
Ce village a été établi dans un endroit qui était primitivement boisé. De là son ancien nom de Roux (Ros, 1219; Rodium, in parrochia de Moustiers, 1230; Rodium, 1260; Siccum Rodium, 1518; Roux le Sec, 1787), qui s'est ensuite transformé en Scezruez (1247), Seroes (1374), Serous (1440), Seroulx (1430, 1459, 1469, 1492, 1545, 1576, 1657, 1686), Seroux (1474, 1530, 1546-1547, 1637, 1652, LE ROY, 1787), Ceroux (1709, OUDIETTE, an XIII). Parfois on ajoute l'article : le Ciroux, au Ciroux (Le Seroulx, 1576); en wallon, on prononce Ciroux. Ce village a pour homonymes le hameau de Séroui, commune de Thimister et deux autres hameaux, situés en France, et dépendant, l'un de Saint-Bonnet-des-Quarts (Loire), l'autre de Messeix (Puy-de-Dôme).
La commune de Céroux est limitrophe de celles d’Ottignies, Mont-Saint-Guibert, Court-Saint-Étienne, Bousval, Couture-Saint-Germain et Lasne. Céroux est à 3 1/2 kilomètres de Couture-Saint-Germain, 4 kilom. d'Ottignies, 4 1/2 kilom. de Lasne, 5 kilom. de Court-Saint-Étienne, 6 1/2 kilom. de Bousval, 9 kilom. de Mont-Saint-Guibert, 11 kilom. de Wavre, 20 kilom. de Nivelles, 27 1/2 kilom. de Bruxelles.
L'église de Céroux se trouve située par 56 grades 29 de latitude N. et 2 grades 42 de longitude E. L'altitude du plateau sur lequel l'église est construite est d'environ 135 mètres.
Un premier procès-verbal de délimitation du territoire de Céroux a été ouvert le 26 germinal an XIII et clos le 3 messidor suivant. Un second procès-verbal, ouvert le 17 septembre 1809, a été clos le 6 octobre 1810.
Le cadastre divise le territoire de Céroux en 4 sections; la section A ou de Mousty, la section B ou de Fontenelle, la section C ou du Hameau du Puits, la section D ou de Céroux.
Au 1er janvier 1859, ces sections se trouvaient morcelées en 2,497 parcelles, appartenant à 480 propriétaires, donnant un revenu cadastral de 65,628-37 fr. (sol : 57,956-37; bâtiments : 7,672-00) et ayant une contenance de 1,077 hectares 85 ares 52 centiares (imposable : 1,048 hect. 37 a. 28 ca.; non imposable : 29 hect. 48 a. 24 ca.). Cette contenance globale se subdivisait ainsi en 1834 :

En 1686, Céroux comprenait 327 bonniers 2 journaux, dont 200 b. de terres et 127 1/2 b. de bois; Mousty et Franquenies en contenaient 346, dont 287 1/2 b. de terres, 25 b. 1 j. de prés, 31 b. de bois, 2b. d'étangs.
On comptait : à Céroux, Mousty etc, en 1374, 92 ménages; à Céroux, en 1436, 26 foyers; en 1464, 27 foyers; en 1472, 28 foyers; en 1492, 7 foyers; en 1526, 29 maisons, dont 3 inhabitées, plus, à Moriansart, 22 maisons, dont 2 inhabitées; en 1686, 33 maisons et 1 moulin; à Mousty et Franquenies, en 1436, 31 foyers; en 1464, 32 foyers; en 1472, 135 foyers; en 1492. 13 foyers; en 1526, 35 maisons, dont 1 inhabitée; en 1686, 23 maisons; dans ces localités réunies, au 31 décembre 1856, 303 maisons.
Le village de Céroux, qui compte 176 maisons; le village de Mousty, 60 maisons; Franquenies, 11 maisons; Limauges, 41 maisons; la Perrière, 15 maisons.
Céroux est bâti sur un vaste plateau d'où l'on domine tous les environs et qui occupe la partie occidentale du territoire de la commune. Les habitations situées à l'extrémité ouest de l'agglomération se nomment la Loriette. Près de là s'étend la vaste place communale, au milieu de laquelle se dresse une perche de tir à l'arc; à l'est de la place s'élève la nouvelle église, entourée de son cimetière; au nord, sont construits le presbytère et la maison communale, qui renferme aussi l'école. L'extrémité septentrionale du village était considérée, au siècle dernier, comme un hameau : le Bois Henry (Bois Henry, près du Pâturage de Séroux, 1530,1657) ou Héry. Les dernières maisons de Céroux, vers l'est, forment le Tri. Au nord du Tri, on rencontre une petite agglomération qui s'appelle le Puits, en wallon Pusse : le cadastre l'a transformée en Hameau des Puces.
Le village de Mousty, dont le nom vient du mot latin monasterium, en roman, moûtier, qui s'employait souvent, au moyen âge, avec la signification d'église (Monasteria, 1219; Monasterium supra Diliam, 1441; Monasterium ad Diliara, 1639; Moustiers, 1219, 1230, 1383; Mostiers, 1232, 1243; Moustiers, super Dyelam, 1380; Moustier sur Til, 1436; Moustier, 1464, 1686; Moustier sur le Thiel, 1474; Moustir, 1469, 1492; Moustre sur Thyl, 1492; Moustier sur le Thyr, 1615; Mousti, 1754; Mousty, LE ROY, 1780, 1787, an XIII), est bâti sur la rive gauche de la Dyle, à 3,500 mètres E. de Céroux, le long de la route de Wavre à Nivelles; bien qu'il soit peu étendu, on y compte quelques belles habitations et entre autres la villa du notaire Thibeau. On remarque un magnifique tilleul sur la petite place qui précède l'église.
Franquenies, que l'on écrit aussi Franquinies (Frankegnies, 1204; Frankengys, 1374; Franckingnies, 1412; Francquenies, 1566, 1602, 1714, 1734; Franquennie, 1607-1619; Franqueny, an XIII), est un petit hameau situé au bord du Ri Angon, vers son confluent avec la Dyle, à 4,200 mètres E. de Céroux; il se prolonge sur les territoires d'Ottignies et de Court-Saint-Étienne.
Limauges ou Limoges (Limauge, an XIII) se compose d'habitations disséminées vers la limite de Bousval, à 2,000 mètres S.-E. de Céroux.
La Ferrière ou Férère (Ferires, 1204, 1226, 1247; Ferieres, paroisse de Limelette, 1230; Ferer, paroisse de Mosty, 1686; Ferrières, an XIII) forme le prolongement du hameau de la Motte à Bousval, dont les dernières maisons portent le même nom; elle pourrait être rattachée à Limauges, à l'O. duquel elle est située; elle n'est qu'à 1,000 mètres S.-E. de Céroux.
A 1,000 mètres N.-E. de l'église de Céroux, la Maison Hulet; à 4,100 m. E., la Ferme de Franquenies; à 1,100 m. E., la Fontenelle ou Fontenalle; à 500 m. S.-E., le Moulin de Céroux; à 800 m. N.-O., la Ferme de Moriensart (Morialsart, 1285, 1289, 1307; Moriassart, 1290, 1387; Moriaulsart, 1417; Mouriausaert, 1440; Moriasart, 1519; Mouriensart ou Mouriasaut, 1576; Moryensart ou Moriansart, 1578; Moriensaut, 1637, 1657, 1676, 1704, 1770, 1787).
Prairies de Mousty; Champ du Mont; Champ des Vallées (de Vallibus, 1247); Fond des Vallées; Champ d'Enfer; Champ des Evaux; Champ des Coquerées (Champ de Cocrée, à Mousty, 1787); Bois de Morimont; Fond du Bois Jette; Champ de Pincegaire (Bois de Pinsguerre, 1787; Pense guère?); Champ de Bigomont; Champ de Ferrière; Champ de Limauges; Champ de Sainte-Catherine; le Fils de Lophe; Champ du Fils Colette; Passage Damoiseau (Damzau, en wallon); Champ du Brouart; Champ de Cabaret; Champ Macco; Petit champ; Champ des Quatre bonniers; la Commune; Fond de l’Écart; Taille de l'Écart; Champ du Sart; Fond des champs; Bois Impérial; Champ des Bornes; Champ Entre les bois; le Sartage; Petite Vignette; Grande Vignette; Champ Saint-Sébastien; les Tatinvaux; Fosse a marne (à maule, en wallon); Ruelle Colard; Grand chemin de Warre; Grand chemin de Nivelles; Derrière le Céroux; les Escavées; Maison Miesse; Bois de Moriensart; Notre-Dame de Lorette; Mont au Ri; Ruelle du Mayeur; Ruelle Vertbois; Voie au Sable; Ruelle Goes; Ruelle Giroux; les Hayettes; Ruelle Courtois; Ruelle du Joueur de violon; Warichet; Pont de Mousty; Fond de Pinchart; Maison Courtois; Ferme Debroux; Château De Negri; Sapinière Thiry; Closière Raucent; Cortil du Chapelain; Flache aux Joncs; Jardin Mignon; Ruelle du Maréchal; Prairies de Franquenies; Prairies de Noire terre; Chapelle des Sabots ou de Notre-Dame de grâce, construite en 1774, à un carrefour élevé, voisin de Limauges; Chapelle de la Fontenelle; Chapelle Brice; Chapelle du Tri ou Leurquin; Chapelle du Puits ou Verlaine; Croix Thomas.
