
La forme la plus ancienne du nom du village d'Ohain est Olhem (1154, 1249), que l'on retrouve ensuite transformée en Oilhain (1374, 1434, 1489) ou Dolhain (1610). Plus tard, on écrit presque constamment Ohain (1227, 1234, 1241, 1299, 1312, 1436, 1474, 1483, 1560, 1585, 1606, 1686) ou, avec de légères variantes, Ohein, (1244), Oheyn (1374), Ohayn (1407, 1418, 1459); ces dernières leçons sont empruntées à des documents flamands. On rencontre également Hohan (1239), Hoyein ou Oyhayn (1312) et Ohaing (1375,1411,1666). Ohain a un homonyme, non pas en Belgique, mais en France, dans le département du Nord.
La commune d'Ohain est limitrophe de celles de La Hulpe, Genval, Rixensart, Lasne, Maransart, Plancenoit et Waterloo. Ohain est à 2 kilomètres de Lasne, 4 kilom. de Genval, 5 kilom. de La Hulpe et Maransart, 5 1/2 kilom. de Plancenoit, 6 1/2 kilom. de Rixensart et Waterloo, 11 kilom. de Wavre, 17 kilom. de Nivelles, 21 1/2 kilom. de Bruxelles.
L'église d'Ohain se trouve située par 56 grades 33 de latitude N. et 2 grades 37 de longitude E. L'altitude du pavement de l'église est de 84 mètres 46.
Un premier procès-verbal de délimitation du territoire d'Ohain a été dressé le 17 floréal an XIII; un arrêté du préfet, en date du 10 mai 1808, reconnaît régulier le plan cadastral terminé le 7 octobre 1806. Un second procès-verbal de délimitation a été ouvert le 27 janvier 1818 et clos le 25 mars suivant. Ces deux documents distinguent la forêt de Soigne de Waterloo et en décrivent séparément la limite.
Le cadastre divise le territoire d'Ohain en huit sections : la section A ou d’Hanonsart, la section B ou de Chaud'Briere, la section C ou du Village et d'Audrimont, la section D ou de Smohain, la section E ou de la Marache, la section F ou de Haute-Ransbeek, la section G ou de Basse-Ransbeek , la section H ou du Triage du Coucou de la forêt de Soigne.
Au 1er janvier 1859, ces sections se trouvaient morcelées en 4,089 parcelles, appartenant à 897 propriétaires, donnant un revenu cadastral de 100,095-25 fr. (sol : 89,265-25; bâtiments : 10,830-00) et ayant une contenance de 2,089 hectares 58 ares 70 centiares (imposable : 2018 hect. 99 a. 50 ca.; non imposable : 40 hect. 59 a. 20 ca.). Cette contenance globale se subdivisait ainsi en 1834 :

En 1686, Ohain comprenait 1,543 bonniers, 2 journaux, dont 1,393 bonniers de terres, 26 b. 2 j. de prés, 122 b. de prés communs, 2 b. d'étangs.
On comptait à Ohain : en 1374, 188 ménages; en 1436, 95 foyers, en 1464, 109 foyers; en 147$, 96 foyers; en 1492, 61 foyers; en 1526, 170 maisons, dont 2 à 2 foyers; en 1686, 82 maisons, plus un moulin et une franche taverne; en 1748, 173 maisons, dont 50 au centre, 11 à Smohain, 13 aux Baraques, près de la Forêt, 39 à Haute-Ransbeek, 9 à Basse-Ransbeek, 26 à Hannonsart, 2 près de Genval, 8 à Audrimont, 11 à Chaubriere, 4 formant des censes isolées : Herimomont, Entre les Hayes, Pietmont, la Brier; au 31 décembre 1856, 513 maisons.
Le village d'Ohain, qui compte 160 maisons; Smohain, 52 maisons; Ransbeek, 192 maisons; Belle-Vue, 7 maisons; Hanonsart, 102 maisons.
Ohain est situé sur la pente d'une colline, au pied de laquelle coule un ruisseau qui porte le même nom que le village et qui forme la limite de la commune. L'église, comme celle de Genval, se trouve à l'extrémité méridionale de l'agglomération, sur un contrefort qui se termine brusquement. La place, ou Tri d'Ohain, est fort grande; on l'a plantée d'arbres; l'école y est bâtie, ainsi que le Château d'Ohain; on remarque quelques belles habitations dans la rue conduisant de la place à l'église. La partie septentrionale du village se nomme Tri Bara; la partie orientale est éloignée du centre de 200 à 300 mètres : elle compte 76 maisons dont on fait ordinairement deux hameaux, sous les noms d’Audrimont ou Odrimont (Hoddrymont, 1574; Audrimont, 1718, OUDIETTE, an XIII, et de Chaud’ Briere (Chabriere, 1574; Chaudbriere, 1748; Chaubrire, FERRARIS; Chaubroie, an XIII).
A 1,700 mètres S.-O. de l'église, en remontant le cours de l'Ohain, on rencontre le hameau de Smohain (Sum Hohain, 1241; Semohain, 1440; Semouhayn, 1574), dont l'extrémité méridionale s'appelle la Marache et se prolonge sur le territoire de Waterloo. Plusieurs maisons de la commune de Lasne ne sont séparées de Smohain que par le ruisseau; elles sont connues sous le nom de Cheval de bois.
Le hameau de Ransbeek, que l'on écrit quelquefois Ransbèche (Ransebeca, 1227; Ransebeche, 1375; Ransbeke, 1410; Ransbeche, XVIIIe siècle), se trouve à 2,200 mètres O.-N.-O. de l'église. Il doit son nom à un ruisseau qui y prenait sa source jadis et qui sourd aujourd'hui à 3.000 mètres plus bas, près de la ferme des Loups, sous le nom de Maserine. L'agglomération se divise en deux groupes : la Haute-Ransbeek (Hault Ransbecq, 1574; Haute-Ransbeek, 1748), qui a 151 maisons, et la Basse-Ransbeck (Bas-Ransbecq, 1574; Basse-Ransbeck, 1624, 1748; Basse-Rombeque, 1780), qui n'en compte que 41. Un comprend dans la Haute-Ransbeek l'écart des Baraques (aux Baracques, 1748), qui se compose d'une dizaine de maisons situées à la limite de Waterloo, le Château d'Argenteuil et les maisons isolées qui entourent ce vaste domaine.
La Belle-Vue est un petit hameau partagé entre les communes d'Ohain et de Waterloo. Il est situé sur la route de Tervueren, à 4,700 mètres O.-N.-O. de l'église d'Ohain.
La plus grande partie d'Hanonsart, que l'on écrit parfois Annonsart (Hanonsart, 1151; Hannorisart (sic), 1570; Hannonsart, 1748), se trouve à 2,700 m. N. de l'église; on rattache à ce hameau deux groupes d'une douzaine de maisons qui en forment le prolongement oriental : la Chautieuse et la Vaux.
A 2,900 mètres N.-N.-E. de l'église, la ferme Lagronez; à 2.700 mètres N.-N.-E., la Ferme d'al Vaux ou Ferme StoujTs; à 2,600 mètres N.-E., le Baudet., écart dont une partie dépend de Genval; à 700 mètres N.-E., la Ferme Quinze; à 2,000 mètres N.-E., la ferme de Prièsmont ou Piècemont (Prestremont, 1312; Pietmont, 1748; Prestmont, 1574, 1613; Piesmont, OUDIETTE), dont le toit portait jadis ces mots : A près avoir lieu payé, encore dois-je; à 2,800 m. N.-E., la ferme d’Henrimaumont (Herimomont, 1748); à 2,100 m. E.-N.-E., la ferme de la Basse-Briere; à 1,500 m. E.-N.-E., la ferme de la Haute-Briere ou Cense del Briere (La Brier, 1748); à 1,1100 m. E., le Moulin d'Ohain; à 2,900 m. S.-O., Boisdenghien; à 1,200 m. S.-O., la ferme du Vraumont ou de Levromont (Cense a Livramont, 1574); à 2,800 m. S.-O., la ferme de la Haie; à 2,800 m. 0., la ferme Entre les Haies ou Ter la Haye (Entre les hayes, dans la forêt, 1748); à 2,500 m. N.-O., Au champ du Grand Chêne (te Ransbeke, aen die Groete Eycke, 1440; le Grand' Chaisne, 1570), cabaret; à 3,700 m. N.-O., la Ferme d'Argenteuil; à 3,600 m. N.-O.. le Château d'Argenteuil; à 4,500 m. N.-O., la Maison du Garde; à 2,800 m. N.-O., le Couvent des Récollets, le Couvent des Sœurs de Saint-Vincent de Paul et le Cabaret d'Argenteuil; à 2,400 m. N.-N.-O., Groenendael; à 1,600 m. N.-N.-O., la Ferme Hulet; à 800 m. N.-N.-O., le Messager de Bruxelles, cabaret; à 2,800 m. N.-N.-O., le Moulin d'Hanonsart.
