus, on paya 16 florins au chancelier de l'évêque, pour droits de consécration : 12 fl. pour le maître-autel, 4 fl. pour l'autel de Saint-Antoine.
De fortes dépenses furent également faites pour les objets d'art ou d'ameublement. Un Me Médard fondit, en 1530-1531, une nouvelle cloche pesant 1,612 livres, qui lui fut payée à raison de 12 florins les 100 livres, et que le maire, le curé et les mambours ou maîtres d'église allèrent chercher à Malines. Lorsqu'elle fut baptisée, l'année suivante, on donna 4 patars au curé « pour son vin, pour les fons nouveaux »; on venait donc d'acquérir de' nouveaux fonts baptismaux. En 1532-1533, un « vaireurier » ou verrier de Nivelles posa deux nouvelles verrières et en répara quelques autres, moyennant 6 1/2 fl., et en 1535-1536, un verrier de Louvain reçut 2 fl. 13 s. 6 d. pour des travaux de même nature. Un tailleur d'images, maître George Asselyns, exécuta pour le maitre-autel une table d'autel (ou retable), qui lui fut payée 100 florins, ainsi qu'il résulte d'une quittance en date du 9 mai 1537. Enfin, on commanda à Liévin Mueleman une remontrance du Saint-Sacrement, en argent et du poids de 26 onces 5 esterlings; elle fut payée 61 fl. 13 s., savoir : pour l'argent, à raison de 34 patars l'once, 44 fl. 12 s.; pour la façon, à 12 patars par once, 15 fl. 13 1/2 s.; pour le pied, qui était en étain, 12 sous; pour la dorure de la lune : 12 s.; pour « bonir la lune », 2 s.; pour le « voire », 1 s. La quittance de Liévin porte la date du 6 septembre 1561; la majeure partie de la somme qui lui fut comptée (50 fl.) avait été fournie par des « bonnes gens », c'est-à-dire par des dons volontaires.
L'invasion de la Belgique par le prince d'Orange, en 1572, fut funeste à l'église, qui était en fort mauvais état, au commencement du siècle dernier; on était alors obligé de boucher les fenêtres du chœur avec de la paille, faute de fonds pour les faire restaurer. L'ornementation actuelle de l'église est très simple. Les autels latéraux sont aujourd'hui dédiés : l'un à sainte Apolline, l'autre à la Vierge, qui est l'objet d'un pèlerinage assez fréquenté. La chaire a été exécutée, en 1862, par J. De Braekeleer, d'Anvers. Elle est supportée par un palmier, devant lequel se trouve saint Pierre avec le coq; la cuve est ornée de trois bas-reliefs et l'escalier bordé de rampes sculptées. Une pierre encastrée dans le mur méridional extérieur de l'église porte cette épitaphe : D. O. M. | A la mémoire de | Monsieur N.-A.-J. Nève | avocat | décédé à la Hulpe le 31 | juillet 1840 et de Madame | T.-J. Le Hardy de Beaulieu | son épouse décédée à | Bruxelles le 3 janvier 1861. | R. I. P.
Contre le mur de clôture, vers la place, est placée une croix de pierre bleue avec l'inscription : « Cy gist sr | Char. Bailliy | secretaire | de la reyne | d'ecosse | decapitee en | angleterre pour | la foy catholiq. | qui trépassa le 27 | xbre 1024 âgé de 81 ».
Charles de Bailly ou, comme on l'appelle ailleurs, Charles Baillieu, s'étant retiré aux Pays-Bas, y devint commissaire des vivres du camp de l'armée royale. Il épousa Démocrite Sweerts, avec laquelle il acquit un bien, le 13 septembre 1586, et dont il eut plusieurs filles, entre autres Marguerite Baillieu, dont le contrat de mariage avec Balthasar Tax fut signé le 12 août 1596, et Cornélie, qui devint la femme de Raulin De Cretot. Démocrite mourut le 3 mars 1633, à l'âge de 93 ans, et fut enterrée à côté de son mari; ses filles avaient opéré le partage de l'avoir de leurs parents le 9 avril 1625. De Cretot fut maire ou plutôt chef-maïeur de La Hulpe et déploya beaucoup d'activité dans l'exercice de ses fonctions. Il poursuivait sans relâche les vagabonds, dont deux livrèrent aux flammes une maison qu'il avait fait bâtir et qui lui avait coûté plus de 1,000 fl.; à la suite de ce désastre, il obtint des archiducs une indemnité consistant en 100 philippus de 10 réaux, huit chênes et quelques autres arbres (acte daté de Marimont, le 20 mai 1616). Ses biens de La Hulpe furent morcelés après lui : une partie passa au sire de Rombise, puis au sieur De Lattre, fils du précédent, et ensuite à l'échevin de Bruxelles T'Kint; une autre fut achetée par Massin de l'Abbaye, receveur général du Limbourg, dont les possessions furent, plus tard, confisquées au profit du domaine.
Cinq sœurs du Sacré-Cœur de Marie habitent La Hulpe; elles dépendaient de la maison-mère d'Alsemberg, mais elles viennent d'être érigées en maison indépendante.
Il y avait anciennement à La Hulpe un hôpital, qui existait encore en 1526, et se trouvait à l'endroit qu'occupe la villa Degoes. Il parait en outre avoir existé une maladrerie (d'où le nom de Courtil à la Maladre, 1732), près de la grande papeterie.
Les mambours des pauvres rendaient jadis compte de leur gestion en présence du curé, du maïeur, des échevins et d'autres habitants (en 1499), ou du curé, du maïeur, des échevins et de la plupart des habitants de la franchise (en 1545). Les revenus des pauvres consistaient : en 1509-1510, en 3 florins 2 patars 2 placques et 27 vaisseaux de blé; en 1555, en 6 florins 17 sous et 14 muids 9 vaisseaux 1 francquet de blé.
Actuellement, le bureau de bienfaisance possède un peu plus de 13 hectares (12 hect, 79 ares 73 centiares de terres et 43 ares 40 cent, de prés).
Le budget du bureau de bienfaisance, pour l'année 1859, a été fixé comme suit :

Une belle école communale, avec logement d'instituteur et salles pour l'administration locale, a été construite, en 1847-1848, à proximité de l'église.
Le nombre des enfants pauvres qui ont été admis par la commune, en 1858-1859, à recevoir l'instruction, s'est élevé à 161 : 81 garçons et 77 filles. Ceux qui habitent le hameau de Bakenbosch sont autorisés, depuis 1859, à fréquenter l'école d'Hoeylaert. Les sœurs du Sacré-Cœur tiennent une école primaire adoptée et un pensionnat.
La fête principale se célèbre le dernier dimanche de septembre; il y a une autre fête le deuxième dimanche de juin.
On place à La Hulpe le lieu de naissance de Jeanne Vander Hulpen, l'une des maîtresses du duc Jean III, qui eut d'elle trois enfants : Arnoul, Henri et Marguerite. La maison de ses parents, si l'on en croit la tradition, se trouvait en face de la villa Degoes. Les Vander Hulpen comptaient alors parmi les nobles du Brabant, et l'un d'eux, Adam-Vander Holpe le Jeune, prêta serment à Louis de Mâle, après la bataille de Scheut, en 1356.
A. Warzée, Promenades dans le Brabant-Wallon : La Hulpe, dans le Journal de la Belgique, des 11 et 12 décembre 1842.

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