Cense de l'Hove, à Seroulx (1657); Fief de la Porte, à Séroux (1530); Cour de Hocquart (1787); Al commune de Seroulx (1545); Al Carire (1545); Bois de l'Encloistre (1612); Li Chenaus, à Céroux ( 1260); Mont à Moustier ( 1530); Champ au Hotte lernoult (1530); Hotte le laron, près du Chemin de Genappe (1530).
Le sol est uni dans la partie occidentale de la commune, qui forme un beau plateau, sec et fertile; il est plus accidenté dans la vallée de la Dyle et du Ri Angon. Le point culminant est vers le Bois Impérial, à la jonction des territoires de Bousval et de Couture-Saint-Germain, où l'on a constaté une altitude de 140 mètres. Le village de Céroux n'est pas beaucoup moins élevé : pendant les nuits d'hiver on y distingue les lueurs lointaines de l'éclairage de la ville de Bruxelles, qui est distante d'environ six lieues.
Le terrain rhénan se montre dans la vallée de la Dyle, entre Mousty et Franquenies, où sont représentés l'étage supérieur du système gedinnien et l'étage inférieur du système coblentzien.
Les roches gedinniennes observées par André Dumont à Mousty sont : du quartzite stratoïde, grisâtre, pailleté à la surface des strates, renfermant peu ou point de chlorite et alternant avec du phyllade aimantifère; du phyllade simple, d'un aspect terne, gris pâle, et alternant avec du grès grisâtre. Mais comme la limite du système gedinnien, bien que rapprochée de l'église de Mousty, se trouve plutôt sur le territoire d'Ottignies, nous ne nous en occuperons pas ici.
Les roches coblentziennes se bornent à des phyllades : sur la rive gauche du Ri Angon, ils sont gris, feuilletés; à l'E. de la ferme de Franquenies, ils sont noirs, terreux, friables et contiennent de la pholérite. De l'autre côté de la Dyle, au S.-O. de la ferme Debroux, dans le chemin conduisant à la chapelle des Sabots, le phyllade est noir, ottrélitifère.
Presque tout le territoire de la commune appartient aux sables du système bruxellien; cependant, à 650 m. O. de l'église de Céroux, on rencontre du sable et du gravier laekeniens, qui semblent régner sur la partie occidentale du plateau de Céroux. Mais ce terrain est, comme le système bruxellien sur les hauteurs, caché par le limon hesbayen.
Tout le territoire de Céroux appartient au bassin de l'Escaut; les cours d'eau qui arrosent cette commune sont : la Dyle, le Ri des Beaux et le Ri Angon.
La Dyle vient de Court-Saint-Étienne et est d'abord limitrophe de cette commune; active une filature située sur sa rive droite; appartient un instant par ses deux rives au territoire de Céroux, après avoir reçu le Ri Angon (r. dr.); devient mitoyenne d'Ottignies; reçoit le Ri des Evaux (r. g.), sous l'église de Mousty; et abandonne définitivement Céroux, après un parcours de 1,000 mètres dont 850 mitoyens, dans la direction générale du S. au N.
Le Ri des Eraux prend sa source à l'O du château De Negri; et se réunit à la Dyle (r. g.) au pont de Mousty, après un parcours de 900 mètres dans la direction générale de l'O. à l'E.
Le Ri Angon ou Ri du Roissart cesse de former la limite entre les communes de Mont-Saint-Guibert et de Court-Saint-Étienne pour pénétrer sur le territoire de Céroux; coule au pied du bois de Morimont; devient mitoyen avec Ottignies; reçoit le Ri de Malaise (r. dr.); passe sous le chemin de fer du Luxembourg; rentre sur le territoire de Céroux; active le moulin de Franquenies par une chute de 5 m. 05; sert de limite à Court-Saint-Étienne; et se jette dans la Dyle (r. dr.), après un parcours de 2,400 m., dont 1,600 mitoyens, dans la direction générale de l'E. à l'O.
Les fontaines dont l'eau sert aux habitants sont : la Fontaine du Château De Negri, la Fontaine Toune et la Fontaine des Enfants, dont la réunion forme le Ri des Evaux.
Il y a une pompe publique au hameau de Limauges et trois au village de Céroux.
On comptait : à Céroux, en 1709, 232 habitants; en 1784, 481 habitants, dont 1 prêtre, 98 hommes, 98 femmes, 77 garçons et 69 filles âgés de plus de 12 ans, 67 garçons et 71 filles âgés de moins de 12 ans; à Mousty, en 1666 (y compris Céroux), 330 communiants; en 1709, 126 habitants; en 1784, 310 habitants, dont 3 prêtres, 38 hommes, 36 femmes, 25 garçons et 30 filles âgés de plus de 12 ans, 35 garçons et 26 filles âgés de moins de 12 ans (dans la paroisse, y compris Céroux, 729 personnes, dont 3 prêtres, 260 hommes, 253 femmes, 109 garçons et 105 filles âgés de moins de 12 ans); dans les deux localités réunies, en l'an XIII, 768 habitants, dont 279 à Mousty, 208 à Céroux, 72 à Franqueni, 149 à Limauge et Ferrière; au 31 décembre 1831, 1,193 habitants; au 31 décembre 1856, 1,468 habitants (wallons).
Les registres de l'état civil remontent : pour les naissances, au 19 août 1615; pour les mariages, au 18 octobre 1615; pour les décès, au 14 mars 1596.
Les bois ont ensemble 27 hectares; ils portent les dénominations de Bois de Morimont, Bois des Hayettes, Taille Martin et les Escavées. Jadis ils étaient bien plus considérables, et, vers l'année 1779, on défricha environ 60 bonniers à Céroux, ce qui donna lieu à de longues contestations entre le curé de Mousty et l'abbesse d'Aywières, celle-ci s'étant emparée de la dîme novale de ces terrains. Le 15 juillet 1545, le prieuré de Basse-Wavre arrenta, moyennant 5 florins par an et pour un terme de cent ans, 5 bonniers de bois et de « boscailles » qu'il possédait à Céroux.
D'après les recensements généraux, les exploitations agricoles se classaient de la manière suivante par rapport à leur étendue :

Les exploitations de plus de 50 hectares sont : la Ferme de Moriensart (112h.), tenue par M. Min(J.-J.), appartenant au comte Van der Dilft; la Ferme Debroux (75 h.), tenue par M. Dcmolder (J.-B.), appartenant au notaire Debroux, de Court-Saint-Etienne; la Ferme Leurquin (70 h.), tenue par M. Dessy (P.-H.), propriétaire; la Ferme de Franquenies (52 h.), tenue par M. Englebert (J.-F.), propriétaire.
Le nombre des animaux domestiques constaté par les recensements généraux s'élevait à :

Les terres exploitées par les cultivateurs de la commune se répartissaient ainsi :

Ce chiffre total se subdivisait en biens exploités :

En moyenne l'hectare de terre était estimé à:

L'ancienne verge linéaire a 18 1/2 pieds de Louvain.
Le moulin à grains de Franquenies, comptant trois paires de meules, est activé par le Ri Angon; la retenue de la roue hydraulique est à l'altitude de 50 m. 26. Ce moulin, que P.-J. Rauscent a été autorisé à construire, le 9 décembre 1847, a remplacé un tordoir à l'huile. Jadis Mousty ne possédait pas de moulin à grains; les habitants croyaient être tenus à faire moudre à Ottignies.
Le moulin à grains de Céroux est mû par le vent; il compte aussi trois couples de meules. Le moulin actuel a été élevé par Mathieu Alin, en vertu d'une concession en date du 24 mars 1842; mais, déjà en 1686, on voyait un moulin à Céroux.
Il existe en outre une brasserie à Mousty.
Une filature de coton se trouvait, il y a quelques années, sur l'emplacement de l'école actuelle de Mousty. Cet établissement industriel fut élevé et muni d'une machine à vapeur, à la suite d'un arrêté en date du 13 novembre 1845, accordé à un nommé De Reume. Le 21 octobre 1863, le sr Clément-Pastur a été autorisé à établir à Mousty une fabrique de pâtes à papier.
Un certain nombre d'ouvriers quittent la commune pour travailler à Bruxelles ou à Charleroi.