Champ de L.ouvrange; Justice Broquet; Champ de la Vallée; Champ Magonette (Cense Magonette, XVIIIe siècle; Cense de Josse Magnette, à Basse-Ransbeek, 1780); le Stoquoit; Prés d'Hanonsart; Champ d'Hanonsart; au Bois Ghion; Vallée aux Taureaux (al Vallaye thouron, 1570); Champ d'al Vaux; Au Bouteni; Aux Cailloux; Au Grand bois; Au Bonnier Mahau; A la Croix Thomas; Champ de Lournot; Champ de France; A la Coïade; Vallée à la Vache; Champ de Priés mont; Chêne au Renard (Bosch à Renart, 1570); Au Cerisier Jonnesse; Campagne Quinze; Closière Francart; Champ de la Briere; Rénipont; Câline; Mau cové; Laid brou; Tout laid; Vallée Gobiez; le Boricar (Bois Ricard?); la Grande Hussière (le Huesière, deseur Semohain, 1440; le Bois d'Ohain, dit la Grande Huissière, 1500); la Petite Hussière (1500); le Poncha; Champ Louis; Closière Colau; Bois Héro; Champ des Cailloux; Champ du Bois Barbe; Champ Paillien; la Grande Sévière; la Petite Sevière; la Favarge ou Favauge; la Grande Glodorée; la Petite Glodorée; Champ Gilles; le Long Pendant; Fond de Smohain; Champ de Lacdar (Hacdal, XVIIIe siècle; Hacdael, 1787); Champ Nicaise; Champ de la Boule; Grand Closin; Champ Derrière le Mont; Champ du Bosquet; Champ du Jardin (Au Jardin, 1570); Champ des Fosses; Champ du Coucou; Champ Entre les haies; Campagne de Galmaerde; Campagne du Grand Chêne; au Pirau; Champ de Vrede; Ferme de Carloo, dont la façade porte la date 1686 et qui a longtemps appartenu aux comtes de Duras, barons de Carloo, de la famille Vander Noot; Champ de Ransbeek; Haut Courtil; Au Belloy; la Marnière (Al Marlier, 1570); L’Hospitalier; Au Bois Lagasse; le Biamont (Beaumont, 1570); au Pâchis; Triage du Coucou ou Parc d'Argenteuil; le Battis; Catamoureaux; Rue Neuve; Trou Margot; Chemin de Strain ; Chemin du Moulin; Rue Douchamps; Faux lion; le Charmia; Voie à l'aise; Chemin du milieu des Champs; Chemin du Coron; Chemin de la Ramée; le Fauconnier; Mauvaise voie; Chemin de la Grandeur; Mont Lassy; Grand Chemin de Louvain; Chemin du Coq; Chemin des Morts; Chemin de Messe; Ferme Drige, ancienne propriété des Van Vaernewyck, qui passa ensuite à un officier supérieur au service d'Autriche, Wenceslas-Joseph, baron de Cammeller, lieutenant-colonel au régiment hongrois de Siskowiselle, et à sa femme, Marie-Caroline, morte le 8 août 1775, fille de Claude-Bonaventure de Vaernewyck et de Marie-Thérèse de Hellin; Chemin de la Croix; Chemin du Tour; Chemin de Palerne (Op de Palierne, 1570); Rue Babeau; Chemin du Charron; Chemin de Camusel; Chemin de Sainte-Gertrude; Chemin de l'Alouette; le Catty; la Fraite; Ruelle Régat; les Bruyères; Sentier de l'Abbaye; Sentier de Doury; Ruelle des Trépassés; Sentier des Innocents; Sentier de Friveau; Sentier de l'Hayette; Sentier du Mont; Trois Faux; Bois Teule; Sentier du Mayeur; Ruelle Mahau; Sentier de Ghion; Sentier du Curé; Closière Madame; Sentier de la Mare; Ferme Lambert; le Caberdouche; Sentier du Holbiet; Sentier des Loups; le Closinia; Sentier de la Marmite; Longue Tombe; la Loire; Près du Bois Notre-Dame; Chapelle Jacques ou Sainte-Anne; Chapelle du Tri-Bara ou Sainte-Anne; Chapelle où morts reposent ou Chapelle au Chêne ou Chapelle N-D de Bon-Secours, récemment restaurée par le comte de Meeus (elle est située à mi-chemin de Ransbeek et d'Ohain : on y fait halte pour se reposer, lorsque l'on porte au cimetière un mort de ce hameau); Bon Dieu de Gembloux ou Bon Dieu de Pitié; Chapelle de l'Immaculée conception ou Église en fer.
Cheresier Jean (1570); Copialsart (1241); Al Cheval (1570); Mez des Champs, à Ohain, et Biens des Champs, à Desmohain (1570); la Fosse Damman (1570); Fief del Peskerie (XIVe siècle); la Maladrie (1570); Champ del Vielle Maladrye (1754); Preiz de Wez (1570); Queuweroel, à Hannorisart (1570); le Ribierit, près Geneval (1740); Al Viel Fosse, fief dit Moirtemont (1570); la Virière (an VI), le Paradis des Chiens; maison dite la Viese Taverne, sur la place; Bois Holstayn, Bois planté, Bois de Dôle, Bois Hayton, tous cités en 1574.
Le territoire d'Ohain est généralement accidenté; cependant, il se compose plutôt de plateaux à larges ondulations, que de vallées en pente rapide; on ne rencontre guère d'escarpements qu'aux abords de l'église et du village. Le sol est marécageux, non-seulement à la Marache, où l'Ohain prend sa source, mais sur presque tout le parcours de ce ruisseau. Le point culminant semble être vers la Grande Sevière, à la limite de Waterloo, où l'on a constaté une altitude de 123 mètres.
Le sable du système bruxellien règne sur la plus grande partie de la commune; dans les vallées, il est recouvert du limon hesbayen; on trouve des cailloux diluviens à l'E. de la ferme Quinze et vers le Chêne au Renard. A l'endroit dit la Marnière, à 1,500 m. N.-O. de l'église, on a pratiqué plusieurs carrières pour en extraire du grès, dont on fait des pavés, et de la marne destinée à l'amendement des terres. L'exploitation actuellement en activité atteint une profondeur de 15 mètres environ, à ciel ouvert; en creusant un puits dans le voisinage, on a constaté, parait-il, que la marne descend à 5 mètres plus bas. Près de la ferme Drige, à Smohain, on trouve du grès ferrugineux; le sable est également ferrugineux dans le bois de la petite Hussière.
Tous les plateaux appartiennent au système laekenien; ce terrain est masqué par le limon hesbayen, sauf sur quelques points où l'on observe ses sables fins : à mi-chemin du Messager de Bruxelles à la ferme Hulet; entre la Chapelle où morts reposent et Ransbeek; au chemin formant la limite de Waterloo, près de la Longue Tombe; etc.
Tout le territoire d'Ohain appartient au bassin de l'Escaut; les cours d'eau qui arrosent cette commune sont : la Lasne, l'Argentine, la Maserine, la Margot, le Prièsmont, le Ribauri et l’Ohain.
La Lasne vient de Lasne et, à partir du Rénipont, forme la limite entre cette commune et celle d'Ohain; reçoit le Ribauri (r. g.); devient mitoyenne de Rixensart, sous le Bourgeois; puis abandonne Ohain, en amont du château du Belloy, pour servir de démarcation entre Rixensart et Genval. Son parcours, entièrement mitoyen, a un développement de 1,400 mètres, dans la direction générale du S. au N.
L'Argentine ou Ruisseau d'Argent prend sa source vers la limite de Waterloo, près de l'ancienne Drève de Lorraine; traverse le vaste parc d'Argenteuil, auquel elle a prêté son nom et où elle alimente deux magnifiques pièces d'eau et reçoit le tribut de la fontaine du Ticton (r. dr.); sert pendant quelque temps de limite entre Ohain et La Hulpe; et passe sur le territoire de cette dernière commune, à Galmaerde, après un parcours de 1,600 mètres, dont 100 mitoyens, dans la direction du S.-O. au N.-E.
La Maserine, jadis Ransbeek, prend sa source à Hanonsart, au N. de la ferme des Loups; coule au pied du bois Ghion; et passe à Genval, après un parcours de 1,000 mètres dans la direction du S.-O. au N.-E.
La Margot prend sa source à la fontaine des Bossus; devient aussitôt limitrophe de Genval; reçoit le Prièsmont (r. dr.) et les eaux de la fontaine Meyné (r. g.); longe la ferme d'Henrimaumont et appartient à Genval par ses deux rives, après un parcours, entièrement mitoyen, de 550 mètres, dans la direction générale de l’O. à l'E.
Le Prièsmont est un filet d'eau souvent à sec, qui prend sa source à proximité de la ferme dont il porte le nom; il se réunit à la Margot (r. dr.), après un parcours de 500 mètres dans la direction générale du S.-O. au N.-E.
Le Ribauri prend sa source au champ de la Briere; passe près de la ferme de la Basse-Briere; et se réunit à la Lasne, au Rénipont, après un parcours de 600 mètres dans la direction de l'O. à l'E.
L'Ohain prend sa source à la Marache, près de la ferme de la Haie; devient mitoyen de Lasne; sépare Smohain du Cheval de Bois; longe les étangs d'Ohain, puis entre sur le territoire de la commune; active le moulin d'Ohain par une chute de 6 mètres 61; redevient limitrophe de Lasne; et finit par appartenir de ses deux rives à cette commune. Son cours, dirigé du S.-O. au N.-E., a un développement de 5,400 mètres, dont 3,900 mitoyens.
Les principales fontaines employées par les habitants sont: la Fontaine de Sainte- Mirine ou de Saint-Etienne, la Fontaine de Mau stampé, la Fontaine du Laid, brou, la Fontaine du Bois Ghion, la Fontaine des Loups, la Fontaine du Trépassé et la Fontaine du Rénipont.
Outre les belles pièces d'eau du château d'Argenteuil, qui ont environ un kilomètre de longueur, il y a, près de l'église d'Ohain, deux groupes de trois étangs chacun.
On comptait : en 1605, 450 communiants; en 1709, 505 habitants; au 2 juillet 1748, 601 personnes de 10 ans et au-dessus (y compris 13 décédées depuis le 1er janvier); en 1784, 1,220 habitants, dont 2 prêtres, 232 hommes, 262 femmes, 175 garçons et 181 filles âgés de plus de 12 ans, 190 garçons et 178 filles âgés de moins de 12 ans (dans la paroisse, 1,279 personnes : 2 prêtres, 431 hommes, 471 femmes, 182 garçons et 193 filles âgés de moins de 12 ans); en l'an XIII, 1,595 habitants, dont 381 à Ohain, 171 à Smohain, 402 à Ransbeek, 259 à Hannonsart, 161 à Chaubroie, 109 à Odrimont, 112 à Basse-Ransbeek; au 31 décembre 1831, 2,114 habitants; au 31 décembre 1856, 2,678 habitants (wallons).
Les registres des naissances remontent à 1601; ceux des décès, à 1611; ceux des mariages, à 1600. Quelques registres du XVIIIe siècle sont tenus avec un soin remarquable.
Les bois ont ensemble 290 hectares; ils portent les dénominations de Bois d'Ohain ou Grande Hussière et Petite Hussière, Bois de Prièsmont, Bois de Biamont, Bois des Marnières, Bois de la Hayette, Bosquet de l’Hospitalier, Bois Ghion, Bois du Coucou et du Ticton ou Parc d'Argenteuil. Ce dernier se compose d'une partie de la forêt de Soigne, qui jadis s'étendait très loin vers le sud, puisqu'elle entourait la ferme d'Entre les Haies.
La culture de la pomme de terre et du colza a été introduite à Ohain en 1707 ou en 1722 environ, si l'on s'en rapporte à un procès que les décimateurs soutenaient contre les habitants, quarante ans plus tard.
D'après les recensements généraux, les exploitations agricoles se classaient de la manière suivante par rapport à leur étendue :

Les exploitations de plus de 50 hectares sont : la Ferme de Carloo (129 h.), tenue par M. Vigneron (Ad.), appartenant au comte de Meeus, ainsi que la suivante : la Ferme d'Argenteuil (128 h.), qui est exploitée par le propriétaire; la Ferme du Vraumont (83 h.), tenue par M. Croquet (Fr.), ancienne dépendance de la seigneurie, appartenant au comte d'Alcantara, de Gand; la Ferme d'Henrimaumont (56 h.), tenue par M. Stouffs (Ant.), appartenant à M. Mascart. La cense Hannonsart, que les religieux d'Afflighem acquirent au XIIe siècle, n'a plus son ancienne importance.
Le nombre des animaux domestiques constaté par les recensements généraux s'élevait à :

Les terres exploitées par les cultivateurs de la commune se répartissaient ainsi :

Ce chiffre total se subdivisait en biens exploités :

En moyenne l'hectare de terre était estimé à:

L'ancienne verge linéaire a 16 1/2 pieds de Nivelles. La mesure de grains d'Ohain avait la même capacité que celle de Braine-l'Alleu; le pot de bière équivalait complètement à celui de Wavre et d'Yssche.
Il existe à Ohain deux moulins à farine. L'un, établi sur l'Ohain, est mû par une roue hydraulique dont la retenue est à l'altitude de 69 mètres 23 et qui fait mouvoir trois couples de meules. Il existait déjà en 1249 et appartenait au duc de Brabant; il forma depuis une dépendance de la seigneurie d'Ohain. L'autre est un moulin à vent en bois, construit récemment à la Justice Broquet, près d'Hanonsart, et comptant aussi trois paires de meules.
Une brasserie emploie 4 ouvriers et produit annuellement 2,700 hectolitres.
Une fabrique de tissus de coton, de coton et laine et de coton, laine et soie, existe depuis une quinzaine d'années. Elle est exploitée, depuis trois années, dans les dépendances du château d'Ohain, par MM. Lemaïeur frères, qui y ont introduit les tissus de pure laine, ainsi que les châles tartans et de fantaisie. Elle compte 80 métiers et 150 à 170 ouvriers. Il y a en outre 50 métiers environ, chez des ouvriers qui travaillent à domicile pour compte de MM. Lemaïeur.
Un petit chaufour est annexé à la marnière dont nous avons parlé.
Des maçons, des paveurs, des scieurs de long, des charpentiers, des plafonneurs quittent la commune pour exercer leur profession.
On compte 57 chemins vicinaux et 49 sentiers, mesurant ensemble 98,140 mètres, dont 11,810 mètres sont pavés.
Une barrière est établie à la Haute-Ransbeek.
Le chemin de grande communication n° 18 traverse la commune sur 3,375 mètres; le chemin n° 22, sur 2,220 m.; le chemin n° 71, sur 3,507 m.
Ohain resta longtemps à moitié perdu dans les bois, ayant au nord la forêt de Soigne, à l'est les bois qui s'étendaient jusqu'à Braine-l'Alleu et Genappe, et que le châtelain de Bruxelles, Léon Ier, fit défricher, vers l'année 1227, pour y établir le village de Plancenoit. La Hulpe n'apparaît pas encore, Rixensart n'était qu'une bruyère, Chapelle-Saint-Lambert commençait à peine, qu'Ohain avait déjà une église paroissiale (en 1154).
Les ducs de Brabant possédèrent en cet endroit, sur la Lasne, un moulin à eau. Dans le but d'en augmenter l'importance, Henri III déclara que ses tenanciers d'Ohain, qui étaient tenus d'y faire moudre leurs grains, seraient libres de tonlieux dans tous ses domaines et, d'après les indications de ses forestiers et autres serviteurs, pourraient prendre, dans la forêt de Soigne, du bois sec et mort pour leur chauffage (charte datée de Tervueren, le lundi après l'Epiphanie, en 1249-1250). Ces libertés auraient pu se développer et, avec le temps, amener la création d'une franchise à Ohain; mais bientôt le duc Jean II de Brabant aliéna ses possessions dans cette localité. Se trouvant à Bouchefort (ou Boitsfort), le dimanche après la Mi-Carême 1299-1300, en présence de son oncle Godefroid, seigneur d'Aerschot, de Florent Berthout, seigneur de Malines, d'Arnoul, sire de Wesemael, et de Guillaume Pipenpoie, de Bruxelles, il abandonna à perpétuité à Pierre de Brayne, receveur de son oncle, pour les tenir en plein-fief, le moulin et le vivier d'Ohain, le cens de 72 sous, que l'on appelait le cens de Taule, et toute la juridiction que le duc avait dans le village, à l'exception de la haute justice. Ces biens passèrent ensuite, avec le fief de Bourlamont, sur Wauthier-Braine, aux Bourlamont, aux Doubos et, après Robert Doubos, à Arnoul Vanden Bossehe ou Doubos, sire d'Ohain.
En l'année 1492, Ohain obtint une remise de 7 livres 13 sous sur sa cote dans l'aide, en considération de ce que le village avait été en partie brûlé, pendant les guerres des années 1188-1489.
Le seigneur d'Ohain, Jean Hinckaert, joua un rôle important pendant les troubles de religion du XVIe siècle. Lorsque le célèbre comte d'Egmont eut été arrêté par ordre du duc d'Albe, sa femme, Sabine de Bavière, envoya Hinckaert au roi Philippe II avec des lettres, en date du 4 octobre 1507, dans lesquelles elle demandait que son mari fut épargné et seulement enfermé dans l'un de ses châteaux, en attendant qu'il ait pu présenter la justification de sa conduite. Le gentilhomme belge arriva à Madrid au bout de vingt jours, mais ses démarches n'aboutirent à aucun résultat; le farouche monarque refusa de le recevoir, sous prétexte qu'il avait quitté les Pays-Bas à l'insu du duc d'Albe. De retour dans sa patrie, le seigneur d'Ohain se vit poursuivi à son tour; une sentence de proscription, du 14 septembre 1408, fut lancée contre lui et ses biens furent confisqués.
Une conspiration contre le duc s'était organisée dans son manoir et probablement par ses soins. On savait que d'Albe irait passer la semaine sainte (de 1508) au prieuré de Groenendael, dans la forêt de Soigne, pour y faire ses dévotions loin de la cour. Quelques gentilshommes bannis et, entre autres, Charles et Gaspar Vandernoot : le premier, seigneur de Risoir; le second, seigneur de Carloo, tous deux parents de Hinckaert, résolurent de se rendre maîtres de sa personne et d'assaillir ensuite la ville de Bruxelles. Déjà ils avaient réuni, au château d'Ohain, 600 cavaliers et 500 piétons, lorsque leur secret fut divulgué par un trompette, ancien serviteur du sire de Licques. Le duc d'Albe, averti, s'abstint de sortir de Bruxelles et prit toutes les mesures nécessaires pour atteindre et punir les conspirateurs. Jean de Beausart, qui fut écartelé à Bruxelles pour avoir été l'âme du complot, est peut-être le même que le personnage de ce nom, dont la veuve, Jacqueline de Beke, avait épousé, en 1570, Lambert l'Host, et dont le fils, Jean de Beausart, releva du souverain, le 12 mars 1570-1571, une rente tenue en fief de la terre d'Ohain, qui était alors séquestrée.