Le chemin de fer du Luxembourg traverse le territoire de Céroux sur 1,100 mètres; les chemins de fer de Charleroi à Louvain (Est belge) et de Manage à Wavre (Jonction de l'Est) qui se côtoient, sur 50 mètres. Le premier de ces railways a nécessité la construction d'un viaduc.
La route provinciale de Wavre à Nivelles traverse la commune sur 1,050 mètres. On compte 35 chemins vicinaux et 41 sentiers, mesurant ensemble 70,337 mètres, dont 6,622 sont pavés.
Le chemin de grande communication n°71 traverse Céroux sur 6,640 mètres; un arrêté royal du 31 juillet 1856 a autorisé la commune à y percevoir un droit de barrière, au taux des quatre cinquièmes du droit ordinaire.
A Mousty, comme dans les communes dont la description va suivre, on a découvert des antiquités, presque toujours à l'est de la Dyle. Il y a 78 ou 80 ans, vers 1783 ou 1785, des enfants ont trouvé, dans la Bruyère du Ruisseau, des vases, dont l'un contenait des ossements calcinés et d'autres des objets en métal. Ces renseignements, que nous devons à un habitant de la localité, sont les seuls que nous ayons pu recueillir.
La tradition locale attribuait jadis à saint Materne la fondation de l'église de Mousty, qui passait pour une des plus anciennes du pays. Quelques auteurs, s'appuyant sur la signification ordinaire du mot Moustier, ont supposé qu'il y avait eu en cet endroit un moûtier ou monastère (monasterium), qui aurait disparu plus tard; mais ils n'ont pas fait attention que colistier est très souvent employé au moyen âge, pour désigner simplement une église. Moustier-sur-le-Thil, comme on appelait jadis Mousty, ne signifie que l’Église sur la Dyle. Au surplus, tout justifie la haute antiquité que l'on attribue au village : le rang de mère église qu'avait son temple paroissial et que ne portait aucune autre église, si ce n'est Court-Saint-Etienne et Baisy ou Ways, dans toute la partie wallonne de la vallée de la Dyle; l'étendue de la paroisse, qui comprenait Céroux, Chapelle-Saint-Lambert, Limelette, et probablement Ottignies, qui sépare complètement ces dernières localités de Céroux et de Mousty même.
A l'époque féodale, ce vaste territoire se morcela et Mousty devint une petite seigneurie sans importance, tandis qu'à Ottignies il y en avait une très considérable et que Céroux s'enorgueillissait de sa haute et massive tour de Moriensart.
Les guerres civiles des années 1488 et 1489 n'épargnèrent ni Céroux, ni Mousty, qui obtinrent sur leurs cotes respectives une remise : le premier, de 38 sous; le second, de 57 sous.
En 1542 ou 1543, un habitant de Céroux, Jean de Mons, ayant commis un homicide, le seigneur de Moriensart, Emon ou Aymon Ferry, ordonna de saisir ses biens et, afin d'obtenir son pardon, sa femme, qui avait eu de lui plusieurs enfants, dut payer 50 florins carolus, qu'elle se procura en chargeant ses propriétés d'une redevance annuelle de 2 muids de froment. Dans l'intervalle, les officiers du souverain se présentèrent aussi pour confisquer l'avoine du coupable au profit du souverain, attendu, disaient-ils, que le seigneur n'avait pas la haute justice. Le maire et les sergents de Ferry les ayant très mal accueillis et les ayant forcés à déguerpir, le lieutenant bailli se rendit sur les lieux, accompagné d'une force suffisante, arrêta de Mons, qui se croyait en sûreté, le déclara coupable et le condamna à être puni « à la discrétion » de l'empereur; puis il se plaignit de la conduite du seigneur de Moriensart au président Schore et à la chambre des comptes. De cet incident naquit un long procès, Ferry prétendant que c'était à ses échevins à juger le cas, et que le lieutenant-bailli était intervenu à tort. Quatre ans après, le procès n'était pas vidé. La victime de ces débats fut de Mons, qui, afin d'être gracié, dut payer de nouveau 50 florins, cette fois au prince.
En 1598 et en 1624, la peste ravagea Mousty; en 1598, elle ne fit que quelques victimes, qui avaient été atteintes parce qu'elles avaient communiqué avec des pestiférés de Chapelle-Saint-Lambert.
Le 8 janvier 1651, le cimetière paroissial fut pollué par une de ces querelles sanglantes qui jadis étaient si communes dans nos campagnes. Jacques, fils de Guillaume del Cheval, maïeur de Céroux et de Franquenies, accompagné de quelques amis, y poursuivit un nommé Victor, qu'il blessa mortellement. Le cimetière fut réconcilié le 27 février suivant, par le doyen de Wavre.
Céroux et Mousty furent réunis lors de la réorganisation administrative de la Belgique, en l'an III. Depuis cette époque, la séparation des deux localités a été demandée par des habitants de l'une et de l'autre localité. Quelques habitants de Céroux la réclamèrent au commencement de ce siècle, mais le préfet du département la refusa, par le motif que la population de ce hameau n'était pas assez considérable pour qu'on en formât une commune distincte (4 vendémiaire an X). La discussion s'est ranimée cette année au conseil provincial, où, malgré les efforts de M. l'avocat De Gronckel, un vote favorable à la séparation a été émis le 29 juillet. Si on l'effectuait, Céroux rentrerait sans doute en possession absolue de presque tous les biens communaux, biens qui lui appartenaient exclusivement avant la réunion et à l'aide desquels on a pu bâtir me église nouvelle et une école dans cette localité, sans avoir recours à une taxe communale; d'autre part, Mousty a peu ou point de biens, mais la fabrique de son église et son bureau de bienfaisance sont très richement dotés, tandis que ces établissements à Céroux, si on les isolait, devraient demander des subsides au conseil communal.
En 1815, pendant la journée du 17 juin, la division Domon, de la grande armée française, fut chargée d'éclairer le pays qui s'étend entre la route de Bruxelles à Genappe et la Dyle; le quatrième régiment des chasseurs à cheval poussa jusqu'au pont de Mousty, où l'avant-garde échangea quelques coups de fusil avec des dragons prussiens, qui parurent ne pas vouloir s'engager. A la nuit, le régiment se replia sur sa division, qui était bivaquée à droite du quartier général; Napoléon apprit de cette manière qu'une partie des troupes vaincues à Ligny avaient battu en retraite vers le nord.
La commune actuelle de Céroux, qui dépend, depuis l'an III, du canton de Wavre, ne comprenait jadis qu'une seule paroisse; mais, au civil, elle était divisée en trois juridictions, ayant chacune son seigneur, son maire, ses échevins, sa table des pauvres.
Céroux dépendait de la mairie de Genappe et constituait une juridiction particulière, où le seigneur avait « cens et rentes, lois et amendes »; mais il devait livrer au bailli de Nivelles, dans les trois jours, les malfaiteurs arrêtés et jugés dans sa terre; on y suivait, de temps immémorial, la coutume de Louvain.
Le restant de la paroisse dépendait de la mairie de Mont-Saint-Guibert. Là, disent des documents officiels du commencement du XVe siècle, « les seigneurs de Sombreffe (à Mousty même), de Franquenies et de Limelette et Godefroid de Bordeal maintiennent avoir court et jugeurs, cens, rentes, loix et amendes », qui se jugent, est-il dit dans ces documents, suivant la loi de Liège. Dans le Compte de la mairie de Mont-Saint-Guibert pour les années 1607 à 1619, on prétend que la loi de Liège était suivie à Franquenies, mais qu'à Mousty on se réglait sur celle de Louvain.
Dans toute la paroisse, la haute justice appartenait au souverain.
A Céroux, elle fut vendue, avec la chasse, l'oisellerie, la pêche etc., le 7 août 1626, moyennant 2,000 florins, à don Juan d'Aguirre, seigneur en partie de Moriensart (r. du 4 juillet 1637); elle passa ensuite aux héritiers du précédent (r. du 30 septembre 1653), puis à dame Françoise de Coloma, et enfin à Pierre de Coloma, seigneur de Moriensart, qui l'unit définitivement à ce château (voyez le relief fait par son fils, Pierre-François-Englebert de Coloma, le 13 janvier 1770). En 1658, Céroux et Maransart faillirent être engagés par le domaine à la ville de Hal, mais l'accord projeté dans ce but resta sans suite, comme nous l'avons vu à l'article GENAPPE.
A Mousty, la haute justice et ses dépendances furent engagées, le 21 juin 1560, moyennant 110 livres d'Artois, à Paul Carondelet, seigneur du lieu (r. du 27 novembre 1573). Antoine de Termonde, seigneur de Franquenies, fit, le même jour, la même acquisition, moyennant 100 livres (r. du 16 mai 1572), et l'un et l'autre transmirent cette prérogative à leurs successeurs.
L'ancien greffe de Mousty, pour les années 1770 à 1795, se trouve au tribunal de première instance de Nivelles; un registre échevinal, de 1748 à 1764, est conservé à la cure du village. Dès l'année 1371, les actes des échevins étaient rédigés en français.
La division de la paroisse en trois juridictions civiles résulte du tableau de la répartition de l'aide votée en Brabant, en 1383. Actuellement, la commune compte neuf conseillers, dont six sont pris parmi les éligibles de Céroux, trois dans ceux de Mousty.
Céroux possède, de temps immémorial, une très grande étendue de biens communaux. Un seigneur en ayant fait défricher une fraction et l'ayant incorporée à la Cense de Moriensart, les habitants en réclamèrent la possession; mais, afin d'éviter un procès, ils consentirent à la lui laisser, à la condition qu'ils pourraient envoyer leurs bestiaux dans le bois de Céroux (8 janvier 1565-1566). Depuis, leurs chevaux pâturaient dans les tailles de trois ans, et leurs vaches dans celles de quatre ans. Une partie de la bruyère formant l'immense place du hameau a été aliénée afin de couvrir la dépense de la construction de l'église. D'autre part, la commune a été autorisée à acheter, à Mousty, une maison pour agrandir la place qui sépare le cimetière de la route de Wavre à Nivelles et où l'on voit un magnifique tilleul (2 octobre 1858).
La commune, possédant encore 46 hectares 14 ares 60 centiares, se trouve dans une situation très prospère, malgré les nombreux travaux qui y ont été entrepris depuis une quinzaine d'années.
Voici comment se présentait le budget, pour l'année 1859 :

Dans le premier chiffre figurait une somme de 6,320 francs, provenant de la vente de quelques parcelles de terres.
Le village de Céroux formait jadis une seigneurie qui était tenue en fief de la terre de Wavre et qui semble avoir été démembrée, au XIIIe siècle, de celle de Limal, qui relevait également de Wavre.
Le nom de Morialsart ou Moriensart paraît signifier le sart de Morial ou, si l'on veut, le défriché de Morel ou Moreau. Or, vers les années 1220 à 1243, vivait un chevalier nommé Arnoul Morel, chevalier de Limal (Ernouls, chevalier de Limale, con appele Morel, 1236; sire Arnoul Moreaus de Limale, 1242). II intervient dans un grand nombre de diplômes des ducs de Brabant et occupa longtemps les fonctions de bailli de Nivelles. Après lui, la famille de Limal apparaît divisée en deux branches, qui possédèrent l'une et l'autre une fraction du village de ce nom, et, de plus : la première branche, le château de Rixensart; la seconde branche, celui de Moriensart.
René, chevalier de Limal et fils d'Arnoul, est cité en 1245 comme vassal de Godefroid de Rixensart, qui était probablement son oncle. Le mardi après Pâques, en 1256, sous le nom de René, chevalier de Limal, il déclara que frère Gérard, maître de l'ordre de Malte, devait renoncer aux deux reliefs qu'il réclamait à charge de l'abbaye d'Aywières, mais les demander à ceux qui avaient usurpé la terre de Leutias.
Le chevalier René de Morialsart ou Moriassart vivait en 1285, 1304, 1307. Il fut l'un des guerriers brabançons qui se distinguèrent le plus à la bataille de Woeringen, où il combattit sous la bannière de Walhain; le seigneur de Fauquemont le blessa à la gorge, mais les amis de René se jetèrent sur lui, le forcèrent à reculer et lui prirent sa bannière. Le Roy nous apprend qu'il mourut en 1311, le lendemain de la fête de Sainte-Gertrude, et qu'il donna à l'église de Limal un journal de terre situé au lieu dit Champ des Preitz; cet auteur l'appelle René Le Graine, tandis que les actes ne désignent le chevalier de Limal et de Moriensart que par son prénom de René. Gertrude de Moriensart, la fondatrice d'une des chapelles de l'abbaye de Villers, était sans doute sa sœur.
On mentionne ensuite : en 1322, le chevalier Arnoul de Moriensart et ses fils; en 1347, René de Moriassart, fils du chevalier René, et enfin, en 1380, le chevalier Arnoul de Moriassart, fils du chevalier René. Ce dernier René mourut en 1374, après avoir légué à l'autel de Saint-Martin, de Limal, un demi-bonnier de terre au Champ des Preitz, à charge de célébrer tous les ans son anniversaire et celui de sa femme, Clémence d'Orbais, qui était morte le 11 octobre 1370. Son fils Arnoul s'allia â une dame nommée Marguerite, dont il eut une fille, Catherine, qui porta Limal et Orbais à Guillaume Van den Berghe, le favori du duc Jean IV.
Le chevalier Arnoul de Moriaulsart combattit à la bataille de Bastweiler, où il subit des pertes, que l'on évalua, en 1374, à 2,044 moutons. En 1380, il hypothéqua ses biens de Céroux à Gilles Vanderporten de Windeke, qui les transporta à Arnoul Van den Bossche, surnommé de Moriensart dans un acte de 1387. Ces biens consistaient en une tour, une ferme, des eaux ou fossés, 80 bonniers de terres, 60 b. de bois, 9 b. de pâtures, 11 b. d'étangs, une brasserie dite à Cherous, un cens de 129 chapons, 72 vieux gros, 15 muids d'avoine, le droit de congé, le droit d'établir un maire et des échevins, le tout relevant de Wavre.
Les Van den Bossche y joignirent un fief tenu de la Trompe (ou de la vénerie de Brabant) et se composant du moulin de Beauquerre ou Beaucaire, à Limelette.
Moriensart appartint successivement à :
Jean Van den Bossche, seigneur d'Ohain;
Jean, son fils (relief, pour le moulin de Beaucaire, en date du 8 mai 1418);
Arnoul Van den Bossche;
Louis Pinnock, chevalier, qui n'avait été adhérité dans le moulin que par des lettres échevinales de Louvain et non par lettre féodale, lorsqu'il fit le dénombrement de ce fief le 29 juillet 1440;
Libert de Myedrege ou Meldert, en 1450;
Le chevalier Louis Pinnock, en 1481, 1483, dont la sœur, Catherine, épousa Libert de Meldert et releva, après son frère, le moulin de Beaucaire (r. du 13 septembre 1511);
Maître Colard de Ferry, par achat (r. du même jour);
Maître Martin de Ferry, qui avait un four à verre à Ways et fut enterré â Bousval, en 1519;
Aymon ou Emondt Ferry (1546-1547, 1576).
Les Ferry continuèrent à posséder des biens à Céroux, où, en 1612, Françoise de Fery, veuve de Jean de Bauterlé et de Claude de Ry, renonça à ses droits sur le bois de l'Encloistre; mais ils en aliénèrent la seigneurie, qui fut vendue, avec deux fiefs relevant de Limelette, par maître Jean Happre, chanoine de Cambrai, archidiacre d'Anvers, au sire de Valhuon, Guillaume Le Vasseur (19 décembre 1569). Une tombe de l'église des récollets, de Saint-Trond, rappelle la mémoire de sire Claude de Ferry, jadis sire de Moriensart, mort le 26 mai 1621.
Guillaume Le Vasseur fut l'un des seigneurs belges qui montrèrent le plus de dévouement à la cause de Philippe II et le principal négociateur de la réconciliation des provinces wallonnes avec l'Espagne, en 1578. Il était receveur général d'Artois et fut fait prisonnier à Arras, lorsque les partisans des Etats se soulevèrent dans cette ville, où la faction espagnole ne tarda pas à ressaisir l'autorité. Lorsque son fils François se maria, le 23 janvier 1569-1570, il lui donna le château de Moriensart, en compensation de ses droits sur Valhuon, qui avait été acquis au moyen des deniers de la dot d'Anne Quarré, première femme de Guillaume et mère de François.
François Le Vasseur devint membre du conseil de guerre et fut nommé secrétaire des conseils d'état et privé : une première fois, par lettres patentes données à Anvers, le 10 mars 1574-1575; une seconde fois, par don Juan d'Autriche; il devint greffier de la Toison d'or en 1572, perdit toutes ses dignités et honneurs en 1576, et redevint greffier en 1581; le roi le créa chevalier, le 19 mai 1582, en récompense de ses longs et fidèles services. Pendant le triomphe temporaire de la cause nationale, sa terre de Moriensart, qui valait 4 à 500 florins par an, fut confisquée. Par lettres patentes, en date du 12 novembre 1578, elle fut donnée, de l'avis des états, à un gentilhomme du prince d'Orange, Emery ou Amauri de Lierre, fils de Corneille, seigneur de Berchem, bourgmestre d'Anvers, et petit-fils d'un margrave de cette ville. Emery avait rappelé que son père avait été suspecté par le gouvernement de Charles-Quint, cité à comparaître et condamné à mort; sa femme et ses enfants ayant fui également en pays étranger, leurs biens furent saisis et tous vécurent en exil jusqu'à la pacification de Gand. Comme, à cette époque, on ne restitua aux proscrits que les biens mis sous séquestre depuis 1566, cette famille ne put rentrer en possession des siens, et ce fut pour y suppléer qu'on lui abandonna la possession de Moriensart.