Au mois de septembre 1572, Ohain souffrit du campement des troupes, ce qui valut aux habitants de légères diminutions des cens et redevances qu'ils avaient à payer.
Lorsque Requesens, le successeur du duc d'Albe, proclama une amnistie au nom de Philippe II, Hinckaert fit savoir aux habitants de ses seigneuries qu'il reviendrait volontiers, s'il n'avait à payer de fortes dettes en Allemagne; il terminait en les priant de lui prêter 3,000 florins. A Ohain, on parvint à réunir 1,400 florins, que quelques députés lui portèrent, comme gage de l'affection de ses sujets. Il les remercia grandement, les festoya et leur promit qu'il reviendrait dans un court délai et leur prouverait sa reconnaissance. Mais, lorsque ces députés furent de retour, le conseil des troubles, à l'instigation de Vargas et de Delrio, les accusa de trahison, parce qu'ils avaient été en communication avec les ennemis du roi; l'affaire aurait eu des suites fâcheuses, si des personnes influentes ne s'étaient interposées. Le château était alors occupé par un parent du seigneur proscrit, maître François Hinckaert, conseiller de Brabant, qui l'avait pris en location pour un terme de six années, du 1er mars 1571 an dernier février 1577, et moyennant 34 livres 15 sous par an.
Le sire d'Ohain montra constamment un grand dévouement au prince d'Orange, qui, le 29 octobre 1577, l'envoya aux états-généraux réunis à Bruxelles, pour protester, en son nom, qu'il n'avait coopéré en rien à l'arrestation des chefs du parti catholique, à Gand, « ce qui confirma à plusieurs, dit un document du temps, l'opinion qu'il l'étoit ». Son influence grandit à mesure que d'Orange devint le véritable et unique chef de nos provinces. Dès l'année 1578, on le chargea des fonctions de grand-maître des postes au pays de par deçà, en remplacement de Taxis, qui avait adhéré à don Juan d'Autriche, et le duc d'Alençon les lui confirma, par lettres patentes données à Anvers, le 5 mars 1582. Ce ne fut qu'avec des peines extrêmes qu'il put maintenir un peu d'ordre dans ce service. Comme deux années de gages et de traitements étaient dues, on lui assigna, au lieu de 10,000 livres que le trésor payait par an pour cet objet, une somme de 20,000 livres, à prélever sur le produit des gages surannés, restés dans les tables de prêt, (ou lombards); les villes ayant perçu ce revenu à leur propre profit et la somme due aux courriers et tenants-postes s'étant accrue jusqu'au chiffre de 28,000 livres, ordre fut donné de délivrer à Hinckaert les ressources nécessaires, en même temps qu'on défendait de retenir le produit des gages surannés (27 janvier 1580). Le 9 octobre de l'année suivante, Hinckaert fut nommé grand veneur de Brabant par le prince d'Orange, sauf l'agréation du conseil d'État, en considération des services que quelques-uns de ses aïeux avaient rendus en cette qualité et afin de remplacer le sire de Berghes, qui venait d'abandonner la cause nationale. D'importantes missions furent, à plusieurs reprises, confiées à Hinckaert : il fut du nombre des députés qui allèrent offrir la souveraineté des Pays-Bas : en 1580, au duc d'Anjou, et, en 1581, au roi de France Henri III.
Le prince de Parme, qui marchait de conquête en conquête, s'empara aussi d'Ohain. En 1583, il donna à la comtesse du Rœulx ce domaine, qui comprenait alors une belle maison de plaisance, « où que les villageois étoient dessus »; un moulin à eau, la cense de Livramon, avec 120 bonniers de terres, 13 b. de bois, des prairies etc. Pendant que ce domaine resta entre les mains du receveur des confiscations au quartier de Nivelles, il fut impossible d'en rien tirer, comme l'attestèrent le maire et les échevins, le 20 juillet 1587. D'ailleurs, lors de la soumission d'Anvers, Hinckaert rentra en grâce; il fut alors prouvé qu'il avait séjourné dans cette ville, avec sa famille, depuis le mois de février 1578 jusqu'à sa mort.
Le château, qui avait échappé aux désastres de la guerre civile, périt par la main même des troupes des archiducs, lorsqu'elles se mutinèrent et se concentrèrent à Ruremonde. La veuve de Hinckaert ayant refusé de leur payer une contribution de 80 florins, « afin de ne pas encourir l'indignation » d'Albert et Isabelle, les « alterez » incendièrent la maison d'Ohain, avec tous les meubles, qui étaient d'une grande valeur, et avec plusieurs « lettrages » ou documents.
Le domaine conserva longtemps, à la Basse-Ransbeek, une ferme que l'on appelait Cense de Josse Magnet, avec 32 bonniers de terre; au siècle dernier, on l'affermait pour 60 rasières de seigle, soit 132 florins. Un Vande Velde, d'Ohain, ayant parlé « séditieusement » dans une assemblée de députés de la mairie de Genappe et menacé quelques « maïeurs d'icelle », fut condamné, entre 1678 et 1694, à une amende de 18 florins. La famille Vande Velde habite Smohain depuis un temps très reculé et y a toujours entretenu la chapelle Saint-Jacques.
Ohain dépendait jadis de la mairie de La Hulpe et l'on y suivait la coutume d'Uccle. En l'an III, ce village fut compris dans le canton d'Over-Yssche, devenu depuis le canton de justice de paix de La Hulpe, puis il fut réuni au canton de Wavre.
En 1383, on était encore dans l'habitude de diviser Ohain en deux parties : Ohain sous le duc, dont la cote dans l'aide s'élevait à 13 1/3 vieux écus; Ohain sous les seigneurs, qui payait 11 1/3 vieux écus. Ce fractionnement datait de l'époque (antérieure à 1299) où existait encore le morcellement de la localité en deux juridictions distinctes. En réalité, le souverain n'avait plus que la haute justice. « En la paroische d'Ohain, disent les anciens Comptes du baillage de Nivelles, Jean Hinckaert et Jean T'Serclaes ont cens, rentes, loix et amendes, si qu'il dient, qui se jugent selon la loi d'Uccle, et livrent homme fourfaict au couron de leur terre et monseigneur y a la haute justice ». La haute justice dans le domaine des T'Serclaes, devenu la propriété des Witthem, et qui comprenait notamment le hameau de Prestmont, fut, en 1489, donnée par le roi Maximilien à sire Henri de Witthem, dont le fils céda aux Hinckaert ses biens d'Ohain, en 1516. Quant à la haute juridiction dans le restant du village, elle fut vendue, avec toutes ses dépendances, sauf les régales, les fiefs, la confiscation des biens des ennemis du souverain et des biens des bâtards, aux Hinckaert, moyennant 200 philippus; elle comprenait le droit de faire exécuter les criminels et de percevoir la moitié des compositions payées par eux (lettres patentes du roi Philippe le Beau, du 25 janvier 1505-1506).
Bien que ces prérogatives aient été alors unies pour toujours à la seigneurie, des officiers du souverain les revendiquèrent à plusieurs reprises. Vers les années 1547-1549, un seigneur ayant prescrit l’arrestation pour vol de bois, d'un nommé Thys, qui habitait Lasne, à qui il pardonna ensuite, à prix d'argent, on prétendit qu'il avait agi à tort, attendu qu'il n'avait que basse seigneurie là où Thys demeurait et à Ohain, sauf que la haute justice lui appartenait, « à ce qu'il disoit, en une cense qui est gissant, dessus Ohain, sur une montaigne ». Cette allégation est contraire à ce que nous avons exposé plus haut, mais la connaissance des faits se perdait. Ainsi, entre 1613 et 1620, le sire d'Ohain, ayant été interrogé sur l'origine de ses droits, répondit que ses titres avaient péri lors de l'incendie de sa maison d'Ohain par les mutinés; il ne put citer que l'engagère partielle faite en 1489.
Il était d'usage, à Ohain, qu'un procès se terminât en trois jours de loi (ou séances), plus un quatrième jour, qui était de grâce, c'est-à-dire facultatif; pour tous frais, les parties étaient tenues de payer chacune 15 sous au maire et aux échevins. Comme, à plusieurs reprises, des plaidoiries traînèrent en longueur, et durèrent deux, trois, cinq, six mois, et plus, et comme les personnes intéressées soutinrent qu'elles ne devaient néanmoins donner que les 15 sous précités, la court d'Ohain s'adressa à l’échevinage d'Uccle, son chef de sens, et réclama une décision de sa part. Les échevins d'Uccle déclarèrent que lorsqu'un procès se prolongerait plus que d'ordinaire, par la faute des parties, ces dernières paieraient quinze vieux gros, chaque fois que la durée du procès s'accroîtrait de quatre jours de loi (11 janvier 1504-1505).
L'ancien greffe échevinal d'Ohain, consistant en un grand nombre d'actes originaux sur parchemin, se trouve chez un cultivateur; des registres plus modernes, allant de 1613 à 1783, existent au greffe du tribunal de première instance de Bruxelles. Plusieurs coffres d'archives, contenant les comptes des aides et des pauvres, des fardes processales, etc., sont conservés à la cure et non à la maison communale; on y rencontre peu de pièces antérieures au XVIe siècle.
Ohain compte neuf conseillers communaux, dont quatre doivent être pris parmi les éligibles d'Ohain, deux à Ransbeek, un à Smohain, un à Hanonsart, un à Chaud'briere et Audrimont.
Le budget de la commune, pour 1859, présente les chiffres suivants :

La commune possède 2 hectares 54 ares 70 centiares.
Les châtelains de Bruxelles comptèrent à Ohain des vassaux et y perçurent des revenus de tout genre. Ils furent probablement les plus anciens seigneurs de la localité. L'un d'entre eux, Léon, donna à l'abbaye d'Aywières, en 1234, un muid de bon seigle, mesure d'Ohain (ad mensuram de Hohan), à prendre tous les ans au moulin de ce village et qui serait distribué, en aumône, à la porte du monastère. Le même chevalier sanctionna deux donations faites aux religieuses : la première, en septembre 1241, par Assela de Copialsart; la seconde, en janvier 1244, par François de Lanne. Celui-ci avait cédé un cens de 11 sous de Louvain, 2 deniers, 22 chapons, 6 poulets, qu'il tenait en fief de Léon; Assela, un demi-bonnier de terres à Sum-Hohain (Smohain), près du chemin de Braine-l'Alleu.
Arnoul de Steyne, chevalier qui était allié à la famille des châtelains de Bruxelles, tenait en fief du duc de Brabant, vers l'an 1312, les villages de Plancenoit et d'Ohain. Arnoul, fils d'Arnoul Rex ou De Coninc, de Bruxelles, les lui acheta et les céda ensuite à Colard ou Nicolas de Barbençon, appelé aussi Nicolas de Viler. La veuve de ce Nicolas, qui tenait en douaire les biens d'Ohain et de Prestremont, en fit abandon au duc de Brabant Jean III, au profit de Jean, fils de Godefroid Dou Bos, de Sombreffe (acte daté de La Hulpe, la veille de l'Ascension, 8 mai 1342).
Après Jean Dou Bos, Ohain obéit successivement à Godefroid Dou Bos, à sire Arnoul, son frère, qui hérita d'un parent la châtellenie de Tervueren; à Arnoul Vanden Bossche (ou Dou Bos), fils de ce deuxième Arnoul (relief du 11 mai 1407); à Jean, son frère, chevalier, qui signa le traité d'union des états de Brabant et de Limbourg, en 1415; et enfin à Arnoul, son fils (r. du 8 mai 1418), lorsque celui-ci entra en possession du patrimoine de sa famille, qui comprenait le bien d'Ohain, le bien des Taules ou Tables, à Ohain, la châtellenie de Tervueren et un fief à Villers-Perwin, il le trouva grevé de charges considérables : la seigneurie, les fiefs et les droits sur les biens du chapitre de Cambrai en dîmes, cens et revenus, à Ohain, étaient grevés d'une dette de 2,000 livres de vieux gros tournois, contractée par son père, sire Jean Vanden Bossche, envers Jean Mynchart, d'Ohain, qui fut adhérité dans ces propriétés par le maire de Louvain, le 24 avril 1421. Jean Vanden Bossche, qui succéda à son frère Arnoul, lorsque celui-ci se vit forcé d'aliéner ses domaines (r. du 19 février 1422-1423), acheva la ruine de sa famille. Par ordre du duc Philippe de Saint-Pol, ses biens de Tervueren furent saisis; l'amman de Bruxelles, Pipenpoy, procéda lui-même à cette formalité, assisté de seize cavaliers (entre la Noël 1428 et le 21 juillet 1429). Jean quitta le pays et n'y rentra qu'en vertu d'un pardon que Philippe de Bourgogne lui accorda peu de temps après son avènement, le 23 février 1430-1431. De concert avec Jean Vanden Poele, Gérard Voet, Guillaume Den Veruwer et le mauvais Gérard (de Quade Glierit) dit Tesscairt, il avait assailli et blessé le bourgmestre de Bruxelles, Jean Van Brouchoven, et Jean, son fils, qui se trouvaient à Tervueren; ils payèrent pour ce méfait une amende de 40 peters.
Jean, fils de Philippe Hinckaert, qui acquit successivement les domaines des Dou Bos ou Vanden Bossche, était issu d'une branche bâtarde de la maison ducale de Brabant et fut toute sa vie comblé de faveurs par nos souverains. Nommé maître-veneur du duché par Jean IV, le 13 juillet 1418, il occupa ces fonctions jusqu'à sa mort, en 1457. Le 17 octobre 1427, le duc Philippe de Saint-Pol lui abandonna la jouissance temporaire du château de Boitsfort et des revenus de la vénerie, et le chargea, en retour, d'entretenir sa meute, de payer les gages des veneurs, de garnir de venaison le garde-manger de son palais et d'organiser ses chasses. Cet arrangement fut modifié en 1430 et renouvelé l'année suivante. Jean Hinckaert devint possesseur du « pays d'Oilhain » eu vertu de lettres échevinales de Louvain (r. du 18 juin 1434) et y ajouta, l'année suivante, la châtellenie de Tervueren. Il laissa le premier de ces fiefs à Jean, son fils aîné, et le second à Philippe, qui hérita aussi de la charge de maître-veneur. Guillaume Hinckaert, son propre frère, commença la lignée des sires de Lille, à Bergh, près de Campenhout.
Jean II Hinckaert releva Ohain le 4 octobre 1459. Jean III (r. du 5 octobre 1489) prêta serment en qualité d'écuyer tranchant de l'archiduc Philippe, épousa successivement Barbe d'Enghien, fille de sire Pierre, seigneur de Kestergat, et Marguerite de Heetvelde, fille de sire Pierre, seigneur de Corbais et de Carloo, et mourut en 1547, le lundi avant la Noël.
Sire Jean IV, chevalier (r. du 23 mars 1547-1548), naquit le 12 décembre 1505, et épousa, le 9 février 1534-1535, Charlotte d'Ailly, dame de Watignies et de Cerfontaine. Suivant un acte de l'année 1606, que nous aurons occasion de citer, il rendit de grands services en qualité de commissaire général de la cavalerie légère.
Messire Jean V, pour qui son parent maitre François Hinckaert, conseiller de Brabant, accomplit la formalité du relief (le 4 décembre 1559), épousa Lucrèce Van der Aa, à qui il assigna, pour douaire, une rente annuelle de 500 florins de Rhin, ou, à son choix, une rente de 400 fl. et la jouissance du château d'Ohain (r. du 10 février 1560-1561). De cette union naquirent trois filles : Catherine, dame d'Ohain, qui épousa Charles de Liévin; sire de Famars, grand-maître de l'artillerie des états de Hollande, gouverneur de Heusden, mort en 1592, au siège d'Ootmarsum, l'un des meilleurs capitaines que les états de nos provinces opposèrent à ceux de Philippe II; Marie, dame de Corbais, femme de Jacques De Gryse, et Charlotte, qui s'allia successivement à Jacques de Lalaing, seigneur de la Mouillerie, et à N. Ruykroek.
Les biens d'Ohain, comme nous l'avons exposé plus haut, avaient été séquestrés à deux reprises, d'abord par ordre du duc d'Albe; puis, par ordre du prince de Parme. Lors de la soumission d'Anvers, Hinckaert, qui y demeurait avec sa famille, rentra en grâce, et sa veuve fut admise à faire le relief d'Ohain pour Lucrèce, leur fille (22 avril 1587). Toutefois, lorsque la mère mourut (14 juillet 1605), le receveur des confiscations au quartier de Nivelles fit saisir les biens de son mari, quoiqu'ils fussent grevés de 20 à 21,000 fl. Enfin, en considération des services de son mari, IV Jacques de Lalaing; de son grand-père, Jean Hinckaert; de son grand-père maternel, qui avait accompagné Charles-Quint aux sièges de Tunis et de la Goulette en qualité de colonel de hauts Allemands; de son grand-oncle, Adolphe Van der Aa, grand fauconnier, mais, par-dessus tout, moyennant le payement d'une rente annuelle de 50 livres de 40 gros de Flandre, on accorda à Charlotte Hinckaert la mainlevée des seigneuries d'Ohain et de Corbais (lettres patentes des archiducs Albert et Isabelle, du 7 mars 1606).
Plus tard, messire Philippe de Liévin, seigneur de Famars, et son frère, messire Guillaume, revendiquèrent leurs droits (r. du 31 décembre 1610), qu'ils vendirent ensuite à Bemardo Cornelio, seigneur de Meerbeke, bailli de la salle et châtellenie d'Ypres, de la chambre des archiducs (r. du 13 novembre 1613), et dont leur tante, Charlotte Hinckaert, opéra encore le retrait (r. du 9 mai 1615). Philippe fut également gouverneur de Heusden, et s'allia à Louise, fille du célèbre Marnix de Sainte-Aldegonde; Guillaume servit les Etats généraux des Provinces unies avec le grade de colonel, et périt devant Bois-le-Duc, en 1624.