François Le Vasseur construisit, sur les rives du canal de Bruxelles à Willebroeck, à Heembeek, dans les biens de sa femme, un manoir auquel il donna le nom de Moriensart, et qui a été démoli presque en entier au commencement de ce siècle. Celui qui le fonda décéda le 16 mars 1603, sans laisser d'enfants et en instituant, pour son héritière, Marie Butkens. Après celle-ci, Moriensart et Céroux échurent aux enfants de la sœur de François, Éléonore, et de ses deux maris : Robert l'Ecuyer, vicomte de Dourlens, et Chrétien Sarrasin, seigneur de Lambersant et d'Alounes. Florent Le Vasseur, frère consanguin de François et seigneur de Valhuon, revendiqua ces domaines, mais ses prétentions furent condamnées par la cour féodale de Brabant, le 13 novembre 1607.
Anne l'Écuyer épousa don Christoval d'Aguière ou d'Aguirre, du conseil de guerre, veador général de l'artillerie, père de don Juan d'Aguière, qui prit en engagère, en 1626, la haute justice de Céroux, et ne laissa pas d'héritiers directs; Jeanne, la sœur aînée d'Anne, et qui mourut le 22 octobre 1645, s'allia, le 28 janvier 1585, a don Pedro Coloma, seigneur de Bodabilla, en Espagne, premier baron de Bomhem, membre du conseil de guerre et qui remplit, à la grande satisfaction du roi d'Espagne, Philippe II, les fonctions de contador major, alors qu'il n'y avait pas de veador général.
Leur fils, Pierre II Coloma, troisième baron de Bornhem, joignit au patrimoine de ses parents la propriété de trois quarts du moulin de Beaucaire, que lui donna sire Mathias Sarrasin, à qui son frère Chrétien et sa mère Éléonore Le Vasseur les avaient laissés; les droits de sire François Le Vasseur, sur ce moulin (r. du 24 novembre 1656), et l'héritage des Aguirre, qui comprenait la haute justice de Céroux et un quart de la terre de Moriensart (r. de l'année 1652).
Pierre III Coloma, second fils de Pierre II et de Cornélie De Vos, dame de Beaupré, fut créé baron de Moriensart le 30 juillet 1657 (r. du 27 avril 1658). Dans les lettres réversales qu'il donna à cette occasion, le 16 janvier 1658, il déclara que les héritiers de don Juan d'Aguirre étaient seigneurs de ce château, pour un quart, mais qu'il avait droit d'opérer le retrait de ce quart. Le baron mourut le 12 juin 1676 et eut pour successeurs :
Jean-Pierre Coloma, son fils (r. du 20 août 1676);
Pierre-François-Englebert, fils de Jean-Pierre, (r. effectué par sa mère et tutrice, Marie-Claire-Philippine de Romrée, le 20 juillet 1714);
Antoine-François-Englebert, frère du précédent, chanoine et écolâtre de la cathédrale de Tournai (r. du 3 juillet 1789), mort le dernier de sa famille. La sœur des deux derniers barons de Moriensart, Rose-Alexandrine, épousa Nicolas-Jean-Eugène Van der Dilft, bourgmestre de Bruxelles de 1755 à 1758. La baronne Van der Dilft et son fils Jean-Marie-Joseph furent créés comtesse et comte de leur nom, le 12 septembre 1771. Le dernier mourut le 14 décembre 1831; il s'était allié, d'abord à Thérèse De Visscher de Celles, et ensuite à Marie-Alexandrine, baronne d'Overschie; il fut chambellan des empereurs d'Autriche et du roi des Pays-Bas, Guillaume Ier, et ne laissa qu'un fils, le comte Antoine Van der Dilft, qui décéda à son tour le 16 mars 1844. Son fils unique, le comte Antoine-Constance, est actuellement possesseur du château de Moriensart, où il vient passer quelque temps à l'époque de la chasse.
Lorsque Louis Pynnock fit le dénombrement de son fief, en 1440, il se composait d'une tour et maison, de 60 bonniers de terres, de 100 b. de bois et de pâturages, d'une seigneurie ayant la justice jusqu'à livraison des corps aux officiers du duc, une mairie, un échevinage, des « masuwiers », droit d'adhéritance et de déshéritance, droit de congé, les forfaitures, les amendes, les lois, un cens de 64 chapons, 32 poules, 10 griffons, 14 muids d'avoine, mesure de Wavre. Les lettres patentes d'érection en baronnie nous montrent ce domaine considérablement agrandi. Les droits seigneuriaux y sont accrus de la haute justice; il y a deux sergents attachés à l'échevinage; avec l'ancien château on mentionne sa ferme, la Cense del Hove, à Céroux, 70 bonniers de terres, 4 b. de bois dit le Bois Henry, 130 b. de bois à raspe, mêlés d'arbres montants; le moulin à eau dit de Beaucaire (sur Limelette); le cens consiste en 83 chapons, 70 poules, 30 setiers d'avoine etc. Moriensart devait le service féodal par un combattant à cheval.
La ferme de Moriensart est grande, belle, mais n'offre rien de curieux, les bâtiments ayant été incendiés en 1780. A l'angle méridional de la cour s'élève une antique tour, que l'on aperçoit de fort loin, et dont Harrewyn a gravé une vue pour le baron Le Roy.
Cette énorme masse carrée se compose d'un rez-de-chaussée surmonté de trois étages. Des fouilles récentes ont constaté que les fondements ne descendent qu'à 1 mètre 10 au-dessous du sol. Les trois étages inférieurs sont construits en un grès grisâtre sur lequel le temps ne semble pas avoir de prise; une douzaine de fenêtres assez petites, quoique modernisées, les éclairent; la face S.-O. n'a aucune baie. Le quatrième étage est beaucoup plus moderne. Il se compose : au centre, d'un toit pyramidal à quatre pans; au milieu de chaque face, d'un amortissement en pignon à gradins; à chaque angle, d'une tourelle à forme octogone vers l'extérieur, mais n'ayant en tout que six côtés. La maçonnerie de ce dernier étage est à assises alternantes, de briques et de pierres blanches. La porte d'entrée du rez-de-chaussée est pratiquée dans la face N.-O. et s'ouvre sur la cour de la ferme. Elle conduit à une salle carrée, un peu plus basse que le niveau du sol et recouverte d'une voûte d'arête; un peu de jour y pénètre par quatre meurtrières cintrées, fortement ébrasées à l'intérieur. Les murs sont si épais, que l'escalier conduisant au premier étage est pratiqué dans l'épaisseur de la paroi S.-O. Il y a une dizaine d'années, le comte Van der Dilft a fait construire, au pied de la face S.-O., un petit bâtiment renfermant une cuisine, une chambre à coucher et un escalier moins rapide que l'ancien; la brèche qu'il a fallu faire dans la muraille de la tour a occupé deux hommes pendant vingt-deux jours. Le premier étage est divisé, comme le deuxième, en plusieurs compartiments par des cloisons modernes, d'un goût mesquin. Le dernier étage n'a que des mansardes.
On ne possède aucune donnée sur l'époque de la construction de la tour. Dans la vue gravée par Harrewyn, elle apparaît toute semblable à ce qu'elle est aujourd'hui, sauf les modifications qu'on lui a fait récemment subir. Elle y est complètement isolée des bâtiments de ferme. La tour est déjà mentionnée en 1380 et, très probablement, elle date du temps d'Arnoul Morel, dont son nom perpétue le souvenir. Il y avait anciennement au château une chapelle castrale, dédiée à la Vierge et à laquelle était annexé un bénéfice chargé d'une messe par semaine et qui possédait un bonnier et demi de terres, situées à Beaurieu.
Céroux on mentionne, au XIIIe siècle, les de la Buissière (de Buxeria). Le chevalier Godefroid de la Buissière fit don à Aywières d'une dîme à Céroux, qu'il tenait en fief de sire Eustache de Henripont (charte d'Othon, seigneur de Trazegnies, donnée à Nivelles, dans le cloître, en 1219, le samedi sitientes); puis il fit cession au même monastère, d'abord pour la seule durée de sa vie, puis à perpétuité, de toute sa dîme de Mousty. Sa donation finale fut scellée, à sa demande, par le châtelain de Bruxelles Léon (juin 1232).