Guillaume de Lalaing dit la Mouillerie, et son frère Florent, seigneur d'Ohain, fils de Charlotte (r. du 18 juillet 1654);
Guillaume, fils mineur de Florent (r. du 6 juillet 1672);
Marie-Philippine, qui mourut le 5 janvier 1733, fille unique de Guillaume de Lalaing et de Marie-Catherine de Landas, épousa Jean-Baptiste de Hellin, vicomte d'Angest, seigneur de Wassenhoven , qui la laissa veuve dès le 3 novembre 1701;
Jean-Charles de Hellin, leur fils, seigneur de Bacquerode, de Wassenhoven, de Ten-Straeten (r. du 16 avril 1733 et du 27 avril 1748), s'allia à Marie-Anne de Robiano, femme en nouvelles noces de François-Jean-Bernard, baron de Heems;
Marie-Thérèse de Hellin, leur fille (r. du 10 juillet 1762), veuve de son cousin germain, Claude-Bonaventure de Vaernewyck, seigneur de Lembeke, Diepenbroeck, Belleghem, qu'elle avait épousée le 4 novembre 1722 et qui mourut le 20 avril 1750; elle décéda le 4 septembre 1768;
Jacques-Almeric de Vaernewyck, vicomte d'Angest (r. du 26 mars 1773), échevin de la ville et du Vieux-Bourg de Gand, mourut le 13 juin 1800, laissant plusieurs enfants, nés d'Isabelle Dons de Lovendeghem, et entre autres Charles-Constantin, vicomte de Vaernewyck d'Angest, chambellan du roi des Pays-Bas Guillaume Ier, membre de la Première chambre des États-Généraux et de l'ordre équestre de la Flandre orientale, mort le 24 mars 1835, n'ayant eu de ses deux femmes, Julienne-Ghislaine de Lauretan et Joséphine de Baillet, que deux filles, dont l'une, Irène-Marie-Frédérique, a épousé, au château de Diepenbeek, le 12 novembre 1851, le comte Louis-Gabriel Du Chastel de la Howarderie, conseiller de légation du roi des Pays-Bas, chevalier de l'ordre du Lion néerlandais, décoré de la croix de bronze des Pays-Bas.
La terre d'Ohain, d'après le dénombrement qui en fut opéré le 24 juillet 1440, comprenait une maison ou château, avec brasserie, prés et autres dépendances, le tout d'une étendue de 3 bonniers; un bois de 4 b. (en 1500, de 7 b.), dit la Heussière; un cens qui était payé par 130 masuwiers ou tenanciers et qui consistait en 113 vieux gros, 140 chapons, 9 muids d'avoine, une rasière de blé, mesure de Braine (en 1500, 284 vieux gros, 140 chapons, 80 poules, 50 1/2 mailles, 23 muids d'avoine); une cour féodale de 48 hommages, dont 7 pleins (en 1500, de 56 hommages). La seigneurie avait un maire, un échevinage, un forestier ou sergent, le droit de percevoir:
1° toutes forfaitures et amendes, « jusqu'au corps » (et, depuis 1506, la haute justice même);
2° le dixième denier ou droit de congé; 3° un droit de relief sur les fiefs, consistant dans le revenu d'une année; une warande de conyns ou garenne à lapins, le droit de « tendre aux oiseaux de plaisance par toutes manières qu'il plaisoit au seigneur ». Le possesseur de ce domaine devait le service féodal par un combattant à cheval.
Entre autres acquisitions qui vinrent agrandir la terre d'Ohain, nous citerons le Bien de la Table, le Fief de la Pêcherie et un fief séparé de la seigneurie du Manil, sur Braine-l'AUeu.
Ce que l'on appelait le Bien de la Table (‘t Goet van Taules) ou le Cens de la Table comprenait un moulin, avec son emplacement et ses dépendances, un étang de 5 journaux (de 6 journaux, en 1672), un cens de 72 sous, qui était dû par des tenanciers, nommés les Hommes de Taules et qui jouissaient de différents privilèges, en vertu d'une charte ducale de l'an 1249. Un maire et un sergent particulier y étaient attachés.
Un Fief del Peskerie (ailleurs dit le bien Van der Pisseryen), qui consistait en huit hommages, des tenanciers, un vivier situé à Ransbeke, 9 chapons et d'autres revenus, fut cédé par Thibaud d'Ohain à Jean Coslar, vers l'an 1350. Arnoul Van den Bossche en fit le relief le 9 novembre 1417, et ses successeurs le possédèrent également.
Le cens en argent et en chapons, avec la mairie, l'échevinage, le droit de congé, les forfaitures, les amendes et les hommages, que les T'Serclaes avaient à Ohain, en qualité de seigneurs du Manil, à Braine-l'Alleu, furent séparés de ce bien et vendus par Jean T'Serclaes à Henri de Witthem, seigneur de Beersel (r. du 5 août 1483). Celui-ci les laissa à son fils Philippe, avec les dépendances des seigneuries de Doignon et de l'Estrée, sur Braine-l'Alleu, qui étaient renfermées dans les limites d'Ohain. Un procès s'étant engagé entre Philippe et Jean Hinckaert, au sujet de leur juridiction respective, Jean, sire de Berghes, maître Antoine Heenkenshoot et François Vander Hulst, ces deux derniers conseillers de Brabant et tous trois arbitres acceptés par les parties, décidèrent que le premier renoncerait à ses possessions d'Ohain et recevrait en échange une moitié du fief de Chanteleu, à Vieux-Genappe (r. du 12 juillet 1516). Une seigneurie consistant en 15 sous de Louvain, 12 chapons, 2 rasières d'avoine, mesure de Braine, des cens, des hommages, le droit de lever le dixième denier, avait été donnée à Philippe de Witthem par son aïeul maternel, Bernard Vander Spout, chevalier, seigneur du Petit-Rœux et de Bousval (lettre des alloyers du duc à Genappe, en date du 7 février 1498-1499); elle eut le même sort que la présente.
En 1572-1573, le revenu de la seigneurie d'Ohain s'élevait à 795 livres 1 sou 10 deniers d'Artois. Les cens seigneuriaux produisirent 75 livres 7 sous 11 deniers, 111 1/2 chapons, 50 poules, 1 muid de blé, mesure de Bruxelles, 35 muids 3 1/2 setiers d'avoine, mesure de Braine-1'Alleu, en tout 224 livres 11 sous 10 deniers. Le château était loué 34 livres 15 sous; la taverne banale et brasserie, 37 livres; la Cense à Levramont, 164 livres 9 sons; le moulin à eau, 198 livres; l'étang dit du Seigneur, 30 livres 18 sous. Le droit de congé rapporta 77 livres 11 sous; les bois, dont l'étendue totale était de 25 bonniers, ne donnèrent aucun produit. Quant au tonlieu ou maltôte, qui consistait en 2 geltes par aime de bière et 1 gelte par aime de vin, on l'affermait avec la brasserie; ce que payaient les prisonniers faisait partie des émoluments du maire ou du sergent. Parmi les dépenses figurent les traitements du receveur et du sergent et garde des bois : le receveur touchait 50 livres, le sergent 15.
L'ancien château est situé sur la place ou tri d'Ohain. Le bâtiment principal n'a de remarquable, à l'extérieur, que son pignon à rampants étagés en gradins et la tour carrée qui cantonne un de ses angles. A l'intérieur, on remarque un escalier dont la cage est rectangulaire et surmontée d'une voûte à nervures croisées, supportée par de gracieuses colonnettes; il en existe encore 33 marches, divisées, d'espace en espace, et par parties égales, au moyen de trois paliers. Une muraille endommagée sépare le manoir de la place; vers le nord s'étendent les jardins et un petit bois. Une fabrique est actuellement installée dans la résidence où les Hinckaert reçurent plus d'une fois la visite de Philippe de Bourgogne, « le grand duc d'Occident », où fut complotée la mort du duc d'Albe, où vécurent les Lalaing de la Mouillerie et les Vaernewyck d'Angest. De nombreux ouvriers y ont remplacé les hommes d'armes, les fauconniers et les pages.
Les autres manoirs, les autres seigneuries n'avaient qu'une importance très secondaire. La Cense d'Audrimont, qui offre encore un certain cachet seigneurial, a été en partie démolie, en 1861, par M. Hallez, de Waterloo. Les Leemans en avaient fait l'acquisition, vers l807, de la famille Dongenard. Le chapitre de Cambrai, outre le patronat de l'église et la majeure partie des dîmes, avait une belle ferme et une seigneurie foncière. A l'abbaye d'Afflighem ou du prieuré de Wavre appartenait la ferme d'Hanonsart, qui existait déjà en l'année 1154 et dont la propriété fut confirmée aux moines par le duc Henri Ier, en 1204. Les religieuses d'Aywières avaient à Ohain une seigneurie foncière, un livre censal de 2 ou 4 chapons et 17 deniers 6 patars 1 mite, et 38 bonniers situés à Smohain et qui se louaient, en 1787, 384 florins.
Le comte Ferdinand Meeus, directeur de la Société Générale pour favoriser l'industrie, après avoir acquis environ 300 bonniers dans les triages du Ticton et du Coucou, de la forêt de Soigne, les a fait défricher en majeure partie et a bâti au lieu dit Lamberts goet, sur Ohain, un château auquel il a donné le nom d'Argenteuil, d'après la rivière d'Argent ou Argentine, qui baigne le pied de la colline sur lequel s'élève cette villa. Un mur fut construit pour entourer un vaste parc, et des barrages retinrent l'Argentine, qui s'élargit en deux belles nappes d'eau, ayant plus d'un kilomètre de long. Un incendie ayant réduit le château en cendres, le 10-11 janvier 1847, l'architecte Cluysenaar le reconstruisit de 1856 à 1858. Le nouveau manoir rappelle le style de la première moitié du XVIIe siècle; il a la forme d'un rectangle, de 55 mètres de largeur sur 31 mètres de profondeur, et est cantonné aux angles d'une tour carrée. Les murs ont un revêtement en pierres blanches, que l'on a extraites à cinq minutes du château; le soubassement, les chaînes, les cordons, les pilastres, les archivoltes, les corniches sont en pierres bleues de Feluy et d'Arquennes.