La seigneurie de Mousty était tenue en fief de celle de Thilly. Elle avait droit de moyenne et de basse justice, un échevinage, un cens de 9 griffons, 32 placques et 312 chapons, une cour féodale de laquelle relevaient trois pleins fiefs : une seigneurie à Chapelle-Saint-Lambert, celle de Noirmont et un domaine à Mousty, qui appartenait, en 1530, à Philippe d'Arenberg, sire de Franquenberg. De cette terre relevait aussi la seigneurie foncière dite la seigneurie Notre-Dame ou Cour de Hocquart, que Bonne de Bloquerilli « amonat (donna en aumône) a vestit ( au curé ) de Mostys sous le Tilli », et où le curé percevait le droit de congé et deux tiers des amendes, l'autre tiers restant au seigneur, dont les échevins jugeaient les contestations relatives aux biens tenus de cette cour, ainsi que l'apprenait un registre renouvelé en l'an 1434. Le droit de pêche et de chasse de cette petite seigneurie fut longtemps contesté par les seigneurs de Mousty aux curés, qui, faute de pouvoir produire des titres, perdirent leurs droits sur la chasse, mais obtinrent la pèche, à titre provisoire. En 1474, la terre de Mousty, à laquelle était annexé un charruage (ou ferme) de 24 bonniers de terres, 3 b. de prés et des bois, devait le service féodal par un combattant à cheval.
Mousty paraît avoir appartenu, au commencement du XIIIe siècle, à une dame nommée Marguerite, qui s'allia à un Sombreffe, puis à sire Eustache de Henripont, fut la mère de Godefroid de Sombreffe ut compta parmi ses vassaux le chevalier de la Buissière, qui donna à l'abbaye d'Aywières les dîmes de Mousty, en 1219 et 1232.
En décembre 1283, le chevalier Bernard de Moustiers figure dans une charte de Jean Ier.
Au XVe siècle, les Sombreffe étaient possesseurs de Mousty et le transmirent aux comtes de Virnembourg, dont l'un le donna, en 1544, à sa fille naturelle et au mari de celle-ci, Paul Carondelet, qui acquit du souverain la haute justice, en 1560, et eut pour successeurs :
Sire Paul Carondelet, seigneur de Maulde, fils de Paul, seigneur de Winghene, héritier sous bénéfice d'inventaire (r. du 29 janvier 1615);
Anne de Carondelet et son mari Lopez Zoarez, par achat (r. du même jour);
Anne Damant et son mari Philibert de Spangen, chevalier, gentilhomme de bouche des archiducs Albert et Isabelle, bailli du Brabant wallon depuis le 11 février 1606 jusqu'au 31 décembre 1643, par achat (r. du même jour);
Jean-Charles de Spangen, seigneur de Mousty et d'Ottignies, et sa femme Catherine-Pauline De Visscher, étant restés redevables de sommes considérables à Simon-Robert Mormeaux et Isabelle Mondua, ceux-ci firent arrêt sur leurs biens, puis cédèrent leurs créances à Paul-Jean-François du Mont, seigneur de Franquenies et de Buzet, qui en fit abandon à Henri-Joseph de Spangen. Celui-ci provoqua un décret du conseil de Brabant, qui adjugea Mousty et la ferme de Blocquerie (sur Ottignies) aux enfants du seigneur et de la dame de Mousty et Ottignies précités :
Alexis, Marie-Louise, Catherine-Françoise et Anne-Josèphe de Spangen, représentés par leurs tuteurs, Philippe-François de Varick, seigneur de Court-Saint-Étienne, et Charles-Ignace de Visscher (décret du 9 mars 1714, r. du 27 août 1715);
Charles-Ignace, baron de Spangen (r. du 10 février 1762);
Marie-Josèplie de Spangen, femme du baron de Herissem, et le baron Henri-Joseph de Spangen, cousins des précédents (r. du 17 juin 1777);
Alexis-Paul, baron de Spangen, frère de Charles-Ignace, lieutenant général aux gardes wallonnes (r. du 9 mai 1780);
Jean-Joseph-Norbert, baron de Spangen, cousin du précédent, capitaine au régiment de Ligne ( r. du 23 mai 1787), époux de Marie-Justine de Spangen, qui mourut sans enfants le 28 avril 1828.
Au delà de la Dyle, la petite terre de Franquenies, ayant également la moyenne et basse justice, un échevinage, le droit de recevoir des cens et rentes, les lois et les amendes, formait une tenure relevant de la seigneurie d'Ottignies. Il s'y trouvait un château qui brûla il y a quelques années, dit le baron Le Roy, mais que l'on rebâtit ensuite, mieux qu'auparavant. On en tenait, à cens du souverain, la grange, les étables et la logette, qui ressortissaient à la cour allodiale de Mont-Saint-Guibert. Franquenies fut taxé, en 1474, à fournir un combattant à cheval pour le service féodal. En 1560, les prérogatives de cette seigneurie s'accrurent de la haute justice, acquise du souverain.
Franquenies appartenait: en 1412, à Philippe de Frankingnies; en 1474, à Laurent d'Arenberg; en 1530, à Philippe d'Arenberg, seigneur de Frankenberg; en 1560, à Antoine de Termonde, seigneur de Sart-Messire-Guillaume, puis à Anne de Herpain, sa veuve; ensuite, à Philippe de Hertaing et à Jacqueline, sa sœur, qui épousa Jacques de Glymes, vicomte de Jodoigne, grand-bailli du Brabant wallon depuis 1567 jusqu'en 1606; à Charles, fils de Jacqueline et du bailli; à Jean de Craesbeke, conseiller et procureur général en Brabant, par achat (r. du 15 juillet 1628); à messire Etienne, son fils (r. du 18 juin 1648); à Anne-Livine, fille du précédent, et à son mari, Paul-Jean-François du Mont, seigneur de Buzet (r. du 30 septembre 1681); à Joseph-Nicolas du Mont, son fils (r. du 8 novembre 1734), et enfin aux enfants de la sœur de ce gentilhomme, Anne-Marie du Mont, et de Henri-Joseph de Spangen, sire de Mellet : Philippe-Norbert-Joseph, Henri-Joseph-Casimir, Antoine-Joseph, Marie-Anne et Marie-Josèphe de Spangen (r. du 24 octobre 1754).
Le château de Franquenies est aujourd'hui transformé en ferme. Le corps de logis subsiste encore : c'est un bâtiment carré, à hautes cheminées, n'ayant qu'un étage au-dessus du rez-de-chaussée; les quatre ancres de la façade indiquaient la date de sa construction; celles du milieu, un 6 et un 8, subsistent seules et désignent la fin du XVIIe siècle. Un reste de tourelle en briques, avec des meurtrières, se voit dans le mur de clôture et remonte sans doute à la même époque.
D'autres manoirs et fiefs de moindre importance étaient disséminés sur d'autres points du territoire de Céroux. Tels étaient :
A Céroux, le Fief de la Porte, qui consistait en une maison avec 6 bonniers de dépendances, relevant de la seigneurie de Limelette. Laurent Cornet en fit le relief le 1er avril 1522; Florent Favelli, seigneur de Limelette, l'hypothéqua en 1628.
Au mois de novembre 1469, Roland de Bourgeval ou Bonneval releva du duché de Brabant, en qualité d'héritier de son père, sire Roland, des redevances en grains à Céroux.
Au sud de Mousty, près de la route de Wavre à Nivelles, on aperçoit une ferme tombant en ruines; le bâtiment principal offre deux rangées de fenêtres, les unes quadrilatérales et à meneaux de pierre, les autres très hautes et très étroites; cette construction a été agrandie à une époque déjà assez reculée de nous, car les ancres de la façade vers la route donnent la date 1641, tandis qu'au-dessus de la porte d'entrée on déchiffre 1766. On l'appelle le Château de Negri, d'après la famille qui y habitait il y a une centaine d'années; une Jeanne-Barbe, baronne de Negry, fille du baron Frédéric-Guillaume, épousa Norbert-Joseph de Spangen, major an régiment de Los-Rios, dernier seigneur de Mousty. Vers la fin du XVIIIe siècle, ce manoir appartenait à un M. Dessenfants, puis passa aux d'Alcantara.
L'abbaye d'Afflighem levait la grande et la petite dîme de Ferrer, qui lui rapportait, en 1787, 128 florins. Elle avait en outre en cet endroit, un alleu, et à Franquenies une ferme et d'antres biens, dont le duc Henri Ier lui confirma la possession. Les tenanciers de ce monastère ou du prieuré de Basse-Wavre, à Ferrières, furent compris parmi ceux auxquels le duc Henri Ier accorda des privilèges, en 1226. Les religieux eurent aussi, à Franquenies, un oratoire, dont il ne reste plus de vestiges.