La façade occidentale, ou vers la pelouse, est en retraite de sept mètres; la façade orientale, ou vers les étangs, de quatre mètres seulement, qui sont occupés par une galerie s'ouvrant sur un large perron. L'entrée principale, qui est vers l'ouest, est flanquée de cinq fenêtres de chaque côté; elle est remplacée par une onzième fenêtre à l'étage. Les combles sont éclairés par de grandes lucarnes surmontées d'un fronton, accostées de colonnes, reliées par une balustrade où sont pratiquées des fenêtres en attique, le tout amorti par des aiguilles; la toiture est en zinc ondulé, avec une crête élégante en fer battu. Les tours ont un étage de plus, de manière que leurs combles ne commencent qu'à la hauteur du faîtage du corps de logis central; leur toit très élevé est à quatre faces courbes et se termine par un couronnement de fer à deux girouettes; deux lucarnes superposées décorent l'égout extérieur de ces combles. Cette disposition, d'un grand caractère, donne beaucoup de noblesse à l'édifice. Au rez-de-chaussée de chaque tour s'ouvre une porte secondaire; les autres étages ont chacun une fenêtre.
La façade orientale a tout à fait la même disposition, avec cette seule différence que, devant le rez-de-chaussée, règne une superbe galerie à jour, dont les onze arcades en plein cintre relient les tours angulaires et dont les voûtes supportent une terrasse où l'on jouit d'une vue magnifique. Les façades latérales n'ont que quatre fenêtres; le soubassement y est percé : au nord, d'ouvertures éclairant les cuisines; au sud, par les portes grillées de l'orangerie. A l'intérieur, nous citerons : le grand vestibule d'entrée, dont le plafond repose sur quatre colonnes; l'escalier d'honneur, en marbre blanc; la chapelle, où on célèbre la messe tous les jours; le grand salon et la salle à manger, dont les dimensions dépassent cent mètres carrés. Les souterrains sont voûtés; les étages reposent sur des poutrelles en fer, reliées par des voûtes; enfin, la charpente est en fer. Autour d'Argenteuil sont groupés une vaste ferme, dont le comte Meeus dirige lui-même l'exploitation, une église et deux couvents, monuments de la piété de son père.
L'église d'Ohain formait primitivement une dépendance de celle de Braine-l'Alleu, comme nous l'apprenons par un diplôme de l'évêque de Cambrai, Nicolas, de l'année 1154. Ce prélat, à la demande de Gérard, personne de Braine, céda au prieuré de Wavre la dîme de la ferme que ce dernier établissement possédait à Hanonsart, à la condition que la ferme paierait un cens de 8 deniers à l'église paroissiale d'Olkem, à laquelle elle ressortissait. Il fut alors stipulé que les tenanciers du prieuré à Hanonsart paieraient à cette église, qui dépendait de Braine (ecclesia in Olhetn, que Branacensi ecclesie subjacet), les droits qu'ils avaient à payer pendant leur vie ou à leur mort. Au XIIIe siècle (?), une autre personne de Braine, Henri d'Arras dit le Maître ordonna au curé d'Ohain de maintenir cette exemption de dîme en faveur de la ferme du prieuré. Après avoir appartenu, comme Braine, au doyenné de Hal, dans le diocèse de Cambrai, Ohain fut uni, en 1559, à l'évêché de Namur. Il fit successivement partie des doyennés de Nivelles, de Wavre (1639) et de Genappe (1666, 1787); aujourd'hui l'église, après avoir formé une succursale de la cure de La Hulpe, de l'archevêché de Malines, a été comprise dans le doyenné de Wavre.
C'était jadis une église médiane. Toutes les fondations ou legs en faveur des cures du voisinage qui reconnaissaient pour patron le chapitre de Cambrai y étaient conservées à la cure, et on avait promis au baron Le Boy de les lui communiquer, mais un changement de personne fut suivi d'une interdiction de toute communication, et le zélé compilateur vit s'évanouir ses espérances. Les dimes de la paroisse, dont le produit s'élevait, au XVIIe siècle, à près de 1,200 florins, étaient perçues, pour la plupart, par le chapitre de Cambrai. Certaines fractions appartenaient aux curés de Plancenoit, de Lasne et d'Ohain, à la personne de Rixensart, à la chapellenie castrale de Braine-l'Alleu, à l'ordre de Malte (comme possesseur de la ferme de Mont-Saint-Jean), à un particulier (M. Van Male). En 1666, la dotation de la cure se composait de 10 muids de seigle et de 10 muids d'avoine, de 18 bonniers de terre (provenant, en partie, de deux bénéfices, qui avaient été annexés), et de 3 muids de seigle produits par des anniversaires fondés. En 1787, les revenus du curé montaient à 1,629 florins, dont 151 fl. 13 sous provenant de la redevance en seigle et avoine citée ci-dessus; 354 fl. 12 s., provenant de 17 bonniers 3 journaux de terres; 247 fl. 10 s., provenant d'un douzième de la dîme de Gallemarde, Ransbeek, Smohain et Hacdael, douzième qui était tenu en fief du chapitre de Cambrai et qui était d'abord perçu au profit du bénéfice de Saint-Nicolas, de Braine-l'Alleu ( depuis uni à la cure d'Ohain, à charge de vingt-quatre messes par an). Enfin, le curé touchait encore 140 florins comme supplément de compétence. Il y avait de plus un chapelain ou vicaire, qui recevait des paroissiens 70 fl. en 1666, et dont les revenus montaient à 406 fl. en 1787 : 240 fl., payés par le chapitre de Cambrai; 40 fl., payés pour une messe basse par semaine, fondation d'un Guillaume Vande Velde; 75 fl., légués par M. et Mme Ruykrock, pour trois autres messes par semaine. La marguillerie, que le chapitre de Cambrai prétendait être à sa collation, n'avait d'autre revenu qu'une petite dîme, qui, en 1666, ne pouvait rapporter qu'environ 15 gerbes. Les revenus de la fabrique se composaient : en 1666, de 22 florins 9 sous et 4 1/2 muids de seigle; en 1787, de 74 fl. 18 s.; en 1846, de 1,584 francs. Les ancres de la cure donnent la date 1729.
L'église de Saint-Étienne, à Ohain, est en forme de basilique; elle est précédée d'une belle tour ogivale en pierres blanches, avec une flèche octogone trop peu élancée pour l'édifice qu'elle surmonte. La tour n'a qu'une voûte, au-dessus du jubé; cette voûte est ogivale obtuse, à nervures croisées, et a probablement été construite après l'année 1666, car alors il n'en existait pas dans la tour (nullum tabulatum infra turrim). A l'étage supérieur on aperçoit les amorces d'une seconde voûte, qui a été détruite dans un incendie ou démolie pour détruire la poussée dont les effets ont compromis le parement des murs. A l'intérieur, au-dessus d'une baie méridionale, on lit la date XVCXVI (1516), gravée dans la pierre; plus haut, sur une planche d'abat-son, on lit la date de 1644. Le bas de la tour offre deux portes latérales : celle qui fait face au nord a été condamnée, celle qui fait face au sud sert d'entrée et a remplacé la porte pratiquée dans la façade occidentale de la tour et qui était précédée d'un grand escalier. Cette dernière porte, en style renaissance, date de 1835.
La reconstruction de l'église, au XVIe siècle, donna lieu à une contestation entre les habitants du village et le chapitre de Cambrai. Une enquête ayant été ouverte, on entendit, le 2 avril 1567-1568 et jours suivants : les deux Antoine Zegers père et fils, charpentiers à La Hulpe, âgés, le premier de 78 ans, le second de 34 ans; Philippe et Jean De Vast, tailleurs de pierres à Lasne, âgés, celui-là de 55, celui-ci de 22 ans; Bertrand De Visch, maçon à Ohain, âgé de 42 ans; Grégoire de Melin, tailleur de pierres à Ohain, âgé de 50 ans. Des travaux nouveaux avaient été effectués, mais on en contestait la solidité. Les Zegers déclarèrent que la nef pourrait subsister, mais qu'il faudrait enlever la charpente des chapelles Notre-Dame et Saint-Nicolas (probablement les autels latéraux et transepts), refaire entièrement la maçonnerie des collatéraux, ce qui coûterait 60 fl. pour chaque collatéral; restaurer le mur du chœur, pour 40 fl., ou, ce qui serait plus désirable, réédifier le chœur entier, moyennant 160 fl. D'après leurs dépositions, les maçonneries du chœur, des asseintes ou collatéraux, de la chapelle Notre-Dame, tombaient entièrement en «pourriture» et devaient être complètement refaites; celles de la chapelle Saint-Nicolas devaient être exhaussées; dans la nef centrale seule, des constructions élevées nouvellement sont signalées comme suffisamment bonnes et comme pouvant porter la toiture. On proposa alors de placer six fenêtres au chœur, qui serait soutenu par six piliers (ou contreforts); d'éclairer, au moyen d'une fenêtre, la chapelle Notre-Dame; de donner trois fenêtres à chaque asseinte, d'ajouter quatre demi-piliers de plus, de soutenir chaque asseinte par quatre demi-piliers et quatre piliers boutants. Ces travaux auraient coûté, pour les pierres de taille etc., environ 950 fl.; pour le maçonnage, à raison de 76 verges à 6 fl., 456 fl.; pour 23 verges de toiture à 18 fl., 414 fl.