Le couvent d'Aywières avait, à Mousty, 11 bonniers de terres, 21 b. de bois et la grande et la petite dîme. Le produit de cette dernière s'élevait à 900 fl. Outre la dîme acquise de Godefroid de la Buissière, Aywières obtint du chevalier Godefroid Briseteste, de Limelette, un septième de la dîme de Mousty, de Céroux, de Ferrières et de Limelette, et de Henri Bavechien une autre dîme à Céroux. L'évêque de Liège Hugues avait confirmé aux religieuses le don du chevalier de la Buissière, le 11 août 1219, et déclaré que l'abbaye lèverait les novales dans les mêmes proportions que les vieilles dîmes. Jean, son successeur, approuva les deux autres cessions le lendemain de la Chaire de Saint-Pierre, en février 1230-1231. Le monastère de Villers était également décimateur dans la paroisse. En 1247, le samedi avant la fête de Saint-Pierre ès liens, il échangea avec Aywières un canton de 35 bonniers à Céroux contre une étendue égale à Ferrières et au lieu dit Vallès (les Vallées).
Céroux n'avait anciennement qu'une chapelle, qui dépendait de la paroisse de Mousty. Bien que l'office divin y eût continué après le concordat, elle ne fut reconnue légalement qu'en 1842. Un arrêté royal du 12 septembre 1851 l'a érigée en succursale. La limite de la nouvelle paroisse, vers Mousty, est formée par les chemins qui portent à l'atlas de la voirie vicinale les n°' 23, 72, 71, 24 et 1.
A cette chapelle de Notre-Dame était annexée la chapellenie de Sainte-Catherine, à Roux-le-Sec ou Céroux, dotée de 14 muids de seigle hypothéqués sur la seigneurie de Moriensart et tenus en fief de la terre de Wavre; huit muids étaient attribués au bénéficier, à la charge de célébrer la messe deux fois par semaine. La chapellenie ayant été donnée au séminaire de Nivelles, les proviseurs de cet établissement voulurent en répudier les charges; mais ils furent condamnés par le conseil de Brabant à faire dire la messe à Céroux les dimanches et fêtes, et le baron de Bornhem, seigneur du lieu, invita le curé de Mousty à ne pas faire de difficultés à ce sujet (2 août 1652). Le 11 septembre 1669, à la suite d'un accord conclu entre le baron de Moriensart et les habitants du village, d'une part, et le père Charles Taverne, procureur de la Compagnie de Jésus pour la Gaule Belgique, d'autre part, les deux messes par semaine furent réduites à une messe à célébrer les dimanches et fêtes, et on stipula qu'aux 40 florins que les jésuites de Nivelles donneraient au desservant, les habitants en ajouteraient 15, afin que ce prêtre enseignât le catéchisme. Des difficultés naquirent mainte fois au sujet de cette convention entre les jésuites et les habitants de Céroux; en 1708, ces derniers ayant refusé le paiement des 15 florins mentionnés plus haut, les possesseurs du bénéfice firent dire les messes à Mousty. Après la suppression de la Compagnie, la chapellenie et ses biens furent confisqués par le gouvernement.
La chapelle, qui a disparu de nos jours, ne remontait pas à une haute antiquité. Le baron de Bornhem ayant manifesté l'intention de bâtir un nouvel oratoire, sur la commune, près du grand chemin allant à son château de Moriensart ; le maire, les échevins et « la plus saine partie des manans de Seroux » le supplièrent d'effectuer « son bon dessein » et offrirent de lui céder le terrain qui conviendrait le mieux (29 mars 1649). Aucune suite immédiate n'ayant été donnée à ce projet et l'ancienne chapelle se dégradant de plus en plus, l'évêque de Namur menaça de défendre de célébrer l'office divin à Céroux. Le baron et les habitants promirent alors de bâtir une autre chapelle et de l'entretenir (31 juillet 1664). A l'édifice élevé à cette époque, on a substitué, en 1848, une église construite sur les plans de l'architecte Moreau, qui a imité l'église de Viane, due à M. Wolters. Elle est de style ogival et a la forme d'une basilique à trois nefs divisées en six travées, en y comprenant celle qui occupe les côtés de la tour. Le chœur se termine en abside à trois pans; il est recouvert, comme la nef principale, d'une voûte d'arête à arcs doubleaux; les collatéraux ont la même voûte, mais plus basse. La façade est disposée en pignon à arcatures rampantes; le centre fait avant-corps et reçoit la porte d'entrée, qui est surmontée d'une fenêtre et flanquée de deux autres baies. Au-dessus de cette façade s'élève un clocher octogone, à gables, qui se termine en flèche.
Le maître-autel ou autel du Saint-Sacrement est fort beau; il est sculpté en bois, dans le style ogival; la fabrique l'a acheté, pour 3,100 fr., des frères Goyers, de Louvain, qui ont obtenu pour cet autel une médaille à l'exposition universelle de Paris. Les bas-autels sont sous l'invocation de la sainte Vierge et de sainte Catherine, patronne secondaire.
L'antique église de Notre-Dame de Mousty avait, comme nous l'avons dit, rang d'église mère. Elle était dédiée à Notre-Dame et était à la collation du seigneur de Piétrebais, à Grez. Après avoir ressorti longtemps à l'évêché de Liège et au concile de Gembloux, elle fut annexée au diocèse de Namur et au doyenné de Wavre. Après le concordat, elle devint une succursale de l'église de Wavre, dans l'archevêché de Malines.
En 1518, la cure valait 23 muids de froment, par an, et était chargée de trois messes par semaine. En 1787, sa dotation se composait de la grande et menue dîme de Mousty (produit, 251 florins 15 sous), de la grande dîme de Chapelle-Saint-Lambert (produit, 346 fl. 4 s.), de la menue dîme de Céroux (produit, 143 fl. 12 s.), de la menue dîme de Limelette (produit, 242 fl. 8 s.), des trois cinquièmes de la dîme du Bois de Pinsguerre, à Mousty, qui avait été défriché en 1779 (produit, 15 fl.), de 5 bonniers de terres, d'un demi-b. de pré, des cens Hockart, consistant en 5 sous et 5 chapons par an, etc., le tout valant 1,090 fl. 18 s. 3 d. Au curé appartenait la collation de plusieurs bénéfices attachés à son église, ainsi que des cures de Limelette et de Chapelle-Saint-Lambert, ces paroisses ayant été séparées de la sienne, la première en 1521, la seconde vers l'an 1400.
Le curé avait un vicaire, à qui il payait 240 florins. Le curé conférait les chapellenies de Saint-Jean-Baptiste, de Saint-Étienne et de Saint-Nicolas, qui, en 1518, valaient respectivement 6, 6 et 4 muids de froment, et étaient chargées, la première et la troisième d'une, la deuxième de deux messes, par semaine. En 1787, le premier de ces bénéfices possédait 6 bonniers 2 journaux de terres et un revenu total de 196 florins et de 9 1/2 mesures de seigle; le deuxième, dont la dotation fut augmentée par messire Jean Henri, possédait 13 bonniers 3 journaux et un revenu total de 284 florins 18 sous; le troisième possédait 3 journaux de terres et 1 j. de pré et un revenu total de 19 fl. et de 18 mesures de seigle. Le 7 mars 1558, 2 muids de blé et 2 fl. par an furent donnés au curé pour la célébration d'une messe de la Vierge, le samedi; le 15 avril 1592, le curé Delmez institua un office doté d'un bonnier de terre et d'une maison (revenu, en 1787, 34 fl. 10 s.) et chargé, pour l'utilité de la paroisse, d'une messe les dimanches et jours de fête; enfin, le 29 janvier 1615, Jean Paul et Venise (sic) Mareil établirent la messe du Vénérable ou du jeudi, qui se dit encore, et celle de Sainte-Anne, le mardi. La clergie ou marguillerie recevait, par an, 12 setiers de seigle de l'abbaye d'Aywières et autant de celle de Villers; de plus, en 1666, elle percevait un revenu de 2 1/2 fl. et une petite part de dîme. Le 8 février 1637, dimanche de la Septuagésime, fut formée par les paroissiens la confrérie dite l'Association de Notre-Dame, sur la proposition d'un jésuite qui célébrait la basse messe.
L'église avait, en 1787, 216 florins 11 sous 9 deniers de revenus; en 1846, ceux-ci s'élevaient (y compris ceux de l'église de Céroux) à 1,240 francs, provenant, en partie, de 4 hectares 97 ares de terres. La cure, qui a l'aspect d'une petite ferme, a été bâtie en 1720, par un maçon nommé De Sagher; suivant la tradition, il y aurait eu là un béguinage ou un monastère de femmes. Les documents que l'on conservait à la cure périrent, il y a environ un siècle et demi, dans l'un des incendies qui affligèrent la ville de Wavre, où on les avait réfugiés.