D'après ces données, l'église projetée aurait eu une nef de trois travées, des transepts et un chœur de deux travées, avec une abside à trois pans; mais on ne sait si elle fut bâtie. En 1666, l'édifice se trouvait en mauvais état : le toit et le plafond du chœur étaient endommagés, au point qu'il pleuvait sur l'autel et que les oiseaux le couvraient d'ordures; le plafond de la nef, ainsi que les asseintes, demandait également des réparations. Le mur du cimetière tombait en ruines en quelques endroits et ne formait plus qu'une clôture imparfaite. Quant aux ornements, ils étaient communs : le ciboire était en cuivre doré; il n'y avait pas de remontrance. En 1718, en visitant l'église, on signala encore la nécessité de réparer le toit, de voûter les asseintes, de rétablir le pavement, de blanchir les murs. Cet état de choses changea au XVIIIe siècle. Quelques curés, entre autres Jean-Charles Jamin, qui mourut le 1er juillet 1775, à l'âge de 63 ans, et après être resté en fonctions pendant 30 ans, suppléèrent à la négligence de leurs devanciers. Le temple actuel présente un beau vaisseau, composé d'une triple nef de quatre travées et d'un chœur de deux travées, avec abside à trois pans. Une voûte de plein cintre en berceau, avec arcs doubleaux, recouvre le chœur et la nef centrale; les collatéraux ont des voûtes sphériques surbaissées, correspondant aux travées. Les ornements et les moulures du plafonnage étaient jadis dorés, comme on le voit au jubé. L'époque de l'achèvement de cette partie de l'édifice est indiquée par la date 1759, qui se lit au-dessus d'une arcade, vers la tour; l'évêque de Namur, de Berlo, la bénit le 27 juillet 1761.
Il existe dans le chœur un caveau de sépulture que l'on a ouvert, il y a six ans, lorsqu'on posa un nouveau pavement. On y trouva trois cercueils, dont un tout petit; l'un de ces cercueils portait la date de 1707. Outre le maitre-autel, il y en avait jadis quatre, qui étaient dédiés à saint Nicolas, à la Vierge, à sainte Catherine et à sainte Anne; aujourd'hui, sainte Wivine est la patronne secondaire, et le troisième autel est placé sous l'invocation de la Vierge. C'est en 1719 que quelques reliques de sainte Wivine, la fondatrice de l'abbaye de Grand-Bigard, furent données à l'église, où, depuis lors, on vient l'invoquer contre les maux de gorge et les maux de tête. Une confrérie en son honneur fut instituée en 1756; celle de l'Adoration du Saint-Sacrement commença en 1775, et il s'en forma une troisième, dite du Saint-Rosaire. La seule inscription à citer est la suivante, qui se lit sur une pierre placée dans la nef de gauche : Virtutis amore | Icy gist le corps du Sr Pierre | Iacque Wautier en son temps | licentié es droits et advocat | du Conseil souverain de | Brabant quy trespassa le | 6 d'avril 1685. Priez Dieu | Pour son ame. La grande cloche datait de l'an 1471; la seconde, de 1699.
A 1,000 mètres du château d'Argenteuil, dans l'axe de la façade orientale et sur la rive opposée de l'Argentine, M. Meeus a fait construire à ses frais une chapelle dédiée à la Vierge, sous le vocable de l'Immaculée Conception. Cet édifice, de style ogival tertiaire, dont les plans sont dus à l'architecte R. Carlier, de Nivelles, et qui vient seulement d'être terminé, est un essai tenté pour substituer la fonte de fer à la pierre de taille dans la construction des églises. La carcasse du bâtiment est en briques, comme dans les bâtisses ordinaires, le fer y est appliqué par assises boulonnées et sert à la fois de revêtement et de décoration; mais la maçonnerie apparaît à nu dans le plat des murs : tout le soubassement, par exemple, est en petit granité, ainsi que les panneaux d'allégé.
L'édifice forme un parallélogramme de 50 mètres de longueur sur 20 mètres de largeur. Au milieu de la façade, on aperçoit une tour octogone, à moitié en saillie, et supportant une flèche à jour, au haut de laquelle est une croix dont l'extrémité dépasse de 54 mètres le niveau du pavement de l'entrée. Au bas de la tour s'ouvrent la porte principale, que surmonte une verrière, et deux portes latérales au-dessus desquelles on voit une baie lancéolée. De chaque côté de la tour et en retraite, le collatéral est éclairé par une grande fenêtre, amortie par un arc à talon avec bouquet et cantonnée d'un pinacle duquel part un rampant qui bute la tour. La nef est séparée des collatéraux par deux rangées de colonnes en faisceau, dont les moulures se ramifient en nervures à la surface des voûtes d'arête du vaisseau; ces colonnes sont en fonte et reposent sur une base en granit poli. La grande nef a 20 mètres d'élévation, les petites 13m50. Elles se divisent en cinq grandes travées et en deux moindres travées, correspondant : à l'ouest, à la partie engagée de la tour; à l'est, au chalcidique de l'église; chaque travée reçoit le jour, de chaque côté, par une verrière à réseau flamboyant, et est séparée des autres, à l'extérieur, par un clocheton. Le chœur forme une abside éclairée par cinq lancettes, et est entouré des sacristies, qui ne s'élèvent pas plus haut que l'appui des baies. Derrière le chevet se trouve la porte d'une crypte qui règne sous tout le chœur et où on a déposé, le 24 octobre 1862, les restes de plusieurs membres de la famille Meeus, qui avaient été ensevelis â Glabais.
Le devis pour la construction de l'église d'Argenteuil s'élevait à 261,000 francs, somme dans laquelle ne sont pas comprises les dépenses de peinture décorative, d'ameublement, pour verrières, pour sculptures dans la crypte. Bien que l'architecte Carlier y ait fait preuve de talent, nous ne pensons pas que son exemple trouve de nombreux imitateurs. L'emploi du fer offre d'innombrables difficultés d'ajustage et n'aura jamais le fini de la pierre; l'oxydation, malgré les précautions prises pour la prévenir, fera des progrès lents, mais sûrs, en s'attaquant aux joints et aux boulons; la juxtaposition verticale de matériaux aussi différents que la brique et la fonte n'atteindra jamais à la cohésion que présente une maçonnerie homogène; enfin, la nécessité de couler dans le même moule tous les ornements conduit à une monotonie entièrement contraire à la nature de l'architecture ogivale. L'église d'Argenteuil a été commencée en 1855.
De chaque côté et en arrière du chœur de l'église, le comte Meeus a fait construire un couvent destiné à servir en même temps d'école. Au nord, est une maison des sœurs de Saint-Vincent de Paul; au sud, celle des récollets qui desservent la chapelle. Ceux-ci sont au nombre de six; les sœurs au nombre de quatre.
Il a existé à Smohain une maladrerie, dont le souvenir est resté dans le nom du Champ de la Maladrye, qui apparaît encore dans un acte de l'an 1754.
Les revenus des pauvres consistaient : en 1666, en 49 florins 4 sous et 14 muids 14 rasières de seigle; en 1718, en 159 fl. et 73 rasières de seigle; en 1787, en 736 fl.; en 1818, en 379 fl. 41 cents et 19 hectolitres 11 litres de seigle. Parmi leurs biens figuraient, en 1787, 9 bonniers 3 journaux de terre et un bois de 11b., situé à Lasne; aujourd'hui les pauvres ne possèdent plus que 10 hectares 53 ares 80 centiares. L'abbaye d'Aywières leur distribuait, tous les ans, six paires de souliers : deux d'hommes, deux de femmes et deux de patureaux ou enfants.
Le budget du bureau de bienfaisance, pour l'année 1859, a été fixé comme suit :

En 1666, le chapelain ouvrait une école et, de ce chef, recevait des paroissiens 14 halster de seigle, mesure de Braine, 12 florins et le logement dans une maison; en 1718, cet état de choses existait encore, mais les parents mettaient de la négligence â envoyer leurs enfants recevoir l'instruction. Le curé Jean-Charles Jamin, qui légua 450 florins à la table des pauvres, donna en outre 600 florins afin de bâtir, sur le cimetière, une école, qui servirait aussi d'habitation à l'organiste et instituteur. En 1787, cette maison était louée, moyennant quatre pistoles; un arrêté du préfet, du 24 avril 1813, en a adjugé la propriété à la fabrique, et, depuis, un grand bâtiment d'école a été construit par la commune.
Le nombre des enfants pauvres qui ont été admis par la commune, en 1858-1859, à recevoir l'instruction gratuite, s'est élevé à 189 : 144 garçons et 45 filles.
Il existe à Ohain une société musicale.
Des fêtes locales se célèbrent le premier dimanche de septembre et le dernier dimanche d'avril.
Julien Mascart, qui fut longtemps bâtonnier de l'ordre des avocats de Bruxelles, membre et président du conseil provincial de Brabant, qui fut aussi conseil judiciaire de la maison du roi et officier de l'ordre de Léopold, était né à Ohain, en 1804 ; il mourut à Bruxelles, le 19 janvier 1861, et reçut la sépulture dans son lieu natal.

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