L'église paroissiale, que les auteurs citent depuis longtemps comme présentant un aspect très antique, a subi de si nombreuses transformations qu'on ne peut fixer avec certitude l'époque de sa construction. Elle parait avoir été bâtie en style roman, et fut restaurée une première fois en 1626, date qui est inscrite sur une pierre encastrée au bas du mur occidental du croisillon droit et dont on n'aperçoit plus que les trois derniers chiffres. En 1666, elle se trouvait dans un état assez déplorable : le plafond de la nef tombait de vétusté et parfois il s'en détachait des fragments, dont la chute menaçait la sécurité des fidèles; le pavé des deux chapelles latérales (au transept) demandait des réparations; dans le chœur, le seigneur, probablement par un sentiment peu avouable (parce que le curé avait été nommé par le seigneur de Piétrebais), avait fait placer des stalles de chaque côté de l'autel, de manière à ne pas laisser de place pour les sièges du clergé; ces derniers se trouvaient sous le chalcidique, mais là il pleuvait parfois, car la tour était imparfaitement recouverte; enfin, la cloche décimale n'était pas assez forte, le cimetière était mal clos, il n'y avait pas un ornement convenable pour les jours de fêtes. L'église ayant été profanée pendant la guerre qui commença en 1674, l'évêque de Namur y consacra, le 14 septembre 1683, le grand autel ou autel Notre-Dame et l'autel de Saint-Etienne et Saint-Jean. Bientôt la population insista pour que le temple paroissial fût remis dans un état convenable; elle aurait voulu en avoir un plus grand et, pour arriver à ce résultat, quelques habitants ne craignirent pas de creuser des excavations dans les fondements des murs, mais leurs tentatives furent déjouées par les officiers de l'abbaye.
Ce fut alors, vers l'an 1770, que l'église reçut la forme et prit l'aspect qu'elle présente actuellement. En avant de la façade, on construisit un porche ou portail fermé, et sur les côtés deux compartiments contenant : celui du nord, la cage de l'escalier du jubé; celui du sud, les fonts baptismaux; on voit encore, au-dessus de l'ancienne porte d'entrée, des baies ogivales, qui ont été condamnées à cette époque. La nef compte quatre travées, qui sont divisées en trois parties par deux rangées de piliers carrés, simplement biseautés aux angles, supportant des arcades cintrées; il est facile de voir que ces arcades ont été taillées dans les anciens murs de l'édifice; toutefois, elles existaient déjà en 1770 et les bas-côtés ne furent alors que quelque peu élargis. Ces arcades étaient sans archivoltes; ou les fit reposer sur deux consoles portant un imposte. Les voûtes s'appuyaient à de simples consoles en forme de corniche; on leur donna pour soutiens des consoles allongées. La partie orientale de l'église subit moins de changements. Cependant, de même qu'on avait éclairé les bas-côtés au moyen de fenêtres à anses de panier, de même on en ouvrit de semblables au chœur (une d'un côté, deux de l'autre) et on agrandit celles du transept. La voûte de la nef, en cintre surbaissé, et celle du chœur, en arête, avec arcs doubleaux et nervures croisées, datent du même temps.
Il est facile de reconnaître, à l'extérieur, les deux fractions principales de l'édifice. L'appareil en briques indique ce qui appartient à des restaurations; les restes de l'église primitive sont construits en moellons informes, provenant de la localité même. Au transept, de chaque côté, le pignon du mur terminal a été refait en briques. Au chalcidique, au-dessus d'une coupole, s'élève un petit clocher octogone en charpente, se terminant en flèche et reposant sur une base carrée en pierres, rehaussée en briques. Dans le grenier, on aperçoit des traces de plafonnage sur les murs, au-dessus de la coupole, ce qui prouve qu'elle n'existait pas dans l'origine. L'arc de triomphe est ogival. Le chœur est flanqué de deux sacristies : l'ancienne, au nord; la nouvelle, au sud. Le mur plat du chevet était jadis percé d'une grande baie, mais actuellement il est aveugle, sauf qu'une petite lucarne a été pratiquée dans le pignon, qui est également eu briques. Les murs latéraux ont des lézardes causées par le tremblement de terre de 1828. Les trois murs présentent des arcades cintrées, dont on ne s'explique pas le but. Sous le chœur règne une crypte dans laquelle on pénétrait par la sacristie de droite et où le dernier curé cacha du vin en 1831; les uns disent que cette crypte se prolonge jusque dans le transept; d'autres, qu'elle communique par des galeries souterraines avec la rive opposée de la Dyle; d'autres encore prétendent qu'elle est habitée et racontent cette légende, si généralement répandue, des nuitons ou lutins qui travaillent la nuit en échange de quelques aliments.
Les travaux effectués il y a une centaine d'années ayant provoqué des observations, le géomètre et architecte C.-J. Everaert visita l'église, le 27 septembre 1771, à la demande des abbayes de Villers et d'Aywières, et reconnut pour solides les nouveaux ouvrages : l'entrée de la nef, la tour et ses soutiens, et la voûte du chœur; il approuva les fenêtres nouvellement pratiquées et déclara que l'édifice serait très éclairé, ce qui était, comme on sait, le grand but que se proposaient les constructeurs du temps. Les deux monastères cités plus haut ne furent pas seuls appelés à payer les dépenses occasionnées par ces travaux. Le curé dut demander au conseil de Brabant un octroi pour lever à cet effet la somme de 3,000 florins, remboursable par un dixième tous les six ans, ce qui fut accordé le 20 juillet 1776.
Le maître-autel, dédié à la sainte Vierge, est un portique en marbre, à fronton brisé, il porte la date 1731; le médiocre tableau que l'on y voit, et qui représente l'Assomption, est signé G.-P. Monsaert. Il y a quatre bas-autels, dédiés à la sainte Vierge, à sainte Anne, à saint Antoine et à saint Etienne; aucun autel n'est placé sous l'invocation de saint Denis, patron secondaire.
Une pierre placée dans le pavement du croisillon droit porte ces mots : Cy. gist. le . corps . de Damois | sel . anne . de . Carondelet | espousze . au . comissaire . or | dinaire . au . Roy . lope . suares . de . aedo | laquelle . trépassa . le 17e . de | iuing . 1633 . priez . Dieu . pour ] son . ame.
Par contrat passé par-devant les échevins de Bruxelles, le 20 mars 1558-1559, le maire, les margliseurs ou maîtres d'église et la communauté s'accordèrent avec l'orfèvre Philippe de Benthem pour la confection d'une fiertre ou châsse, longue de 20 pouces, haute de 16 et large de 11, et qui serait décorée de 12 piliers et de 12 statuettes. Cette œuvre d'art, qui coûta 63 florins, a disparu; mais l'église possède un calice en vermeil avec l'inscription : Aywiers-Mousty, 1681; et un second calice, ogival, avec renflement à six pointes au pied, et trois inscriptions que nous n'avons pu expliquer. Un vieux coffre, armé de fer et rempli d'archives, se trouve dans la vieille sacristie.
Le 23 mai 1450, un mambour de l'église de Mousty, Jean de Vaul, comparut devant le maire et les échevins de Céroux, et remit à un habitant du lieu, Jean Robert, un lit, deux paires de linchiez (ou draps) tout neufs et deux serges, à charge d'héberger deux pauvres dans son habitation, qui fut déclarée être une « maison des pauvres », c'est-à-dire un hospice.
Céroux, Mousty et Franquenies avaient chacun leur table des pauvres. Au premier, Aywières donnait tous les ans une paire de souliers d'homme; le dernier possédait, en 1787, 2 bonniers de terres et une redevance annuelle de 7 setiers de blé. Quant au deuxième, sa dotation était plus considérable, mais tout ce que nous en savons, c'est qu'en 1666 il n'y avait pas eu de comptes rendus depuis plusieurs années et qu'on avait dû recourir au conseil de Brabant pour obtenir des mambours l'accomplissement de cette formalité.
Actuellement les pauvres de la commune possèdent 13 hectares 51 ares de terres, 52 ares de prés, et des rentes et redevances, parmi lesquelles en figure une de 80 harengs, qui se paie en argent (moyennant 8 francs).
Le budget du bureau de bienfaisance, pour 1859, présente les chiffres suivants :

Des écoles ont été bâties à Céroux et Mousty. Le nombre des enfants pauvres qui ont été admis par la commune, en 1858-1859, à recevoir l'instruction, s'est élevé à 165 : 87 garçons et 78 filles.
Les fêtes principales se célèbrent : à Céroux, les dimanche et lundi de la Pentecôte; à Mousty, le 14 octobre; et les fêtes secondaires : à Céroux, le dimanche après la Sainte-Catherine; à Mousty, le 15 août.
Notons encore qu'il se fait, dans cette dernière localité, à la fin de l'octave de la Fête-Dieu, à sept heures du soir, une procession qui porte le nom poétique de procession des roses. Jadis les jeunes gens de Céroux coupaient dans le bois seigneurial de Moriensart, la veille de la fête principale, un chêne de grande dimension, que l'on plantait sur la place, où il restait jusqu'à l'année suivante; la jeunesse des deux sexes exécutait ses danses autour de cet arbre. Cet antique usage, qui rappelait, dit-on, la cession d'un bien communal aux seigneurs, a cessé pendant la domination française.

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